Catégorie : Expositions

Fernand Bibas : Photographe de l’histoire

  • par Rodolf Etienne

Pendant quarante-quatre ans, Fernand Bibas a photographié la Martinique pour la presse.

De Gaulle, Césaire, Senghor, Jean-Paul II, manifestations, élections, sport, spectacles, anonymes : son appareil a accompagné une société en mouvement.

Aujourd’hui, les Archives territoriales de Martinique exposent ces images. Ce qui fut hier de l’actualité est aujourd’hui devenu mémoire.

Il y a ceux que l’Histoire place devant l’objectif et ceux qui doivent être là, présent, au moment précis où elle passe. Depuis le 19 septembre 2026, les Archives territoriales de Martinique présentent en l’honneur de Fernand Bibas : « Dans le viseur de Fernand Bibas – 60 ans de vie martiniquaise », une exposition organisée dans le cadre du Bicentenaire de la photographie.

Le ministère de la Culture le présente comme le premier photographe professionnel de presse de la Martinique.

Derrière les négatifs, les tirages et les images numériques, ce n’est pourtant pas seulement la carrière d’un homme qui apparaît : c’est une Martinique entière qui remonte à la surface.

Fernand Bibas entre à France-Antilles en 1964. La photographie est déjà présente dans sa vie.  Lire Plus

L’exposition « TOURBILLONS » au Créole Art Café

L’association L’Art Gonds Tout présente du 11 septembre au 01 novembre 2026, au Créole Art Café à Saint-Pierre, l’exposition collective « TOURBILLONS ».

Le thème des tourbillons permet à tous les artistes aux sensibilités et aux imaginaires singuliers de se retrouver sur un projet commun : tourbillons des couleurs, des matières, des formes, des regards mais aussi des émotions.

« Tourbillons » évoque à la fois le mouvement permanent, l’énergie qui circule et entraîne le regard et l’imagination mais aussi le chaos et transformation.

Le Créole Art Café est un lieu à la fois magique et pertinent pour accueillir cette exposition car la ville de Saint-Pierre a elle aussi été dans un tourbillon, le tourbillon de la vie avec sa disparition, sa reconstruction et sa renaissance. Elle porte en elle une histoire de force, de mouvement qui entre en résonance avec le titre.

Chaque artiste décline le thème selon ses propres émotions. DAMI et Cécile CABIT explorent la spirale et la rotation. « La spirale n’est pas seulement une figure géométrique, elle suggère un mouvement qui se répète sans jamais être exactement le même » nous confie DAMI.  Lire Plus

Maryvonne Joseph : Sable-Peinture et Mémoire-Transmission

par Rodolf Etienne

À 82 ans, Maryvonne Joseph poursuit une aventure artistique entamée de manière singulière. L’artiste transforme les sables de Martinique en paysages, scènes de vie et fragments de mémoire.

Près de 200 nuances naturelles composent aujourd’hui une palette qui ne ressemble à aucune autre. Du 6 au 13 octobre 2026, une exposition lui est consacrée au Centre culturel de Rivière-Salée. L’occasion de regarder autrement une œuvre située à la frontière de la peinture, de l’artisanat d’art et du patrimoine.

Il faudrait imaginer que tout commence par un simple geste : prendre une poignée de sable en main et y voir autre chose qu’une matière déposée par la mer, le vent ou l’érosion. Y voir une couleur, puis une autre, puis encore une autre et ainsi de suite, jusqu’à constituer une palette de près de 200 nuances naturelles. Depuis plus de cinquante ans, Maryvonne Joseph fait précisément cela. Elle recueille, choisit, ordonne et travaille les sables de Martinique pour les faire entrer dans l’espace, le cadre du tableau. La Ville de Rivière-Salée, sa ville, la présente aujourd’hui comme une « figure emblématique de l’artisanat d’art martiniquais ».  Lire Plus

Kerry James Marshall : la peinture contre l’invisibilisation

— Par Sabrina Solar —

Avec Kerry James Marshall, la peinture ne se contente pas de représenter. Elle intervient dans une histoire de l’art dont une partie des personnages a longtemps été tenue à distance. Né en 1955 à Birmingham, en Alabama, et élevé à Watts, à Los Angeles, l’artiste américain a construit depuis les années 1980 une œuvre qui s’attaque frontalement à cette absence : celle des figures noires dans les récits, les images et les institutions qui ont façonné la peinture occidentale.

