Catégorie : Arts Plastiques

Marché d’art Fondation Clément 17.07.2026 | 06.09.2026

Un rendez-vous majeur pour l’art contemporain caribéen 

La Fondation Clément fait de nouveau de l’Habitation Clément l’un des hauts lieux de la création contemporaine dans la Caraïbe avec la cinquième édition de son Marché d’art. Jusqu’au 6 septembre, ce rendez-vous réunit 42 artistes venus de différents territoires caribéens et offre au public une occasion privilégiée de découvrir des œuvres originales tout en échangeant directement avec leurs créateurs.

Pensé comme un espace de rencontres autant que de diffusion artistique, ce marché permet aux amateurs, collectionneurs et simples curieux d’approcher la richesse de la scène régionale. Peintures, sculptures, dessins et techniques mixtes composent une exposition où se croisent des univers très différents, témoignant de la vitalité et de la diversité de la création caribéenne actuelle.

Parmi les artistes invités figurent des personnalités reconnues telles que Victor Anicet, Ernest Breleur, Christian Bertin, Hector Charpentier, Samuel Gelas, Marie Gauthier, Jean-Marc Hunt, Alain Joséphine, Ricardo Ozier-Lafontaine, Philippe Thomarel, Dora Vital ou encore Henri Guédon. Ils côtoient de nombreux autres créateurs confirmés et émergents, parmi lesquels Flavio Délice, Julie Bessard, Mickaël Caruge, Martine Porry, Karine Taïlamé, Prisca Toulon ou Raymond Médélice, illustrant la pluralité des expressions artistiques de la région.<p>  Lire Plus

Betye Saar : trajectoire d’une artiste afro-américaine majeure

— Par Sarha Fauré —
Betye Irene Saar (née Betye Irene Brown le 30 juillet 1926 à Los Angeles, où elle meurt le 26 juillet 2026) est une artiste afro-américaine majeure dont l’œuvre a profondément renouvelé l’art de l’assemblage en lui donnant une portée politique, mémorielle et spirituelle. Figure du Black Arts Movement et du Black Women’s Movement, elle est reconnue pour ses assemblages, installations et « autels » qui interrogent l’histoire de l’esclavage, les stéréotypes raciaux, la mémoire des diasporas africaines et la condition des femmes noires aux États-Unis.

Née dans une famille de la classe moyenne noire de Los Angeles, Betye Brown passe une partie de son enfance dans le quartier de Watts après la mort de son père en 1931, puis grandit à Pasadena. Très tôt attirée par les arts, elle suit des cours de céramique, d’aquarelle et d’histoire de l’art avant d’intégrer l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), où elle étudie le design, le design textile, la reliure et l’illustration. Diplômée à la fin des années 1940, elle poursuit sa formation en imprimerie, gravure et éducation à la California State University de Long Beach, tout en exerçant comme travailleuse sociale.<p>  Lire Plus

Hector (père) et Paule Charpentier exposés à Saint-Pierre

— Par Selim Lander —

Jusqu’au 5 septembre, on peut découvrir à la mairie de Saint-Pierre (en semaine, jusqu’à 13 heures) un couple de peintres bien oublié, le mari, Hector, davantage que Paule, l’épouse, au demeurant, peut-être parce que leur fils qui porte le même prénom que son père est toujours actif dans le monde de l’art à la Martinique. Cela étant, l’oubli des artistes disparus est ici général. Si la récente exposition que la Fondation Clément a consacré à l’histoire de l’art martiniquais du milieu du XVIIIe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle (1) a connu un réel engouement, elle a surtout démontré que, en dehors d’une petite poignée d’œuvres « iconiques », cette histoire était en réalité méconnue.

