Politiques

Des descendants d’esclaves définitivement déboutés de leur demande de réparation

Des descendants d’esclaves ont été définitivement déboutés de leur demande d’action en réparation en France, après le rejet de leur pourvoi mercredi par la Cour de cassation, qui a jugé cette action prescrite.

En 2005, des descendants d’esclaves avaient assigné l’État français devant le tribunal de grande instance de Fort-de-France (capitale de l’île française de la Martinique) afin d’obtenir une expertise pour évaluer le préjudice subi par le peuple martiniquais et une provision destinée à une future fondation. Après avoir été déboutés, ils avaient fait appel. Mais en décembre 2017, la cour d’appel a refusé de reconnaître l’existence d’un préjudice direct et personnel subi par les demandeurs, «près de deux siècles après l’abolition définitive de l’esclavage» par la France en 1848. Elle a déclaré irrecevable car prescrite l’action en réparation qu’ils avaient formée.

L’association Mouvement international pour les réparations (MIR) a attaqué l’arrêt devant la Cour de cassation. Mais pour la plus haute juridiction française, la décision de la cour d’appel retient que les articles du code pénal réprimant les crimes contre l’humanité «sont entrés en vigueur le 1er mars 1994 et ne peuvent s’appliquer aux faits antérieurs à cette date».

Lire Plus =>

Bonne nouvelle pour Munia?

Larry Krasner, Procureur de Philadelphie, renonce à contester la décision du juge Leon Tucker ouvrant le droit à Mumia Abu-Jamal de faire appel de sa condamnation. Outre la reconnaissance de la partialité judiciaire dont Mumia a été victime depuis 37 ans, le retrait du recours du Procureur signifie que sa défense peut désormais saisir la justice de Pennsylvanie en révision pour défendre son innocence, ce qui lui a toujours été refusé. Nul doute que ce retournement de situation est le résultat des initiatives multiples de mobilisation des soutiens à Mumia aux Etats-Unis durant la dernière période, à l’exemple du grand meeting qui s’est tenu en Californie avec la participation notamment d’Angela Davis et de Judith Ritter, l’avocate principale de Mumia. Tout comme la préparation de la marche qui aura lieu le 27 avril à Philadelphie. Nous reviendrons plus en détail sur cette formidable nouvelle dans les prochains jours.

(L’information nous vient du Comité France Mumia Abu Jamal dont Jacky Hortaut est l’animateur principal)

Lire Plus =>

 « Le quinquennat à quitte ou double »

— Collectif —

« Nous n’avons plus le temps d’attendre. Pour démultiplier nos efforts pour le climat et la biodiversité. Pour donner des perspectives aux plus fragiles et isolés d’entre nous. Pour remettre les salariés de ce pays au cœur de la vie économique. Nous n’avons vraiment plus de temps à perdre, alors, comme beaucoup de Français, nous appelons à un profond sursaut politique pour que ce quinquennat ne soit pas un quinquennat perdu pour la transition écologique et la justice sociale.

Mais force est de constater que les dernières semaines ont fait place à un concert de voix politiques en faveur d’une interprétation très réductrice de l’expression des Français. L’urgence de la baisse des dépenses publiques et des impôts serait la principale leçon à tirer de cinq mois d’occupation des ronds-points, de marches pour le climat sans précédents et de quatre mois de grand débat auquel plus d’un million de citoyens et la société civile se sont prêtés.

Là où certains veulent voir un ras-le-bol fiscal, nous voyons un ras-le-bol de l’injustice fiscale.

Lire Plus =>

Les premiers états généraux des femmes journalistes

— Par Stéphanie Trouillard —

À l’initiative de l’association Prenons la une, plus de 350 femmes journalistes se réunissent samedi à Paris pour les premiers états généraux des femmes journalistes. La journée d’échanges doit permettre de « changer les rédactions ».

