Sociologie

La réalité existe-t-elle ?

— Par Michel Pennetier —

Don Quichotte prenait les moulins à vent pour des chevaliers géants. Le héros de Cervantes, c’est nous-mêmes quand nous idéalisons le monde et le fantasmons. Mais son serviteur qui incarne le bon sens, un plat réalisme qui ne se pose guère de question, c’est tout autant notre attitude quotidienne. Dans notre vie ordinaire, nous ne sommes pas assez hardis pour nous interroger sur la réalité de la réalité. Nous ressentons cette question comme assez « unheimlich » , d’une inquiétante étrangeté, nous ne sommes plus chez nous. Ce sentiment nous gagne quand nous percevons quelque dérangement, quelque incongruité dans le quotidien. Faisons appel aux philosophes qui pour la plupart ont tenté d’asseoir le concept de réalité sur des bases solides. Ma méditation ne sera qu’une promenade à la Montaigne à travers les pensées. Promenade un peu éprouvante à cheval comme l’aimait mon auteur préféré au cours de laquelle nous espérons garder notre assiette, c’est-à-dire rester bien assis en selle et ne pas perdre la tête.

Celui qui nierait absolument l’existence de la réalité serait dans une position philosophique et existentielle quasi intenable.

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Lettre aux maires pour renommer des rues en hommage aux soldats Africains et des Outre-mer

Lors du 75ème anniversaire du débarquement de Provence, le 15 août 2019 à Saint-Raphaël, le chef de l’État a appelé à renommer des rues en hommage aux soldats Africains et Antillais de l’Armée française qui ont participé à la Libération. Des responsables associatifs, intellectuels et personnalités publient une lettre ouverte aux Maires de France et des Outre-mer afin qu’ils s’engagent dans ce sens.

« Ils ont fait l’honneur et la grandeur de la France. Et pourtant qui d’entre nous se souvient aujourd’hui de leurs noms, de leurs visages ? » a questionné le chef de l’État lors du 75ème anniversaire du débarquement de Provence à Saint-Raphaël dans le Var, le jeudi 15 août 2019. Plusieurs responsables associatifs, personnalités publiques, journalistes, médecins et universitaires pour la mémoire des Tirailleurs Africains et des Outre-mer emmenés par le professeur Marcel Lourel, commandant de réserve citoyenne à Lille s’interrogent : « Pourquoi les Tirailleurs Africains et des Outre-mer sont-ils les grands oubliés de l’Histoire ? Plus de 400 000 d’entre eux ont versé le prix sang au cours des deux Grandes guerres… Aujourd’hui, Emmanuel Macron appelle à renommer des rues pour leur rendre hommage.

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Il perd sa maison pour des droits de succession jamais payés depuis 30 ans

Une solution pour la Martinique?

Puisque la succession n’a pas été réglée depuis plus de 30 ans, une maison de Seine-et-Marne a été déclarée «sans maître» et attribuée à la commune. L’occupant qui en avait hérité de sa grand-mère doit être expulsé.

Ne pas régler ses droits de succession peut être lourd de conséquences. Pour ne pas s’être occupé de régler les formalités et les frais liés au décès de sa grand-mère décédée en 1985, un habitant de Féricy (Seine-et-Marne), Pascal Monin, est en train de l’apprendre à ses dépens. Comme le rapporte Le Parisien, la vaste demeure de 466 m² entourée de 2281 m² de terrain, qu’il considère comme la sienne est désormais propriété de la commune. Puisque ni sa mère, ni lui-même n‘ont jamais ouvert de succession, ni réglé les moindres frais en ce sens, l’administration fiscale estime que l’on peut parler de «bien sans maître».

Au terme d’un délai de prescription de 30 ans où le propriétaire ne se fait pas connaître, la maison est ainsi attribuée à la commune.

