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L’été de trop : quand le silence politique nourrit le rejet de l’écologie

— Par Sabrina Solar —

L’été 2026 restera comme celui où le climat a cessé d’être une abstraction pour devenir une expérience physique, collective, douloureuse. Des milliers de décès en surnombre, des récoltes détruites, des forêts parties en fumée : les chiffres sont là, et pourtant la classe politique française semble avoir choisi l’esquive plutôt que la confrontation avec le réel. Ce silence, ou ces éléments de langage convenus, ne sont pas neutres. Ils laissent le champ libre à un récit alternatif, plus confortable, qui consiste à désigner l’écologie elle-même comme la source du problème plutôt que comme la réponse qu’on aurait dû lui apporter depuis longtemps.

Un aveu d’impuissance déguisé en prudence

Face à un été meurtrier, on aurait pu attendre des dirigeants qu’ils ouvrent un débat de fond sur les choix de société à opérer. Ce n’est pas ce qui s’est produit. Entre déclarations minimales et prises de position contradictoires au sein même des exécutifs, le sentiment qui domine est celui d’un pouvoir dépassé par les événements qu’il a pourtant vu venir. Ce vide n’est pas seulement une faute de communication : il agit comme un aveu implicite que rien de suffisant n’a été mis en œuvre, alors même que les outils existaient, qu’il s’agisse des travaux d’experts internationaux ou des propositions issues d’exercices de démocratie participative largement restés lettre morte.<p>  Lire Plus

Brume de sable : la Martinique respire sous alerte

— Par Sabrina Solar —

Le phénomène n’est pas nouveau, mais l’épisode qui frappe actuellement la Martinique est particulièrement intense. Depuis lundi 10 août, une masse de poussières sahariennes plus dense que prévu traverse l’île et fait fortement grimper les concentrations de particules fines. Madininair a déclenché la procédure d’alerte à la pollution. Derrière ce ciel voilé se cache un véritable enjeu de santé publique.

La Martinique connaît régulièrement ces épisodes où le ciel change brutalement d’aspect. L’horizon devient trouble, les paysages semblent disparaître dans une brume jaunâtre et l’air paraît plus lourd. Ce phénomène, appelé « brume de sable », est provoqué par des poussières désertiques venues principalement du Sahara.

Mais derrière cette appellation familière se trouve une réalité beaucoup moins anodine : une importante concentration de particules en suspension dans l’air, susceptibles de pénétrer dans les voies respiratoires et de provoquer ou d’aggraver certains problèmes de santé.

Un voyage de plusieurs milliers de kilomètres

Tout commence en Afrique. Dans les régions désertiques du Sahara, les vents turbulents soulèvent d’importantes quantités de poussières. Les particules sont entraînées à haute altitude, parfois entre 1 500 et 6 000 mètres, avant d’être prises en charge par les alizés.<p>  Lire Plus

Déforestation : le tournant brésilien

— Par Sabrina Solar —

Bonne nouvelle pour l’Amazonie. La déforestation dans la partie brésilienne de la plus grande forêt tropicale du monde a fortement reculé au cours des douze derniers mois. Entre août 2025 et juillet 2026, 2 874 km² de forêt ont été détruits, soit 37 % de moins que durant la période précédente. Il s’agit du niveau le plus bas enregistré depuis le début des relevés satellitaires de l’Institut national de recherches spatiales (INPE), en 2016.

Ce recul spectaculaire tranche avec la situation observée quelques années plus tôt. En 2022, sous la présidence de Jair Bolsonaro, la déforestation avait atteint 10 278 km², plus de trois fois le niveau actuel. Depuis le retour de Luiz Inácio Lula da Silva au pouvoir, la courbe s’est progressivement inversée.

Lula veut aller plus loin

Le président brésilien entend faire de cette baisse un marqueur de son action environnementale. Son objectif est clairement affiché : mettre fin à la déforestation illégale d’ici 2030.