Pour la première fois, plus de 350 femmes journalistes sont réunies samedi 13 avril à Paris pour des états généraux. Pendant une journée, à l’initiative de l’association Prenons la une, elles vont échanger pour lutter contre toutes les discriminations à l’encontre des femmes au sein des rédactions.

« Prenons la une est une association pour une juste représentation des femmes dans les médias et pour l’égalité dans les rédactions », a expliqué Léa Lejeune, la présidente du collectif, lors du discours d’ouverture. « Si les femmes sont stéréotypées et sous-représentées dans les médias, cela peut être lié au fait qu’il y ait assez peu de femmes dans les postes de direction. » Même si la profession se féminise, il n’y a en effet que 19 % de femmes directrices de rédaction et seulement 34 % de femmes rédactrices en chef.

Lire Plus =>

51 associations demandent l’abrogation de la loi anticasseurs

Estimant la loi anticasseurs «non nécessaire et même dangereuse», un collectif de 51 associations dénonce une atteinte à la liberté de manifester. Lors d’une conférence de presse commune ce 11 avril, il a appelé à la faire abroger.

Un collectif de 51 associations, dont la Ligue des droits de l’homme (LDH) et Amnesty international, ont demandé l’abrogation de la loi anticasseurs instaurant notamment un délit de dissimulation du visage dans les manifestations et entrée en vigueur le 11 avril après avoir été partiellement censurée.

Liberté de manifester : abrogation de la loi

Communiqué de presse
Si la loi est votée par le Parlement au nom du peuple français, elle ne peut et elle ne doit pas porter atteinte à la libre expression du peuple. La loi adoptée par l’Assemblée nationale qui prétend encadrer le droit de manifester reste, malgré la censure partielle du Conseil constitutionnel, une atteinte grave aux libertés publiques et à l’équilibre des pouvoirs.

Les violences contre les personnes, les biens, les institutions qui ont eu lieu ne peuvent justifier qu’un exécutif s’arroge des pouvoirs exorbitants.

Lire Plus =>

A propos de la future École Martiniquaise des Enseignements Artistiques (EMEA)

—Communiqué de Daniel Marie-Sainte, conseiller exécutif & porte-parole de la CTM —

L’EMEA est l’École Martiniquaise des Enseignements Artistiques (Musique-Danse- Théâtre).
Ce projet figure en toutes lettres dans le programme du Gran Sanblé pour faire réussir la Martinique publié lors de la campagne électorale de 2015.

Une fois élu, le Président Alfred MARIE-JEANNE a confié à deux élues (Marie-Hélène LEOTIN, conseillère Exécutive chargée de la culture et Christiane EMMANUEL, Président de la commission culture) la mission de réaliser cet engagement électoral.

Au terme de nombreuses concertations avec les milieux concernés, un projet a été retenu. Il se fonde sur des structures existantes et ne nécessite pas, dans l’immédiat, la construction de nouveaux bâtiments.
Ce projet a été validé par le Conseil Exécutif de la CTM, le 19 juillet 2018 et approuvé par un vote unanime des élus de l’Assemblée de Martinique, en SEANCE PLENIERE PUBLIQUE, le 30 octobre 2018 !!!

Cette école est un enjeu fort de la mandature et se veut un outil de développement au service du public. L’objectif visé est de favoriser l’accès des jeunes à la culture à travers les enseignements et les pratiques artistiques ainsi que de les former avec une exigence de qualité dans l’éventail des expressions : Dance, Musique, Théâtre!

Lire Plus =>

L’ Action cœur des villes : une fausse bonne idée ?

