Sociologie

Carême : Moïse à jeûné mais ni Jésus ni ses disciples…

Le Combat de Carnaval et Carême, Pieter Brueghel l’Ancien (1559)

Le nom carême provient de la contraction du mot latin quadragesima, qui signifie « quarantième ». On appelle aussi le carême la Sainte Quarantaine. La durée de quarante jours commémore à la fois les quarante jours et quarante nuits du jeûne de Moïse avant la remise des Tables de la Loi et les quarante jours de la tentation du Christ dans le désert entre son baptême et le début de sa vie publique, lors desquels il fut tenté par Satan, d’après les Évangiles synoptiques.

La pratique du carême remonte au IVe siècle. Les jours qui ont précédé la pâque et la mort de Jésus, ni Jésus ni ses disciples n’ont jeûné. Les récits des Évangiles indiquent qu’à Béthanie, seulement quelques jours avant sa mort, ses disciples et lui se sont rendus chez des gens, où ils ont pris des repas. Jésus a en outre mangé le repas de la Pâque la nuit précédant sa mort.…

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Les aveux sans fin de la chair

— Entretien réalisé par Nicolas Dutent —

Rencontre avec Frédéric Gros, philosophe et préfacier du dernier volume de l’Histoire de la sexualité de Michel Foucault.

Quelle place occupe les Aveux de la chair au sein de l’œuvre de Michel Foucault et de l’Histoire de la sexualité en particulier ?

FRÉDÉRIC GROS On parle ici d’une étude très importante, érudite et passionnante, sur le christianisme des premiers siècles de notre ère à travers le filtre de la sexualité. Les livres de Foucault jusque-là publiés avaient porté essentiellement soit sur la modernité occidentale (XVIe-XIXe siècles) quand il s’agissait d’entreprendre une archéologie des discours (les sciences humaines) ou une généalogie des pouvoirs (la discipline normalisante), soit sur l’expérience antique des plaisirs. C’est le premier livre de Foucault consacré entièrement aux doctrines (à propos du mariage, de la virginité, du péché de luxure), aux rituels, aux pratiques (baptême, pénitence) tels que les Pères chrétiens des premiers siècles les ont élaborés. Cet ouvrage vient donc compléter l’étude de la sexualité ancienne en donnant toute sa place à l’Antiquité chrétienne.…

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Claude Dauphin : « Musique et liberté au siècle des Lumières »

— Propos recueillis par Robert Berrouët-Oriol —

Le musicologue Claude Dauphin vit et travaille à Montréal. Auteur du livre de référence « Histoire du style musical d’Haïti » (Éditions Mémoire d’encrier, 2014), il vient de faire paraître à Paris, aux Éditions L’Harmattan, « Musique et liberté au siècle des Lumières ». Notre collaborateur Robert Berrouët-Oriol l’a rencontré pour une entrevue exclusive au National. 

Le National (LN) : Voulez-vous, Claude Dauphin, pour les lecteurs du National, situer votre parcours de musicologue (formation, principales publications, enseignement universitaire) ?

Claude Dauphin (CD) : Tout d’abord, un amical bonjour au lectorat du National qui me fait l’honneur de s’intéresser à mes récentes publications dans le domaine de la musicologie. Ma formation en musicologie s’est déroulée dans les années 1970-1980. Commencée à l’Université du Québec à Montréal, je l’ai poursuivie à l’Université de Montréal (maîtrise) et achevée à l’Académie Liszt (Université de Budapest) en Hongrie, par un doctorat. À sa suite, j’ai accédé à un poste de professeur à l’Université du Québec à Montréal, en 1988, tout en contribuant à différents enseignements ou directions de recherche dans le réseau universitaire français.…

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In Memoriam : Rachel Beauvoir, la reine-soleil couchée

— Par Joël Des Rosiers —

« Et les chiens se taisaient » – Aimé Césaire

La mort de Rachel Beauvoir est une blessure. Nous dînions en famille, il y a quelques jours, dans le jardin édénique à l’ombre des grands arbres sacrés qui relient la terre au ciel. Les neuf chiens, un peu agités, aboyaient sans cesse jusqu’à ce qu’ils eurent fini par se résigner à notre présence. Dehors, les stridences des klaxons d’un « blocus » routier interminable qui nous avait retenus plusieurs heures dans la poussière, à hauteur de Mariani, se heurtaient aux hautes murailles barbelées de la propriété. Et Nirva, l’illustre servante, qui apparaissait et disparaissait comme dans le poème de Perse, jetait un voile de pudeur et d’irréalité sur cette rencontre qui allait devenir à notre insu un dîner d’adieu.