Bien que nés tous les deux en 1910 et actifs dès les années trente, les Charpentier ne figuraient pas parmi les artistes retenus pour cet événement. L’exposition à Saint-Pierre leur rend donc d’une certaine manière justice. Et surtout justice au mari, la plupart des tableaux exposés étant sortis de ses pinceaux tandis que l’épouse est réduite à la portion congrue. Si cela n’est probablement dû qu’à la composition du fonds possédé par la mairie, d’où sont tirées les œuvres exposées, une sorte d’équilibre se trouve ainsi rétablie puisque l’œuvre de l’épouse a bénéficié jusqu’ici de la plus grande lumière.<p>  Lire Plus

Exposition au Jardin des unités Alzheimer de l’EHPAD de l’Etang Z’abricot

— Par Philippe Charvein —
Le Jardin des unités Alzheimer de l’EHPAD de l’Etang Z’abricot, abrite en ce moment l’exposition des œuvres réalisées par les résidents – les résidentes qui y sont accueillis (ies). À l’Ehpad Floréa, l’art pour raviver les souvenirs

Œuvres artistiques variées, relevant de la peinture, du dessin, du collage, de la photographie ; articulées autour des thèmes de la nature et de l’identité humaine.

Deux thèmes fondamentaux par le biais desquels des personnes âgées et fragiles ont choisi de s’exprimer en libérant leur créativité, et en affirmant ainsi leur personnalité, en vue d’une meilleure autonomie.

Une façon également de marquer leur appartenance à une communauté et de signifier leur désir de plénitude humaine.

L’exposition qu’il nous est donné d’apprécier s’inscrit dans le mouvement de « l’Art-thérapie » ; l’Art devenant, précisément, le canal de communication privilégié par le biais duquel les hommes et les femmes touchés – touchées dans leur corps et leur être, trouvent l’occasion de dépasser, de « conjurer » le mal qui les frappe ; de parvenir à un épanouissement certain.

Nous construirons donc notre relation selon les deux thèmes fondamentaux donnant sa raison d’être à l’exposition en question : l’évocation d’une nature vivante, symbole de richesses, de sérénité et d’infini (une nature quasi-magique) ; et l’évocation d’une identité humaine particulièrement prégnante.<p>  Lire Plus

Synesthésies : les « Haïkus » de Michel Herland

— par Rodica Gabriela Chira —

Je suis vraiment touchée par ce volume d’une élégance exquise que j’ai vu, goûté et écouté en même temps, sous l’empire des sensations inouïes engendrées par une succession d’images et de paroles. On ne pourrait penser à un volume pareil s’il n’était porté par une expérience de vie et une sensibilité poétique. Depuis toujours les poètes interprètent la rencontre entre l’homme et la Nature, sachant que l’image deviendra poétique seulement si les sens du poète comme ceux du lecteur sont prêts à l’accueillir. Déjà aveugle, Borges avait témoigné dans sa Prière de sa reconnaissance pour avoir su reconnaître ce que des gens qui disposent encore de la vue ne savent pas voir. Il témoignait ainsi que nos sens, suffisamment éveillés, peuvent nous porter au-delà des trois dimensions.

Compagne de la contemplation, la sagesse, si elle vient avec l’âge, peut être la meilleure des amies. Ainsi le château de ce haïku, « Dominant la mer/ Quelques cailloux entassés/ Le château des pauvres » (8-9), nous rappelle-t-il, entre autres, le passage du temps dans de modestes cailloux, là où un géologue décrypterait les traces des siècles et des millénaires.<p>  Lire Plus

Trois expositions plus une à la Fondation Clément

— Par Selim Lander —

Les Martiniquais et le visiteurs de passage ont le privilège cet été de découvrir trois expositions personnelles couplées au traditionnel Marché d’art qui propose aux amateurs deux œuvres d’artistes en général bien connus pour avoir déjà été exposés à plusieurs reprises à la Fondation ou ailleurs. Des œuvres le plus souvent récentes mais l’on peut découvrir des tableaux du début des années 1990 d’Ernest Breleur et d’Henri Guédon (décédé cette année 2026) et même de la fin des années 1980 pour Victor Anicet, le « patriarche » des artistes martiniquais. Avis aux amateurs ! Quant aux prix, il s’étagent entre 250 € et 25.000 € (un 2x2m de Hébert Édau), soit un écart de 1 à 100 ! .

Les expositions personnelles confrontent trois artistes ayant fait des choix esthétiques radicalement différents : la photo et plus précisément le portrait chez Joël Zobel, le fantastique chez Ronald Cyrille, l’abstrait chez Jocelyn Akwaba Matignon.