— Par Claude Gelbras —
Votée en octobre 2018, mise en œuvre par le ministère de la Cohésion et des Relations avec les collectivités des territoires pour faciliter la revitalisation des centres-villes, la loi crée un nouveau contrat intégrateur unique, l’opération de revitalisation de territoire (ORT). Portée par la commune centre, l’intercommunalité dont elle est membre et éventuellement d’autres communes de l’EPCI, l’ORT repose sur un projet global, qui permet d’intervenir de manière concertée et transversale sur l’habitat, l’urbanisme, le commerce, l’économie, les politiques sociales, etc. L’ORT s’accompagne de mesures favorisant la rénovation de l’habitat, l’instauration d’un droit de préemption urbain renforcé, ainsi que des dispositions favorisant l’implantation de grandes surfaces commerciales en centre-ville et la suspension des autorisations d’implantation en périphérie.
Il faut se rendre à l’évidence, le volontarisme est nécessaire, mais ne suffira pas : on voit même, en cette période délicate, des appels à l’État de la part d’élus à la recherche de budgets bien sûr, mais également d’arbitrages locaux. Jean-Pierre Maurice
Habitat, commerce, création d’emplois, transports et mobilité, offre éducative, culturelle et sportive, gestion du patrimoine, développement des outils numériques… : le plan Action coeur de ville vise à redonner de l’attractivité et du dynamisme aux centres des villes moyennes.

Lire Plus =>

Appel des peuples indigènes : « Depuis l’élection de Jair Bolsonaro, nous vivons les prémices d’une apocalypse »

— Tribune —

Dans une tribune au « Monde », quatorze représentants de peuples indigènes de différents continents, dont ceux de l’Amazonie brésilienne, lancent un appel à protéger le caractère « sacré » de la nature et à s’opposer aux projets du président du Brésil.

Tribune. Nous, gardiens et enfants de la Terre Mère, peuples indigènes et alliés, nos prophéties, notre sagesse et nos savoirs nous ont permis de constater que la vie sur la Terre Mère est en danger et que l’heure d’une grande transformation est arrivée.

Les peuples indigènes ont toujours pris soin de la Terre Mère et de l’humanité. Nous représentons 370 millions de personnes dans le monde, répartis sur 22 % de la planète et couvrant 80 % de la biodiversité mondiale.

Nous appelons l’humanité à prendre des mesures pour protéger le caractère sacré de l’eau, de l’air, de la terre, du feu, du cycle de la vie et de tous les êtres humains, végétaux et animaliers. Il est vital de transformer notre approche de la nature en l’envisageant non comme une propriété, mais un sujet de droit, garante de la vie.

Lire Plus =>

Pétition contre une fresque célébrant l’abolition de l’esclavage à l’Assemblée nationale

— Par Thomas Hermans —
Mame-Fatou Niang et Julien Suaudeau estiment que l’œuvre très pop d’Hervé di Rosa, commandée en 1991, reprend des codes racistes et colonialistes. Ils demandent le décrochage de la toile. L’artiste dénonce une opération de censure.

Deux têtes. Elles sont noires avec de grands yeux bleus, une large rangée de dents encadrées par d’énormes lèvres rouges. Elles regardent en souriant une chaîne qui, l’instant d’avant, les contraignaient, et qui explose sous un choc violent. Cette libération, c’est l’abolition de l’esclavage, décidée par l’Assemblée nationale en 1794, en pleine période révolutionnaire. Cette fresque sur toile a été réalisée par Hervé di Rosa en 1991. Commandée par la RATP, elle trouve sa place dans un couloir du Palais bourbon, qui abrite l’Assemblée nationale. À travers douze représentations, les œuvres illustrent les dates marquantes de l’histoire législative française.

28 ans après son installation, la toile fait à nouveau parler d’elle. Une pétition demandant son retrait, lancée par Mame-Fatou Niang, professeur d’université, et Julien Suaudeau, écrivain, a déjà recueilli plus de 1400 signatures.

Lire Plus =>

Pour un service de transport de passagers public et gratuit

— Par Max Dorléans (Groupe Révolution Socialiste)

Dans une tribune datant de quelques bonnes années (Service public ou délégation de service public !), nous exprimions clairement à la fois notre opposition à la délégation de service public passée entre la Région dirigée par S. Letchimy et une société privée de transport maritime, et notre parti-pris total au service public, dans le transport comme ailleurs.

Voir  la vidéo ci-dessous : Est-ce une bonne chose de rendre les transports gratuits ?