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« L’obèse n’est pas embauchable parce qu’il est jugé fainéant »

— Par Fabiola Dor …
Le monde du travail est impitoyable avec les personnes en surpoids. Du recrutement à la négociation salariale, les salariés victimes de grossophobie nous racontent leurs discriminations.
Dans l’imaginaire collectif, les beaux réussissent mieux que les autres.

“Avant d’arriver sur le marché du travail, je subissais déjà une grossophobie quotidienne mais j’ai vite appris à passer outre les commentaires des cons. En revanche, quand j’ai commencé à chercher un emploi, j’ai très mal vécu qu’on doute de mes compétences à cause de mon poids”, confie Gabrielle Deydier, auteure de On ne naît pas grosse, un livre basé sur ses expériences personnelles.

Caraïbe. Les femmes de plus en plus obèses 

Dans cet ouvrage publié en 2017, l’auteure espère briser les tabous sur la grossophobie. Elle partage des anecdotes humiliantes avec les professionnels de santé, les enseignants ou encore les recruteurs. “À la fin d’un entretien, un employeur m’a dit que mon QI n’est pas proportionnel à mon IMC, rapporte-t-elle.

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Le racisme comme système

— Par Denis Colombi —

Lorsque l’on tape « racisme » sous google, la première proposition qui apparaît est « racisme anti-blanc ». Et sur les liens proposés, il faut attendre le quatrième pour avoir une critique de cette notion. Les sociologues affirment souvent que le « racisme anti-blanc » n’existe pas : une idée mal comprise, parce que souvent appréhendée avec ce qu’il faut de mauvaise foi pour se lancer dans la fausse indignation contre la « bien-pensance ». Derrière cette idée, ce qu’il y a en jeu, c’est la compréhension de ce qu’est le racisme. Le plus souvent, celui-ci est perçu comme un sentiment individuel – en grande partie parce que les mouvements et politiques anti-racistes contribuent largement à le cadrer ainsi. Pourtant, du point de vue sociologique, ce n’est pas cela le racisme. Le racisme, c’est un système. Explications.

Pour une bonne introduction à ce problème on peut regarder ce sketch de l’humoriste australien Aamer Rahman. En affirmant qu’il est possible de faire du « racisme inversé » (reverse racism, le terme anglais qui correspond le mieux à ce que certains appellent « racisme anti-blanc »), il montre l’absurdité de cette notion.

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Le choix d’une retraite

— Par Jean Abrosi —
Lucien est à la retraite depuis 30 ans après de bons et loyaux services à la RATP. Il a choisi de revenir dans son île natale après avoir vécu en France pendant une quarantaine d’années. Grâce à ses économies et à celles de sa fidèle épouse, il avait émis le voeu de s’acheter un bout de terrain en Martinique et de construire une maison où tous les deux viendraient vivre leur retraite. Grâce à Dieu, leur voeu fut exaucé et ils ont retrouvé le pays de leur enfance. Animé d’une attitude positive, ce couple a adhéré dès les premières années, aux différentes activités communales voire à un club de convivialité qui lui a permis de se retrouver avec des amis d’enfance. Hélas, comme tous ceux qui ont vécu en France et qui sont revenus dans leur pays natal, ils ont été déçus par la mentalité antillaise, trop rétrograde à leur avis. Et Lucien le premier s’est retiré dans sa tour d’ivoire.

Aujourd’hui, il préfère se retrouver seul, sans voisins, sans amis.

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Martinique : trois jeunes morts, emportés par une crue soudaine

Les victimes ont été piégées par la brusque montée des eaux d’une rivière alors que l’île était placée en vigilance jaune en raison d’orages et de fortes pluies.

La crue soudaine d’une rivière en Martinique, au Marigot, dans le nord de l’île, a causé la mort de trois jeunes personnes, dimanche 8 septembre, ont indiqué des pompiers.

Les trois victimes, dont les âges n’ont pas été précisés, étaient venues profiter de la rivière, au lieu-dit Fond Papin, alors que Météo-France avait placé l’île en vigilance jaune pour fortes pluies et orages dimanche après-midi.