Le Musée d’Art moderne de Paris présente jusqu’au 24 janvier 202è la plus importante rétrospective européenne consacrée à Marshall. Intitulée The Histories, l’exposition réunit environ 70 œuvres monumentales, dont une nouvelle série consacrée à l’histoire de l’esclavage. Après la rétrospective présentée à la Royal Academy of Arts de Londres en 2025, Paris offre ainsi une lecture d’ensemble d’une œuvre qui, depuis plus de quarante ans, interroge la place accordée aux Noirs dans l’histoire de l’art.

Marshall ne cherche pourtant pas à abandonner la peinture traditionnelle. Il en reprend au contraire les codes pour mieux les déplacer.  Lire Plus

De la poétique des strates

— Par Marie Gauthier —

« Lorsque je regarde attentivement les pierres,
je m’applique parfois, non sans naïveté,
à en deviner les secrets. Je me laisse glisser à concevoir
comment se formèrent tant d’énigmatiques merveilles… »

Roger Caillois, L’écriture des pierres, Gallimard, 1978

À son retour en Martinique, Izae Etifier raconte avoir été impressionnée, au cours de ses promenades, par les roches de l’île : présences denses, chargées d’histoires tues. L’écrivain Roger Caillois regarde les pierres comme « l’aboutissement d’un tâtonnement millénaire ». Leurs transformations par l’érosion, la fusion, la dissolution, les secousses, les ruptures, les jaillissements, les ruissellements, les sédimentations, sont les sources géologiques de la démarche géopoétique d’Izae Etifier.

Cette perception des pierres lui fournit sa première inspiration à des œuvres abstraites et sobres, à partir de ce qu’elle renonce à représenter. En effet, sans l’imitation du réel, le travail du matériau plastique s’impose. Antérieurement, avec l’argile et le papier recyclé, l’artiste créait des sculptures et aussi des bas-reliefs granuleux, souvent de format carré, qui exprimaient un retour au territoire et au symbolisme de la terre.

Pour reprendre la métaphore des œuvres de cette première période de l’artiste, les superpositions font penser aux strates géologiques où s’inscrivent les différents âges de la formation de la croûte terrestre.  Lire Plus

 » Parce que l’amour… »

 Exposition d’Eymric Moderne dit Moey: jusqu’au 05/09/26

— Par Philippe Charbein —

« Parce que l’amour … » : tel est le titre volontairement allusif et que chacun peut compléter en regardant les œuvres d’Eymric ; titre qui laisse entendre que les réponses offertes par l’amour sont multiples ; que l’amour est une réalité elle-même multiple, échappant à toutes les tentatives de définitions qui se voudraient définitives ou dogmatiques.

« Parce que l’amour … » ou l’évocation métaphorique d’une réalité se déclinant en de multiples occurrences ; en de multiples éclosions et arborescences par le biais desquelles se devine la foi de l’artiste lui-même.

L’artiste qui suggère ainsi que l’amour est une puissance bénéfique se régénérant en permanence.

« Parce que l’amour … » ou l’occasion d’apprécier la dimension complexe de celui-ci, se partageant entre l’aspect sentimental et amoureux, l’aspect poétique, philosophique…à la mesure de la dimension humaine en somme !

L’occasion, enfin, nous est donnée d’apprécier le parti pris esthétique d’Eymric MODERNE : évoquer l’amour par le biais du motif de la nature… ainsi que le faisaient des poètes et des artistes des siècles passés… la nature qui, toutefois, au moyen des différents médiums utilisés, est littéralement sublimée, « poétisée » … à l’image même de l’amour dont les circonvolutions et autres connexions infinies lui assurent sa part d’éternité.  Lire Plus

Marché d’art Fondation Clément 17.07.2026 | 06.09.2026

Un rendez-vous majeur pour l’art contemporain caribéen 

La Fondation Clément fait de nouveau de l’Habitation Clément l’un des hauts lieux de la création contemporaine dans la Caraïbe avec la cinquième édition de son Marché d’art. Jusqu’au 6 septembre, ce rendez-vous réunit 42 artistes venus de différents territoires caribéens et offre au public une occasion privilégiée de découvrir des œuvres originales tout en échangeant directement avec leurs créateurs.

