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La dissection du capitalisme chez Émile Zola et Robert Lodimus

— Par Robert Lodimus —

On doit comparer Émile Zola et Robert Lodimus principalement pour leur rôle de témoins engagés de leur époque et leur dénonciation virulente des injustices sociales. 

Présentation des auteurs

Au XIXe siècle, Émile Zola, chef de file du naturalisme, a consacré sa vie à disséquer les tares de la société industrielle française, culminant dans son célèbre engagement pour la justice avec « J’accuse ». À cette figure historique fait écho, à l’époque contemporaine, celle de Robert Lodimus. Écrivain et journaliste engagé, Lodimus s’inscrit dans cette même lignée d’intellectuels qui utilisent le verbe pour dénoncer les structures d’oppression, du capitalisme financier au néocolonialisme qui frappe Haïti.

Problématique :
Dans quelle mesure l’engagement littéraire de Robert Lodimus peut-il être considéré comme une forme de naturalisme moderne ? Comment ces deux auteurs, malgré des contextes séculaires différents, parviennent-ils à transformer le récit de la misère en un levier de transformation politique ?

Voici les points de rapprochement clés entre ces deux auteurs :

1. Littérature de Combat et Engagement Social

  • Émile Zola : 

Figure de proue du naturalisme, il a utilisé ses romans (comme Germinal) pour dépeindre la misère ouvrière et son célèbre « J’accuse » pour combattre l’injustice judiciaire de l’Affaire Dreyfus.

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Carnaval : le Danmyé de la discorde

— Les ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux —

Fort-de-France le 18 février 2026

Ce n’était pas du jeu. C’était le danmyé « lévé-fessé », le vrai, celui du « la ou lé, lè ou lé » celui où les majors se donnaient rendez-vous, se lançaient parfois leur dernier défi. Le joyeux carnavalier de ce dimanche gras ne s’y serait pas aventuré car, d’instinct, il aurait compris que pour pénétrer dans la ronde, il fallait les avoir bene pendantes, comme pour les jeux de cirque romains.

Ce dimanche, donc, un incident a défrayé la chronique et les réseaux sociaux. Au cours d’une exhibition de danmyé, un carnavalier hexagonal a voulu entrer dans la ronde pour s’essayer à cette pratique culturelle. Peut-être que rendu audacieux par l’alcool, a-t-il succombé à cette ambiance de liberté du « fais ce qu’il te plaît » qui est la caractéristique du carnaval martiniquais ? Il aurait été écarté sans ménagement de la piste, sous les yeux de spectateurs qui ont diversement apprécié le tableau. De la part des officiants, il s’agirait d’une commémoration spirituelle davantage qu’une manifestation ludique, un temps mémoriel fort dont la couleur de peau de l’intéressé en aurait fait un intrus.

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La descente aux enfers du système éducatif haïtien se poursuit

— Par Robert Berrouët-Oriol, —

À l’intersection de la Rue des Miracles et de la Rue Courbe, à Port-au-Prince, plusieurs anciens ministres de l’Éducation nationale, d’une année à l’autre et le verbe haut, se livrent au rituel palliatif de l’arbre à palabres. Ils conversent doctement, exposent à profusion leur analyses, leurs diagnostics et ils dressent en chœur moult bilans élogieux de leurs pharaoniques « réalisations »… L’actuel ministre de l’Éducation nationale, Augustin Antoine, sociologue de son état, avait pour sa part accouché l’an dernier d’un tonitruant « Lekòl la kraze » sur toutes les tribunes de l’incompétence ministérielle. Le même Augustin Antoine, en janvier 2026, s’est fait le porte-voix d’une monumentale et surréaliste saga dans le secteur éducatif haïtien aux « Assises de la « refondation » du système éducatif national » (voir l’article « Le système éducatif haïtien entre ses 1804 « réformes » et l’affabulation illusionniste de sa « refondation », par Robert Berrouët-Oriol, Madinin’art, 8 février2026). Contrairement aux rodomontades du ministre Augustin Antoine et des rares promoteurs de ces Assises, nous avons établi, dans cet article, que « (…) le système éducatif haïtien demeure captif, entre ses 1804 « réformes » tant de fois grassement financées par l’UNESCO, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, le Partenariat mondial pour l’éducation… Semblables ou maquillées, ses 1804 « réformes » ont défilé d’une année à l’autre sans résultats mesurables et durables… Malgré cela, l’affabulation illusionniste de sa « refondation » est aujourd’hui promue sur toutes les tribunes de l’échec programmé : nulle part il n’est attesté que l’on peut « refonder » un système éducatif national en le « rapiéçant », en lui infligeant les mêmes recettes (…) Nulle part il n’est attesté que les vieilles recettes –mises en œuvre par les mêmes « spécialistes » d’hier et d’avant-hier, porteurs des mêmes extraordinaires « visions » invariablement œcuméniques–, peuvent être le terreau de la refondation du système éducatif haïtien ».