Nous indiquions fondamentalement que la bataille pour la défense, l’amélioration et l’extension des services publics en général, avait à voir avec une certaine idée de la société martiniquaise que nous voulons construire. Une Martinique où « un certain nombre de besoins sociaux essentiels pour la population doivent être satisfaits en dehors de toute logique de profit. ».

Aujourd’hui, cette problématique non seulement garde toute son actualité, mais est de surcroit renforcée sous les coups de boutoir des années supplémentaires de politiques libérales à haute teneur, avec Sarkozy, Hollande, et Macron, ultime et grand maître en matière de libéralisme à tout crin.

Lire Plus =>

L’Europe doit mettre enfin un terme à son partenariat archaïque avec l’Afrique et les outremers.

Lettre aux candidats aux élections européennes de 2019

— Par Emmanuel Argo(*), Lucien Cidalise Montaise(**), Victor Truxillo(***) —

Attaquée de l’extérieur comme à l’intérieur de son propre espace, l’Union Européenne s’affaiblira sans remise en question et adaptation aux défis actuels, d’autant que, de sa vocation fédératrice initiale, elle est devenue, pour beaucoup, à la fois une banque sélective, un arbitre, un censeur, un bouc émissaire voire une chimère.

Accusée de gestion opaque, de complicité avec les lobbies, imposant des règles de concurrence qui affaiblissent ses membres, se mêlant de tout, s’immisçant partout, il semble que le projet d’unir des nations autrefois ennemies ait laissé place à un système déconnecté des peuples, une machine qui divise face aux enjeux : climatiques, économiques, technologiques, sociaux, culturels et politiques annoncés. Parions à regret que, lors des élections prochaines, l’absentéisme l’emportera et les ententes politiques de circonstance n’y changeront rien.

Dans ses velléités de diriger l’Europe, Emmanuel Macron, qui sent le vent venir, anticipe le sujet pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être.

Lire Plus =>

Mais qui veut éteindre les Lumières ?

— Par Ariane Chemin et Vincent Martigny —

Les idéaux de progrès, de raison et d’universel sont-ils devenus obsolètes ? La philosophie du XVIIIe siècle, ennemie de toujours des intégristes religieux et de l’extrême droite, est aussi mise en cause par certains groupes militants à gauche.

C’est une petite musique qui enfle. Un refrain fredonné sans tabou, de plus en plus haut, de plus en plus fort, et de toutes parts. Et si les Lumières étaient has been ? Si les idéaux de progrès, de raison et d’universel, qui élèvent la connaissance et le savoir au-delà des croyances, étaient passés de mode, périmés, voire néfastes ?

Livres, discours, manifestes, la remise en cause de cet esprit qui a irrigué le XVIIIe siècle autour des figures totémiques de Voltaire, de Rousseau, de Kant et de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, ce mouvement fondateur de la modernité politique européenne et matrice intellectuelle de la Révolution française, s’affiche aujourd’hui sans fard.

En juin, Marion Maréchal a inauguré l’Issep, sa nouvelle école de formation, à Lyon.

Lire Plus =>

Chicago a élu une maire noire et homosexuelle, une première pour la ville

Lori Lightfoot est une ancienne procureure fédérale qui a notamment dirigé une commission de surveillance des activités de la police.

Les habitants de Chicago ont élu mardi une femme noire et ouvertement homosexuelle à la tête de leur ville, une première historique dans cette cité marquée par les inégalités sociales et la violence due aux armes à feu.

Lori Lightfoot, 56 ans, une ancienne procureure fédérale qui a notamment dirigé une commission de surveillance des activités de la police, l’a largement emporté face à Toni Preckwinkle, démocrate et Afro-Américaine comme elle. Elle a obtenu 74% des voix selon les premières estimations, après que la majorité des bulletins ont été dépouillés.