Pour y parvenir, les autorités ont renforcé la surveillance satellitaire, multiplié les contrôles et durci les sanctions contre les exploitants clandestins.<p>  Lire Plus

La chaleur tue encore

Canicule de juin 2026 : une catastrophe sanitaire qui interroge la capacité de la France à s’adapter au changement climatique

— Par Sabrina Solar —

Avec près de 5 800 décès supplémentaires enregistrés en seulement seize jours, la canicule exceptionnelle qui a frappé la France entre le 17 juin et le 2 juillet 2026 constitue l’un des épisodes climatiques les plus meurtriers depuis vingt ans. Au-delà du bilan humain, cette vague de chaleur met en lumière les limites des politiques d’adaptation face à un phénomène appelé à devenir plus fréquent et plus intense sous l’effet du changement climatique.

Le dernier bilan publié par Santé publique France fait état de 5 764 décès en excès, toutes causes confondues, sur la période. Si ces chiffres ne permettent pas encore d’attribuer avec certitude chaque décès à la chaleur, ils traduisent une surmortalité d’une ampleur inédite depuis la canicule de 2003, qui avait profondément marqué les esprits. Les autorités sanitaires précisent que le décompte pourra encore évoluer à mesure que les certificats de décès seront consolidés et que les causes médicales seront analysées.

Contrairement aux premiers bilans diffusés au début du mois de juillet, cette nouvelle évaluation intègre l’ensemble des certificats de décès, y compris ceux établis sur support papier, souvent utilisés lors des décès à domicile.<p>  Lire Plus

Climat : la France face à l’urgence d’un changement d’échelle

Canicules à répétition, sécheresses, incendies, inondations : le temps de l’adaptation est arrivé

— Par Sabrina Solar —

Les records de chaleur ne sont plus des événements exceptionnels. Ils deviennent progressivement la nouvelle norme. Chaque été apporte son lot de canicules, de sécheresses, de restrictions d’eau, d’incendies de forêt ou d’épisodes orageux d’une violence inédite. Ces phénomènes ne sont plus considérés comme des accidents climatiques isolés, mais comme les manifestations d’un réchauffement désormais bien installé.

C’est dans ce contexte que le Haut Conseil pour le climat (HCC) publie son huitième rapport annuel. Le constat dressé par cette instance indépendante est particulièrement sévère : malgré plusieurs avancées depuis l’Accord de Paris de 2015, la France demeure insuffisamment préparée aux bouleversements climatiques qui s’accélèrent. Les politiques engagées restent trop lentes, insuffisamment financées et parfois contradictoires avec les objectifs affichés.

Au-delà d’un simple bilan, le rapport lance un avertissement : le pays doit désormais changer d’échelle dans sa manière de concevoir l’adaptation au changement climatique.<p>  Lire Plus

Les enfants d’Outre-mer face à l’urgence climatique : une génération particulièrement exposée

— Par Sabrina Solar —

Le changement climatique n’est plus une menace lointaine ou un scénario pour les décennies à venir. Ses effets sont déjà visibles et transforment le quotidien de millions d’enfants à travers le monde. Dans son rapport publié le 16 juin 2026, l’UNICEF dresse un constat particulièrement alarmant : près d’un enfant sur deux dans le monde, soit environ 1,1 milliard d’enfants, est aujourd’hui exposé à au moins trois risques climatiques simultanés. Une réalité qui menace directement leur santé, leur accès à l’éducation, leurs conditions de vie et, dans certains cas, leur survie.

L’étude s’appuie sur une cartographie précise de huit menaces climatiques majeures : les sécheresses, les chaleurs extrêmes, les vagues de chaleur, les incendies, les inondations fluviales et côtières, les tempêtes tropicales ainsi que les tempêtes de sable et de poussière. Parmi les phénomènes les plus fréquents figurent les sécheresses combinées aux fortes chaleurs et aux vagues de chaleur, une triple menace qui concerne déjà près de 296 millions d’enfants dans le monde.