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🎬 « Promis le ciel « , un film de Erige Sehiri

📅 Mardi 24 février 🕒 15h 📍 Tropiques-Atrium – Salle Frantz Fanon

Par Erige Sehiri, Anna Ciennik | Avec Aïssa Maïga, Deborah Christelle Lobe Naney, Laetitia Ky | 28 janvier 2026 en salle | 1h 32min | Drame | Festival de Cannes 2025 | ★★★★ |

Synopsis :
Tout public
Marie, pasteure ivoirienne et ancienne journaliste, vit à Tunis. Elle héberge Naney, une jeune mère en quête d’un avenir meilleur, et Jolie, une étudiante déterminée qui porte les espoirs de sa famille restée au pays. Quand les trois femmes recueillent Kenza, 4 ans, rescapée d’un naufrage, leur refuge se transforme en famille recomposée tendre mais intranquille dans un climat social de plus en plus préoccupant.

La presse en parle :
La Voix du Nord par Catherine Painset
La réalisatrice tunisienne (dont on avait déjà aimé le choral et lumineux Sous les figues) tourne avec grâce, acuité et tant d’humanité autour de son trio de superbes héroïnes. Face au tragique et à l’arbitraire des situations qu’elle décrit avec une précision de documentariste, elle ne sacrifie ni la douceur, ni la beauté, ni l’humour.

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🎬 « Aucun autre choix », un film de Park Chan-Wook

📅 Mardi 24 février 🕗 20h00📍 Tropiques-Atrium – Salle Frantz Fanon

✍️ Scénario : Park Chan-Wook, Kyoung-mi Lee
🎭 Avec Lee Byung-hun, Son Ye-jin, Park Hee-soon
🎞️ 2026 – 2h19 | Comédie, Drame, Thriller | 🔞 Interdit aux -12 ans | ★★★★ |
🎬 Ceïba 2026

Madinin’Art en parle :

Avec Aucun autre choix, Park Chan-Wook signe son grand retour derrière la caméra et livre une satire sociale féroce, à la fois drôle, grinçante et profondément dérangeante.

You Man-su est un cadre modèle dans une usine de papier. Il aime sa femme, ses enfants, ses chiens, sa maison : une existence confortable, parfaitement ordonnée. Mais lorsque son licenciement brutal vient fissurer cette façade idéale, son univers s’effondre. Incapable d’accepter la perte de son statut social et l’humiliation qu’elle implique, il en vient à une conclusion radicale : pour retrouver sa place, il n’a aucun autre choix que d’éliminer ses concurrents…

Entre comédie noire, thriller et satire sociale, le film explore avec une ironie mordante les ravages de la compétition ultra-libérale, le poids écrasant du travail et la fragilité des identités construites sur la réussite professionnelle.

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« Chaque génération affronte sa mission » : les boomers face à l’héritage de Fanon

Les boomers issus de la départementalisation ont-ils remplis ou trahis leur mission ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’année dernière , les boomers ont été pointés du doigt par celui qui était alors 1er ministre, François Bayrou, qui les accusait d’avoir creusé la dette et contribué à pauperiser les générations futures.

Les boomers, ce sont ces Français nés après la Seconde Guerre mondiale, jusqu’au milieu des années 1960, et qui ont bénéficié de la dynamique des 30 glorieuses.

Ils ont aujourd’hui entre 62 et 80 ans, et représentent 21,8 % de la population en 2025.

Ces seniors sont-ils des privilégiés ? Les jeunes générations sont-elles les victimes directes de boomers trop dépensiers et vautrés dans leur confort ?

C’est le moment d’entrer dans la controverse du débat sur la mission des boomers des Antilles-  Guyane qui se caractérise en des termes très différents de ceux de la France hexagonale.