Pensé comme un espace de rencontres autant que de diffusion artistique, ce marché permet aux amateurs, collectionneurs et simples curieux d’approcher la richesse de la scène régionale. Peintures, sculptures, dessins et techniques mixtes composent une exposition où se croisent des univers très différents, témoignant de la vitalité et de la diversité de la création caribéenne actuelle.

Parmi les artistes invités figurent des personnalités reconnues telles que Victor Anicet, Ernest Breleur, Christian Bertin, Hector Charpentier, Samuel Gelas, Marie Gauthier, Jean-Marc Hunt, Alain Joséphine, Ricardo Ozier-Lafontaine, Philippe Thomarel, Dora Vital ou encore Henri Guédon. Ils côtoient de nombreux autres créateurs confirmés et émergents, parmi lesquels Flavio Délice, Julie Bessard, Mickaël Caruge, Martine Porry, Karine Taïlamé, Prisca Toulon ou Raymond Médélice, illustrant la pluralité des expressions artistiques de la région.  Lire Plus

Exposition au Jardin des unités Alzheimer de l’EHPAD de l’Etang Z’abricot

— Par Philippe Charvein —
Le Jardin des unités Alzheimer de l’EHPAD de l’Etang Z’abricot, abrite en ce moment l’exposition des œuvres réalisées par les résidents – les résidentes qui y sont accueillis (ies). À l’Ehpad Floréa, l’art pour raviver les souvenirs

Œuvres artistiques variées, relevant de la peinture, du dessin, du collage, de la photographie ; articulées autour des thèmes de la nature et de l’identité humaine.

Deux thèmes fondamentaux par le biais desquels des personnes âgées et fragiles ont choisi de s’exprimer en libérant leur créativité, et en affirmant ainsi leur personnalité, en vue d’une meilleure autonomie.

Une façon également de marquer leur appartenance à une communauté et de signifier leur désir de plénitude humaine.

L’exposition qu’il nous est donné d’apprécier s’inscrit dans le mouvement de « l’Art-thérapie » ; l’Art devenant, précisément, le canal de communication privilégié par le biais duquel les hommes et les femmes touchés – touchées dans leur corps et leur être, trouvent l’occasion de dépasser, de « conjurer » le mal qui les frappe ; de parvenir à un épanouissement certain.

Nous construirons donc notre relation selon les deux thèmes fondamentaux donnant sa raison d’être à l’exposition en question : l’évocation d’une nature vivante, symbole de richesses, de sérénité et d’infini (une nature quasi-magique) ; et l’évocation d’une identité humaine particulièrement prégnante.  Lire Plus

Trois expositions plus une à la Fondation Clément

— Par Selim Lander —

Les Martiniquais et le visiteurs de passage ont le privilège cet été de découvrir trois expositions personnelles couplées au traditionnel Marché d’art qui propose aux amateurs deux œuvres d’artistes en général bien connus pour avoir déjà été exposés à plusieurs reprises à la Fondation ou ailleurs. Des œuvres le plus souvent récentes mais l’on peut découvrir des tableaux du début des années 1990 d’Ernest Breleur et d’Henri Guédon (décédé cette année 2026) et même de la fin des années 1980 pour Victor Anicet, le « patriarche » des artistes martiniquais. Avis aux amateurs ! Quant aux prix, il s’étagent entre 250 € et 25.000 € (un 2x2m de Hébert Édau), soit un écart de 1 à 100 ! .

Les expositions personnelles confrontent trois artistes ayant fait des choix esthétiques radicalement différents : la photo et plus précisément le portrait chez Joël Zobel, le fantastique chez Ronald Cyrille, l’abstrait chez Jocelyn Akwaba Matignon.

