Jung, Césaire, Fanon, Glissant : Imaginaire asymétrique du descendant d’esclavisé

  • Par Rodolf Étienne

Dans notre premier volet, nous avions emprunté au delirium tremens l’image du sevrage : celle d’une Martinique qui désire davantage de maîtrise sur son destin mais dont les rapports à la France, à l’autonomie, à la responsabilité et à la dépendance demeurent traversés de mouvements contradictoires.

Mais peut-être avions-nous commencé trop tard, parce qu’avant de demander ce que nous voulons devenir, une autre question s’impose : avec quoi imaginons-nous ce devenir ? Avec quelles images, quels héros, quels récits, quelles généalogies, quels modèles du beau, du vrai, du pouvoir, de l’autorité et de la réussite ? Et surtout nous devons nous demander : qui les a produits ?

C’est là que la pensée du psychologue allemand Carl Gustav Jung, fondateur de la psychologie analytique, devient éclairante. Pas pour diagnostiquer la Martinique, encore moins pour transformer le Martiniquais en malade collectif, mais parce que Carl Jung propose une mécanique de l’imaginaire autour du rêve, du complexe, de la projection, de l’ombre, de la persona, du rapport conflictuel entre le conscient et ce qui demeure hors de lui. Puis arrive Frantz Fanon. Et Fanon, Martiniquais, prend toute cette mécanique et en déplace radicalement le centre originelle.

Et si nous ne délirions pas – l’imaginaire asymétrique

Pour Carl Gustav Jung, le rêve ne relève pas d’abord de l’absurde. Il participe d’un rapport entre conscient et inconscient. Lorsque la conscience devient trop unilatérale, l’inconscient peut produire des images compensatrices : le rêve agit comme une tentative de rééquilibrage. Cela signifie que le cauchemar n’est peut-être pas ce qui ne veut rien dire, il peut être ce qui ne parvient pas à trouver une forme acceptable dans la conscience. Quelque chose insiste, revient, se déplace, se transforme. Une contradiction que l’on croyait réglée réapparaît sous une autre forme. Transposée avec prudence à la Martinique, cette idée ouvre l’hypothèse que notre difficulté ne tient peut-être pas seulement au fait que plusieurs histoires se rencontrent en nous. Elle tient au fait que ces histoires ne nous sont pas parvenues avec la même densité, la même continuité ni la même autorité symbolique. Nous sommes devant un imaginaire « asymétrique ». Le mot est ici important.

Langue créole, conte, musique, danse, littérature, croyances, cuisine, carnaval, oralité, rapports aux morts, inventions linguistiques et esthétiques témoignent d’une extraordinaire puissance de création.

Cependant, les matériaux à partir desquels nous avons appris à nous représenter le monde ne nous ont pas été transmis à égalité. D’un côté, l’Europe qui nous parvient avec une archive presque infinie : ses rois ont des noms, ses batailles ont des dates, ses philosophes ont des œuvres complètes, ses peintres ont des musées, ses familles disposent de généalogies, ses mythologies sont enseignées, ses monuments occupent l’espace, ses héros peuplent les livres. Nous pouvons savoir ce que mangeait Louis XIV, lire la correspondance de Voltaire, contempler le lit de Napoléon ou remonter plusieurs siècles d’ascendance aristocratique.

De l’autre côté, pour un grand nombre de descendants d’esclavisés antillais, quelques générations suffisent pour que la piste se brouille. Un nom disparaît ou se transforme, une langue ancestrale devient inconnue, une région africaine se dissout dans l’immense catégorie « Afrique », une généalogie se rompt, des cosmologies persistent parfois sous forme de traces sans que demeure le récit permettant de les identifier. Comment, dès lors, construire symétriquement son image de soi à partir d’archives qui, elles, ne le sont pas ?