En 1961, dans Les Damnés de la terre, Frantz Fanon prophétisait les luttes de libération des peuples colonisés et théorisait la violence du colonisé comme réponse à la violence structurelle du colonisateur.

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« Créativité », « Une Nuit », « Tropique »

🎉✨ Joyeux anniversaire Jean-Bernard Bayard en ce 21 février ! ✨🎉

Créativité
La créativité aujourd’hui doit être rentable
Toute tragédie humaine est très enviable
Profiter du moment de peine est louable
L’avidité et non l’honneur est profitable

L’humain est à la fois parasite et prédateur
L’homme technologique n’est qu’un acteur
D’une âme robotique il devient bon menteur

La vulnérabilité n’est qu’une honteuse faiblesse
Ou encore c’est une expression d’extrême stress
Pas permis de montrer des émotions de détresse
Le gain matériel est l’invention d’une belle ivresse

La moralité c’est pour les soumis et les défavorisés
Créer il faut être cupide sans remords hégémonisés
Nous devenons limités en pratiquant la générosité
La motivation de capturer richesse est la modernité

La nouveauté ne sera jamais une oeuvre de compassion
C’est seulement la rapacité qui fait une éternelle nation
Le but de l’homme créateur c’est vraiment la domination
Et tout autre sentiment humain n’est que sensation

Jean-Bernard Bayard

Une Nuit
Une nuit qui dure toute une éternité
Sommes si aveuglés par l’obscurité
Asservis par l’obscurantisme obstiné
D’un noir opaque d’un ciel non étoilé

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🎬 « Soulèvements », un film de Thomas Lacoste

📅 Mardi 24 février 🕕 18h00 📍 Tropiques-Atrium – Salle Frantz Fanon
🎞️ Documentaire | 2026 – 1h45 | ★★★★★ |
Synopsis
Tout public
Un portrait choral à 16 voix, 16 trajectoires singulières, réflexif et intime d’un mouvement de résistance intergénérationnel porté par une jeunesse qui vit et qui lutte contre l’accaparement des terres et de l’eau, les ravages industriels, la montée des totalitarismes et fait face à la répression politique. Une plongée au cœur des Soulèvements de la Terre révélant la composition inédite des forces multiples déployées un peu partout dans le pays qui expérimentent d’autres modes de vie, tissent de nouveaux liens avec le vivant, bouleversant ainsi les découpages établis du politique et du sensible en nous ouvrant au champ de tous les possibles.

La presse en parle :
Culturopoing.com par Xanaé Bove
« Soulèvements » est salutaire par sa façon de montrer comment la désobéissance civile devient, pour ces acteurs, un outil de survie éthique face à « l’écocide en cours ».

L’Humanité par Samuel Gleyze-Esteban
Dans un documentaire puissant, le réalisateur Thomas Lacoste donne la parole à des membres des Soulèvements de la Terre, rendant visages et voix à ceux que le gouvernement, en 2023, traitait comme des terroristes.

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Serge Letchimy condamné pour concussion : 18 mois avec sursis et cinq ans d’inéligibilité, appel annoncé

Le tribunal correctionnel de Paris a rendu, jeudi 19 février, sa décision dans l’affaire portant sur les conditions de départ à la retraite de Serge Letchimy, actuel président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM).

Initialement poursuivi pour détournement et recel de détournement de fonds publics, l’élu martiniquais a finalement été relaxé de ces chefs. Les juges ont toutefois requalifié les faits en concussion,  c’est-à-dire « le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, de recevoir, exiger ou ordonner de percevoir à titre de droits ou contributions, impôts ou taxes publics, une somme qu’elle sait ne pas être due, ou excéder ce qui est dû« , estimant qu’il avait perçu des sommes indues en raison de sa position et de sa parfaite connaissance des règles applicables aux agents publics.

Une condamnation assortie d’un appel

Serge Letchimy a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, 150 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Le tribunal n’a pas prononcé l’exécution provisoire de cette peine d’inéligibilité.

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🎶 Karib Lyrik

📅 Samedi 21 février ⏰ 19h30 🎶 📍 Tropiques-Atrium

Karib Lyrik est un spectacle musical original où la puissance du chant lyrique dialogue avec les rythmes et les couleurs du bassin caribéen. Biguine, mazurka créole, boléro, habanera et rythmes afro-caribéens s’entrelacent pour offrir une traversée vibrante, entre tradition et réinvention.