Lorsque je lui ai annoncé la mort de Rachel Beauvoir qui nous avait accueillis en compagnie de son mari avec une délicieuse hospitalité, ma fille Inès qui du haut de ses cinq ans possède le don des langues m’a demandé si les neuf chiens avaient pleuré.…

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LDH Guadeloupe soutient « EnVie-Santé »

Dans un texte daté du 7 décembre 2007, rendu public (Journaux et Radios), dont le titre était « Droits de l’homme – Santé – Démocratie », nous abordions diverses questions dont celle de la pollution de nos sols et de nos eaux par le Chlordécone. Précisément sur ce sujet, nous écrivions ceci : « Les droits de l’homme ne sont pas seulement des droits qui s’appuient sur de grands principes immatériels d’ordre philosophique comme ceux que l’on peut lire sur le fronton des édifices publics, « Liberté, Égalité, Fraternité » et qui s’opposent au racisme et à la xénophobie ou, encore, qui constituent le socle des institutions politiques, République, Démocratie. Ce sont aussi des droits très concrets tels que le droit de respirer un air pur, le droit de boire une eau non polluée, le droit de manger des produits agricoles non contaminés, le droit à la santé. Aussi, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) suit-elle avec beaucoup d’attention l’évolution du dossier de la pollution de nos sols par le Chlordécone.…

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Restitution des biens culturels mal acquis : à qui appartient l’art ?

Erick Cakpo, enseignant à l’université de Lorraine, analyse comment les objets d’art cristallisent les enjeux politiques et identitaires.
Ces dernières années, les demandes de restitution d’œuvres conservées dans les musées européens et acquises irrégulièrement et souvent dans le cadre des conquêtes coloniales se sont multipliées. On se souvient des cinq stèles pharaoniques réclamées à la France par l’Egypte, tout comme du buste de la reine Néfertiti demandé à l’Allemagne. Plus de deux cents ans après l’installation des frises du Parthénon au British Museum, la Grèce continue de réclamer l’œuvre au Royaume-Uni.

Le dernier pays en date à s’inscrire dans cette démarche est le Bénin. Cette demande a fait des remous à tel point que, lors de son discours sur l’Afrique à Ouagadougou, Emmanuel Macron a promis de réunir d’ici cinq ans les conditions nécessaires pour la restitution temporaire ou définitive du patrimoine africain.

Les demandes de restitution poussent à se poser un certain nombre de questions : pourquoi les pays détenteurs tiennent-ils à conserver les objets d’art supposés mal acquis ?…

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Que sait-on de la naissance de Jésus ?

— Par François Vercelletto —

On ne sait rien, du point de vue documentaire, des premières années de Jésus. Les deux Évangiles de Matthieu et Luc ne sont pas des « biographies » au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Mais cela n’ébranle en rien ce qui relève de la foi.

Noël est maintenant tout proche. Et, comme chaque année, ceux qui assisteront à la messe pourront entendre le récit de la Nativité, selon l’Évangile de Luc.

Comment comprendre ce texte ? Sûrement pas comme un document historique, mais comme un récit à interpréter.

Seuls les Évangiles de Matthieu et de Luc parlent de la Nativité. Et encore, les deux textes ne disent pas la même chose.

Le premier situe la naissance de Jésus situe la naissance de Jésus à la fin du règne du roi Hérode, mort en – 4.
Luc fait naître Jésus lors du recensement romain de Quirinus, en l’an 6.

D’autre part, Luc évoque un recensement, décidé par l’empereur Auguste, à caractère universel.…

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Elsa Dorlin, philosopher à mains nues

— Par Par Jean Birnbaum —
Dans « Se défendre », la chercheuse rend justice à la violence que les opprimés déploient face à leurs oppresseurs. Un superbe retour à la vérité charnelle de la politique.