Au-delà des chiffres, le rapport montre surtout que les conséquences de ces événements dépassent largement les seuls dégâts environnementaux.<p>  Lire Plus

Recycler Molière : promesse et limites d’un Avare participatif

— Par Sabrina Solar —

Imaginée comme une expérience à la fois théâtrale, collective et écologique, cette relecture de L’Avare de Molière s’appuie sur un dispositif singulier : chaque représentation se construit à partir d’objets apportés par le public. Vêtements délaissés, accessoires insolites, fragments du quotidien deviennent ainsi la matière première d’un spectacle en perpétuelle recomposition. Le geste n’a rien d’anecdotique. Il inscrit d’emblée la proposition dans une réflexion contemporaine sur le réemploi, la valeur des choses et la transformation du rebut en ressource, tout en faisant écho, de manière presque littérale, à l’obsession de l’accumulation qui définit Harpagon.

Dès l’ouverture, le plateau apparaît comme un espace en friche : quelques structures de rangement, des bacs de tri, et cette masse d’objets encore inertes. Très vite, comédiennes et comédiens s’en emparent, fouillent, commentent, expérimentent. Ce moment liminaire, où il s’agit presque de “s’habiller pour exister”, donne à voir un théâtre en train de se faire, dans une forme de nudité revendiquée. À leurs côtés, les techniciens — habituellement relégués dans l’ombre — occupent ici une place centrale. Création sonore à partir d’objets détournés, élaboration de silhouettes à la volée, ajustements lumière visibles : tout concourt à faire de cette fabrication en direct un spectacle en soi.<p>  Lire Plus

Exposition aux pesticides et cancer : vers une reconnaissance des risques liés aux effets cumulés

— Par Sabrina Solar —

L’exposition aux pesticides apparaît aujourd’hui comme un facteur de risque majeur dans l’émergence de certains cancers, bien au-delà de ce que suggéraient les approches scientifiques traditionnelles. Une étude récente, fondée sur une démarche interdisciplinaire et menée sur plusieurs années, met en évidence l’existence d’un lien robuste entre la présence de pesticides dans l’environnement et l’augmentation de l’incidence de pathologies cancéreuses.

En s’appuyant sur une modélisation fine de la dispersion de plusieurs dizaines de substances chimiques dans un contexte d’agriculture intensive, les chercheurs ont pu établir une cartographie précise des zones d’exposition. Le croisement de ces տվյալ environnementaux avec les données épidémiologiques de milliers de patients révèle une corrélation significative : dans les régions les plus exposées, le risque de développer un cancer est nettement accru. Ce constat est d’autant plus frappant qu’aucune des substances étudiées n’est, prise isolément, reconnue comme cancérogène avérée par les instances sanitaires internationales.

L’un des apports majeurs de ces travaux réside dans la prise en compte de l’« effet cocktail ». Contrairement aux évaluations classiques, qui examinent chaque molécule séparément, cette approche considère les expositions réelles, caractérisées par la combinaison de multiples pesticides.<p>  Lire Plus

Plus diplômées, toujours moins payées : le paradoxe martiniquais

— Par Sabrina Solar —

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’Insee Martinique publie une photographie détaillée de la situation comparée des femmes et des hommes sur le territoire. Les indicateurs confirment une réalité contrastée : les Martiniquaises sont aujourd’hui plus diplômées que les hommes, mais cette avance scolaire ne se traduit pas pleinement en termes de rémunération, de conditions d’emploi et d’équilibre des responsabilités familiales.

Sur le plan de la formation, l’écart est significatif. Parmi les 25 à 54 ans, 44 % des femmes sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur, contre 32 % des hommes, soit 12 points de plus. Autrement dit, plus de quatre femmes sur dix disposent d’un niveau d’études supérieures, contre environ trois hommes sur dix. Cette progression s’inscrit dans une dynamique de long terme : les filles réussissent globalement mieux leur scolarité et prolongent davantage leurs études. Elles constituent ainsi une génération hautement qualifiée, en mesure d’occuper des fonctions à responsabilité.

Pourtant, cette avance en matière de qualification ne garantit pas une égalité réelle dans l’entreprise. En 2022, 10 % des femmes en emploi occupent un poste de cadre, contre 11 % des hommes.<p>  Lire Plus

Enfants invisibles : l’urgence d’agir dans les Outre-mer

— Par Sabrina Solar —

À l’approche des élections municipales de 2026 et de l’élection présidentielle de 2027, l’UNICEF France alerte sur une réalité préoccupante : des milliers d’enfants vivant sur le territoire français demeurent invisibles des statistiques publiques, et cette invisibilisation frappe de manière disproportionnée les territoires d’Outre-mer.