Ils ont été emportés vers 15 heures heure locale par une brusque montée des eaux de la rivière le Lorrain, dans la commune du Marigot. Deux corps ont été repêchés dans l’après-midi par les gendarmes et les pompiers, dont l’un juste avant la tombée de la nuit avec l’appui de l’hélicoptère de la sécurité civile. Le troisième corps était toujours recherché, et une enquête était en cours pour déterminer les circonstances du drame.
Quatre autres personnes secourues

La Martinique avait été placée en vigilance jaune samedi après-midi pour fortes pluies et orages alors qu’il faisait grand soleil.

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En Guadeloupe, des habitants réhabilitent le centre historique de Pointe-à-Pitre

— Par Syrine Attia —

En Guadeloupe, une association réhabilite le quartier du centre historique de Pointe-à-Pitre depuis plusieurs années, en repeignant les façades des habitations ou encore en créant des jardins partagés. L’objectif : transformer l’image et la vie du quartier.

L’association “Ateliers Odyssée” a lancé l’opération “Pli Bel Lari” en 2014, dans le centre historique de Pointe-à-Pitre. Pour œuvrer à son embellissement, ses membres ont d’abord commencé par repeindre certaines habitations. Les images de façades colorées se succèdent ainsi sur leur page Facebook.

Plusieurs clichés montrent également les bénévoles armés de pinceaux, prenant la pause devant des maisons fraîchement “relookées”.

Voir les photos et vidéo sur le site France24

“Nos maisons avaient grise mine, alors nous avons décidé de les repeindre”

Sylvie Adélaïde, architecte-urbaniste et plasticienne de formation, est la présidente de l’association. Elle explique comment est né le projet :

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«Il y a du racisme dans la culture blanche»: les propos de Lilian Thuram font polémique

« Le peuple, qui au début de la lutte avait adopté le manichéisme primitif du colon : les Blancs et les Noirs, les Arabes et les Roumis, s’aperçoit en cours de route qu’il arrive à des Noirs d’être plus blancs que les Blancs » Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre , La Découverte Poche, 2002, ch. II, p. 139.

 

Dans une interview donnée mercredi au journal italien Corriere dello Sporte, l’ex-footballeur champion du monde 1998 dénonce le racisme des sociétés européennes caractérisé, selon lui, par un sentiment de supériorité des blancs.

Quelques jours après l’incident raciste de Cagliari (Italie) qui ont vu des supporteurs italiens pousser des cris de singe lors du penalty de Romelu Lukaku, l’attaquant belge de l’Inter de Milan, Lilian Thuram, vainqueur de la coupe du monde 1998 et militant antiraciste, a fait une sortie qui fait polémique dans le quotidien italien, Corriere dello Sport.

«Si on en parle depuis tant d’années, mais qu’on ne réussit à rien faire, cela veut dire qu’il y a une énorme hypocrisie et qu’on manque de volonté», déclare-t-il aux journalistes italiens.

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Sa nou Yé ?

— Olivier Ernest Jean-Marie  —
Un collectif, une association, une entreprise, une communauté, un pays, un état, un club, un, syndicat, une église, une université, un projet peuvent croître durablement avec ambition, énergie, équilibre, enthousiasme et confiance quand il existe en leur sein un questionnement continu générant un processus itératif, systémique et participatif de réponses autour de ces questions :

  • Quelle est notre vocation, notre raison d’être ensemble ? Quelle est notre intention collective : que voulons-nous construire ensemble ? quelle est notre contribution à nos lieux (région, continent, monde, cosmos, …) ? quelles sont nos relations à notre ascendance, à notre descendance ?
  • Quelle est notre mémoire collective : quelle vision commune avons-nous de l’histoire qui nous a menés jusqu’à aujourd’hui ?
  • Quelle est notre conscience collective ? quelles valeurs cultivons-nous collectivement ? Sur quelles valeurs devons-nous appuyer pour apporter notre contribution au monde ?
  • Quelle est notre sensibilité collective ? qu’est-ce qui nous fait vibrer tous ensemble ? Quelles sont les émotions qui nous rassemblent ?
  • Quel résultat souhaiterions-nous avoir obtenu dans 10 ans ?