C’est le quotidien Ouest-France qui nous l’apprend : le 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, elles étaient une quarantaine à se rassembler dans un dojo de Plougoumelen, au fond du golfe du Morbihan, pour participer à un stage (non mixte !) de krav maga. Cette technique de combat rapproché, qui attire aujourd’hui de plus en plus de femmes à travers toute la France, permet d’acquérir quelques gestes utiles si l’on veut prendre au sérieux, et à la lettre, le mot d’ordre « balance ton porc » : il s’agit de bien placer son genou pour que celui du monsieur touche terre…

L’objectif est d’apprendre à se battre mais aussi, et peut-être surtout, de désapprendre à ne pas se battre.…

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Le tabou de la traite négrière arabe

— Par Karim Akouche, écrivain algérien, auteur de La Religion de ma mère, roman, éd. Écriture (groupe L’Archipel), octobre 2017 —

La traite négrière est triple : l’occidentale (la plus dénoncée), l’intra-africaine (la plus tue) et l’orientale (la plus taboue). On y dénombre plus de 40 millions d’esclaves. La plus longue, la plus constante aussi, est l’orientale. A-t-on le droit de le dire ? A-t-on la liberté de l’écrire sans se faire taxer de néocolonialiste ?

Que les révolutionnaires de canapé soient rassurés ! Je ne recycle pas les clichés de Saint-Arnaud. Je ne repasse pas les chemises de Cavaignac ou les culottes de Bugeaud. Je ne suis pas atteint du syndrome du colonisé. Je ne suis pas non plus rongé par la haine de soi ou je ne sais par quel autre complexe.

Entre le Moyen Âge et le XXe siècle, les Arabes et les Ottomans ont vendu plus de 17 millions. C’est un fait. Ils approvisionnaient en zengis aussi bien les foyers des familles influentes arabes et turques, les palais, les souks, les fermes, les champs et les harems que les terres sous contrôle musulman à l’époque, comme la Péninsule Ibérique, l’Andalousie, la Sicile, les Balkans.…

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« Le geste de la Lybie met à nu nos échec »

Professeur de lettres sénégalais, Makhily Gassama a été directeur du Centre d’Études des civilisations à Dakar, conseiller culturel du président Léopold Sédar Senghor, ministre de la Culture et ambassadeur du Sénégal.

La situation en Libye n’a pas fini d’indigner les africains, au rang desquels des intellectuels. Et parmi eux, l’écrivain et ancien ministre de la culture, Makhily Gassama qui a fait une analyse lucide de la situation pour en tirer  la conclusion selon laquelle: «Ce qui se passe en Libye n’est qu’une répétition d’un passé sans gloire, un passé triste et ignoble ». Et de renchérir : «le geste de ce pays membre de l’Union Africaine, est un signe précieux : il met à nu nos échecs ». Dans cet entretien accordé à Sud, il déclare que ce n’est pas «la cruauté de l’Afrique arabe qui l’émeut”, mais «c’est l’indifférence coupable de nos chefs d’Etat et de nos organisations sous régionales qui me bouleversent», dit-il.

 En août 2017, CNN a pris connaissance d’une vidéo tournée quelque part en Libye sur laquelle on peut voir des subsahariens vendus aux enchères comme des esclaves.

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Esclavage en Libye: « tout le monde savait », dénoncent ONG et analystes

Dénoncés aujourd’hui à hauts cris par les dirigeants occidentaux et africains, les viols, les tortures et l’esclavage de milliers de migrants africains en Libye étaient pourtant connus de longue date, soulignent ONG et analystes qui tirent la sonnette d’alarme depuis des mois.

Les images furtives d’une vente aux enchères nocturne de jeunes Africains dans la région de Tripoli, filmées en caméra cachée et diffusées le 14 novembre sur CNN, ont suscité une onde de choc, en se propageant comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux.

Face au tollé, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « horrifié », le président de l’Union africaine Alpha Condé « indigné », l’Union européenne « révoltée » et la France a réclamé une réunion « expresse » du conseil de sécurité de l’ONU.

« Hypocrisie », car « à part le citoyen lambda, tout le monde savait, les gouvernants, les organisations internationales, les leaders politiques », assène le Sénégalais Hamidou Anne, analyste du think tank « L’Afrique des idées ».…

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Qu’est-ce qu’on attend pour agir ?