Dans un contexte marqué par de profondes transformations climatiques, sociales, économiques et numériques, les droits de l’enfant sont fragilisés partout en France. Mais dans les Outre-mer, ces fragilités se cumulent et s’aggravent, faute de données complètes, fiables et régulièrement actualisées permettant d’adapter les politiques publiques aux besoins réels des enfants.

Les enfants ultramarins figurent parmi les plus exposés à la pauvreté, aux ruptures d’accès aux droits fondamentaux et aux défaillances des services publics. À Mayotte, par exemple, huit enfants sur dix vivent sous le seuil de pauvreté, une situation sans équivalent en France hexagonale. Dans ces territoires où les enfants représentent parfois plus de la moitié de la population, l’absence de données solides compromet directement la planification des politiques de santé, d’éducation, de protection de l’enfance ou d’accès à l’alimentation.

Cette invisibilité statistique concerne en priorité les enfants les plus vulnérables : enfants non scolarisés, vivant dans la grande pauvreté ou sans domicile, enfants en situation de handicap, mineurs non accompagnés, mais aussi l’ensemble des enfants vivant dans des territoires où les contraintes géographiques, logistiques et institutionnelles rendent la collecte de données plus complexe.<p>  Lire Plus

Caraïbes : l’effondrement silencieux des récifs coralliens

— Par Sabrina Solar —

Les récifs coralliens des Caraïbes traversent une crise écologique majeure, d’une ampleur sans précédent. En un peu plus de quatre décennies, près de la moitié de la couverture en coraux durs de la région a disparu. Entre 1980 et 2024, cette couverture a chuté de 48 %, selon les travaux du Global Coral Reef Monitoring Network, un réseau international mobilisant plus de 200 scientifiques issus de 44 pays et territoires. Ces données, collectées sur près de 14 000 sites suivis depuis les années 1970, dressent un constat alarmant pour un écosystème qui représente à lui seul près de 10 % des récifs coralliens mondiaux.

Au cœur de cette dégradation se trouve le réchauffement accéléré des océans. Dans les zones récifales des Caraïbes, la température moyenne de surface de la mer a augmenté de 1,07 °C entre 1985 et 2024, soit un rythme de réchauffement de 0,27 °C par décennie. En 2023, la température de l’eau a même dépassé les 30 °C durant plusieurs semaines consécutives, un seuil critique pour la survie des coraux. Cette élévation thermique, directement liée aux émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, provoque des épisodes répétés de blanchissement massif.<p>  Lire Plus

Rapport parlementaire sur l’urgence de protéger les cours d’eau en France, et en Guyane

— Par Sabrina Solar —

Un rapport parlementaire paru ce mercredi 12 novembre alerte sur l’état global des cours d’eau dans le pays. « Protéger nos cours d’eau, c’est avant tout protéger notre avenir » préviennent les députés qui s’inquiètent des pressions qui pèsent sur la ressource en Outre-mer.

Un enjeu majeur pour la biodiversité

Les cours d’eau français se trouvent dans une situation préoccupante. En 2019, à peine 43 % des cours d’eau étaient jugés en bon état écologique, et 44 % en bon état chimique. Cette dégradation s’explique par une combinaison de facteurs multiples, notamment des pressions agricoles, industrielles et liées aux usages de l’eau. Un enjeu majeur pour la préservation de la biodiversité, la santé publique et le maintien des écosystèmes aquatiques.

L’état alarmant des cours d’eau

L’évaluation de l’état des cours d’eau révèle des disparités territoriales importantes. Les conditions varient considérablement entre la métropole et les territoires ultramarins. Si la Guyane affiche une bonne performance avec 76 % de ses cours d’eau en bon état écologique, des régions comme Mayotte (4 %) et La Réunion (8 %) peinent à atteindre des résultats similaires.<p>  Lire Plus

Climat : la planète s’enfonce sur une trajectoire de réchauffement alarmante

— Par Sabrina Solar —

À quelques jours de l’ouverture de la COP30 à Belém, au Brésil, l’ONU tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : le monde reste loin des objectifs fixés par l’accord de Paris. Selon le dernier rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), la planète se dirige vers un réchauffement compris entre 2,3°C et 2,5°C d’ici la fin du siècle, même si les pays respectent intégralement leurs engagements actuels.

