par Roland Sabra

« La presse est-elle libre en Martinique ? » Telle était la question débattue au Club presse Martinique le 04/05/10 à Fort-de-France. Il s’agit là d’une fausse question, une question de journaliste, une question que l’on pose à un homme politique que l’on ne veut pas mettre dans l’embarras, une question forcément consensuelle : OUI, bien sûr la presse est libre en Martinique. La vraie question serait : « Que font les journalistes de la liberté de la presse en Martinique? » Et là la réponse est loin d’être évidente! Quelques faits de l’actualité récente suscitent des interrogations sur cet usage de la liberté. Par exemple, on peut légitimement se demander pourquoi faut-il que ce soit un non-journaliste qui pose la question qui fait exploser en plein vol Alfred Marie-Jeanne (AMJ), au dessus du Lycée Schoelcher? Pourquoi faut-il qu’un journaliste de RFO invente de toute pièce, le mensonge de la soi-disant appartenance de ce citoyen questionneur au PPM pour « excuser » le comportement d’AMJ? Il ne s’agit plus d’information mais de désinformation. Gageons que la hiérarchie à sanctionné ce manquement à l’éthique (?)



(La Terre, le Feu, l’Eau et les Vents, Paris, Galaade, 2010, 350 p.). par Michel Herland.
Il y a sans doute de plus grands malheurs que le chômage pour des gens qui peuvent travailler. Personne ne croit qu’il existe dans notre pays de solution miracle qui permette de résoudre ce problème dans des délais prévisibles. C’est dire qu’aucun chômeur martiniquais conscient ne se fait d’illusion. Mais il y en a qui n’en dorment pas. Parmi les femmes notamment. Elles se battent tous les jours pour en sortir. Elles dépensent certaines semaines plus que les ASSEDIC ne leur versent d’indemnité. Elles cherchent depuis 7 mois, de Dillon à Terres Sainville, en passant Redoute et Chateauboeuf, un local pour exercer un métier qu’elles connaissent, qu’elles ont pratiqué pendant vingt ans pour la plus grande satisfaction de leur clientèle et…de leur employeur. Ou elles n’en trouvent pas.




Les metteurs en scène Eric Delor et josé Exélis nous proposaient le 31/03/10 à L’Atrium une version revisitée, plus épurée de « EIA » crée en juin 2009 à l’occasion de l’anniversaire d’Aimé Césaire. L’originalité de la démarche consiste à essayer une alliance entre le théâtre et le slam. Le slam, dont on a pu entendre une belle prestation il y a peu à l’Atrium avec « Grand corps malade » relève à l’origine de la joute oratoire. La rythmique du poème procède par assonances, allitérations, onomatopées et répétitions consonantiques. Les champs lexicaux mêlent avec plus ou moins de bonheur les registres du familier et du soutenu, de l’argot et de la préciosité, le verlan et les anglicismes. Du point de vue argumentatif dominent l’apostrophe et l’impératif, modes d’expression d’une violence dénonciatrice des injustices sociales. La forme semble en parfaite adéquation avec la dénonciation du colonialisme, du racisme, de l’esclavage, de l’oppression, de la société de consommation etc., ces thématiques lancinantes et récurrentes que tout artiste antillais se doit d’arpenter s’il veut se faire un chemin.