— Par Emmanuel Argo(1)

La traite des êtres humains prend plusieurs formes, les plus courantes étant la prostitution, l’esclavage et le travail forcé …
Le 14 novembre 2017, toujours victimes de notre faculté d’oubli, de notre indifférence ou immergés dans nos propres difficultés, nous découvrons, abasourdis par la nouvelle, que des libyens pratiquent le commerce d’êtres humains pour l’esclavage, profitant d’une manne d’hommes, de femmes et d’enfants qu’ils retiennent sur leurs côtes afin d’éviter leur traversée jusqu’en Europe. Kadhafi n’était-il pas maintenu au pouvoir pour ces mêmes services ? La pratique sévit toujours, seulement cette fois-ci c’est peut-être une affaire d’échelle et comme nous sommes conditionnés à ne réagir que sur le fait probant du quantitatif, là, nous nous offusquons !
Mais ce n’est pas tout. Sans l’accréditation de cette information par Amnesty international dont personne n’oserait remettre en question la crédibilité, nous sommes « autorisés » à exprimer notre révolte. L’information tous azimuts qui nous tient seconde après seconde informés sur l’état du monde nous oblige à hiérarchiser les horreurs alors, qu’au même titre que la Shoa, les goulags et autres génocides européens, africains, asiatiques… la marchandisation des êtres humains est un crime contre notre humanité et nous sommes d’autant responsables que nous ne pouvons pas dire cette fois-ci : je ne savais pas.…

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Édouard Philippe bannit l’écriture inclusive des textes officiels

Dans une circulaire à paraître mercredi, le Premier ministre demande à ses ministres de ne pas utiliser cette écriture visant à promouvoir l’égalité homme-femme mais controversée.

Edouard Philippe donne consigne à ses ministres de bannir des textes officiels l’écriture dite « inclusive », règle controversée d’élargissement du féminin dans la langue française, qui suscite un vif débat ces derniers mois en France.

« Je vous invite, en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive », écrit le chef du gouvernement, dans cette circulaire à paraître mercredi dans ce même JO.

L’écriture inclusive consiste à inclure le féminin, entrecoupé de point-médians, dans les noms. Le débat est devenu politique après la parution, aux Editions Hatier, d’un manuel utilisant cette écriture, destiné aux élèves de CE 2 pour la prochaine rentrée. On peut ainsi y lire : « Grâce aux agriculteur·rice·s, aux artisan·e·s et aux commerçant·e·s, la Gaule était un pays riche.…

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L’écriture inclusive : « N’ayons pas peur d’une mesure de progrès »

Dans une tribune au « Monde », deux membres du Haut Conseil à l’égalité rappellent que la primauté accordée au masculin au XVIIIe siècle n’est pas une loi d’airain et que le langage joue un rôle  

Tribune. Il y a deux ans, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes rendait public son « Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe », dit « Guide EgaCom », proposant dix recommandations pour une communication égalitaire, que ce soit dans les écrits, les images ou les événements publics. Ce guide fait notamment la promotion de l’écriture dite inclusive. Nous constatons avec satisfaction le chemin parcouru depuis 2015 dans la prise de conscience sur ce sujet, aussi bien de la part des pouvoirs publics et des médias que de l’opinion publique. Le contexte actuel de débats sur le sujet nous semble opportun pour montrer en quoi l’écriture inclusive est un outil de promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Lire aussi :   Alain Bentolila : « Ce n’est pas avec l’écriture inclusive que l’on fera reculer la discrimination sexuelle »

Parce que la langue a toujours évolué et continuera de le faire.

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« L’esclavagisme en Libye n’est que le prolongement de la négrophobie au Maghreb »

— Par Hamidou Anne (chroniqueur Le Monde Afrique) —

Les images d’êtres humains vendus interpellent notre humanité et font écho aux récits glaçants qui proviennent des routes d’exil.

 Une vidéo de la chaîne américaine CNN montrant des Subsahariens vendus aux enchères en Libye a provoqué une vague d’indignation sur le continent africain. L’émotion des intellectuels, militants de la société civile et simples citoyens a poussé les leaders politiques à réagir. Les communiqués « émus » et « indignés » sont sortis des palais présidentiels pour dénoncer cette barbarie. Le Guinéen Alpha Condé dénonce « une ignominie », le Sénégalais Macky Sall et le Nigérien Mahamadou Issoufou parlent d’une « pratique d’un autre âge », tandis que leur homologue togolais, Faure Gnassingbé, évoque, lui, « une infamie ». La vidéo provoque davantage de réactions que les témoignages, recueillis depuis des années, de ceux qui ont réussi à échapper à ce qu’il convient d’appeler « l’enfer libyen ».