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L’absentéisme au travail ne cesse d’augmenter

Selon une récente étude, l’absentéisme au travail a augmenté de 3,6% sur un an. Outre la maladie, sont notamment mis en cause l’insatisfaction, l’engagement dans l’entreprise et la situation personnelle des salariés.

Absent plus souvent… et plus longtemps. Voici en résumé le constat que dresse l’étude annuelle du cabinet Gras Savoye Willis Towers Watson, spécialiste en ressources humaines. On y apprend que le taux d’absentéisme au travail dans le privé a en effet augmenté de 3,6% entre 2017 et 2018 et plus largement de 16% depuis 2014 pour atteindre aujourd’hui à 3,73%. Ainsi, sur 100 salariés dans une entreprise, près de quatre sont absents chaque jour, note Julien Vignoli, directeur général délégué du cabinet auteur de l’étude. Le nombre de travailleurs à se porter malade au moins une fois dans l’année a lui aussi progressé, de 8% en quatre ans. L’étude porte sur 546 entreprises françaises, pour un panel de plus de 250.000 salariés. Les congés maternité et paternité, sabbatiques, ou encore les absences injustifiées en sont exclus.

» LIRE AUSSI Arrêts de travail: ces entreprises qui traquent les salariés fraudeurs

L’absentéisme coûte chaque année 60 milliards aux entreprises françaises

En 2015, selon une étude du cabinet Ayming réalisée avec AG2R La Mondiale, les salariés du privé se sont absentés en moyenne 16,6 jours par an, soit un taux d’absentéisme de 4,55%.

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Pour les travailleuses d’Amérique latine et des Caraïbes, le chemin vers l’égalité est long et semé d’embûches

—  Rapport de l’O.I.T. ( Organisation Internationale dui Travail) —
Dans la région, les femmes touchent en moyenne un salaire horaire inférieur de 17 pour cent à celui des hommes et, si elles sont de plus en plus nombreuses à arriver sur le marché du travail, elles sont encore loin d’être traitées à égalité, selon un nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

LIMA (OIT Infos) – En raison de la persistance des disparités entre hommes et femmes et des progrès insuffisants dans la réalisation de l’égalité professionnelle entre les sexes, les pays d’Amérique latine et des Caraïbes doivent adopter une série de mesures transformatrices, selon un nouveau rapport de l’OIT.

Ces nouvelles mesures devraient intégrer un examen des politiques actuelles et viser à résoudre les problèmes politiques, y compris les facteurs dits «invisibles» comme les stéréotypes, les comportements et les normes sociales.

Le rapport, Mujeres en el mundo del trabajo: Retos pendientes hacia una efectiva equidad en América Latina y el Caribe (Les femmes dans le monde du travail: les obstacles à surmonter pour une égalité effective en Amérique latine et dans les Caraïbes), constate que, pour chaque heure travaillée, les femmes perçoivent un revenu inférieur de 17 pour cent en moyenne à celui des hommes pour un travail similaire, avec une expérience, une éducation et un contexte familial comparables.

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Olivier Babeau: «Facebook écoute nos conversations pour mieux nous manipuler!»

— Par Olivier Babeau, professeur d’université et président de l’Institut Sapiens —

Entretien mené par Paul Sugy

Olivier Babeau a publié Éloge de l’hypocrisie (éd. du Cerf, mars 2018).

Le réseau social a reconnu avoir fait écouter et retranscrire de nombreuses conversations vocales d’usagers de son application Messenger. Les plateformes numériques améliorent sans cesse leurs outils pour cerner au mieux les préférences des consommateurs et manipuler leurs comportements d’achat, explique Olivier Babeau.