Porté par la voix lyrique intense et expressive de la cantatrice Roseline Cyrille, le spectacle tisse un pont audacieux entre l’exigence du répertoire classique et la chaleur des musiques caribéennes. À ses côtés, les musiciens et professeurs de l’école de musique Lakou Sanblé Matnik enrichissent cette rencontre artistique d’une énergie vivante et profondément ancrée dans le territoire.

La soirée s’ouvrira avec une première partie assurée par les élèves de Lakou Sanblé Matnik. Engagés dans des pratiques collectives mêlant chant et musique d’ensemble, ces jeunes artistes proposeront un répertoire caribéen et jazz, reflet d’un travail pédagogique fondé sur l’écoute, le sens du rythme, l’improvisation et le plaisir du partage musical.

Aux côtés de Roseline Cyrille, les musiciens LSM :
Claude Césaire, Olivier Césaire, Antoinette Harmann, Ludovic Ozier, Zinaida Edouard, Olivier Bresler , Gwladys Erin.

Karib Lyrik est une célébration des voix et des cultures, un moment de transmission et d’émotion où le lyrisme rencontre l’âme caribéenne.

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(In)Justice fiscale : 13 335 millionnaires échappent à l’impôt sur le revenu

Une note interne du ministère de l’Économie et des Finances vient raviver avec intensité le débat sur la contribution fiscale des plus grandes fortunes françaises. Les chiffres, transmis aux présidents de la commission des finances du Sénat et révélés par Le Monde, sont sans équivoque : en 2024, 18 525 foyers disposant d’un patrimoine immobilier taxable d’au moins 1,3 million d’euros n’ont acquitté aucun impôt sur le revenu.

Après retraitement des données — exclusion des contribuables décédés en cours d’année et de ceux qui ne sont pas résidents fiscaux en France — 13 335 ménages très fortunés demeurent dans cette situation. Autrement dit, plus de treize mille foyers appartenant aux 0,5 % les plus riches en patrimoine immobilier ne paient pas d’impôt sur le revenu.

Un chiffre qui tranche le débat politique

Ces révélations donnent un relief particulier aux déclarations faites en janvier par l’ancien ministre de l’Économie Eric Lombard. Celui-ci avait affirmé que « des milliers » de contribuables parmi les plus fortunés affichaient un revenu fiscal de référence nul, et échappaient ainsi à l’impôt sur le revenu.

Ses propos avaient immédiatement été contestés par Amélie de Montchalin, alors ministre chargée des Comptes publics, qui assurait qu’aucun document officiel ne corroborait l’existence de « dizaines de milliers » de cas similaires.

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Restaurer la mangrove, protéger le littoral : une matinée d’engagement citoyen

🌿 Samedi 21 février : Opération « Coup de pousse pour la mangrove » à Sable Blanc

🌊 Roots of the Sea – Rasin Lanmè

Une jeunesse martiniquaise engagée pour la mer et le littoral

Roots of the Sea – Rasin Lanmè est une Organisation Non Gouvernementale (association loi 1901 reconnue d’intérêt général) fondée en juillet 2020 en Martinique.

Créée par de jeunes Martiniquais profondément attachés à leur territoire, l’association est née d’un constat simple : les écosystèmes marins et côtiers de l’île subissent des pressions croissantes (pollution, artificialisation du littoral, dégradation des mangroves, changement climatique). Face à cette urgence écologique, Roots of the Sea agit pour promouvoir un engagement environnemental durable, ancré localement et accessible à tous.

L’association développe des actions concrètes de terrain tout en menant un important travail de sensibilisation et d’éducation à l’environnement.

🎯 Ses missions

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« Treemonisha » : Opéra-ragtime de Scott Joplin

Samedi 28 février 2026 – 19h30 Tropiques-Atrium, Scène nationale de la Martinique

— Par Hélène Lemoine —

Une œuvre fondatrice de l’opéra afro-américain

Composée en 1910 par Scott Joplin, figure majeure du ragtime et pionnier de la musique afro-américaine savante, Treemonisha est l’unique opéra achevé du compositeur. Joplin en écrit lui-même le livret, affirmant ainsi une vision artistique et politique forte : faire entrer l’histoire, les aspirations et les luttes de la communauté afro-américaine dans le cercle alors fermé de l’opéra, réservé presque exclusivement aux Blancs.