Joël Zobel descend sur terre

Walter Benjamin dans L’Oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique analysait la révolution artistique induite par les procédés de reproduction ad libitum des œuvres.  Lire Plus

Exposition « Fonds Charpentier »

Du 16 juillet au 5 septembre 2026 – Hôtel de Ville de Saint-Pierre
— Communiqué de presse —
La Ville de Saint-Pierre présente, du 16 juillet au 5 septembre 2026, l’exposition « Le Fonds Charpentier », consacrée à l’une des plus importantes collections artistiques conservées par la commune.
Réunissant 41 œuvres d’Hector Charpentier père (1910-1983) et de Paule Charpentier, née Jacques-Joseph (1910-2004), ce fonds constitue un précieux témoignage de la création artistique martiniquaise de l’après-guerre.
Peintres, enseignants et figures de la vie culturelle pierrotine, Paule et Hector Charpentier ont largement puisé leur inspiration dans les paysages de la Martinique et dans le quotidien de ses habitants. À Saint-Pierre, où ils s’installèrent, ils ouvrent à la fin des années 1940 la première galerie d’art de la Martinique, participant ainsi activement au rayonnement artistique de l’île.
L’exposition propose une sélection d’œuvres représentatives de leur univers pictural : paysages, vues de la rade de Saint-Pierre, scènes d’intérieur, natures mortes et évocations de la vie quotidienne martiniquaise. Restaurées grâce au soutien d’un mécène, ces œuvres sont aujourd’hui présentées au public dans le cadre de la politique de valorisation des collections municipales menée par la Ville de Saint-Pierre.
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L’Art Gonds Tout et Ti Guy Nèg’Mawon sont en Guadeloupe

Du 26 au 28 juin 2026, la PooL Art Fair Guadeloupe réunit au Terminal de croisière de Pointe-à-Pitre de nombreux artistes venus de la Caraïbe, de France et de l’international. Ce grand rendez-vous artistique confirme son rôle de salon majeur pour la création contemporaine caribéenne, en offrant un espace de visibilité, de rencontre et de dialogue entre artistes, publics, collectionneurs et professionnels de l’art.

La Martinique y affirme une présence particulièrement remarquable avec les artistes de L’Art Gonds Tout, représentés au stand D0. Marc Barbot, Valérie Biegel, Dami, Chantal Nottrelet, Hélène Jacob, Claire Taïna, Dolly Soraya, Michèle Laune et Isabel Tronçon y présentent leurs œuvres, témoignant de la diversité et de la vitalité de la création martiniquaise.

Leur présence collective met en lumière une scène artistique martiniquaise plurielle, sensible et ouverte sur le monde.

Ti Guy Nèg’Mawon, figure singulière de la performance artistique martiniquaise qui accompagne les artistes de l’Art Gonds Tout, donne à cette participation une force symbolique particulière. Corps enduit d’argile, posture sculpturale, mémoire du marronnage, puissance de la parole : son intervention fait dialoguer le geste, la matière et l’histoire.  Lire Plus

De Paris aux Antilles, la Pool Art Fair poursuit sa traversée

26, 28 & 28 juin | Terminal de croisière | Pointe-à-Pitre

— Par Patricia Lollia (*) —
Après le vif succès rencontré par la campagne d’affichage dans les couloirs du métro parisien, la POOL ART FAIR poursuit sa trajectoire. L’évènement pose désormais ses couleurs en Guadeloupe avec la même ambition : promouvoir l’art contemporain pour l’ancrer dans le quotidien.
A Paris, les visuels ont interpellé, surpris, ému. Ils ont ainsi transformé un trajet ordinaire en rencontre artistique. Entre deux correspondances, les voyageurs se sont arrêtés un instant, suspendus dans le flux. Les affiches ont rompu le rythme automatique des trajets. Elles ont créé une brèche.
Certains ont levé les yeux, d’autres ont sorti leur téléphone, d’autres encore ont simplement ralenti le pas. Des silhouettes en équilibre, des titres qui claquent comme des décisions, des oeuvres colorées qui tranchent avec le gris des quais.
L’art n’était plus confiné, il s’imposait dans l’espace public, sans cartel ni médiation.
Les réactions ont été immédiates : étonnement, questionnements, débats sur les quais et sur les réseaux. Des clichés partagés, des messages envoyés, des discussions amorcées entre inconnus.  Lire Plus

Omar Victor Diop, photographe — Histoire coloniale « Expressions décoloniales »

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Le photographe sénégalais Omar Victor Diop présente ses œuvres à Nantes

  • Titre : Expression(s) décoloniale(s) No 4

  • Lieu : Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes

  • Dates : 8 mai – 8 novembre 2026

  • Œuvres présentées :

    • Diaspora — série d’autoportraits inspirés de portraits européens du XVe au XIXe siècle, revisitant la présence africaine dans l’histoire coloniale européenne.