Lire aussi :   En Méditerranée, un navire antimigrants veut refouler les bateaux venus d’Afrique

Personne n’ignorait ce qui se passe sur cette partie septentrionale de l’Afrique.

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Il y a t-il un espoir pour Mumia Abu Jamal ?

Un nouveau procureur a été élu à Philadelphie. Un évènement qui soulève un immense espoir de justice équitable.

Aux États-Unis les Procureurs sont le plus souvent élus par les citoyens de leurs Etats. Larry Krasner vient d’accéder au poste de Procureur en chef de Philadelphie (Etat de Pennsylvanie), en remportant magistralement l’élection avec près de 150.000 voix (75% des suffrages exprimés) face à son opposante qui, elle, n’a recueilli que 50.000 voix, et ce, malgré le soutien du parti du Président Trump, du puissant syndicat de la police (FOP) ennemi déclaré de Mumia Abu Jamal et du plus important journal de la ville (The Philadelphia Inquirer).
Larry Krasner était le candidat du parti démocrate succédant à un procureur du même parti (Seth Williams, ce corrompu qui a condamné Mumia et que l’on venait de condamner à cinq ans de prison et incarcéré pour il y a quelques semaines).
Mais Larry Krasner est connu pour être un homme intègre. C’est la diversité de ses soutiens qui ont mobilisé les électeurs : notamment de nombreux syndicats, associations féministes, de défense des droits humains, des homosexuels, des handicapés, organisations des droits des migrants, des militants pour la paix, des activistes contre la peine de mort, des mouvements sociaux comme Occupy Philly et progressistes comme Black Lives Matters.…

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Penser le présent

— Par Serge Harpin, sociolinguiste et philosophe —

Il est toujours affligeant de voir des jeunes reprendre à leur compte les erreurs et les errements conceptuels de leurs ainés. L’argument du « génocide » avancé lors de la récente affaire de la mutation de l’ex proviseur du Lycée agricole de Croix-Rivail est une de ces sempiternelles sottises qui a pris d’autant plus de relief que celui qui le reprenait est, outre sa relative jeunesse, Président d’une association écologique influente.

La paternité de la formule revient à A. CESAIRE. L’intention à l’origine était polémique. Il s’agissait de dénoncer la décision d’installation en Guyane par le gouvernement de V. Giscard-d’Estaing, à la fin des années 1970, de réfugiés Hmong fuyant le communisme. Il faut dire que le geste humanitaire masquait une politique technocratique et autoritaire de peuplement échafaudée à Paris : sa finalité et ses contours restaient peu clairs pour les principaux concernés, les guyanais. Le poète voulait frapper les esprits. Il s’est laissé alors emporter par la charge émotive du mot « génocide » qu’il sur-dramatisa en y ajoutant un élément censé être de spécification: « par substitution »… Il posait ainsi un modèle discursif  où le refoulé de l’esclavage et la mauvaise conscience européenne recouvraient la réalité des faits.…

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Outre-mer: vers une refonte des aides publiques

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a annoncé samedi qu’elle allait conduire « une revue en profondeur » des dispositifs d’aides publiques à l’économie des Outre-mer, à périmètre budgétaire « constant a minima », lors de la 6e Journée Outre-mer Développement à Paris. « Les aides économiques pour l’Outre-mer ne sont pas lisibles », a souligné Annick Girardin à l’ouverture de ce grand rassemblement de l’économie ultramarine.

Elle a par exemple critiqué la « TVA non perçue et récupérable », une aide directe à l’investissement qui « n’est pas visible et compréhensible par tous » mais qui représente « près de 100 M d’euros par an ». Elle a aussi évoqué le Crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice), dispositif qui va disparaître au 1er janvier 2019 mais doit être remplacé en Outre-mer par un autre outil, à définir.

« L’ambition de ce gouvernement, c’est d’accompagner avec une revue de toutes les aides, d’accompagner mieux et plus les entreprises dans leur projet et leurs initiatives », a-t-elle affirmé, assurant que cette « revue » se ferait « à périmètre constant a minima, c’est l’accord que j’ai du premier ministre ».…

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Peut-on dissocier la parole de celui qui la porte?