FIGAROVOX.- Facebook a reconnu avoir payé des centaines de sous-traitants pour écouter et retranscrire des conversations sonores d’usagers de Messenger. Cette information vous surprend-elle?

Olivier BABEAU.- Non. Souvenons-nous que Google, Amazon, Microsoft et Apple ont fait exactement la même chose. Et comprenons surtout qu’il s’agit de la traduction logique d’un impératif pour ces entreprises. Les géants du Web offrant des services gratuits vivent à 90 % de la publicité. Or la valeur d’une publicité dépend de deux paramètres: le nombre de personnes touchées et la précision du ciblage. Attirer une audience massive n’est que la première partie du modèle économique: la seconde, plus fondamentale, est d’atteindre le plus haut degré possible de connaissance des consommateurs ciblés.

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Henri Peña-Ruiz: «La critique d’une religion, quelle qu’elle soit, n’est pas un délit»

— Par Paul Sugy —

Accusé de racisme sur les réseaux sociaux, le philosophe Henri Peña-Ruiz s’explique à la suite de ses propos controversés sur l’islamophobie lors d’une conférence devant les militants de la France insoumise.

Henri Peña-Ruiz est philosophe et écrivain. Son Dictionnaire amoureux de la laïcité (Plon, 2014) a reçu le Prix national de la laïcité en 2014.

 Vous avez donné vendredi dernier une conférence sur la laïcité, lors de l’université d’été de la France insoumise. Une citation tronquée de vous a ensuite fait du bruit sur les réseaux sociaux: vous auriez déclaré «on a le droit d’être islamophobe». Comment avez-vous vécu cette polémique?

Henri PENA-RUIZ.- J’ai été très affecté par cette polémique: se faire insulter et traiter de «raciste» sur les réseaux sociaux est extrêmement pénible. Cela me touche d’autant plus que le combat contre le racisme a toujours été l’un de mes engagements fondamentaux: j’ai d’ailleurs milité au MRAP, que j’ai quitté par la suite lorsque Mouloud Aounit (ancien président du MRAP, ndlr) a établi une confusion, justement, entre le rejet des religions et le rejet des personnes en raison de leur religion.

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Il faut pouvoir nommer ce qui est détestable

— par Aimé Charles-Nicolas —

Des voix se sont élevées en Martinique pour que soit débaptisée la rue Blénac à Fortde-France. Gouverneur Général de la Martinique, il a fourni des informations à Colbert pour la rédaction de la première version du code Noir.

Depuis que la polémique est née aux Etats-Unis à propos de la statue du général Lee, plusieurs personnalités, en France, ont demandé que le nom de Colbert, auteur du Code Noir, soit retiré de l’espace public. En particulier Louis-Georges Tin du CRAN l’a qualifié d’ »acteur de la légalisation de l’esclavage » et »coupable de crime contre l’humanité ».

Dans sa lettre ouverte au maire de Fort-de-France, M. Monlouis-Bonnaire a récemment cité de moi des propos qui plaideraient pour le changement de nom de la rue Blénac. Je suis gêné. S’agissant de « mots détestables », je veux préciser ma pensée. Je ne crois pas qu’il faille supprimer les mots détestables. Il y a certes des mots à contenu détestable mais nous avons besoin de désigner les contenus détestables.

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Les États-Unis commémorent l’arrivée d’Angela, première esclave africaine

Ce week-end, les États-Unis commémorent les 400 ans de l’arrivée d’Angela sur le sol américain. Angela est la première esclave officiellement recensée par les colons britanniques. Arrivée par bateau depuis le Ndongo – l’ancien nom de l’Angola -, en 1619, elle a accosté dans l’État de Virginie, où un mémorial est aujourd’hui construit. Baptisé Fort Monroe, il est ce week-end le théâtre de festivités pour rendre hommage à Angela et aux millions d’autres Africains réduits en esclavage.