    • Liberty — série évoquant les luttes noires, de la résistance anticoloniale aux mouvements contemporains contre les violences racistes.

Site officiel de l’artiste (galerie complète)

  • Omar Victor Diop – Portfolio officiel https://www.omarviktor.com (Séries : Diaspora, Liberty, Allegoria, Studio des vanités, etc.)
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De l’île au delta

Une lecture de Nou an péyi révé – Traversées de la mangrove

— Par Gladys Acramel —

L’exposition Nou an péyi révé – Traversées de la mangrove est présentée au Mémorial ACTe du 29 mai au 29 août 2026. Inspirée par le roman de Maryse Condé Traversée de la mangrove, elle propose un parcours autour de la Guadeloupe, de ses mémoires, de ses héritages coloniaux, de ses circulations diasporiques et de ses devenirs possibles.

Le titre Nou an péyi révé – Traversées de la mangrove contient déjà l’architecture conceptuelle de l’exposition. Son bilinguisme associe deux registres de pensée : celui du « nou » et du « péyi révé » et celui du parcours, tourné vers les « traversées », de l’île au jardin en passant par la mangrove.

Le « nou » liminaire y apparaît comme une évidence offerte au visiteur. Il ouvre un espace symbolique complexe. À travers la mangrove, l’exposition transforme la fragmentation du territoire en expérience de confluence : une tentative de commun travaillée par l’opacité, les mémoires disjointes et les recompositions.

L’œuvre de Joël Nankin, Il n’est point de désespoir, place le début du parcours sous l’orbe d’une figure verticale consolatrice, presque votive.  Lire Plus

Hector Charpentier : « Intemporelle, un temps pour elle »

Fondation Clément jusqu’au 5 juillet 2026

Au cœur de l’œuvre d’Hector Charpentier se déploie le concept de « figurabstraction », qu’il a créé au début des années 1990 comme une réponse critique à l’opposition historique entre figuration et abstraction.

Les œuvres présentées donnent à voir une construction de l’image en strates successives. La figure humaine, souvent féminine, y occupe une place centrale : elle constitue le point d’ancrage sensible du tableau, autour duquel se déploient des champs chromatiques et des structures abstraites. Ces plans dialoguent sans hiérarchie, ouvrant l’image à une lecture à la fois plastique, symbolique et mentale. Le regard du visiteur est ainsi invité à circuler entre le visible et l’invisible, entre la présence incarnée du motif et sa transposition dans un espace spirituel.

Par la figurabstraction, Hector Charpentier propose ainsi une réflexion sur les conditions mêmes de la représentation. Son œuvre interroge la capacité de l’image à rendre visibles des réalités intérieures, et affirme la peinture comme un lieu de synthèse entre matière, esprit et mémoire.

Hector Charpentier, fondateur de la Figurabstraction académicien et commandeur académique des arts, des sciences et lettres en Italie, diplômé de l’école nationale des Beaux-Arts de Toulouse et premier Grand prix de sculpture de Toulouse, sa carrière d’enseignant, fut couronné par les palmes académiques.  Lire Plus

 » La collection sort de sa réserve »

Fondation Clément jusqu’au 28 juin 2026

Collectionner est une mission. Acheter, conserver, montrer, publier. La Fondation Clément a choisi de promouvoir la diversité de la création de Martinique, de la Caraïbe et de sa diaspora.

Une collection, c’est un ensemble indéfini d’œuvres, une somme de singularités à décrypter, ordonner, articuler. Cette exposition vous invite à un voyage au cœur des multiples facettes de l’art contemporain de la Caraïbe en explorant la question de la figure humaine, de la matière à l’œuvre et du cadre.