Joël Zobel descend sur terre

Walter Benjamin dans L’Oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique analysait la révolution artistique induite par les procédés de reproduction ad libitum des œuvres.<p>  Lire Plus

Exposition « Fonds Charpentier »

Du 16 juillet au 5 septembre 2026 – Hôtel de Ville de Saint-Pierre
— Communiqué de presse —
La Ville de Saint-Pierre présente, du 16 juillet au 5 septembre 2026, l’exposition « Le Fonds Charpentier », consacrée à l’une des plus importantes collections artistiques conservées par la commune.
Réunissant 41 œuvres d’Hector Charpentier père (1910-1983) et de Paule Charpentier, née Jacques-Joseph (1910-2004), ce fonds constitue un précieux témoignage de la création artistique martiniquaise de l’après-guerre.
Peintres, enseignants et figures de la vie culturelle pierrotine, Paule et Hector Charpentier ont largement puisé leur inspiration dans les paysages de la Martinique et dans le quotidien de ses habitants. À Saint-Pierre, où ils s’installèrent, ils ouvrent à la fin des années 1940 la première galerie d’art de la Martinique, participant ainsi activement au rayonnement artistique de l’île.
L’exposition propose une sélection d’œuvres représentatives de leur univers pictural : paysages, vues de la rade de Saint-Pierre, scènes d’intérieur, natures mortes et évocations de la vie quotidienne martiniquaise. Restaurées grâce au soutien d’un mécène, ces œuvres sont aujourd’hui présentées au public dans le cadre de la politique de valorisation des collections municipales menée par la Ville de Saint-Pierre.
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Patrimoine et artisanat

Le Marché des Potiers revient au Village de la Poterie

Les 27 et 28 juin, le Village de la Poterie, aux Trois-Îlets, accueille la 2ᵉ édition du Marché des Potiers. Pendant deux jours, artisans et céramistes mettront à l’honneur les métiers de la terre à travers des démonstrations, des ateliers et une exposition-vente.

Installée depuis 1783, la Poterie des Trois-Îlets est l’une des plus anciennes entreprises de Martinique. Ce site historique, autrefois consacré à la fabrication de briques, tuiles et poteries, est aujourd’hui un lieu vivant où se côtoient artisans, commerçants et ateliers de création. Il abrite également l’une des plus anciennes briqueteries encore en activité en France.

Au programme

🎨 Exposition-vente de créations en terre cuite

👐 Démonstrations du savoir-faire des potiers

🧱 Ateliers d’initiation pour enfants et adultes

🌀 Animation immersive avec les Hommes d’Argile

L’événement est organisé par le Village de la Poterie, en partenariat avec les artisans du site, dont Audel Alexandre, Meilleur Artisan 2024.<p>  Lire Plus

L’Art Gonds Tout et Ti Guy Nèg’Mawon sont en Guadeloupe

Du 26 au 28 juin 2026, la PooL Art Fair Guadeloupe réunit au Terminal de croisière de Pointe-à-Pitre de nombreux artistes venus de la Caraïbe, de France et de l’international. Ce grand rendez-vous artistique confirme son rôle de salon majeur pour la création contemporaine caribéenne, en offrant un espace de visibilité, de rencontre et de dialogue entre artistes, publics, collectionneurs et professionnels de l’art.

La Martinique y affirme une présence particulièrement remarquable avec les artistes de L’Art Gonds Tout, représentés au stand D0. Marc Barbot, Valérie Biegel, Dami, Chantal Nottrelet, Hélène Jacob, Claire Taïna, Dolly Soraya, Michèle Laune et Isabel Tronçon y présentent leurs œuvres, témoignant de la diversité et de la vitalité de la création martiniquaise.

Leur présence collective met en lumière une scène artistique martiniquaise plurielle, sensible et ouverte sur le monde.

