— Par Michèle Bigot —
M.E.S. Claude Régy
Amandiers, Nanterre, 15/09>21/10 2016
Traum und Umnachtung, tel est le titre de ce poème de Georg Trakl, traduit par M. Petit et J.-C. Schneider par « Rêve et Folie ». Limites de la traduction, sensibles en poésie et encore plus dans le cas de G. Trakl. On sent bien que « folie » ne rend compte que de façon approximative du substantif allemand « Umnachtung ». La traduction ordinaire par « dérèglement » est encore pire. Car il y a dans le nom allemand quelque chose d’une nuit qui vous environne. C’est dans cette impossibilité de dire que C. Régy puise son inspiration. En effet la traduction est l’exercice même de l’indicible. Celui qui seul vaut la peine d’être dit. Mais pas nécessairement avec des mots, ou en tout cas, pas dans une recherche d’équivalence sémantique. Pour approcher la force du poème allemand, il faut tous les autres mots du poème, les plus sauvages, les plus noirs, mais il faut aussi l’obscurité totale ou une lumière crépusculaire, le silence ou la voix d’outre-tombe et la décomposition du geste.



Disparu mercredi à l’âge de 90 ans, Dario Fo, écrivain et dramaturge italien, prix Nobel de littérature en 1997, était l’un des auteurs italiens les plus novateurs et un homme de théâtre anticonformiste que l’obtention des plus prestigieuses distinctions n’avait pas assagi.
« Si l’acte est beau, pourquoi le cacher dans l’ombre ? »
Argan :
Adaptation très drôle aux couleurs de l’Afrique du célèbre conte de Voltaire jouée par 6 comédiens-chanteurs-–musiciens- danseurs qui donnent au texte une nouvelle sonorité! « Il y avait au Faso dans la cour de sa majesté Toukguili de Gongonbiligongoni un jeune garçon nommé Candide » Renvoyé du palais, ,Il poursuit, par amour de Cunégonde, un voyage initiatique sur plusieurs continents. Il sera enrôlé dans l’armée et fuira la guerre dans le pays voisin. Il vivra un tremblement de terre, verra Pangloss pendu dans un autodafé, retrouvera Cunégonde, sera amené à tuer trois personnages importants… et il quittera l’Afrique pour poursuivre ce voyage initiatique sur plusieurs continents.
— Par Roland Sabra —
Succès 2014-2015 Rencontre entre Molière et l’Afrique ! Sept comédiens-danseurs, un fauteuil et la musique pour tout décor dans cette adaptation fidèle où le comique de Molière est ponctué par des intermèdes dansés aux rythmes d’instruments africains. M. Purgon est féticheur, Argan et Toinette un couple surprise, et tous les personnages sont des notables de la société africaine. Cette comédie universelle, montée au Burkina Faso, enfonce le clou contre nos peurs et les charlatans qui en font commerce.
— Par Christain Antourel & Isa de Saint-Auret —
Vera
« Je ressens, je crois, avec beaucoup de force, le désir d’un théâtre qui n’en serait plus un... »
M.E.S. et adaptation Mélanie Laurent
ELLE est constitutive de notre imaginaire collectif. ELLE est là tapie au fond de nos mémoires, silencieuse quand tout va bien, faisant retour insistante et omniprésente dans les périodes de crises. ELLE a donné au théâtre quelques uns de ses plus beaux monuments : au 19ème siècle Georg Büchner (1813-1837) nous fit don de « La mort de Danton », au 20è siècle le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine nous offrit 1789, en ce début de 21 ème Joël Pommerat nous gratifie de
Tiago Rodrigues, teatro nacional D. Maria II
Nouvelle création, à la fois drôle et corrosive, où les acteurs s’amusent de leurs différences et des clichés de notre société.
Il y avait au Faso dans la cour de sa majesté toukguili de Gongonbiligongoni un jeune garçon nommé Candide…
Un simple fauteuil pour tout décor dans cette adaptation fidèle où le comique garde toute sa place… juste le jeu de 7 comédiens-danseurs-musiciens du Burkina Faso et les instruments africains pour donner le rythme des intermèdes voulus par Molière. M. Purgon est féticheur, Argan et Toinette un couple surprise, et tous les personnages sont des notables de la société africaine…
Qu’elle fut belle, cette dernière après-midi de vacances, quand avant de reprendre, un peu nostalgique, le chemin de l’école, on a pu rêver encore et voguer dans l’imaginaire sous la houlette de Jean l’Océan ! Comme un sursis accordé, comme un dernier voyage immobile au pays des arbres et des sorcières, qui hantent les nuits noires et les forêts profondes.
Alors que les festivaliers autant d’Avignon que de Fort de France déambulent avec ravissements entre les salles équipées et les spectacles donnés dans les rues ou sur la savane foyalaise, une petite troupe de comédiens arrachés à la torpeur insulaire par le 45eme Festival de la capitale de la Martinique, donnent à voir une comédie populaire désopilante dans les centres culturels de la périphérie de Fort de France : le Dorlis de ces dames.
Deux contributrices, Michèle Bigot et Dominique Daeschler, un contributeur, Selim Lander ont couvert pour Madinin’Art le Festival d’Avignon 2016. Près d’une soixantaine de spectacles ont fait l’objet de comptes-rendus. A chacun(e) son goût et sa manière. Si les constats sont souvent convergents, les interprétations proposées divergent et c’est tant mieux. Madinin’Art est très attaché à la diversité des regards et des analyses. LE THEÂTRE en majuscules n’existe pas mais des théâtres ancrés dans des pratiques, des cultures, des questionnements différents sont bien vivants. L’ensemble des critiques publiées dans ces pages est un éloge, une ode à la diversité. S’il est aussi un bon reflet de l’état du théâtre actuel, il est dans le même mouvement une confirmation qu’il n’existe pas de théâtre sans une exigence de qualité et que celle-ci est toujours le résultat d’un ouvrage sans cesse remis sur le métier et qui fuit comme la peste la suffisance, la complaisance, la facilité, la désinvolture…