D’abord la figure humaine, un des sujets de prédilection de l’art occidental depuis la préhistoire. C’est le lieu privilégié de toutes les expériences plastiques. Affranchie des canons classiques, libérée des codes de représentation traditionnelle, le visage ou la silhouette se déclinent à l’infini : de la photographie traditionnelle à la photographie expérimentale, de la peinture figurative au portrait expressionniste, de la silhouette stylisée à la figure fantaisiste, du totem au masque jusqu’à l’évocation abstraite épurée sur film radiographique.

Puis, viennent, dans le second espace d’exposition, le support et les matériaux qui définissent le geste de l’artiste et la matérialité de l’œuvre.  Lire Plus

Annette Messager : « une hirondelle ne fait pas le printemps »

Du 14 avril 2026 au 20 septembre 2026 
Musée de la chasse et de la Nature
60, rue des Archives
75003 Paris 3

— Par Dominique Daeschler —

Au musée, tellement baroque, de la chasse et de la nature à Paris, Annette Messager, une fois de plus, se joue des assignations et des classifications. Avec « une hirondelle ne fait pas le printemps », exposition composée de 4 épisodes : « bricoler des chimères, capturer le trouble, conter nos vulnérabilités, truquer le réel », l’artiste puise dans son univers fait d’extravagances où se mêlent poésie, effroi, cruauté, esprit de domination. En traquant l’animal, le maltraitant apparemment parfois, c’est de nous, à nous qu’elle parle, de notre place dans le monde d’aujourd’hui. Usant de toutes les matières (documents, photos, tissus, plumes, perles, broderies, dessins, taxidermies …), elle dézingue, associe ses fantasmes dans une forme (la peluche éventrée aux drôles d’organes), se joue d’une pièce du musée associant perles et tchador à de bien conventionnels chiens de porcelaine. Il lui importe de créer un choc pour réinterroger le réel, provoquer notre imaginaire : dans une bibliothèque des peluches qui font la culbute sont d’incroyables lecteurs, plus loin un mobile romantique fait de lapins (encore des peluches) aux couleurs tendres tourne dans un ronronnement de ventilateur.  Lire Plus

Terre de Blues et d’Art au collège de Grand-Bourg, Marie-Galante

Exposition du Mercredi 20 au Samedi 23 Mai 2026 de 9h à 14 h

Aprés le Service culturel de Grand-Bourg en 2025, l’exposition TERRE DE BLUES ET D’ART revient pour sa deuxiéme èdition. Cette annèe, elle s’installe du 20 au 23 Mai au Collége Gaston Calmet. Un choix fort : amener l’art où grandissent les imaginaires. Le blues, c’est bien súr la musique, celle qui dit la mèlancolie, le rèsistance, la terre, la mer. C’est une mèmoire qui passe par le son, le rythme, la voix. En mettant l’art visuel au collége, on prolonge cette idèe : faire dialoguer la terre, la musique et l’image. C’est montrer que l’art et le blues partagent la même fonction : dire ce qui ne se dit pas, relier ce qui est sèparè, garder vivante la mèmoire.

Nous sommes cinq artistes à croiser nos regards et nos pratiques : Nikki Elisè, Ardèbén, Maria Diaz, Pock et moi-même, Patricia LOLLIA.

Avec cette exposition, les couloirs du collége deviennent galerie. L’intention est claire : mettre les enfants en relation directe avec la crèation pour les sortir, un instant, du monde virtuel du portable, TikTok, jeux, notifications….Le  Lire Plus

Du visible à l’essentiel : Fred Eucharis

Fondation Clément jusqu’au 5 juillet 2026

Je produis des œuvres simplifiées et tactiles, sur des fonds indéfinis et abstraits. Mes créations actuelles sont l’aboutissement de plusieurs années de peinture.

Expérimenter la figuration et l’abstraction, la richesse des couleurs et des formes, observer l’expression de tout ce qui m’entoure, en découvrir les mécanismes secrets, c’est ma recherche depuis l’âge de quinze ans.
Le peintre caribéen que je suis, est toujours fasciné par l’équilibre des formes et des couleurs. Mes recherches artistiques reflètent cette fascination. J’essaie de montrer comment je perçois l’harmonie, la beauté des scènes caribéennes.