Une amélioration minime par rapport aux projections de l’an dernier (2,6°C à 2,8°C) qui s’explique surtout par des ajustements méthodologiques et de nouveaux engagements partiels, plutôt que par une réelle inflexion des politiques climatiques. Car, dans les faits, le monde continue à brûler toujours plus de pétrole, de gaz et de charbon : les émissions mondiales ont encore augmenté de 2,3 % en 2024.

Des engagements insuffisants et des retards préoccupants

Conformément à l’accord de Paris, les pays devaient soumettre cette année de nouvelles « contributions déterminées au niveau national » (CDN) pour 2035. Mais seulement un tiers des États signataires ont rendu leur copie à temps, représentant un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre.<p>  Lire Plus

Le réchauffement climatique, une crise sanitaire mondiale sans précédent

— Par Sabrina Solar —

Canicules à répétition, sécheresses prolongées, pollution de l’air, feux de forêts… Les conséquences du réchauffement climatique pèsent de plus en plus lourd sur la santé humaine, avertit le dernier rapport Lancet Countdown, publié ce mercredi par la revue médicale The Lancet. Ce document, élaboré par plus d’une centaine de chercheurs internationaux sous la coordination de l’University College London et en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dresse un constat alarmant : le changement climatique est devenu l’une des plus graves menaces sanitaires de notre époque.

« Le changement climatique menace la santé à un niveau sans précédent », résument les auteurs, soulignant que la hausse continue des températures mondiales, alimentée par la consommation record d’énergies fossiles en 2024, aggrave chaque année les risques pour des millions de personnes.

Des chiffres qui témoignent de l’urgence

Pour la première fois, le rapport fournit des estimations précises de la mortalité liée aux effets directs du réchauffement. Entre 2012 et 2021, la chaleur extrême aurait causé en moyenne 546 000 décès par an, soit une augmentation marquée par rapport aux années 1990.<p>  Lire Plus

Traite des êtres humains : le nombre de victimes explose en France

Plus de 7 200 personnes recensées en 2024, dont une écrasante majorité de femmes

— Par Sabrina Solar —

Le dernier rapport de la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof) révèle une hausse spectaculaire du nombre de victimes de traite en France. En 2024, 7 285 personnes ont été identifiées par les associations spécialisées, soit plus de 20 % de plus qu’en 2023. En deux ans, leur nombre a presque doublé.

Des femmes et des jeunes en première ligne

Selon la Miprof, 89 % des victimes recensées sont des femmes, toutes formes d’exploitation confondues. Dans la grande majorité des cas, il s’agit de traite à des fins d’exploitation sexuelle. Le Nigéria reste le principal pays d’origine, avec 1 223 femmes dénombrées, presque toutes contraintes à la prostitution.

Autre donnée inquiétante : plus de la moitié des victimes majeures accompagnées avaient commencé à être exploitées alors qu’elles étaient mineures. En 2024, 14 % des victimes étaient encore des enfants, principalement exploités sexuellement ou par le travail.<p>  Lire Plus

La situation des familles monoparentales : un enjeu de justice sociale à l’échelle municipale

— Par Sabrina Solar —

Les familles monoparentales, dont une large majorité est composée de mères isolées, se retrouvent confrontées à une multitude de défis quotidiens. Contrairement aux familles dites « traditionnelles », elles dépendent largement des politiques publiques locales pour accéder à des services essentiels comme les crèches, le périscolaire, la restauration scolaire, les transports, le logement, la santé et la sécurité. Pourtant, ces besoins spécifiques sont encore trop souvent ignorés ou mal pris en charge par les municipalités, malgré la hausse constante de ce type de familles en France.