Ti Guy Nèg’Mawon, figure singulière de la performance artistique martiniquaise qui accompagne les artistes de l’Art Gonds Tout, donne à cette participation une force symbolique particulière. Corps enduit d’argile, posture sculpturale, mémoire du marronnage, puissance de la parole : son intervention fait dialoguer le geste, la matière et l’histoire.<p>  Lire Plus

De Paris aux Antilles, la Pool Art Fair poursuit sa traversée

26, 28 & 28 juin | Terminal de croisière | Pointe-à-Pitre

— Par Patricia Lollia (*) —
Après le vif succès rencontré par la campagne d’affichage dans les couloirs du métro parisien, la POOL ART FAIR poursuit sa trajectoire. L’évènement pose désormais ses couleurs en Guadeloupe avec la même ambition : promouvoir l’art contemporain pour l’ancrer dans le quotidien.
A Paris, les visuels ont interpellé, surpris, ému. Ils ont ainsi transformé un trajet ordinaire en rencontre artistique. Entre deux correspondances, les voyageurs se sont arrêtés un instant, suspendus dans le flux. Les affiches ont rompu le rythme automatique des trajets. Elles ont créé une brèche.
Certains ont levé les yeux, d’autres ont sorti leur téléphone, d’autres encore ont simplement ralenti le pas. Des silhouettes en équilibre, des titres qui claquent comme des décisions, des oeuvres colorées qui tranchent avec le gris des quais.
L’art n’était plus confiné, il s’imposait dans l’espace public, sans cartel ni médiation.
Les réactions ont été immédiates : étonnement, questionnements, débats sur les quais et sur les réseaux. Des clichés partagés, des messages envoyés, des discussions amorcées entre inconnus.<p>  Lire Plus

L’artiste comme métaphore de l’enfant

— Par Alex Lollia, Professeur de philosophie à la retraite

Pour Emma

La Pool Art Fair fait son grand retour pour une 17ême édition qui s’annonce d’ores et déjà majeure. Du 25 au 28 Juin 2026, le Terminal de croisière de Pointe-à-Pitre se transforme en carrefour international de la création contemporaine.
Cette année encore, le salon réunira plus d’une centaine d’exposants : artistes, galeries, collectifs et acteurs de la scène artistique caribéenne et internationale. Un véritable festival de la création où les formes se réinventent et les couleurs explorent des territoires inédits.

Cette édition sera marquée par la présence de Barthélémy Toguo, artiste camerounais de renommée mondiale. Poète des matières, il apportera à la Pool Art Fair, la puissance de son regard et l’universalité de son oeuvre.

Il s’agit de réaffirmer la vocation du salon : faire dialoguer les scènes, les cultures et les imaginaires.

Dans ce dialogue, Patricia Lollia a choisi de présenter un ensemble d’ œuvres centrées sur les figures et les postures d’enfants : corps en mouvements, visages ouverts, gestes suspendus.
En créole guadeloupéen, enfant se dit « Timoun ».<p>  Lire Plus

Omar Victor Diop, photographe — Histoire coloniale « Expressions décoloniales »

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Le photographe sénégalais Omar Victor Diop présente ses œuvres à Nantes

  • Titre : Expression(s) décoloniale(s) No 4

  • Lieu : Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes

  • Dates : 8 mai – 8 novembre 2026

  • Œuvres présentées :

    • Diaspora — série d’autoportraits inspirés de portraits européens du XVe au XIXe siècle, revisitant la présence africaine dans l’histoire coloniale européenne.

    • Liberty — série évoquant les luttes noires, de la résistance anticoloniale aux mouvements contemporains contre les violences racistes.

Site officiel de l’artiste (galerie complète)

  • Omar Victor Diop – Portfolio officiel https://www.omarviktor.com (Séries : Diaspora, Liberty, Allegoria, Studio des vanités, etc.)
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De l’île au delta

Une lecture de Nou an péyi révé – Traversées de la mangrove

— Par Gladys Acramel —

L’exposition Nou an péyi révé – Traversées de la mangrove est présentée au Mémorial ACTe du 29 mai au 29 août 2026. Inspirée par le roman de Maryse Condé Traversée de la mangrove, elle propose un parcours autour de la Guadeloupe, de ses mémoires, de ses héritages coloniaux, de ses circulations diasporiques et de ses devenirs possibles.

Le titre Nou an péyi révé – Traversées de la mangrove contient déjà l’architecture conceptuelle de l’exposition. Son bilinguisme associe deux registres de pensée : celui du « nou » et du « péyi révé » et celui du parcours, tourné vers les « traversées », de l’île au jardin en passant par la mangrove.