Mon chevalet bénéficie de la lumière de mon île. Mon inspiration picturale est stimulée par l’écoute permanente d’opéras, de jazz, de théâtre nô et de musiques caribéennes.
Mes mentors m’inspirent énormément, Vassily Kandinsky, Roland Chanco, Maurice Estève, Diego Riviera, Pablo Picasso et d’autres ; indépendamment des modes, j’essaie de parvenir à une synthèse des tendances multiples de l’art contemporain. Je tente une mutation du sujet tout en adoucissant la rigueur architecturale de l’esquisse. Je travaille avec amour une pâte savoureuse que je pose avec douceur ou en touches vivaces.  Lire Plus

Pierre Montagard : « Les métamorphoses de l’impermanence »

Jusqu’au au 25 juillet 2026, du lundi au vendredi de 9h à 18h et le samedi de 9h à 12h, chez Charles’Opticien à Etang Z’Abricot, immeuble Aqualina

— Par Marie Gauthier—

Très sensible à la beauté de la nature tropicale, Pierre Montagard arpente depuis presque 50 années, les sentiers forestiers de Martinique d’où il rapporte à l’atelier des végétaux qui l’inspirent. Les grands feuillages en décomposition sont pour lui un matériau de prédilection. Dans son laboratoire-atelier, il les traite pour stopper leur pourrissement et les conserver. De cette alchimie, apparaît alors leurs squelettes, des rides structurelles, d’étranges dentelles : écriture mémorielle d’une vie disparue.

Vient ensuite le travail du papier, artisanal ou industriel. L’artiste le baigne dans des jus de couleur, d’où résultent des bleus profonds de la nuit, des ocres dorés de soleil ou des rouges incandescents. Les feuilles de papier, telles des peaux, sont ensuite déchirées, offrant des contours aléatoires où s’entrevoient dans les brèches, les entrelacs des nervures nues préalablement collées sur le support. Ces découpes tremblées laissent imaginer, sous l’apparence des choses, un monde organisé dont on ne connaît pas nécessairement les lois.  Lire Plus

Mickaël Bé Caruge : « Rêve diurne »

Fondation Clément jusqu’au 5 juilet 2026

Rêver, selon une définition admise, c’est « laisser aller sa pensée », son imagination. L’action de rêver s’enrichit de sens, par son origine latine le mot « vagus », qui signifie « qui erre ».

Cependant, en peinture nos projections potentiellement irréalisables sont paradoxalement ce « sel de la terre », cette utopie libérale de l’artiste. Pour le champ de la peinture, le thème est prospère. À travers des réalisations visuelles poétiques, ce thème riche, largement exploré, permet de construire des espaces et des représentations qui donnent à voir les entrelacs, les lignes, tous les contours de l’imagination. C’est ce qui déclenche notre sensibilité, y compris à une échelle collective, mais qui pour la peinture devient une manière de débrider les possibles. La peinture, qui existera toujours par son apport sensible, sensualiste, est un bâton psychologique pour le peintre et peut devenir un bain de jouvence pour le regardeur. Il n’y a nul besoin d’autorité, d’enjeu de pouvoir et d’argent dans la peinture quand elle se fait magie, intuition, floraison. Elle peut calmer les esprits, elle peut panser les âmes.  Lire Plus

L’œuvre métaphore du désir amoureux

Exposition visible du 16 mai au 25 juillet 2026 du lundi au vendredi de 8h à 18h  | Cabinet médical Étang Z’Abricot, immeuble La Perle au 1er étage

— Par Marie Gauthier —

« La rose n’a pas de pourquoi »
Angelus Silésius (1624-1677),
poète et mystique allemand

D’emblée nous sommes sous le charme de l’œuvre de Moey et il en donne la raison : « parce que l’amour… ». Son thème de prédilection, arboré dans un souci esthétique et joyeux, présente des dessins délicats et multicolores, plus imaginaires que réalistes. Il y déploie, jusqu’à envahir toute la surface, un univers édénique luxuriant, floral décor de contes et merveilles.

L’artiste s’exprime par le dessin automatique qui confère à ses œuvres une liberté enchanteresse. Les motifs végétaux naissent et épanouissent pleinement leur nature, fusionnent parfois en ondulant dans un frémissement continu où l’on devine, dans les entrelacs, une présence animale : oiseaux, félins, flamants roses, poissons tropicaux, etc. Tout ce raffinement nous embarque, ravis malgré nous, dans une jouissance du voir, dans l’apparat d’une parade nuptiale.