Si Scott Joplin ne connut jamais la reconnaissance de son vivant pour cette œuvre – faute de moyens financiers et face aux barrières raciales de son époque – Treemonisha est aujourd’hui reconnue comme un chef-d’œuvre, au croisement de la musique européenne, du ragtime, du gospel et de l’opérette, et comme une pièce essentielle du répertoire lyrique américain.

L’argument : l’éducation contre l’obscurantisme

L’action se déroule dans une plantation de l’Arkansas, peu après l’abolition de l’esclavage, alors que les anciens esclaves prennent en main leur propre destin. Ned et Monisha, anciens esclaves devenus responsables de la plantation, découvrent un jour un bébé abandonné sous un arbre.

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Forum environnemental sur la Martinique de demain.

— Par Florent Grabin, président de l’association écologique P.U.M.A. —

Il est de plus en plus documenté que le changement climatique touche toutes les régions du monde. Le moment est venu pour organiser le grand soir d’un forum environnemental, afin d’oser rêver grand ensemble !!!

Les calottes glaciaires polaires fondent et le niveau des océans monte. Certaines régions sont confrontées à des précipitations et des phénomènes extrêmes et de plus fréquents sur le plan météorologique, comme ce qui se passe actuellement en France continentale ; tandis que d’autres doivent faire face à des vagues de chaleur et à des sécheresses de plus en plus intenses. Afin de faire face à tous ces changements, sommes-nous prêts ?

Il semble que nous payons déjà lourdement les principales conséquences de nos fourberies. En effet, après avoir consulté différents membres de la société civile, il en ressort que nous devrions agir rapidement pour restructurer notre relation avec la Nature plutôt que de chercher à l’affronter : car c’est un combat que nous perdrions d’avance. Notre territoire connaitra un grand bouleversement qui nous obligera à tirer les leçons du passé, en cherchant à lier : environnement avec économie et santé.

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La Chine, moteur de la décarbonation des économies du Sud

— Par Mary-Françoise Renard (*) —

De la coopération Sud-Sud aux obligations “pandas”, Pékin transforme la transition énergétique en levier d’influence géopolitique. Derrière les panneaux solaires et les batteries, c’est un projet de leadership mondial qui se dessine.

L’image d’une alliance entre grands pays du Sud global lors de la rencontre Xi Jinping, Vladimir Poutine et Narendra Modi pendant la réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tianjin en septembre 2025, est un message aux pays du monde occidental : il existe une alternative au multilatéralisme. L’importante délégation chinoise à la COP 30 en novembre 2025, au Brésil, et l’organisation dans ce cadre, d’un évènement sur la coopération Sud-Sud relatif au climat, illustre l’un des principaux vecteurs de cette coopération. La Chine est devenue le premier investisseur mondial dans les énergies renouvelables.

Cette stratégie vise à servir l’ambition chinoise de devenir la première puissance économique mondiale en 2049. Elle doit notamment lui permettre de jouer un rôle majeur dans la définition des normes et des standards internationaux.

Une stratégie offensive pour concurrencer l’Occident

L’affaiblissement des économies occidentales lors de la crise financière de 2007 a été concomitante de la volonté des pays du Sud de monter en puissance dans la gouvernance mondiale.

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Parutions du 19 février 2026 : Etudes haïtiennes et caribéennes, Psychanalyse, Psychologie

📚Sciences humaines | Psychanalyse | Philosophie | Psychologie | Études caribéennes

🌍 ÉTUDES HAÏTIENNES & CARIBÉENNES

 Hymnologie et prédication en Haïti

Entre christianisation de la culture locale et diabolisation du vaudou

Henri Claude Telusma
Préface : Monesty Junior Fanfil
Collection : Documentation haïtienne

Présentation
L’hymnologie et la prédication chrétienne ont constitué en Haïti des moyens privilégiés de transmission de la foi et de construction d’une identité chrétienne collective. Grâce à la traduction des cantiques en créole et à l’intégration de rythmes locaux, les Églises ont su adapter leur message aux sensibilités populaires, tout en contribuant à une mise à distance du vaudou.

Caractéristiques

  • EAN : 9782336557854

  • Parution : 08/01/2026

  • Format : 135 x 215 mm

  • 224 pages

  • 23,00 €


Deux histoires franco-caraïbes

Isabeau et Isabelle de Roger de Beauvoir

Néarah de Guillaume Lejean

Présentation : Barbara T. Cooper
Collection : Autrement Mêmes

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1 jour – 1 mot

— Par Patrick Chamoiseau —

18 02 2026.