— Par Patrick Singaïny* —

Oui si l’on croit aux idées, non si l’on croit à la pensée.
Quand Edgar Morin confronte sa pensée à celle d’un autre, confronte-t-il seulement ses théories à celles de l’autre? Non, il cherche autre chose puisque cette rencontre ne changera rien à l’intégrité des deux réflexions mises en confrontation, mais peut donner lieu à celui qui les distingue l’occasion de créer des liens ou des passerelles personnels. Là est le bienfait d’une telle démarche : le lecteur est celui qui est invité à s’ouvrir à des horizons inattendus.
Mais qu’est-ce donc une pensée? Tout d’abord, elle ne se limite ni à des idées, ni à des théories fussent-elles empreintes d’infinies nuances. La pensée naît d’un esprit grâce auquel, si il ne s’était pas exprimé encore une fois, une certaine vision du monde du moment-et-de-toujours aurait été ressentie comme tronquée.
Il y a donc un fossé entre celui qui porte le monde dans sa main avec humilité et gravité et celui qui le perçoit par clivages, c’est-à-dire via les idées ou les théories qui sont d’une grande labilité.…

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Guadeloupe. Inquiétudes après la découverte de singes verts

Deux « singes verts » ont été aperçus à plusieurs reprises en Guadeloupe, dans la commune des Abymes (Grande-Terre), où ils font l’objet de recherches pour éviter la reproduction de cette espèce potentiellement invasive et dangereuse.

En Guadeloupe, deux singes de l’espèce chlorocebus, pesant 4 à 6 kg avec un pelage verdâtre, ont été signalés aux autorités depuis « déjà plusieurs semaines » dans une zone boisée près d’habitations, après le passage des ouragans Irma et Maria, en septembre, a indiqué David Rozet, chef du service mixte de la police de l’environnement de Guadeloupe.

Ces singes originaires d’Afrique, introduits par l’homme dans les Petites Antilles, sont déjà devenus envahissants sur l’île de Saint-Kitts ou encore à Saint-Martin, d’où ils auraient pu être amenés vers la Guadeloupe par un particulier. Une cage aurait pu se briser pendant le passage des ouragans Irma ou Maria.

Mais les différentes tentatives pour les attraper ont échoué jusque-là.

Des riverains « inquiets »

C’est avec la publication d’une vidéo de riverains « inquiets », publiée sur le site de Radio Caraïbes International début novembre, que le grand public a appris leur présence incongrue dans l’archipel.…

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Claire Hédon. « La société ne veut pas voir les pauvres, ils dérangent »

— Entretien réalisé par Ixchel Delaporte —

L’association ATD Quart-monde fête ses 60 ans Place de la République, à Paris, où elle présentera les nombreuses actions qu’elle mène tout au long de l’année. Un travail indispensable pour tenter de changer le regard de la société sur la pauvreté explique Claire Hédon, présidente d’ATD-Quart Monde.
Quel message souhaitez-vous faire passer à l’occasion de cet anniversaire ?
Claire Hédon. La société doit faire reconnaître et faire respecter l’égale dignité de tous. Nous considérons la misère comme une violation des droits de l’homme. Notre but est de montrer avec une multitude d’initiatives que chacun peut s’engager à son niveau. La bataille se joue aussi sur le plan des idées et sur l’opinion publique. Hélas, ce regard devient de plus en plus dur, de plus en plus culpabilisant. Ces deux jours de débats ont pour but d’affirmer l’indivisibilité des droits. Si l’on n’agit pas sur l’ensemble de ces droits (logement, santé, travail, éducation), on n’aura pas de politique de lutte efficace contre la pauvreté.…