Les cérémonies de Fort Monroe ont un but précis : célébrer la contribution des Africains réduits en esclavage à la société américaine. Lectures, concerts, conférences… Le programme du week-end est chargé, avec un point culminant dimanche.

« Dimanche sera ce qu’on appelle le Jour de la guérison, explique Terry E. Brown, surintendant du mémorial de Fort Monroe. Nous allons amener une cloche, et nous la ferons sonner à travers tout le pays à 3 heures de l’après-midi. Nous allons la faire sonner pendant 4 minutes. Chaque minute représentera un siècle. »

Terry E. Brown est lui-même un descendant d’esclaves.

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Collecte de sable sur la plage: ce que prévoit la loi

Un couple de Français a été interpellé en Sardaigne et sera poursuivi pour vol pour avoir tenté de rapporter chez eux 40 kilos de sable blanc, selon la presse italienne. En France aussi la collecte de sable sur la plage est strictement réglementée.

L’article L321-8 du Code de l’environnement réglemente la collecte de sable ou de coquillages. Pour ce type d’infraction, les amendes peuvent grimper jusqu’à 1.500 euros.

La loi précise que « les extractions de matériaux sont limitées ou interdites lorsqu’elles risquent de compromettre directement ou indirectement l’intégrité des plages, dunes littorales, falaises, marais ».

– Sable –

Le prélèvement de sable est considéré comme une atteinte au domaine public maritime.

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Tirailleurs sénégalais : « On les a forcés à s’engager, et aujourd’hui on laisse leurs petits-fils se noyer dans la Méditerranée »

Soixante-quinze ans après le débarquement de Provence, « Le Monde Afrique » a rencontré le photographe Julien Masson, qui a rassemblé dans un livre les témoignages d’anciens combattants.

Dans le cadre d’un projet pédagogique avec des collégiens de Savoie, Julien Masson, photographe et réalisateur, s’est lancé sur les traces des derniers tirailleurs sénégalais entre 2014 et 2018. De ses multiples rencontres avec Saïdou Sall, Issa Cissé, Alioune Fall ou Dahmane Diouf, qui furent enrôlés dans l’armée coloniale pour libérer la France, il a fait un ouvrage, Mémoire en marche, un long format pour Radio France internationale (RFI), puis un film diffusé sur TV5 Monde en 2018. Une deuxième édition de son livre, enrichie de plusieurs témoignages, est parue en 2018*.

Comment est né votre projet avec des tirailleurs sénégalais ?

Je souhaitais embarquer les élèves d’un collège dans une enquête historique qui pourrait leur permettre de s’interroger sur « l’identité nationale », un thème qui faisait alors débat. Les tirailleurs sénégalais me sont apparus comme un sujet permettant de parler du passé commun entre différents peuples, mais aussi d’aborder l’histoire de l’esclavage, de la colonisation.

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La sécurité dans les stations-services

— Communiqué de la CGTM —

Une fois de plus, et même si le drame a été évité de peu, en moins de deux ans, la station Vito Aéroport a été la scène d’une violence routière extrême, mettant en jeu la vie des salariés.
C’est pourquoi, la CGTM PP dénonce cette situation, qui n’est ni le fait du hasard, ni non plus celui d’un mauvais coup du sort, mais bien le résultat de la négligence des Gérants de stations-services, quant à leurs obligations touchant à la sécurité des salariés à leurs postes de travail.
La CGTM PP constate que malgré ses mises en garde, malgré l’opération Molokoï conduite par les salariés le jeudi 14 juillet 2017 au Lamentin, rien n’a été fait concernant leurs mises en sécurité. Pour les Gérants, seul compte la sécurité de leurs profits, c’est la raison pour laquelle une multitude de caméras, non réglementaires, foisonnent dans les stations-services, sans pour autant que la sécurité des salariés ni non plus des clients ne soit assurée.
La CGTM PP rappelle les faits suivants :
-VITO AEROPORT : Le samedi 22 juillet 2017 un jeune pompiste a été percuté et décédé suite à ses blessures dans l’exercice de ses fonctions.