Le « changement »
Elle a fait campagne avec un programme progressiste, promettant notamment de réduire les inégalités sociales et raciales. Les quartiers sud et ouest de la ville, les plus pauvres et habités majoritairement par une population noire, restent à la traîne du centre financier et du nord de la ville, qui ont bénéficié des programmes de développement économique.

« C’est le changement contre le statu quo », a récemment affirmé Lori Lightfoot, faisant une comparaison avec Toni Preckwinkle, 72 ans, élue locale depuis plusieurs décennies et actuelle dirigeante du comté de Cook dans lequel se situe Chicago.

Lire Plus =>

Groupe de Réflexion Patriotes IEMO : 2 communiqués

Cela a assez duré

Depuis plus de quatre mois, un conflit entre une société de transport (la Sotravom) et ses salariés affiliés au syndicat CSTM, pénalise et fait souffrir des usagers Martiniquais qui ne peuvent plus utiliser leur moyen de transport habituel pour se déplacer et vaquer à leur besoin de la vie quotidienne.
Ainsi le groupe de réflexion Patriotes IEMO lance un appel à tous : Élus, Responsables du transport, Représentants de l’Etat en Martinique, à œuvrer pour que la direction de la Sotravom revienne à la table de négociation avec ses salariés et leurs représentants syndicaux. C’est seulement par la négociation que l’on pourra envisager une issue à cette souffrance qui n’a que trop durée.

Le 02 avril 2019
Pour le Groupe de Réflexion Patriotes IEMO

Que cesse cette justice à deux vitesses en Martinique

Le groupe de réflexion Patriotes IEMO dénonce le comportement des représentants de l’état ainsi que les élus complices qui au lieu de tout faire pour que les citoyens puissent avoir les services auxquels ils ont droit, préfèrent se taire et permettre à ladite « justice » de détruire la maison d’un Martiniquais qui se jouxtait une villa de riches occupants, pour des motifs fallacieux.

Lire Plus =>

Le « décolonialisme », une stratégie hégémonique : l’appel de 80 intellectuels… et sa critique

— Collectif —
Ils sont philosophes, historiens, professeurs… Ils dénoncent des mouvances qui, sous couvert de lutte pour l’émancipation, réactivent l’idée de « race ».

C’est au rythme de plusieurs événements universitaires et culturels par mois que se multiplient les initiatives militantes portées par le mouvement « décolonial » et ses relais associatifs (1). Ces différents groupes sont accueillis dans les plus prestigieux établissements universitaires (2), salles de spectacle et musées (3). Ainsi en est-il, par exemple, du séminaire « Genre, nation et laïcité » accueilli par la Maison des sciences de l’homme début octobre, dont la présentation regorge de références racialistes : « colonialité du genre », « féminisme blanc », « racisation », « pouvoir racial genré » (comprendre : le pouvoir exercé par les « Blancs », de manière systématiquement et volontairement préjudiciable aux individus qu’ils appellent « racisés »).

Or, tout en se présentant comme progressistes (antiracistes, décolonisateurs, féministes…), ces mouvances se livrent depuis plusieurs années à un détournement des combats pour l’émancipation individuelle et la liberté, au profit d’objectifs qui leur sont opposés et qui attaquent frontalement l’universalisme républicain : racialisme, différentialisme, ségrégationnisme (selon la couleur de la peau, le sexe, la pratique religieuse).

Lire Plus =>

Quelle pertinence accorder au langage artistique quand triomphe le politiquement correct ?

“Nous sommes face à une ubérisation de l’art”

— Propos d’Isabelle Barbéris : recueillis par Lucas Bretonnier —

Dans l’Art du politiquement correct (PUF), Isabelle Barbéris analyse les dérives communautaires, différentialistes et démagogiques de certains metteurs en scène et artistes dans le théâtre public ou l’art contemporain. Mais sa réflexion, précise, subtile et érudite, ne s’arrête pas aux portes de la création artistique. En convoquant Jean Baudrillard, Guy Debord ou Milan Kundera et des philosophes contemporains comme Myriam Revault d’Allonnes, elle met au jour les mécanismes intellectuels qui compromettent le débat.

