Étiquette : souveraineté économique

Afrique : De Kampala à Libreville, les institutions africaines au pied du mur

En Ouganda, le gouvernement annonce des restrictions budgétaires pour répondre aux tensions sur le shilling, tandis que la Banque centrale renforce ses dispositifs de finance climatique.

Entre l’Afrique australe et l’Afrique de l’Est, une importante acquisition bancaire illustre les possibilités d’intégration financière.

À Libreville, l’Union africaine (UA) ouvre une séquence consacrée à l’intelligence artificielle et à la souveraineté numérique. Au Zimbabwe, le débat sur les sanctions internationales rappelle les difficultés persistantes du financement du développement.

Cinq dossiers, une interrogation commune : comment transformer les ambitions africaines en capacités économiques réellement maîtrisées ?

Ouganda — Des restrictions budgétaires face aux tensions monétaires

Le gouvernement ougandais a annoncé une réduction de certaines dépenses administratives. Selon le secrétaire au Trésor, Ramathan Ggoobi, les administrations doivent notamment diminuer de moitié certains décaissements consacrés au carburant, aux déplacements et aux ateliers. Une réduction de près de 3 000 milliards de shillings ougandais (670 millions de dollars) des dépenses opérationnelles prévues pour le deuxième trimestre de l’exercice budgétaire 2026-2027 est annoncée. Cette décision intervient dans un contexte de pressions sur la monnaie nationale face au dollar et vise à accompagner le resserrement monétaire par une maîtrise accrue des dépenses publiques. 

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Afrique : Produire sa richesse, protéger ses peuples

L’Afrique aborde une semaine particulièrement révélatrice de ses ambitions et de ses contradictions.

À Kampala, en Uganda, une rencontre continentale sur le droit d’auteur entend renforcer les revenus des créateurs africains.

En Guinée, les projets de transformation minière se heurtent à une question décisive : comment industrialiser sans disposer d’une énergie suffisante et abordable ? Dans les Grands Lacs, l’épidémie d’Ebola continue de progresser, tandis que l’assassinat d’un opposant rwandais réfugié en Ouganda soulève de graves interrogations sur la protection des personnes en exil. En Afrique australe, le Mozambique et l’Afrique du Sud commémorent le quarantième anniversaire de la disparition de Samora Machel, figure majeure des luttes de libération.

Cinq développements qui interrogent la capacité du continent à construire sa souveraineté économique, sanitaire, politique et culturelle.

🇺🇬 OUGANDA — Kampala accueille une rencontre continentale pour transformer la création africaine en véritable puissance économique

Culture | Propriété intellectuelle | Économie créative | Intégration africaine

Rencontre programmée du 19 au 21 octobre 2026.

L’Ouganda accueille à partir de ce lundi un rendez-vous important pour l’avenir des industries culturelles africaines.  Lire Plus

Minerais critiques : Afrique, de la mine à l’usine

— Par Rodolf Étienne

Pendant plus d’un siècle, une grande partie de l’économie minière africaine a fonctionné selon une mécanique presque immuable.

Extraire la matière première sur le continent, l’exporter, puis laisser ailleurs l’essentiel de la transformation industrielle, de la technologie, des emplois qualifiés et de la valeur ajoutée.

Cuivre, cobalt, bauxite, lithium, graphite, manganèse, platine, terres rares : l’Afrique possède une part considérable des minerais devenus indispensables aux batteries, aux véhicules électriques, aux réseaux électriques, aux énergies renouvelables, à l’électronique et désormais aux infrastructures de l’intelligence artificielle.

Mais posséder le minerai ne signifie pas posséder la chaîne de valeur. C’est précisément ce que plusieurs États africains tentent aujourd’hui de changer. Selon une analyse publiée par Reuters le 10 septembre 2026, l’Afrique continentale détiendrait environ 30 % des réserves minérales mondiales, tout en ne captant qu’environ 10 % des revenus miniers mondiaux. Le contraste résume à lui seul la question : la richesse géologique existe, mais une part considérable de la valeur économique est créée après que la matière première a quitté le continent.

Du minerai brut au produit transformé

Le mouvement qui s’esquisse aujourd’hui est loin d’être uniforme, mais il devient continental.   Lire Plus

PETROLE – NIGERIA : L’entrée en bourse de tous les records

— Par Rodolf Étienne

Le livre d’ordres ouvre ce 14 septembre 2026. Une option de surallocation pouvant atteindre 15 % est prévue si la demande le justifie. 

Nigeria. Derrière l’opération financière historique engagée par la raffinerie Dangote se joue une question autrement plus importante. L’Afrique peut-elle transformer ses ressources, financer ses industries et devenir progressivement le propriétaire de son propre appareil productif ?

Le 4 septembre 2026, la Securities and Exchange Commission du Nigeria a approuvé l’introduction en Bourse de Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals, immense complexe industriel installé à Lekki, près de Lagos. L’opération prévoit la mise sur le marché de 4,1 milliards d’actions ordinaires au prix de 525 nairas chacune. Si l’offre est entièrement souscrite, elle permettrait de lever environ 2 150 milliards de nairas, soit quelque 1,63 milliard de dollars. Ce qui représente la plus importante vente d’actions jamais réalisée sur le continent africain.

L’Afrique s’apprête à vivre une opération boursière sans précédent !

Mais le record financier n’est probablement pas ce qui importe le plus ici. Derrière les actions, les milliards et la Bourse se trouve une question beaucoup plus fondamentales : après avoir longtemps exporté ses matières premières, l’Afrique peut-elle désormais les transformer, financer cette transformation et devenir propriétaire des entreprises qui la réalisent ?  Lire Plus