Carnaval « Outremer »

Hé compère Vaval
utile à nos côtés
depuis les nuits de l’esclavage

ho commandeur d’une gaîté colossale
aussi stérile que nécessaire
dans le hoquet de notre tragique

que se passerait-il si
(dans un blo de conscience)
cette formidable énergie collective

(ce grand balan de tout un peuple
pulsé à vide dans le divertissement)

se voyait
soudain orientée
vers quelques-uns de nos problèmes ?

Existe t-il en quelque part

quelque souffrance en Palestine
quelque douleur à Cuba
quelque violence systémique

quelque idée

(intention
désir
combat
espérance
ou idéal quelconque)

qui puisse
sans toi
bien mieux que toi
enfin mobiliser ainsi
ce grand envoi de notre vie

ce don total ?

P.C.

 

17 2 2026.

Paysage sans pays

L’élan grandiose de la Pelée

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L’extraordinaire bilan de Nesmy Manigat, ex-ministre de l’Éducation nationale d’Haïti

— Par Robert Berrouët-Oriol (*)

À l’intersection de la Rue des Miracles et de la Rue Courbe, à Port-au-Prince, plusieurs anciens ministres de l’Éducation nationale, d’une année à l’autre et le verbe haut, se livrent au rituel palliatif de l’arbre à palabres. Ils conversent doctement, exposent à profusion leur analyses, leurs diagnostics et ils dressent en chœur moult bilans élogieux de leurs pharaoniques « réalisations »… L’actuel ministre de l’Éducation nationale, Augustin Antoine, sociologue de son état, avait pour sa part accouché l’an dernier d’un tonitruant « Lekòl la kraze » sur toutes les tribunes de l’incompétence ministérielle. Le même Augustin Antoine, en janvier 2026, s’est fait le porte-voix d’une monumentale et surréaliste saga dans le secteur éducatif haïtien aux « Assises de la « refondation » du système éducatif national » (voir l’article « Le système éducatif haïtien entre ses 1804 « réformes » et l’affabulation illusionniste de sa « refondation », par Robert Berrouët-Oriol, Madinin’art, 8 février2026). Contrairement aux rodomontades du ministre Augustin Antoine et des rares promoteurs de ces Assises, nous avons établi, dans cet article, que « (…) le système éducatif haïtien demeure captif, entre ses 1804 « réformes » tant de fois grassement financées par l’UNESCO, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, le Partenariat mondial pour l’éducation… Semblables ou maquillées, ses 1804 « réformes » ont défilé d’une année à l’autre sans résultats mesurables et durables… Malgré cela, l’affabulation illusionniste de sa « refondation » est aujourd’hui promue sur toutes les tribunes de l’échec programmé : nulle part il n’est attesté que l’on peut « refonder » un système éducatif national en le « rapiéçant », en lui infligeant les mêmes recettes (…) Nulle part il n’est attesté que les vieilles recettes –mises en œuvre par les mêmes « spécialistes » d’hier et d’avant-hier, porteurs des mêmes extraordinaires « visions » invariablement œcuméniques–, peuvent être le terreau de la refondation du système éducatif haïtien ».

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Exposition : « Authenticité » Corinne Solitude

— Par Philippe Charvein —

L’Exposition : « Authenticité » Corinne Solitudeexposition de Corinne Solitude est construite autour de la question de l’ « Authenticité » et de ses manifestations.

Quelles sont les marques et les expressions de celle-ci ? Telle est la question à laquelle Corinne SOLITUDE tente de répondre par le biais de vingt-cinq toiles articulées autour de motifs divers : visages de femmes ; d’enfants ; représentations de femmes de générations différentes ; scènes de la vie quotidienne ; représentations de deux fauves.

N’oublions pas les corps ; les corps qui disent encore, avec justesse, naturel et sincérité, par leurs attitudes, ce qui se noue à l’intérieur des êtres. Images d’un corps qui se rassemble, pour se prémunir contre l’extérieur ou se recentrer ; corps qui se détache de la pénombre pour affirmer son « être-là » ; corps résilients ; corps déliés et stylisés exprimant toute la grâce de la féminité ; corps dansants

Motifs qui déclinent donc ce thème de l’authenticité cher à l’artiste peintre, renvoyant précisément à la complexité de l’être ; à la complexité de chaque visage ; de chaque portrait illustrant chacun une existence complexe, riche de sens.

