L’enlèvement de Nicolas Maduro

La crise actuelle du Venezuela s’inscrit dans une longue dégradation de la démocratie et de l’État de droit, dont Nicolás Maduro porte une responsabilité centrale. Désigné successeur d’Hugo Chávez, il n’a jamais bénéficié d’une légitimité populaire pleine et entière. Son accession au pouvoir s’est faite à l’issue d’élections extrêmement serrées, organisées dans un contexte de déséquilibre manifeste : institutions électorales majoritairement inféodées au pouvoir, usage massif des ressources de l’État à des fins partisanes, accès inégal aux médias et climat de pression politique permanente sur l’opposition. Les scrutins ultérieurs n’ont fait qu’aggraver ces soupçons, notamment lorsque des résultats ont été proclamés sans publication complète des procès-verbaux, vidant l’acte électoral de sa crédibilité démocratique.

À cette fragilité politique s’ajoute un bilan humain et institutionnel alarmant. Les enquêtes menées par les Nations unies font état de violations graves et systématiques des droits de l’Homme, commises dans le cadre d’une répression politique organisée. Selon ces rapports, ces exactions ne relèvent pas de dérives isolées, mais d’une politique d’État, impliquant directement les plus hauts responsables civils et militaires. Arrestations arbitraires, violences lors des manifestations, persécutions ciblées contre les opposants : autant de pratiques qui ont contribué à priver Nicolás Maduro de toute légitimité morale et démocratique aux yeux d’une grande partie de la communauté internationale.

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