Les défis de la monoparentalité à l’échelle communale

En 2020, en France, plus de 8 millions de familles résidaient avec au moins un enfant mineur, dont 25% étaient monoparentales, principalement dirigées par des mères isolées. Chaque année, près de 425 000 séparations ont lieu, et de nombreuses femmes se retrouvent à élever seules leurs enfants, souvent dans des conditions de précarité. D’ailleurs, ces familles sont plus vulnérables aux problèmes de logement, de pauvreté, et d’accès aux droits sociaux, avec une surreprésentation dans les demandes d’aides alimentaires. La situation est d’autant plus compliquée que, bien que la monoparentalité soit une réalité croissante, les politiques publiques locales restent insuffisantes et trop fragmentées.<p>  Lire Plus

La Journée mondiale du moustique : comprendre, prévenir, protéger

— Par Sabrina Solar —

Chaque 20 août, le monde commémore une découverte scientifique majeure qui a sauvé des millions de vies : celle du Dr Ronald Ross. En 1897, ce médecin britannique a démontré que les moustiques femelles, et plus précisément ceux du genre Anopheles, étaient responsables de la transmission du paludisme. Cette révélation, récompensée par un prix Nobel, a ouvert la voie à une meilleure compréhension des maladies vectorielles et aux stratégies pour les combattre. Pour marquer cet événement, Ross lui-même baptisa cette date « Journée mondiale du moustique », en hommage à sa découverte.

Pourquoi une journée dédiée aux moustiques ?

À première vue, célébrer les moustiques peut sembler paradoxal. Pourtant, il ne s’agit pas d’honorer l’insecte, mais de rappeler les ravages qu’il provoque et d’encourager la prévention. Les moustiques figurent parmi les animaux les plus meurtriers de la planète : plus d’un milliard de cas de maladies sont recensés chaque année et plus d’un million de décès sont liés à leurs piqûres.

Les principaux vecteurs sont :

  • Le moustique tigre (Aedes albopictus) : originaire d’Asie, désormais présent dans de nombreuses régions du monde, il transmet la dengue, le chikungunya et le virus Zika.

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Loi Duplomb : Le Conseil Constituionnel annule des éléments clefs

— Par Sabrina Solar —

Le 7 août 2025, le Conseil constitutionnel a rendu une décision importante sur la très controversée loi Duplomb, apportant des corrections et des censure à certaines de ses dispositions. Bien que la loi ait été en grande partie validée, plusieurs articles clés ont été jugés inconstitutionnels, offrant ainsi une victoire partielle aux défenseurs de l’environnement et de la santé publique.

Réintroduction des néonicotinoïdes : un camouflet pour le gouvernement

L’article 2 de la loi Duplomb, qui visait à réintroduire les néonicotinoïdes, dont l’acétamipride, a été censuré par le Conseil constitutionnel. Cette décision, saluée comme une « victoire pour la santé et la biodiversité », s’appuie sur la Charte de l’environnement de 2005, qui a valeur constitutionnelle. Les Sages ont estimé que l’absence d’un encadrement clair de l’usage de ces pesticides contrevient au principe de protection de l’environnement et de la santé publique. L’acétamipride, un insecticide interdit depuis 2018 en raison de ses effets nocifs, ne pourra donc pas être réintégré dans les pratiques agricoles françaises.

Les mégabassines et l’accès à l’eau : une censure partielle

Le Conseil constitutionnel a également formulé des réserves concernant l’article 5 de la loi, qui facilitait la construction des mégabassines, des réserves d’eau de grande taille destinées à l’irrigation.<p>  Lire Plus

Sargasses : des échouements records en 2025 dans les Antilles

Des réponses encore en suspens

— Par Sabrina Solar —

Depuis mai 2025, les côtes des Petites Antilles – Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy et La Désirade en tête – sont submergées par des vagues de sargasses d’une ampleur exceptionnelle. Les images satellites, les rapports météorologiques et les témoignages locaux convergent : la prolifération de ces algues brunes atteint un seuil critique, perturbant lourdement les activités économiques, la vie des riverains et les écosystèmes littoraux.