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Trimovies 2026 : Les lycéens invités à filmer les nouveaux gestes du tri !

Inscriptions sont ouvertes jusqu’au 3 mars.

5e édition de Trimovies : la Cacem mobilise les lycéens autour des nouveaux enjeux du tri

Le tri sélectif s’est progressivement imposé dans notre quotidien. Nous trions davantage que les générations précédentes, et les plus jeunes adoptent ces réflexes de plus en plus tôt. Pourtant, il reste essentiel de rappeler pourquoi ces gestes sont si importants et comment ils participent concrètement à la protection de notre environnement.

C’est dans cette dynamique que la Communauté d’Agglomération du Centre de la Martinique (Cacem) organise la 5e édition de Trimovies, un concours audiovisuel inter-lycées destiné à sensibiliser les jeunes au tri des déchets à travers la création vidéo.

Le tri : un geste simple, un impact réel

Le tri des déchets consiste à séparer les déchets selon leur nature afin de permettre leur recyclage ou leur valorisation. L’objectif est de réduire au maximum la part des déchets ménagers résiduels, c’est-à-dire ceux qui ne peuvent pas être recyclés et qui finissent enfouis ou incinérés.

Chaque geste de tri produit des effets concrets :

  • Éviter le gaspillage : un emballage correctement trié devient une matière première.

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Jesse Jackson (1941-2026), pionnier de la justice raciale et conscience critique du Parti démocrate

Le 20 août 2024, dans l’arène démocrate réunie à Chicago, la foule se leva d’un même mouvement. Une standing ovation, longue, presque recueillie, saluait l’entrée de Jesse Jackson. Affaibli, la voix éteinte par la maladie de Parkinson diagnostiquée en 2017 puis par une paralysie supranucléaire progressive qui l’avait contraint à de longues hospitalisations, il ne pouvait plus haranguer les délégués comme autrefois. Assis dans son fauteuil roulant, il souriait, levait la main, recevait l’hommage. L’homme qui avait fait trembler les conventions démocrates de ses anaphores et de ses slogans flamboyants appartenait déjà à l’histoire vivante du parti.

Le révérend est mort le 17 février 2026, à 84 ans, « en paix, entouré par sa famille », selon un communiqué des siens et de la Rainbow PUSH Coalition. « Son engagement indéfectible en faveur de la justice, de l’égalité et des droits humains a contribué à façonner un mouvement mondial pour la liberté et la dignité », ont-ils souligné. Avec lui disparaît l’une des dernières grandes figures du mouvement des droits civiques, un homme qui aura traversé plus d’un demi-siècle de convulsions américaines, des lois de déségrégation à l’ère Obama, puis aux fractures ravivées du trumpisme.

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L’inconnu de Mer frappée : Chapitre XVII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XVII

LA LETTRE

« Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle. »

        (Napoléon Bonaparte)

     L’odeur parfumée qui provenait de la cuisine pénétrait ma gorge angoissée, et la sensation que je ressentais au cou s’apparentait au symptôme du globus pharyngé. C’est le stress qui avait involontairement contracté les muscles du haut de mon corps. Cela arrivait plutôt dans des situations d’anxiété et d’incertitude où les individus cherchaient à refouler des émotions fortes, après l’annonce d’une mauvaise nouvelle. Le craquement du parquet sous les sandales d’Elvira réveillait le silence oppressant, et mes yeux s’ouvraient sur les ombres projetées par les faibles lumières des bougies, qui formaient des formes étranges sur les murs du salon spacieux. Elvira, la cuisinière de Me Ludovic, une paysanne d’une posture assurée et d’une présence imposante et respectable, malgré son âge légèrement avancé, avait déjà dressé la table pour le souper. Me Ludovic se redressa lentement du fauteuil berçant qui, avec le temps, avait fini par épouser la forme de son seul et unique occupant. C’est dans cette position de détente optimale, le corps à demi-allongé, qu’il s’abandonnait aux caresses spirituelles du silence rempli de souvenirs, comme une cathédrale de nostalgie monumentale.