Marianne : Vous décryptez le règne du « politiquement correct » dans l’art mais votre analyse s’applique à d’autres domaines. L’art serait-il devenu un baromètre de la société ?

Isabelle Barbéris : Jusqu’ici, l’art était dans une espèce d’extraterritorialité par rapport à la cité. Aujourd’hui, nous sommes dans un capitalisme de la connaissance et des savoirs, et l’art est passé de son statut d’exception à celui de modèle. Il a parfaitement intégré la cité et l’économie – ce qui n’empêche pas, au contraire, sa paupérisation.

Lire Plus =>

«Il y avait le politiquement correct, il y a désormais l’artistiquement correct»

— Entretien avec Isabelle Barbéris par Alexandre Devecchio  —

Isabelle Barbéris vient de publier L’art du politiquement correct (PUF, 2019). Elle décrit la montée en puissance de l’idéologie décoloniale dans l’art et dénonce la destruction des imaginaires par le gauchisme culturel.

Illustration ci-contre : Acteurs grecs tenant des masques, fragment d’une peinture par un peintre de Pronomos, vers 410 av. J-C. Granger NYC/© Granger NYC/Rue des Archives

Agrégée de Lettres modernes, ancienne élève de l’École normale supérieure de Fontenay Saint-Cloud, Isabelle Barbéris est Maître de conférences en arts du spectacle à l’université Paris Diderot et chercheuse associée au CNRS. Elle publie cette semaine L’art du politiquement correct (PUF, 2019).

– Nous connaissions le politiquement correct. Votre livre met en lumière l’artistiquement correct ; De quoi s’agit-il exactement? Comment le politiquement correct s’est-il étendu à l’art?

Isabelle BARBERIS.- La question du conformisme n’est pas nouvelle en art. Sans parler des siècles d’hégémonie de l’Académie dans le système des Beaux-Arts, on peut de manière plus subtile songer au «cas Mozart» tel que le décrit le sociologue Norbert Elias: la double vie de l’artiste entre système normatif et quête d’autonomie est constitutive de l’art.

Lire Plus =>

Comportement Syndical ou Mafieux ?

— Par Pierre Alex Marie-Anne —
C’est la question qu’on peut légitimement se poser à voir l’évolution du conflit à la société de transport SOTRAVOM.
La menace d’une gréve générale est actuellement agitée dont on a le plus grand mal à comprendre la justification.
Son promoteur, chez qui cela devient une véritable marotte,tente d’expliquer qu’il s’agit de protester contre le comportement du Directeur de cette entreprise à qui il est reproché de faire rouler des véhicules en mauvais état,voire dangereux,et qui refuse , paraît-il ,toute discussion mais annonce néanmoins son intention de licencier huit salariés ,en « droit de retrait » depuis quatre mois.
Comme de juste, on entend déjà “le chœur des pleureuses  » apitoyant sur le sort de ces malheureux pères de familles chargés de nombreux enfants à qui ils ne peuvent même pas assurer le pain quotidien.
L’ennui est que toute cette mise en scène théâtrale ne vise qu’à cacher la réalité : Droit de retrait ? décidé unilatéralement par les salariés et non reconnu par la Direction du Travail, seule compétente en la matière avant l’intervention du juge ; comment dans ces conditions se plaindre du non-paiement des salaires alors que la décision de ne pas travailler incombe aux seuls intéressés qui semblent préférer s’adonner aux dominos et aux cartes devant le siège de l’entreprise ;Il sagit en réalité d’une gréve déguisée ,qui n’ose pas dire son nom, et dont les intéressés doivent assumer pleinement et dignement les conséquences.