L’archive interrompue – le rêve avec des morceaux

L’antillais sait parfois davantage sur ceux qui ont dominé ces ancêtres que sur beaucoup de ces propres ancêtres. Ce n’est pas seulement un problème historiographique, c’est aussi un problème de représentation. Nous pouvons connaître précisément Colbert sans savoir le nom africain d’un seul de nos ancêtres du XVIIᵉ siècle, situer Versailles dans ses moindres détails et ignorer le village depuis lequel un ancêtre noir a été arraché. Nous avons reçu Racine, Corneille, Molière, La Fontaine, Hugo. Mais quels récits, quels systèmes de parenté, quelles conceptions de l’autorité, quelles cosmologies, quelles traditions philosophiques ou religieuses ont été interrompus avant de parvenir jusqu’à nous ?

L’idée d’une table rase africaine dans la Caraïbe serait historiquement fausse. Des pratiques, des structures, des rythmes, des mots, des savoirs, des conceptions ont traversé l’Atlantique, se sont transformés et ont participé à l’émergence des cultures créoles.

La continuité documentaire, nominative et généalogique a subi une violence considérable. Et cette rupture ne produit pas simplement du vide : elle oblige à fabriquer de la continuité seulement avec des fragments. Que fait une communauté lorsqu’elle doit se représenter à partir de morceaux dont certains lui appartiennent mais sont devenus difficiles à identifier, tandis que d’autres lui sont présentés depuis l’enfance sous une forme parfaitement constituée ? Elle compose, traduit, absorbe, rejette, transforme, invente. Mais elle peut aussi confondre ce qu’elle a choisi et ce qu’elle a incorporé. C’est ici que Carl Gustav Jung devient particulièrement intéressant avec sa notion de persona. La persona est le masque social, la construction par laquelle le sujet tient sa place dans le monde et s’adapte à ce que la collectivité attend de lui. Elle devient problématique lorsque l’individu finit par confondre ce masque avec la totalité de ce qu’il est. Transportons maintenant cette interrogation dans une société coloniale : que se passe-t-il lorsque le masque social lui-même a été construit dans une relation de domination ?

Le masque avant Fanon – l’inconscient a lui aussi une histoire

Mémoire, héritages et représentations : l’imaginaire martiniquais se construit à la rencontre d’histoires inégalement transmises

L’enfant colonisé ne reçoit pas uniquement une langue administrative ou un statut politique.

Il reçoit une distribution des valeurs. Il apprend quelle parole possède l’autorité, quelle histoire constitue « l’Histoire », quelle langue doit être maîtrisée pour progresser, quel accent sera corrigé, quel dieu est légitime, quelle apparence relève du beau, quel savoir appartient à la connaissance et lequel sera relégué au simple folklore. Il apprend qui découvre le monde et qui est découvert, qui nomme et qui est nommé. La colonisation est aussi une gigantesque entreprise de classement symbolique. Elle n’impose pas seulement des institutions : elle installe et imprime des images.

Si l’Antillais a été massivement exposé aux productions symboliques européennes, il n’a pas simplement appris à connaître l’Europe. Il a appris à imaginer avec une partie de l’imaginaire européen. L’enfant noir rencontre le héros, l’explorateur, le savant, le saint, la princesse, le philosophe, souvent sous des traits blancs.

Voilà pourquoi l’arrivée de Frantz Fanon bouleverse notre lecture de Carl Jung. Fanon reprend la notion d’inconscient collectif, mais refuse de la considérer, dans le cas qu’il étudie, comme la manifestation d’un héritage psychique intemporel. Pour lui, cet inconscient est aussi culturel. Il est acquis, se nourrit de mythes, de préjugés, de récits et de représentations collectives. Lorsque le Noir surgit dans une partie importante de l’iconographie héritée du monde colonial, il apparaît du côté du sauvage, du serviteur, de la menace, de la force corporelle, de l’exotisme ou de l’obscurité. Frantz Fanon voit le piège : l’enfant noir peut s’identifier au héros blanc contre le personnage noir avant de découvrir que, dans le regard de la société qui a produit l’histoire, il appartient physiquement à celui auquel il avait appris à ne pas s’identifier. C’est ainsi le paradoxe de la pensée créole, le des premiers cauchemars de l’imaginaire asymétrique : se découvrir finalement dans le rôle du personnage contre lequel nous avions appris à rêver, à nous identifier, à nous voir.