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Quand la mémoire fait feu : une journée pour sauver sept vies

Avec Salves de blues. Lundi 9 mars 1942 au Mont-Valérien, Daniel Maximin signe un roman d’une intensité rare, consacré à une journée tragique et longtemps restée dans l’ombre de l’Histoire. Publié chez Caraïbéditions (354 p., 21,30 €), le livre nous plonge dans le Paris de l’Occupation allemande, au cœur des dernières heures de sept très jeunes résistants condamnés à mort.

Le 6 mars 1942, un tribunal militaire allemand réuni à l’Assemblée nationale – dans une mise en scène voulue pour frapper les esprits – prononce la peine capitale contre sept membres des Bataillons de la Jeunesse. Parmi eux, Tony Bloncourt, étudiant haïtien né de parents guadeloupéens, à peine âgé de 19 ans. À ses côtés : Roger Hanlet, Fernand Zalnikov, Pierre Milau, Acher Semahya, Robert Peltier et Christian Rizo, tous âgés de 17 à 26 ans. Leurs noms, aux consonances étrangères pour certains, ne sont pas entrés dans la mémoire collective avec la force qu’ils méritaient. Le 9 mars 1942, au Mont-Valérien, leur exécution doit servir d’exemple.

C’est cette journée du lundi 9 mars que le roman choisit de suivre, heure après heure, du petit matin jusqu’à la nuit.

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La classe moyenne antillaise en sursis ?

Chronique d’une mort à  petit feu, annoncée comme vraisemblable, de la classe moyenne antillaise ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le spectre du déclassement hante désormais une grande partie des sociétés occidentales, et la France hexagonale en offre l’illustration la plus commentée. Depuis plusieurs années, la classe moyenne y est décrite comme fragilisée, prise en étau entre une pression fiscale accrue, une stagnation des revenus intermédiaires et une hausse continue des dépenses contraintes. D’après le chroniqueur et écrivain Martial You dans son ouvrage – » Les dindons – Comment on vole les classes moyennes « –

Dindons :  » « le mot n’est pas plaisant, ni flatteur. Il est lucide. Il est rageur. Les classes moyennes sont-elles condamnées à la nostalgie d’une époque définitivement perdue ? Pas forcément , mais le risque est réel .

Depuis 1981 et l’élection de François Mitterrand, on vole les classes moyennes… parfois avec les meilleures intentions du monde !

Chaque décision a affaibli leur poids dans la société et leur pouvoir d’achat.

Rien ne leur a été épargné : réduction du temps de travail, dévalorisation des diplômes, éloignement des grands centres-villes, abonnements multiples (téléphone, internet, voiture…) qui grèvent le budget, piège des réseaux sociaux qui radicalisent les opinions…

Au fil du temps, les classes moyennes, qui avaient forgé la France des Trente Glorieuses, sont devenues les DINDONS de l’Histoire.»

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Notre américanité, de Placoly à Bad Bunny

— RS n° 434 lundi 16 février 2026 —

« J’ai sauvé mon pays, j’ai vengé l’Amérique ! ».

Jean-Jacques Dessalines.

Vincent Placoly s’était fait surnommer « l’Américain », tant il soulignait et revendiquait avec opiniâtreté notre « américanité ». Il y avait, dans ce souci de singularisation, un double clin d’œil, à la fois ironique et interpellateur.

D’abord à l’égard de l’arrogance du vorace géant étasunien, désireux de s’approprier non seulement les terres, mais jusqu’au nom dont avait été affublée l’immensité continentale, par des conquistadors égarés, dans des mers inconnues de leur civilisation. Une façon assurément d’exclure les autres du partage des richesses espérées du Nord canadien jusqu’au détroit de Magellan au sud.

En revanche, même souci toutefois fraternel, à l’égard de congénères militants africanistes, pouvant minorer la part « américaine » de notre identité composite, pourtant chargée d’une richesse dont le champ clairsemé est toujours en cours de défrichage. Mais, au fond, de quelle Amérique parlons-nous, au-delà de la donnée géographique, situant le Mexique « latin » au nord du continent ?

Et voici que la star d’origine portoricaine, Benito Antonio Martinez Ocasio, dit Bad Bunny, vient de façon magistrale, aux yeux de centaines de millions de téléspectateurs·trices, d’infliger un cinglant camouflet au fasciste de MAGA, avec un spectacle dont le message central était une limpide réplique : « l’Amérique c’est nous, pas seulement vous ».

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