Lire Plus =>

Christophe Pomez, directeur des affaires culturelles de la Martinique

Par arrêté du Premier ministre, du ministre de la culture et de la ministre des outre-mer en date du 28 février 2019, M. Christophe POMEZ, inspecteur et conseiller de la création, des enseignements artistiques et de l’action culturelle, est nommé directeur des affaires culturelles de la Martinique à compter du 1er mars 2019 (JO du 1er mars 2019). Il succède à Monsieur Fabrice MORIO qui a pris les fonctions de directeur régional des affaires culturelles de la région Centre-Val de Loire au 1er septembre 2018.

Christophe POMEZ était directeur délégué de l’Institut français de Marrakech depuis septembre 2016, fonction qu’il a également occupé à l’Institut français de Roumanie à Bucarest entre 2013 et 2016. Auparavant, il a été directeur de l’antenne Cluj-Napoca de l’Institut français de Roumanie (2011-2013) et inspecteur et conseiller de la création, des enseignements artistiques et de l’action culturelle à la direction régionale des affaires culturelles d’Auvergne puis à la direction des affaires culturelles-Océan Indien (2005-2011).

► www.culturecommunication.gouv.fr/Regions/Dac-Martinique

Lire Plus =>

La domesticité à l’épreuve de nous-mêmes

— Par Yves-Léopold Monthieux —

Les rapports sociaux développés dans les anciennes colonies françaises ont du mal à s’extirper de pratiques empruntées à une autre époque, entre maîtres et esclaves.
En 2000, Jean-Robert Cadet publiait un ouvrage autobiographique Restavec. Enfant esclave en Haïti. Ce professeur américain d’origine haïtienne révélait l’existence des enfants domestiques « placés » dans des familles bourgeoises d’Haïti. Peu après la parution de ce livre, André Schwartz-Bart me disait sa stupéfaction de n’avoir jamais entendu parler de cette affaire par ses amis écrivains haïtiens. Ce phénomène ne figure ni dans l’abondante littérature d’Haïti ni dans la musique ni dans la riche peinture de cette ancienne colonie française. Dès lors, il est difficile de ne pas conclure à la complicité, voire la participation de l’élite à ce travers sociétal. D’ailleurs, les révélations de Jean-Robert Cadet n’ont pas fait bondir les intellectuels haïtiens.

Photo : Les enfants de la Creuse
Originaire de La Réunion, Jacques Martial a publié lui aussi un ouvrage autobiographique. Il était l’un de ces enfants du département de l’Océan indien qui avaient été placés dans des familles d’accueil de la France hexagonale.

Lire Plus =>

Le blablabla macronien n’apporte aucune réponse !

— Par Max Dorléans (GRS) —

Présenté comme une réponse aux exigences et revendications du mouvement de colère des Gilets jaunes, le « Grand débat » organisé par la Macronie montre en réalité ce qu’il est : une opération en trompe-l’œil, de diversion et de communication, où Macron se met en scène en ignorant les vraies questions posées, pour n’aborder et répondre qu’aux sujets qu’il entend faire valoir.

Il en va ainsi de son esquive relative aux questions concernant l’ISF (impôt sur la fortune), la fermeture des services publics (poste, disparition des hôpitaux de proximité, fermeture de maternités…), les petites retraites, les transports publics, les violences policières, etc., et sa focalisation sur les violences des gilets jaunes (et non d’une minorité de casseurs), sur la taxe carbone réintroduite dans le débat, sur les questions institutionnelles formulées à sa sauce, sur « l‘attribution des 10 milliards »,etc…

Néanmoins, à regarder de plus près, malgré le coup de main extraordinaire que lui donnent tous les medias et leurs invités sur les plateaux télé, Macron n’est pas au bout de sa peine.

Lire Plus =>

« Savoir Pour Agir », deuxième séminaire

le Samedi 16 Mars à Rivière Salée.

« Lutter pour qui ? Lutter pour quoi ? Lutter comment ? » : C’est le thème proposé par « Jik An Bout » pour la tenue du IIème séminaire « Savoir Pour AGIR ». Comme pour la première édition, qui s’est tenue les 24 et 25 août 2018 dans la commune des Trois-îlets*, l’objectif de ces rencontres est de permettre un débat libre et réellement participatif, autour de problématiques dont la compréhension est déterminante pour notre action dans la vie personnelle et collective.