Le « nou » liminaire y apparaît comme une évidence offerte au visiteur. Il ouvre un espace symbolique complexe. À travers la mangrove, l’exposition transforme la fragmentation du territoire en expérience de confluence : une tentative de commun travaillée par l’opacité, les mémoires disjointes et les recompositions.

L’œuvre de Joël Nankin, Il n’est point de désespoir, place le début du parcours sous l’orbe d’une figure verticale consolatrice, presque votive.<p>  Lire Plus

« Arts du montage et de l’assemblage » : l’art des rencontres inattendues

— Par Alain Joséphine —

Dominique Berthet (dir.), Arts du montage et de l’assemblage,  Presses Universitaires des Antilles, coll. « Arts et esthétique », 2025.

Arts du montage et de l’assemblage est une publication de 202 pages qui rassemble les textes du colloque qui avait pour thème « Montage et assemblage en art ». Ce colloque s’est déroulé à l’Inspé de Martinique en novembre 2019. Cet ouvrage est illustré en première de couverture par la reproduction d’un détail d’une œuvre d’El Anatsui présentée à la Biennale de Venise en 2019. C’est un assemblage de capsules de bouteilles aplaties.

D’ailleurs, il faut le noter, ce livre fait la part belle aux illustrations. Pas moins de 37 pages sont réservées à des photographies d’œuvres, qui pour la plupart sont en couleurs.

Dans l’avant-propos, Dominique Berthet explique qu’aux termes de « montage et assemblage », il convient d’associer celui de « collage » qui procède de la même logique opératoire. Avec ces pratiques, dit-il, « l’art est entré dans une ère particulièrement dynamique qui, au fil des décennies, apporte son lot de réalisations inattendues et de possibilités insoupçonnées » (p.<p>  Lire Plus

Hector Charpentier : « Intemporelle, un temps pour elle »

Fondation Clément jusqu’au 5 juillet 2026

Au cœur de l’œuvre d’Hector Charpentier se déploie le concept de « figurabstraction », qu’il a créé au début des années 1990 comme une réponse critique à l’opposition historique entre figuration et abstraction.

Les œuvres présentées donnent à voir une construction de l’image en strates successives. La figure humaine, souvent féminine, y occupe une place centrale : elle constitue le point d’ancrage sensible du tableau, autour duquel se déploient des champs chromatiques et des structures abstraites. Ces plans dialoguent sans hiérarchie, ouvrant l’image à une lecture à la fois plastique, symbolique et mentale. Le regard du visiteur est ainsi invité à circuler entre le visible et l’invisible, entre la présence incarnée du motif et sa transposition dans un espace spirituel.

Par la figurabstraction, Hector Charpentier propose ainsi une réflexion sur les conditions mêmes de la représentation. Son œuvre interroge la capacité de l’image à rendre visibles des réalités intérieures, et affirme la peinture comme un lieu de synthèse entre matière, esprit et mémoire.

Hector Charpentier, fondateur de la Figurabstraction académicien et commandeur académique des arts, des sciences et lettres en Italie, diplômé de l’école nationale des Beaux-Arts de Toulouse et premier Grand prix de sculpture de Toulouse, sa carrière d’enseignant, fut couronné par les palmes académiques.<p>  Lire Plus

 » La collection sort de sa réserve »

Fondation Clément jusqu’au 28 juin 2026

Collectionner est une mission. Acheter, conserver, montrer, publier. La Fondation Clément a choisi de promouvoir la diversité de la création de Martinique, de la Caraïbe et de sa diaspora.

Une collection, c’est un ensemble indéfini d’œuvres, une somme de singularités à décrypter, ordonner, articuler. Cette exposition vous invite à un voyage au cœur des multiples facettes de l’art contemporain de la Caraïbe en explorant la question de la figure humaine, de la matière à l’œuvre et du cadre.

D’abord la figure humaine, un des sujets de prédilection de l’art occidental depuis la préhistoire. C’est le lieu privilégié de toutes les expériences plastiques. Affranchie des canons classiques, libérée des codes de représentation traditionnelle, le visage ou la silhouette se déclinent à l’infini : de la photographie traditionnelle à la photographie expérimentale, de la peinture figurative au portrait expressionniste, de la silhouette stylisée à la figure fantaisiste, du totem au masque jusqu’à l’évocation abstraite épurée sur film radiographique.