Le miroir était là avant nous

Et c’est là que Peau noire, masques blancs prend une force nouvelle. Le masque blanc n’est pas seulement le désir caricatural d’un « devenir blanc ». Le problème est plus vertigineux lorsque le miroir dans lequel nous apprenons à nous regarder peut avoir été fabriqué avant nous. Ses catégories préexistent, sa hiérarchie préexiste, ses critères du beau, de l’intelligent, du civilisé, du moderne, du sérieux et du désirable ont une histoire.

Que reste-t-il aujourd’hui de cette grille ? Pourquoi certains cheveux ont-ils dû être « disciplinés » pour entrer dans certaines institutions ? Pourquoi certaines façons de parler ont-elles longtemps été perçues comme le signe d’une moindre intelligence ? Pourquoi le créole a-t-il pu être extraordinairement sophistiqué dans l’expérience quotidienne tout en demeurant considéré comme inapte à certains domaines du savoir ? Pourquoi connaissons-nous spontanément la mythologie grecque mais beaucoup moins les cosmologies d’Afrique occidentale ou centrale dont certaines populations déportées vers les Antilles étaient issues ? Pourquoi Paris continue-t-elle d’être, dans tant d’imaginaires professionnels, le lieu où une réussite locale reçoit sa consécration ultime ?

Toutes les réponses ne sont évidemment pas « la colonisation » et la société martiniquaise contemporaine possède sa propre dynamique, ses classes, ses conflits, ses responsabilités et ses choix. Mais l’histoire, elle, a déjà préparé le terrain sur lequel ces choix deviennent possibles.

L’ombre martiniquaise – tenir deux vérités ensemble

Chez Carl Gustav Jung, l’ombre désigne les dimensions de nous-mêmes que nous refusons ou éprouvons des difficultés à reconnaître et que nous pouvons alors projeter sur l’extérieur. Quelle serait alors notre ombre ? Il faudrait surtout résister à la tentation d’en désigner une seule. Peut-être l’Afrique que nous proclamons tout en la connaissant peu. Peut-être la France que nous rejetons parfois symboliquement tout en la portant profondément dans notre langue, nos institutions, nos références et nos désirs. Peut-être le béké lorsque nous en faisons l’explication automatique de tout ce qui nous arrive. Peut-être l’État lorsque nous lui attribuons simultanément trop de pouvoir et trop de devoirs. Peut-être notre propre responsabilité lorsque nous préférons penser uniquement ce qui nous a été fait plutôt que ce que nous faisons aujourd’hui de ce qui nous a été fait. Peut-être même l’esclavage lorsqu’il devient non plus un événement historique majeur à penser dans toute sa complexité, mais une explication capable d’absorber indéfiniment le présent.

L’ombre n’est pas nécessairement ce qui est extérieur. Elle est aussi ce que nous ne voulons pas reconnaître comme appartenant à notre propre histoire.

Lorsque nous attribuons exclusivement à Paris la totalité de nos difficultés, que projetons-nous ? Lorsque nous imputons exclusivement aux Martiniquais leur situation en effaçant les structures héritées de l’histoire, que projetons-nous encore ? Les deux récits fonctionnent souvent en miroir. L’un efface la responsabilité présente, l’autre efface la violence historique. Or l’émancipation intellectuelle commence peut-être lorsque nous devenons capables de tenir les deux vérités simultanément : oui, l’histoire coloniale a structuré le présent, et oui, nous agissons aujourd’hui à l’intérieur de ce présent.

