— Par Alvina Ruprecht —

Il y aurait une réponse a faire à cet article de Nathaniel Herzberg, surtout étant donné les débats sur les rapports entre les artistes originaires de la « périphérie » et les institutions du « centre », débats qui battent leur plein actuellement sur le territoire de la France. Le journaliste passe à côté d’un autre aspect du problème qui est aussi important que celui du pouvoir des auteurs sur leurs textes dramaturgiques.
Tout ceci a éclaté lors de la discussion qui a eu lieu pendant la table ronde de la semaine de la Caraïbe organisée dans le Petit Studio du Louvre à Paris au mois de mars (2007) et à laquelle j’ai eu le plaisir d’assister. Le désir de Koltès de voir le personnage joué par un acteur d’origine arabe entre dans la discussion sur la marginalisation des acteurs d’origine antillaise et africaine qui ont du mal à pénétrer les institutions canoniques du théâtre français, milieu fermé et blanc qui exclut systématiquement ceux qui ne leur ressemblent pas. Les témoignages dans ce sens ont fusé pendant cette table ronde et c’était très embarrassant, voire une honte pour la France, d’entendre des comédiens raconter qu’ils suivent des formations, qu’ils acquièrent un statut professionnel mais après , quoi faire?




On ne met pas en scène n’importe comment n’importe quel texte. Il doit exister un rapport de contiguïté, de connivence entre la lecture du texte et la façon de montrer ce que l’on a retenu de la lecture de ce texte. Par exemple il est difficile de faire du baroque avec un texte de Marguerite Duras. On peut le faire mais ce n’est en aucun cas une obligation. Il est des textes dans les Antilles symptomatiques de ce que Jacques André dans « L’inceste focal » repère comme une écriture emphatique liée à un investissement narcissique de la langue dominante, la langue du maître. . L’auteur caresse longtemps les mots avant d’en livrer l’éclat. Plaisir de l’envolée qui fait retour sur aile etc.
« N’est- ce pas monstrueux que ce comédien, ici, dans une pure fiction, dans le rêve d’une passion, puisse si bien soumettre son âme à sa propre pensée, que tout son visage s enflamme sous cette influence, qu’il a les larmes aux yeux, l’effarement dans les traits, la voix brisée, et toute sa personne en harmonie de formes avec son idée ? » (Hamlet, Shakespeare)







Il y a, selon moi, deux approches de la notion d’actualité :