Un phénomène ancien devenu chronique

Apparues massivement pour la première fois en 2011, les sargasses sont devenues, au fil des années, un fléau récurrent. Mais l’année 2025 marque un tournant : des échouements d’une densité inédite ont été observés entre avril et juin, bloquant notamment l’accès au port de La Désirade pendant plusieurs jours. Si le phénomène n’est pas nouveau, son intensité et sa fréquence cette année inquiètent les scientifiques autant que les autorités.

Les causes : un cocktail climatique et océanographique

Selon une récente note de Météo France, plusieurs facteurs se combinent pour expliquer cette intensification. En premier lieu, les températures de surface de l’océan Atlantique tropical ont augmenté de 1,3°C par rapport à la moyenne de la décennie précédente.<p>  Lire Plus

Journée internationale des mangroves : un patrimoine naturel à préserver

En Guadeloupe comme ailleurs

— Par Sabrina Solar —

Chaque 26 juillet, la Journée internationale des mangroves nous rappelle l’importance cruciale de ces écosystèmes uniques, situés à la frontière entre terre et mer dans les régions tropicales. Bien que ne couvrant que 0,4 % du domaine forestier mondial, les mangroves jouent un rôle fondamental dans le maintien de la biodiversité, la sécurité alimentaire, la protection des littoraux et la lutte contre le changement climatique.

Véritables « forêts aquatiques », les mangroves sont des puits de carbone d’une rare efficacité : un hectare peut stocker jusqu’à 3 754 tonnes de carbone, contribuant ainsi à l’atténuation du réchauffement global. Elles protègent les côtes contre l’érosion, les tsunamis et les tempêtes en réduisant la puissance des vagues de près de 99 %. Leur richesse écologique est exceptionnelle : elles abritent une faune variée, allant des poissons et crustacés aux oiseaux, tortues marines et crabes.

La Guadeloupe, un territoire engagé mais vigilant

En Guadeloupe, les mangroves représentent un maillon indispensable de l’écosystème littoral. Elles soutiennent la santé des récifs coralliens et des herbiers marins, tout en filtrant les eaux et en fournissant un habitat vital à de nombreuses espèces.<p>  Lire Plus

Justice climatique : un tournant historique dans le droit international

— Par Sabrina Solar —

Le 23 juillet 2025, la Cour internationale de justice (CIJ) a rendu un avis consultatif qui pourrait bien marquer une rupture décisive dans l’histoire de la lutte contre le dérèglement climatique. À l’unanimité, les quinze juges siégeant au Palais de la Paix à La Haye ont reconnu que le droit à un environnement propre, sain et durable constitue un droit humain fondamental, intrinsèquement lié aux droits à la vie, à la santé, à l’alimentation et à l’eau.

Une reconnaissance juridique de l’urgence climatique

Cet avis, sollicité par l’État insulaire du Vanuatu avec le soutien de plus de 100 pays, souligne les obligations juridiques des États en matière de protection de l’environnement. La CIJ établit que les États ont non seulement le devoir de prévenir les dommages significatifs à l’environnement, mais aussi celui d’agir avec diligence pour atténuer les effets du changement climatique, en coopérant de manière effective à l’échelle mondiale.

Pour la première fois, la Cour relie explicitement les émissions anthropiques de gaz à effet de serre aux violations du droit international. Elle affirme qu’un État qui ne prend pas de mesures suffisantes pour limiter ses émissions peut être tenu juridiquement responsable.<p>  Lire Plus

Guadeloupe : la crise de l’eau, entre effondrement du service public et marché noir

— Par Sabrina Solar —

En Guadeloupe, une crise de l’eau chronique et systémique continue de bouleverser la vie quotidienne de près de 400 000 habitants. Malgré une ressource en eau abondante sur l’île, plus de 60 % des foyers subissent des coupures prolongées et régulières, parfois plusieurs semaines d’affilée.

Cette situation, ancienne mais aggravée depuis 2024, est due à un réseau vétuste (avec jusqu’à 70 % de fuites), une gestion défaillante, des pollutions récurrentes, et une gouvernance locale minée par les conflits, les détournements et les retards de financement.