Les travaux se dérouleront le Samedi 16 Mars à Rivière Salée.
Lotissement La Haut, Chez M. José MUCRET
Les objectifs visés sont de dégager une vision correspondant aux intérêts collectifs, de favoriser la synergie des luttes populaires et de conforter la construction de contre-pouvoirs dans les domaines politiques, économiques, éducatifs et culturels

Programme

Lire Plus =>

Laboratoire Départemental d’Analyses, symbole de l’incapacité de concevoir et d’agir de nos dirigeants.

— Par Pierre-Alex Marie-Anne —

Pendant que les responsables politiques amusent la galerie avec des histoires d’hymne et de drapeau, les travaux du nouveau laboratoire d’analyses ,outil majeur de la santé publique à la Martinique et seul laboratoire agréé par les ministères concernés pour les analyses d’eaux et d’environnement ,piétinent et s’éternisent.

Initié par l’ex Conseil Général ,dès avant 2010 ,cet outil incomparable à vocation à devenir – tout au moins si nous avions des élus à la hauteur des aspirations de notre petit pays – le fer de lance de toute les recherches nécessaires pour imaginer sur place , en partenariat avec l’Université des Antilles ,des solutions à la véritable catastrophe environnementale, sanitaire et économique que connait notre territoire du fait de la Chloredécone et des Sargasses.

C’est dans de tels champs, de portée internationale, que devraient s’investir prioritairement et démontrer leurs capacités, « les meilleurs spécialistes des affaires martiniquaises  » (sic) ; les Fonds Européens ne demandent en effet qu’à être mis au service de projets ambitieux ,utiles et réalistes, encore faut-il en avoir la ferme volonté .

Lire Plus =>

Qu’est-ce qu’un drapeau nationaliste ?

— Par Yves-Léopold Monthieux —

Ainsi donc, après la simagrée institutionnelle, voilà donc venue l’heure du drapeau. Un drapeau national, en attendant la nation. Un drapeau national et l’idéologie dont il est le porteur. Pourtant, le temps n’est plus où une idée minoritaire pouvait s’imposer, même si une pratique appliquée pendant un certain temps peut finir nolens volens par se faire adopter.

On a beau couper les cheveux en quatre, si le drapeau Rouge-Vert-Noir a peut-être vocation à devenir un jour drapeau national, il n’est autre pour l’instant que le blason d’un nationalisme décadent où l’un des représentants, non des moindres, peut déclarer tout de go : « je fus indépendantiste », ce qui voudrait dire en toute logique qu’il ne l’est plus.

Aussi, le drapeau paraît venir au secours du mouvement indépendantiste qui paraît avoir épuisé ses charmes. Après la démonstration de l’inanité idéologique de ceux qui le portent, le drapeau nationaliste est donc ce qui reste du nationalisme martiniquais. En termes de « confusionnisme », ces derniers sont les acteurs empressés de l’assimilation.

Lire Plus =>

Inscriptions sur les listes électorales : dernier délai le 31 mars 2019

Pour pouvoir voter aux élections européennes du dimanche 26 mai 2019, il faut être inscrit sur les listes électorales. Si ce n’est pas le cas, n’oubliez pas d’effectuer votre inscription.

Cette démarche est désormais possible jusqu’au 31 mars 2019 (et non plus jusqu’au 31 décembre de l’année précédant le scrutin comme cela était le cas auparavant). La suppression de la date limite du 31 décembre fait suite à la loi n° 2016-1048.

Pour vous inscrire, trois solutions :

  À savoir :

Les citoyens de l’Union européenne qui résident en France ont également le droit de participer à ces élections dès lors qu’ils sont inscrits sur les listes électorales complémentaires .

Textes de référence

<p « = » »> Loi n° 2016-1048 du 1er août 2016 rénovant les modalités d’inscription sur les listes électorales

 

Lire Plus =>