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Violences conjugales: entre garde alternée et coups reçus, la place de l’enfant en question

Paris – Alors qu’il est de plus en plus admis que les enfants sont victimes des violences conjugales dont ils sont témoins, leur place entre les deux parents lorsque ceux-ci se séparent est pointée du doigt par les professionnels de la lutte contre ces violences.

« Quand j’ai quitté mon compagnon, j’avais très peur de priver ma fille d’un père« : Raphaëlle, mère de deux enfants dont une fille avec un père qui s’est révélé violent, a d’abord voulu, pour elle, rester près de celui qui l’avait maltraitée. 

« Je vivais dans la peur, mais je ne voulais pas briser le lien père-fille« , regrette aujourd’hui Raphaëlle. « Je pensais que c’était important pour une fille de voir son papa« . 

« Je sais très bien que, si je coupe les liens, ça va se retourner contre moi« , estime pour sa part Valérie, mère de deux enfants dont elle partage l’autorité parentale avec son ex-mari violent. « On me dit souvent +De toute façon, ça reste leur père+« .

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Taiwan : la terre tremble et les chats de même!

Une femme a péri jeudi dans un séisme de magnitude 5,9 à Taïwan, qui a aussi privé 10.000 foyers d’électricité, selon les autorités.

Le tremblement de terre s’est produit à 5h28 (23h28 en France mercredi) à une profondeur de 10 kilomètres dans le comté de Yilan, dans le nord-est du pays. Sa magnitude a été mesurée à 5,9 par l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS). Selon les autorités, le séisme a été ressenti dans toute l’île. Les gratte-ciels de Taipei ont oscillé, tirant les habitants de leur sommeil, et le transport ferroviaire a été en partie suspendu dans le comté de Yilan.

Une femme de 60 ans a péri près de la capitale en raison de la chute d’une armoire, on annoncé les pompiers. Plus de 10.000 foyers de Taipei, de ses environs et de la province de Yilan ont été privés d’électricité. L’île était déjà en état d’alerte en raison du typhon Lekima qui devrait frapper Taïwan vendredi.

«Nous continuerons de surveiller la situation pour voir s’il y a un risque d’effets combinés entre des répliques du séisme et le typhon qui est en approche», a déclaré aux journalistes la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen.

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États-Unis : les Noirs sont les plus susceptibles d’être tués par la police, selon une étude

Les Noirs ont 2,5 fois plus de risque d’être tués par la policeque les Blancs aux États-Unis, selon une nouvelle étude publiée lundi alors que la lutte contre les violences policières et les discriminations raciales est l’un des sujets de société les plus brûlants du pays. Les morts de plusieurs personnes noires (Michael Brown, Charleena Lyles, Tamir Rice, Stephon Clark…) aux mains de la police ont été très médiatisées ces dernières années, donnant notamment naissance au mouvement «Black Lives Matter» («La vie des Noirs compte»).

Mais à cause d’un manque de statistiques officielles, il n’était pas possible d’établir des données suffisantes pour étudier la question. Cette nouvelle étude se base sur les chiffres compilés par Fatal Encounters, un consortium de journalistes, et ceux du National Vital Statistics System, qui collecte annuellement toutes les données sur la mortalité aux Etats-Unis.

Les hommes noirs constituent la population la plus à risque, les chercheurs estimant que 1 sur 1.000 d’entre eux mourra à cause de violences policières. «Ces chiffres sont élevés. Vous avez plus de chance d’être tué par la police que de gagner de l’argent avec des jeux à gratter», explique à l’AFP Frank Edwards, de l’université Rutgers, principal auteur de cette étude publiée dans les Compte-rendus de l’Académie nationale des sciences américaine (PNAS).