Un réseau au bord de la rupture

Certaines canalisations datent de plusieurs décennies, avec un taux de renouvellement ridiculement bas (0,5 % par an, loin des standards nationaux). Les pertes annuelles dépassent 50 millions de m³ d’eau potable. La moitié des stations de traitement des eaux usées est hors normes, aggravant les risques de contamination.

Coupures, colères et contournements

Face à des coupures à répétition, les habitants vivent dans l’inconfort, la frustration et parfois l’humiliation : impossibilité d’assurer l’hygiène de base, tensions psychologiques, explosion des coûts pour accéder à une eau potable sûre.<p>  Lire Plus

Pollution, eau, biodiversité : la France décroche

Pollution, eau, biodiversité : la France en queue de peloton européen pour les investissements environnementaux

— Par Sabrina Solar —

La France est aujourd’hui confrontée à une réalité brutale : malgré ses discours volontaristes sur la transition écologique, elle reste le pays de l’Union européenne présentant le plus fort déficit d’investissements en matière d’environnement. C’est ce que révèle le dernier Examen de la mise en œuvre de la politique environnementale (EIR), publié par la Commission européenne le 7 juillet 2025, qui dresse un tableau sans concession de la situation environnementale dans chaque État membre.

Un déficit structurel de 21,1 milliards d’euros par an

Pour répondre aux objectifs imposés par le droit européen en matière d’environnement – qu’il s’agisse de biodiversité, de qualité de l’air, de traitement de l’eau ou de gestion des déchets –, la France devrait investir 63,8 milliards d’euros par an. Or, selon les calculs de la Commission, les dépenses effectives atteignent seulement 42,7 milliards, soit un déficit de 21,1 milliards d’euros annuels. En valeur absolue, il s’agit du plus important de l’Union européenne, devant l’Allemagne (20 milliards) et l’Espagne (10,75 milliards).<p>  Lire Plus

Outre-mer : l’eau potable, une « discrimination environnementale territoriale »

Ce 23 juin, dix associations locales et nationales tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Dans un rapport intitulé Soif de justice, elles dénoncent une discrimination environnementale persistante dans les territoires d’Outre-mer, où des milliers de citoyens luttent au quotidien pour un accès régulier et sécurisé à l’eau potable.

Boire, se laver, cuisiner, aller à l’école… Ces gestes simples relèvent parfois de l’exploit dans certains territoires ultramarins. Si la France reconnaît l’accès à l’eau potable comme un droit fondamental, les réalités vécues en Martinique, Guadeloupe, Mayotte ou encore en Guyane en sont encore très éloignées.

C’est pour documenter ces inégalités que dix associations – dont Notre Affaire à Tous, ASSAUPAMAR, Kimbé Rèd FWI ou encore le Collectif des luttes sociales et environnementales – ont publié un rapport de 90 pages remis à l’ONU et aux autorités françaises. Il dresse un état des lieux alarmant de la situation et formule des recommandations concrètes pour une politique plus juste.


Des territoires oubliés face à un droit fondamental

En 2020, Isabelle (nom d’emprunt) a perdu son enfant à 19 semaines de grossesse après avoir vécu plus de 40 jours sans eau courante.<p>  Lire Plus

Les Outre-mer en première ligne face à la crise climatique : un appel urgent à l’action

— Par Sabrina Solar —

Les territoires ultramarins français, bien que géographiquement éloignés de l’Hexagone, sont au cœur de la tempête climatique. Le dernier rapport du Réseau Action Climat, La France face au changement climatique : les Outre-mer premiers exposés, dresse un constat alarmant : cyclones, montée des eaux, stress hydrique et effondrement de la biodiversité s’abattent déjà sur ces régions avec une intensité croissante. Cette vulnérabilité est aggravée par des inégalités sociales et des fragilités structurelles profondes, plaçant les Outre-mer en première ligne de la crise.

Lire aussi : Comment la Martinique va être impactée par le changement climatique ? — Par Nicolas Quénard —

Une exposition extrême aux dérèglements climatiques

Qu’il s’agisse de cyclones tropicaux plus puissants, d’érosion côtière accélérée ou de sécheresses prolongées, les Outre-mer subissent déjà de plein fouet les effets du réchauffement climatique. <p>  Lire Plus