Thélyson Orélien

— Par Gary Klang —
Je connais Thélyson Orélien depuis son exil d’Haïti et son arrivée à Montréal. Il était venu à la maison, accompagné d’un ami écrivain et éditeur afin de discuter d’un manuscrit qu’il nous avait soumis.
Je comprends ce qu’il a pu ressentir en quittant la mère patrie à cause du séisme de 2010. Mon séisme à moi était d’une autre nature et avait pour nom Duvalier. Je sais donc, tout comme lui, ce qu’est l’exil que j’ai nommé ex-île – le titre de mon premier recueil de poèmes, paru en France.
Si j’évoque aujourd’hui Thélyson c’est que je voudrais pouvoir l’aider et que son cas m’intéresse à un double point de vue : d’une part, parce que je le connais et aussi en tant qu’auteur intéressé par tout ce qui touche à la littérature, étant moi aussi écrivain – j’ai écrit une bonne vingtaine d’ouvrages dans tous les genres et j’ai été président de la Société des Écrivains Canadiens.
Il faut aider Thélyson et ne pas tirer sur un homme qui se trouve par terre et sans défense. Comme le disait si bien Garcia Marquez : On ne doit regarder un homme de haut que pour l’aider à se relever. Il faut donc venir en aide à Thélyson, mais de la bonne manière, pas en niant l’évidence.
Comment alors sortir de ce guêpier où il s’est mis lui-même ? Si tout ce que l’on raconte est faux, qu’il continue à se battre. Si, par contre, tout ce que l’on raconte est vrai, qu’il l’admette tout simplement, avec un brin d’humour, car l’humour peut beaucoup. Il pourrait dire :  »Oui, j’ai merdé, les amis. Je ne recommencerai plus. Quelle âme est sans défaut ?  » comme disait l’autre. Tout le monde en rira et il pourra dès lors commencer une nouvelle vie d’écrivain en écrivant, par exemple, un roman intitulé Et si c’était pour vivre. Mon bon vieux Thélyson, j’ai hâte de passer à autre chose et toi aussi sans doute. Sache que ma maison à Val-David, qui n’est qu’à une heure de Montréal, t’attend à bras ouverts.
GARY KLANG