Puis, viennent, dans le second espace d’exposition, le support et les matériaux qui définissent le geste de l’artiste et la matérialité de l’œuvre.<p>  Lire Plus

Annette Messager : « une hirondelle ne fait pas le printemps »

Du 14 avril 2026 au 20 septembre 2026 
Musée de la chasse et de la Nature
60, rue des Archives
75003 Paris 3

— Par Dominique Daeschler —

Au musée, tellement baroque, de la chasse et de la nature à Paris, Annette Messager, une fois de plus, se joue des assignations et des classifications. Avec « une hirondelle ne fait pas le printemps », exposition composée de 4 épisodes : « bricoler des chimères, capturer le trouble, conter nos vulnérabilités, truquer le réel », l’artiste puise dans son univers fait d’extravagances où se mêlent poésie, effroi, cruauté, esprit de domination. En traquant l’animal, le maltraitant apparemment parfois, c’est de nous, à nous qu’elle parle, de notre place dans le monde d’aujourd’hui. Usant de toutes les matières (documents, photos, tissus, plumes, perles, broderies, dessins, taxidermies …), elle dézingue, associe ses fantasmes dans une forme (la peluche éventrée aux drôles d’organes), se joue d’une pièce du musée associant perles et tchador à de bien conventionnels chiens de porcelaine. Il lui importe de créer un choc pour réinterroger le réel, provoquer notre imaginaire : dans une bibliothèque des peluches qui font la culbute sont d’incroyables lecteurs, plus loin un mobile romantique fait de lapins (encore des peluches) aux couleurs tendres tourne dans un ronronnement de ventilateur.<p>  Lire Plus

Terre de Blues et d’Art au collège de Grand-Bourg, Marie-Galante

Exposition du Mercredi 20 au Samedi 23 Mai 2026 de 9h à 14 h

Aprés le Service culturel de Grand-Bourg en 2025, l’exposition TERRE DE BLUES ET D’ART revient pour sa deuxiéme èdition. Cette annèe, elle s’installe du 20 au 23 Mai au Collége Gaston Calmet. Un choix fort : amener l’art où grandissent les imaginaires. Le blues, c’est bien súr la musique, celle qui dit la mèlancolie, le rèsistance, la terre, la mer. C’est une mèmoire qui passe par le son, le rythme, la voix. En mettant l’art visuel au collége, on prolonge cette idèe : faire dialoguer la terre, la musique et l’image. C’est montrer que l’art et le blues partagent la même fonction : dire ce qui ne se dit pas, relier ce qui est sèparè, garder vivante la mèmoire.

Nous sommes cinq artistes à croiser nos regards et nos pratiques : Nikki Elisè, Ardèbén, Maria Diaz, Pock et moi-même, Patricia LOLLIA.

Avec cette exposition, les couloirs du collége deviennent galerie. L’intention est claire : mettre les enfants en relation directe avec la crèation pour les sortir, un instant, du monde virtuel du portable, TikTok, jeux, notifications….Le<p>  Lire Plus

Du visible à l’essentiel : Fred Eucharis

Fondation Clément jusqu’au 5 juillet 2026

Je produis des œuvres simplifiées et tactiles, sur des fonds indéfinis et abstraits. Mes créations actuelles sont l’aboutissement de plusieurs années de peinture.

Expérimenter la figuration et l’abstraction, la richesse des couleurs et des formes, observer l’expression de tout ce qui m’entoure, en découvrir les mécanismes secrets, c’est ma recherche depuis l’âge de quinze ans.
Le peintre caribéen que je suis, est toujours fasciné par l’équilibre des formes et des couleurs. Mes recherches artistiques reflètent cette fascination. J’essaie de montrer comment je perçois l’harmonie, la beauté des scènes caribéennes.