Nous touchons alors à quelque chose de plus profond que la dépendance économique. Car on peut modifier une institution, changer un statut, obtenir une compétence, créer une collectivité, voter une loi. Mais comment décolonise-t-on un critère de beauté, une représentation de l’autorité, une idée de la réussite, une conception du sérieux, une image de l’Afrique, un sentiment d’infériorité linguistique, une habitude de demander ailleurs la validation de ce que l’on produit ici ? Il n’existe aucun décret pour cela, parce que le champ de bataille est devenu intérieur. Non pas intérieur au sens d’une pathologie, mais intérieur au sens où l’histoire est devenue représentation. Et ce que Fanon ajoute à Jung pourrait se résumer ainsi : l’inconscient n’est pas seulement ce dont nous avons oublié l’origine, c’est peut être aussi ce dont nous avons oublié qu’on nous l’avait appris.

Le problème n’est pas le manque – mais qui rêve en nous ?

Il serait facile de conclure que la solution consisterait à retrouver l’Afrique perdue. Mais quelle Afrique ? L’Afrique elle-même possède des milliers de langues, de peuples, de philosophies, de religions et d’histoires. Quatre siècles d’histoire créole ne peuvent être considérés comme une parenthèse qu’il suffirait de refermer. Nous ne sommes pas des Africains incomplets attendant leur restauration. Nous ne sommes pas davantage des Européens tropicaux. Nous sommes le résultat historique d’une catastrophe, certes, mais également d’une création.

C’est ici que l’idée d’imaginaire asymétrique devient plus intéressante que celle d’imaginaire tronqué. Tronqué suppose qu’il suffirait de retrouver le morceau manquant pour reconstituer l’objet originel. Or il n’existe probablement aucun objet originel à reconstituer. L’histoire a produit quelque chose de nouveau. Le problème n’est donc pas que l’imaginaire serait incomplet, le problème est que les composantes qui l’ont constitué ont longtemps disposé de puissances inégales pour se nommer, s’archiver, se transmettre et définir le réel. Voilà l’asymétrie.

Le masque et le miroir : entre persona jungienne et regard colonial, l’identité se forme aussi à travers les images imposées par l’histoire

Revenons ici au delirium. Nous comprenons peut-être mieux pourquoi le débat martiniquais paraît souvent circulaire : France ou Martinique, assimilation ou autonomie, Afrique ou Europe, créole ou français, dépendance ou indépendance. Comme s’il fallait choisir entre les morceaux. Comme si reconnaître l’un supposait nécessairement arracher l’autre. Mais peut-être que nous posons mal le problème.

L’émancipation ne consiste pas à choisir enfin la bonne moitié. Elle consiste à pouvoir regarder l’ensemble, identifier l’histoire de chacune des composantes et cesser de confondre ce qui nous a été imposé, ce que nous avons transformé et ce que nous choisissons désormais de conserver. Voilà où Jung nous conduit. Et voilà où Fanon nous oblige à dépasser Jung. Jung dit : regardez les images qui remontent. Fanon répond : regardez aussi qui a fabriqué les images.

Le premier volet demandait ce que la Martinique voulait devenir. Celui-ci pose une question plus inquiétante : qui rêve en nous lorsque nous imaginons ce que nous voulons devenir ?

Et si nous sommes issus d’une transmission rompue, faut-il réellement réparer cette rupture, ou pouvons-nous en faire autre chose ? C’est peut-être ici qu’il faut faire intervenir Édouard Glissant.

Chez Glissant, la créolisation ne consiste précisément pas à réparer une pureté perdue : elle fait de la rupture, de la trace, du mélange et de la Relation les matériaux d’une création nouvelle. 

Peut-être qu’ainsi nous découvrirons que le problème n’était pas de ne plus savoir retrouver la totalité du rêve ancien, mais de ne pas avoir encore suffisamment compris que le rêve suivant, il nous appartient collectivement de le constuire… tout en le vivant.

