— de Yoshvani Medina —
Chers Greg et Marie-Pierre :
Vous écrire équivaut à être encore en Avignon, à revivre ces moments tellement spéciaux que vous nous avez offert : je me vois encore en train de préparer la scène pour jouer ; de la défaire, une fois que le sortilège a eu lieu ; de tracter dans cet Avignon vôtre, qui maintenant, d’une certaine façon est à nous ; d’apprendre avec ces gens merveilleux que vous avez fait converger dans votre théâtre ; de prendre position dans cette lutte que vous menez, pas pour les idées qui vous donnent le pouvoir d’un festival, mais pour un festival d’idées qui donnent la priorité à l’artistique et à l’humain.
Et justement c’est de l’artistique et de l’humain que s’éloigne de plus en plus le Festival d’Avignon Off, qui n’est qu’un reflet de ce qui se passe en France, de là l’importance de votre combat, qui est l’essence même de votre existence.
Nous étions là déjà en 2003, l’année de tous les dangers, nous avons partagé avec vous les heures terribles d’une guerre qui n’était pas la nôtre par ignorance, et qui l’est devenue par vocation.




« Entre les autres et moi le silence s’amplifie » dit il. Alors face à ce vide tétanisant il dévide de sa bouche la bobine interminable du ruban de la langue. Blanc ruban comme les blancs du discours que celui-ci souligne à vouloir masquer ceux-là. Hildevert Lorsold aussi seul en scène qu’il l’est face aux mots, comme nous tous qui avons toujours ce vieux rêve adamique d’un isomorphisme parfait entre les mots et les choses. Retour fusionnel dans le giron de « lalangue », vers un temps sans temps morts, en un lieu sans coupure. Il est donc seul en scène et tout commence par ce « bonjour » délesté d’épaisseur, déraciné de toute glaise, aussi consistant que les bulles de savon qui envahissent le plateau. La langue n’est pas un nomenclature. Les animaux et les choses ne sont pas présentés devant Adam pour être nommées tout uniment. Apprendre par cœur un dictionnaire franco-anglais ne fait pas accéder à la maîtrise écrite ni parlée de la langue de Shakespeare.
Carnets d’Avignon.
Par LAURE GARCIA et CLAIRE JULLIARD
Il est des histoires dont l’intérêt ou la nouveauté résident dans la façon dont elles sont racontées plutôt que dans ce qu’elles racontent. C’est le cas du récit d’enfance « Le cœur à rire et à pleurer » de Maryse Condé que tente d’adapter à la scène Alain Courvaud avec Martine Maximin accompagnée du clarinettiste Antoine Bory.






Aimé CÉSAIRE est l’homme public le plus important de l’histoire du 20e siècle martiniquais : il réalise à la fois l’aspiration profonde du peuple à l’assimilation et installe en son sein le ferment contraire, l’anti-assimilationnisme, le sentiment national martiniquais. Son influence dépasse la Martinique; sa démarche a aussi contribué’ à la prise de conscience nationale en Guadeloupe et en Guyane.
Voilà un ouvrage en passe de devenir un manifeste de la décroissance, sans doute en raison de la plume et de l’habileté de S. Latouche, même si, nous le verrons, il n’est pas sans laisser quelques zones d’ombre.
Prix Nobel d’économie en 1998, Amartya Sen, 73 ans, est plus qu’un grand expert international. C’est un penseur d’envergure, dont l’oeuvre se situe au carrefour de l’économie, de la philosophie, des sciences sociales et de la théorie politique. Sa démarche constante est de mettre l’accent sur les conditions morales, humaines et sociales des mécanismes économiques. Il n’a cessé d’insister sur le fait que « l’économie est une science morale » et que le développement est le point de départ de la liberté. Son originalité est aussi d’avoir toujours en vue les aspects pratiques de la vie politique : avoir le droit de voter ne sert à rien sans l’éducation nécessaire pour comprendre les choix proposés et sans les moyens de transport pour se rendre au bureau de vote…