Mon chevalet bénéficie de la lumière de mon île. Mon inspiration picturale est stimulée par l’écoute permanente d’opéras, de jazz, de théâtre nô et de musiques caribéennes.
Mes mentors m’inspirent énormément, Vassily Kandinsky, Roland Chanco, Maurice Estève, Diego Riviera, Pablo Picasso et d’autres ; indépendamment des modes, j’essaie de parvenir à une synthèse des tendances multiples de l’art contemporain. Je tente une mutation du sujet tout en adoucissant la rigueur architecturale de l’esquisse. Je travaille avec amour une pâte savoureuse que je pose avec douceur ou en touches vivaces.<p>  Lire Plus

Pierre Montagard : « Les métamorphoses de l’impermanence »

Jusqu’au au 25 juillet 2026, du lundi au vendredi de 9h à 18h et le samedi de 9h à 12h, chez Charles’Opticien à Etang Z’Abricot, immeuble Aqualina

— Par Marie Gauthier—

Très sensible à la beauté de la nature tropicale, Pierre Montagard arpente depuis presque 50 années, les sentiers forestiers de Martinique d’où il rapporte à l’atelier des végétaux qui l’inspirent. Les grands feuillages en décomposition sont pour lui un matériau de prédilection. Dans son laboratoire-atelier, il les traite pour stopper leur pourrissement et les conserver. De cette alchimie, apparaît alors leurs squelettes, des rides structurelles, d’étranges dentelles : écriture mémorielle d’une vie disparue.

Vient ensuite le travail du papier, artisanal ou industriel. L’artiste le baigne dans des jus de couleur, d’où résultent des bleus profonds de la nuit, des ocres dorés de soleil ou des rouges incandescents. Les feuilles de papier, telles des peaux, sont ensuite déchirées, offrant des contours aléatoires où s’entrevoient dans les brèches, les entrelacs des nervures nues préalablement collées sur le support. Ces découpes tremblées laissent imaginer, sous l’apparence des choses, un monde organisé dont on ne connaît pas nécessairement les lois.<p>  Lire Plus

Mickaël Bé Caruge : « Rêve diurne »

Fondation Clément jusqu’au 5 juilet 2026

Rêver, selon une définition admise, c’est « laisser aller sa pensée », son imagination. L’action de rêver s’enrichit de sens, par son origine latine le mot « vagus », qui signifie « qui erre ».

Cependant, en peinture nos projections potentiellement irréalisables sont paradoxalement ce « sel de la terre », cette utopie libérale de l’artiste. Pour le champ de la peinture, le thème est prospère. À travers des réalisations visuelles poétiques, ce thème riche, largement exploré, permet de construire des espaces et des représentations qui donnent à voir les entrelacs, les lignes, tous les contours de l’imagination. C’est ce qui déclenche notre sensibilité, y compris à une échelle collective, mais qui pour la peinture devient une manière de débrider les possibles. La peinture, qui existera toujours par son apport sensible, sensualiste, est un bâton psychologique pour le peintre et peut devenir un bain de jouvence pour le regardeur. Il n’y a nul besoin d’autorité, d’enjeu de pouvoir et d’argent dans la peinture quand elle se fait magie, intuition, floraison. Elle peut calmer les esprits, elle peut panser les âmes.<p>  Lire Plus

L’œuvre métaphore du désir amoureux

Exposition visible du 16 mai au 25 juillet 2026 du lundi au vendredi de 8h à 18h  | Cabinet médical Étang Z’Abricot, immeuble La Perle au 1er étage

— Par Marie Gauthier —

« La rose n’a pas de pourquoi »
Angelus Silésius (1624-1677),
poète et mystique allemand

D’emblée nous sommes sous le charme de l’œuvre de Moey et il en donne la raison : « parce que l’amour… ». Son thème de prédilection, arboré dans un souci esthétique et joyeux, présente des dessins délicats et multicolores, plus imaginaires que réalistes. Il y déploie, jusqu’à envahir toute la surface, un univers édénique luxuriant, floral décor de contes et merveilles.

L’artiste s’exprime par le dessin automatique qui confère à ses œuvres une liberté enchanteresse. Les motifs végétaux naissent et épanouissent pleinement leur nature, fusionnent parfois en ondulant dans un frémissement continu où l’on devine, dans les entrelacs, une présence animale : oiseaux, félins, flamants roses, poissons tropicaux, etc. Tout ce raffinement nous embarque, ravis malgré nous, dans une jouissance du voir, dans l’apparat d’une parade nuptiale.