Carl Gustav Jung

Carl Gustav Jung

Médecin psychiatre suisse né le 26 juillet 1875 à Kesswil et mort le 6 juin 1961 à Küsnacht. Penseur influent et auteur prolifique, il est le fondateur de la psychologie analytique. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/carl-gustav-jung-dans-les-profondeurs-de-la-psyche-2914532

Sources et références

  • Carl Gustav Jung, Two Essays on Analytical Psychology, Collected Works, vol. 7, Princeton University Press, 1966. Jung y développe notamment la fonction compensatrice du rêve, le rapport entre conscient et inconscient, la persona et le processus d’individuation. IAAP
  • Carl Gustav Jung, The Structure and Dynamics of the Psyche, Collected Works, vol. 8, Princeton University Press, 1972. Voir notamment « A Review of the Complex Theory » pour la notion de complexe autonome et « The Transcendent Function » pour la tension entre conscience et inconscient. IAAP
  • Carl Gustav Jung, The Archetypes and the Collective Unconscious, Collected Works, vol. 9, part. 1, Princeton University Press, 1968. Ouvrage central pour les notions d’archétype et d’inconscient collectif. IAAP
  • Carl Gustav Jung, Aion: Researches into the Phenomenology of the Self, Collected Works, vol. 9, part. 2, Princeton University Press, 1968. Voir particulièrement le chapitre consacré à l’ombre, à la projection et à la difficulté du sujet à reconnaître certains contenus psychiques comme siens. IAAP
  • Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, Paris, Éditions du Seuil, 1952. Le livre constitue la référence essentielle pour la formation psychique du sujet antillais dans le monde colonial, l’intériorisation des représentations raciales, le langage, la reconnaissance et la critique des lectures psychologiques détachées de l’histoire coloniale. L’édition originale est bien parue au Seuil en 1952. BnF Catalogue
  • Frantz Fanon, notamment chap. VI, « Le Nègre et la psychopathologie », dans Peau noire, masques blancs. C’est dans cette partie que Fanon dialogue directement avec la psychologie et la psychanalyse européennes et déplace vers le terrain culturel et colonial la question de l’inconscient. La table de l’ouvrage confirme cette organisation. Classiques des sciences sociales
  • Édouard Glissant, Le Discours antillais, Paris, Éditions du Seuil, 1981. Un texte majeur pour penser la culture antillaise, la créolisation, la langue, la plantation, les ruptures historiques et les processus de recomposition culturelle dans les Antilles françaises. BnF Catalogue
  • Édouard Glissant, Poétique de la Relation, Paris, Gallimard, 1990. L’ouvrage permet de prolonger notre réflexion de la rupture généalogique vers la Relation, la créolisation, l’opacité et les identités non réductibles à une origine unique. BnF Catalogue

De la mémoire fragmentée à la réappropriation : produire ses propres images devient un enjeu d’émancipation

Ressources en ligne

International Association for Analytical Psychology — IAAP : résumés scientifiques des différents volumes des Collected Works de Jung, particulièrement les volumes 7, 8, 9.1 et 9.2. Archives Jung – IAAP

Les Classiques des sciences sociales – Université du Québec à Chicoutimi : édition numérique de Peau noire, masques blancs, établie à partir de l’édition du Seuil de 1952. Lire Peau noire, masques blancs

Bibliothèque nationale de France : notices bibliographiques de Peau noire, masques blancs, Le Discours antillais et Poétique de la Relation. BnF Catalogue

Note méthodologique : l’expression « imaginaire asymétrique » telle que nous l’utilisons dans cet article n’est pas présentée comme un concept de Jung, Fanon ou Glissant. C’est notre proposition analytique pour désigner l’inégalité historique dans la transmission des archives, des généalogies et des systèmes de représentation disponibles au descendant d’esclaves.

Laisser un commentaire