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Pour l’éloge de Sœur Rose…

— Par Roland Tell —

Dans la chronique des jours du passé, lorsqu’il faut revivre le « temps de l’Amiral Robert », le souvenir de Soeur Rose paraît toujours aussi frais, au point d’être dressé dans l’esprit, tel un monument à sa gloire.
Condamné à une fin donnée, dès l’âge de six ans, à l’hôpital de Trinité, le triste augure de mort a moqué ses présages, puisque les soins continus de Soeur Rose ont guéri l’enfant malade pour de longs âges encore. Qu’avait-il dans les poumons, pour se trouver, tout seul en 1942, dans cette maison d’amour, à l’hôpital de Trinité, où régnait Soeur Rose, originaire du Québec ? Certes, il faut revenir à ce temps de faiblesses pulmonaires et de crachements de sang, pour dire, une dernière fois, la somme de biens prodigués par Soeur Rose, par ses prières répétées, par ses médicaments, ses potions vinaigrées, ses ventouses aux aspirations de pieuvre, ses frictions adoucissantes.
Aux temps passés de l’Amiral Robert, à l’hôpital de Trinité, une dévotion d’enfant de six ans se dirigeait progressivement vers une sainte visible – merveilleuse vision sur laquelle se fixaient continûment ses yeux exorbités de fièvre, en ce temps, jamais en repos, de sa cruelle maladie.…

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Après sa Une sur Tariq Ramadan, Charlie Hebdo sous le feu des menaces

Depuis mercredi, le journal satirique e Hebdo est de nouveau violemment attaqué et menacé sur les réseaux sociaux pour sa Une sur l’islamologue Tariq Ramadan.
« J’espère que vous allez encore mourir ! », « …venez pas pleurer quand y’aura vos corps en morceaux »… Des messages comme ceux-ci on en compte des dizaines, voire des centaines sur les réseaux sociaux depuis mercredi et la sortie de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Ce dernier a fait sa Une du 1er novembre avec une caricature de Tariq Ramadan. On y voit l’islamologue, accusé par plusieurs femmes de viol, représenté avec un immense sexe en érection qui déclare « Je suis le 6e pilier de l’islam » accompagné d’une étiquette « viol ».

Il n’en fallait pas plus pour que des torrents de violence se déchaînent contre l’hebdomadaire satirique, beaucoup de réactions provenant de membres de la communauté musulmane qui y voient un affront contre l’islam. Pour beaucoup, l’hebdomadaire fait de l’islam une obsession alors qu’entre 2005 et 2015 seulement 38 unes sur 523 mettaient la religion en première place· Seulement sept concernaient l’islam et 21 le christianisme (source : Le Monde)·…

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« Mon quotidien est proche de celui d’un médecin » : à quoi ressemble le métier d’exorciste ?

— Par Lison Verriez —

Les yeux déments et le visage en sang, une petite fille éructe des insultes à un prêtre, se déplace à quatre pattes, crache du sang et vomit de la bile. Qui n’a pas tremblé devant la vision de Regan MacNeil, cette petite-fille possédée par le démon dans le film L’Exorciste de William Friedkin ? Un spectacle terrifiant, pourtant loin de la réalité rencontrée par les prêtres exorcistes. Certains ont accepté de raconter leur quotidien à franceinfo.

Loin de l’image du prêtre en croisade contre les démons, armé d’un crucifix, d’une Bible et d’eau bénite, « mon quotidien ressemble plutôt à celui d’un médecin », constate Georges Berson, l’un des deux prêtres exorcistes exerçant en Ile-de-France. Difficile d’imaginer les prêtres de L’Exorciste passer la journée au téléphone, à convenir de rendez-vous dans un bureau de la paroisse. Le tout, entouré d’une équipe de fidèles et de sœurs, chargée d’écouter et organiser les rencontres.

Et pourtant… « L’exorciste qui travaille seul ?…

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« Viens chez moi, j’habite chez un fantôme » : enquête sur les maisons hantées

— Par Marie-Adélaïde Scigacz —
Du Nord à la Bretagne, j’ai passé quelques jours et quelques nuits avec des victimes de phénomènes étranges et des « enquêteurs du paranormal » qui tentent de les aider. Et, oui, il m’est arrivé de claquer des dents.
« Ils se prennent en photo devant, comme si c’était le château de Dracula »

«Hé, je sais ! On devrait ouvrir une buvette devant chez eux ! On se ferait pas mal d’argent. » A l’entrée d’un bistrot vide, tout près de la place où se dresse un modeste monument aux morts, deux hommes plaisantent. L’un d’eux vit à 500 m de là, tout près de « la » maison hantée de Villers-Outréaux (Nord). La scène se déroule début septembre. Au cœur de l’été indien, la petite ville de quelque 2 150 âmes, première étape de mon enquête, commence à se lasser de voir journalistes et curieux se presser dans ses rues paisibles pour « la voir ».…

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