À l’image des tapisseries mille-fleurs, ou plus proches de nous celles de Jean Lurçat dans Le Chant du Monde, des fonds sombres portent des graphismes de filaments fluorescents qui percent l’obscur et rappellent la broderie.<p>  Lire Plus

“Possibles !” : un appel à projets pour expérimenter la ville de demain

Va jouer dehors ! est une association d’intérêt général fondée en 2019 par Matthieu Poitevin à la suite du drame de la rue d’Aubagne à Marseille. Face aux urgences climatiques, sociales et urbaines, l’association est née d’une volonté forte : repenser collectivement la manière de fabriquer la ville et ouvrir des perspectives plus durables, plus solidaires et plus désirables.

À la fois structure porteuse d’événements, média d’idées et espace de réflexion collective, Va jouer dehors ! réunit architectes, urbanistes, artistes, chercheurs, entreprises, élus, collectifs et habitants autour d’un même objectif : expérimenter une nouvelle urbanité, plus participative, plus joyeuse et plus attentive aux usages réels des territoires.

Dans cette dynamique, l’association lance l’appel à projets du Festival de la Ville 2050 pour les éditions 2026-2027-2028, sous le thème « Possibles ! ».

Du manifeste à l’expérimentation

Le Festival de la Ville affirme une conviction simple : la ville ne se raconte pas, elle se pratique. Ces trois prochaines éditions souhaitent devenir l’écho de celles et ceux qui veulent agir concrètement sur le terrain et inventer de nouvelles manières d’habiter, de construire et de partager la ville.

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Nan Goldin : This will not end well

— Par Dominique Daeschler —

Présentées au Grand Palais et à la chapelle St Louis de la Salpêtrière, dans des modules conçus par Hala Wardé, six oeuvres rassemblant vidéo et diaporamas, racontent cinquante ans de création de Nan Goldin. Un tout raconté en récits saccadés ce que permet la diapo, jouant de la photo comme autant de plans fixes auxquels on associerait le rythme des battements de cœur, le montage libérant la pensée. Fan de cinéma dès l’adolescence, Nan Goldin plonge dans sa vie pour nourrir son art. Au cours de ses études à l’école des Beaux-Arts de Boston, elle documente la vie qu’elle mène dans une communauté de drag-queens qui traîne autour d’un bar appelé The Other Side (première exposition de ces images à Cambridge). Présenté dans l’exposition comme une ouverture au monde de Goldin, il frappe par ces portraits à cru qui donnent leurs visages comme des livres ouverts A Londres, elle photographie skinheads et premiers punks.

Suivra le premier grand diaporama, The Ballad of Sexual Dependency, travail qui s’étend sur 41 ans, où on entre dans l’intimité de Goldin : l’amour est là, la dépendance, la recherche d’identité, la perte, la fuite.<p>  Lire Plus

Moun Isi — 34 communes, 34 histoires

Du 12 mai au 27 juin, La Véranda de Tropiques-Atrium accueille Moun Isi, une exposition photographique signée René-Charles Suvélor, plus connu sous le nom de Bénny. À travers 34 portraits et 34 paysages, le photographe martiniquais dresse une galerie sensible et profondément humaine de la Martinique d’aujourd’hui.

Depuis plus de quarante ans, Bénny capture des instants de vie, des regards, des visages et des émotions. Né à Fort-de-France et grandi à Debriand, il découvre très jeune la photographie, avant d’exercer pendant de nombreuses années le métier de cuisinier. Mais l’appel de l’image, plus fort que tout, finit par s’imposer comme une évidence. Aujourd’hui, chaque cliché témoigne de cette passion intacte, nourrie par la rencontre et l’observation du réel.

Avec Moun Isi, l’artiste propose un voyage à travers les 34 communes de Martinique. Chaque portrait raconte une histoire singulière : une marchande, un pêcheur, un médecin, un inconnu croisé au détour d’une rue… Des femmes et des hommes de tous horizons, choisis pour ce qu’ils incarnent de vivant, d’authentique et d’universel. En écho à ces visages, des paysages viennent révéler la richesse et la diversité du territoire martiniquais.<p>  Lire Plus