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Restitution d’objets d’art au Bénin: Paris veut un retour «rapide», Cotonou temporise

— Par Pierre Morel avec AFP —
Alors qu’Emmanuel Macron souhaite restituer au plus vite les œuvres pillées en 1892, le pays d’Afrique de l’Ouest traîne les pieds. Les autorités béninoises veulent avoir le temps de construire un musée pour y exposer les objets d’art.

Deux ans. C’est le délai demandé par la République du Bénin pour pouvoir accueillir les vingt-six œuvres d’art volées par le général français Alfred Dodds en 1892. Le pays africain, surpris par cette annonce soudaine d’une restitution par la France, ne s’estime pas prêt à conserver ces œuvres issues du palais des rois du Dahomey, à Abomey, dans de bonnes conditions.

» Lire aussi Faut-il rendre les œuvres d’art à nos anciennes colonies?

Le 4 juillet, le ministre de la Culture Franck Riester avait annoncé le retour «rapide» de ces objets, sans même attendre l’inscription de cette restitution dans la loi. «Ils doivent pouvoir être vus, admirés et étudiés au Bénin», avait déclaré le ministre, évoquant la possibilité d’une «exposition dédiée à la diversité, la complexité et la richesse esthétique de ces œuvres».

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Polyphonie transatlantique

— par Kora Véron Leblé —

Deux ouvrages complémentaires reviennent sur l’exil américain de milliers d’Européens fuyant la Seconde Guerre mondiale, en particulier sur l’une des traversées du Capitaine-Paul-Lemerle, bateau célèbre pour avoir réuni à son bord des personnalités aussi différentes que Claude Lévi-Strauss, Victor Serge, André Breton, Anna Seghers ou Wifredo Lam. Eric T. Jennings étudie minutieusement l’organisation du départ de Marseille à Fort-de-France et les conditions duséjour à la Martinique, à travers archives administratives et témoignages d’exilés. Un voyage. Marseille-Rio 1941 donne à lire et à voir l’expérience de deux passagers : la photographe Germaine Krull et le cinéaste Jacques Rémy.

Eric T. Jennings, Escape from Vichy : The Refugee Exodus to the French Caribbean. Harvard University Press, 320 p., 31,50 €

Un voyage. Marseille-Rio 1941. Textes et photographies de Germaine Krull et de Jacques Rémy. Édition présentée par Olivier Assayas et Adrien Bosc. Stock, 300 p., 24,50 €

Les circonstances générales sont connues depuis longtemps [1]. Elle ont été précisées l’année dernière par Eric T.

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Avec quoi écrire l’histoire de l’Afrique ?

— Par Vincent Hiribarren —

S’il est bien une chose qu’on entend sur l’Histoire de l’Afrique, c’est qu’il n’y a pas ou peu de documents disponibles pour l’étudier. Face aux montagnes de documents disponibles pour la Chine, l’Inde, le monde arabe ou l’Europe, il est souvent difficile de rivaliser. En ressort souvent une conclusion qui fait de l’Afrique subsaharienne et de certaines parties de l’Amérique précolombienne les parents pauvres de l’Histoire. Selon cette vision du monde, la vraie histoire commence avec les documents papier de la période coloniale européenne.

L’Histoire et le papier font tellement bon ménage que l’absence de papier voudrait automatiquement dire qu’il n’y a pas d’Histoire. Evidemment, ce constat est faux mais il en devient extrêmement difficile de croire qu’il soit possible d’écrire l’Histoire avec des sources orales, linguistiques ou archéologiques… Pourtant, cela fait plus d’un demi-siècle que la discipline de l’Histoire de l’Afrique s’est professionnalisée et que toutes ces sources sont mobilisées pour écrire l’Histoire de tout un continent.

Pourtant des sources écrites existent sur le continent africain.

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