À l’image des tapisseries mille-fleurs, ou plus proches de nous celles de Jean Lurçat dans Le Chant du Monde, des fonds sombres portent des graphismes de filaments fluorescents qui percent l’obscur et rappellent la broderie.  Lire Plus

Nan Goldin : This will not end well

— Par Dominique Daeschler —

Présentées au Grand Palais et à la chapelle St Louis de la Salpêtrière, dans des modules conçus par Hala Wardé, six oeuvres rassemblant vidéo et diaporamas, racontent cinquante ans de création de Nan Goldin. Un tout raconté en récits saccadés ce que permet la diapo, jouant de la photo comme autant de plans fixes auxquels on associerait le rythme des battements de cœur, le montage libérant la pensée. Fan de cinéma dès l’adolescence, Nan Goldin plonge dans sa vie pour nourrir son art. Au cours de ses études à l’école des Beaux-Arts de Boston, elle documente la vie qu’elle mène dans une communauté de drag-queens qui traîne autour d’un bar appelé The Other Side (première exposition de ces images à Cambridge). Présenté dans l’exposition comme une ouverture au monde de Goldin, il frappe par ces portraits à cru qui donnent leurs visages comme des livres ouverts A Londres, elle photographie skinheads et premiers punks.

Suivra le premier grand diaporama, The Ballad of Sexual Dependency, travail qui s’étend sur 41 ans, où on entre dans l’intimité de Goldin : l’amour est là, la dépendance, la recherche d’identité, la perte, la fuite.  Lire Plus

Moun Isi — 34 communes, 34 histoires

Du 12 mai au 27 juin, La Véranda de Tropiques-Atrium accueille Moun Isi, une exposition photographique signée René-Charles Suvélor, plus connu sous le nom de Bénny. À travers 34 portraits et 34 paysages, le photographe martiniquais dresse une galerie sensible et profondément humaine de la Martinique d’aujourd’hui.

Depuis plus de quarante ans, Bénny capture des instants de vie, des regards, des visages et des émotions. Né à Fort-de-France et grandi à Debriand, il découvre très jeune la photographie, avant d’exercer pendant de nombreuses années le métier de cuisinier. Mais l’appel de l’image, plus fort que tout, finit par s’imposer comme une évidence. Aujourd’hui, chaque cliché témoigne de cette passion intacte, nourrie par la rencontre et l’observation du réel.

Avec Moun Isi, l’artiste propose un voyage à travers les 34 communes de Martinique. Chaque portrait raconte une histoire singulière : une marchande, un pêcheur, un médecin, un inconnu croisé au détour d’une rue… Des femmes et des hommes de tous horizons, choisis pour ce qu’ils incarnent de vivant, d’authentique et d’universel. En écho à ces visages, des paysages viennent révéler la richesse et la diversité du territoire martiniquais.  Lire Plus

Des artistes antillais dans le métro parisien

— Par Alex Lollia —

Thierry Alet, responsable de la POOL ART FAIR a pris l’initiative d’organiser une campagne d’affichage dans le métro parisien.

A cette occasion les œuvres d’une douzaine d’artistes seront présentées au public du 20 au 26 Avril 2026. Cet événement sera sans doute un acte singulier dans l’histoire de la création artistique aux Antilles.

Depuis une quinzaine d’années, on assiste à une impressionnante éclosion dans le domaine des arts plastiques. Cette explosion de formes et de couleurs est d’autant plus surprenante que parallèlement, nos sociétés semblent en pleine dérive. Elles étouffent sous la cloche du mutisme. La philosophie politique et les sciences humaines ne nous disent plus rien à propos de nous-mêmes.

Alors, l’art serait-il en avance sur les concepts, dont nous avons besoin pour penser notre réel ?

Dans les entrailles du métro parisien, où les femmes et les hommes du Tout-Monde se mêlent et s’entremêlent, des artistes guadeloupéens ont choisi de faire signe. Faire signe à l’autre, quel que soit cet autre, dans cet espace de correspondances où les identités se frôlent, se frottent, se font et se défont.  Lire Plus