Étiquette : Rodolf Etienne

Passion d’artiste : 2026, année Constantin Brâncuși

Quand l’Europe célèbre l’un de ses fondateurs

— Par Rodolf Étienne —

En proclamant 2026 « Année Constantin Brâncuși », la Roumanie, sa terre natale, ne se contente pas seulement de célébrer un anniversaire. Elle réaffirme avec éclat une évidence trop souvent oubliée : la modernité artistique européenne ne s’est pas construite uniquement autour des grandes capitales, à Paris, Berlin ou Rome, mais aussi depuis ses marges, depuis l’Europe orientale, rurale, spirituelle, parfois reléguée hors du grand récit occidental.

Né en 1876, Constantin Brâncuși aurait eu 150 ans en 2026. Un siècle et demi après sa naissance, son œuvre continue d’irriguer la sculpture, l’architecture, le design, la photographie et même la pensée contemporaine de la forme.

Un geste politique et culturel fort

La décision, adoptée par la Chambre des députés roumaine, d’inscrire 2026 comme « Année Brâncuși » engage l’État, les collectivités, les institutions culturelles et éducatives autour d’un programme national et international de manifestations : expositions, restaurations patrimoniales, actions pédagogiques, coopérations muséales. Ce geste n’est pas neutre, tandis qu’il s’agit pour la Roumanie de réinscrire Brâncuși dans son histoire nationale, dans sa géographie, tout en assumant sa dimension universelle.

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Mike Fédée : De l’écriture à la scène, une même respiration

Mike Fédée ou l’art d’être multiple

— Par Rodolf Etienne —

Comédien, acteur, auteur et comédien de doublage, Mike Fédée incarne une génération d’artistes martiniquais dont le parcours se déploie entre la Martinique et l’Hexagone, entre écriture intime et scène collective, entre visibilité et travail de l’ombre.

Nourrie par un métissage culturel assumé, Mike Fédée dessine une trajectoire où la voix, le corps et le texte deviennent des espaces de transmission, d’humanité et de lien.

Rodolf Etienne : Tu as commencé très jeune par l’écriture avant de t’orienter vers le théâtre et la voix. Comment ces différentes formes, écrire, jouer, dire, dialoguent-elles aujourd’hui dans ton travail d’artiste ?

Mike Fédée : Quand on regarde bien, c’est fou les directions que la vie nous fait prendre… L’écriture a été pour moi un bond dans la vie d’adulte, dans l’exercice de l’expression de l’écrit à l’oral. Écrire, c’était déjà dire tant de choses. Il n’y a que mes parents, je crois, qui ont cerné l’essence de ce que je tentais d’exprimer à travers les aventures de mes personnages : l’Amour triomphe toujours. Un message dont on a énormément besoin dans le monde actuel.

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Les sargasses en Martinique : gouverner l’urgence, construire l’avenir

Quand la crise nous impose de repenser collectivement l’avenir

Par Rodolf Étienne

Face aux échouements massifs de sargasses qui touchent régulièrement la Martinique, la réponse ne peut plus se limiter à l’urgence.

Entre coûts économiques croissants, enjeux sanitaires et défis environnementaux durables, la crise des sargasses impose désormais de repenser l’action publique et la gouvernance des territoires littoraux.

Quand science et politique se rencontrent

Après avoir compris ce que sont les sargasses, d’où elles viennent et pourquoi elles prolifèrent, une question s’impose avec force : que fait-on, concrètement, face à ce phénomène ?

Depuis 2011, la Martinique et ses îles voisines sont confrontées à une situation inédite : une pollution naturelle d’origine globale, aux effets locaux massifs, récurrents et durables. Cette situation met à l’épreuve les politiques publiques classiques, pensées pour des crises ponctuelles, et non pour un risque environnemental chronique.

Le phénomène des sargasses agit comme un révélateur : révélateur des limites de l’action publique, des tensions entre État et collectivités, des inégalités territoriales, mais aussi des capacités d’innovation, de coopération et d’adaptation. Ce deuxième volet propose une analyse critique et structurée des réponses institutionnelles mises en place, de leurs réussites comme de leurs insuffisances, et ouvre des pistes pour une gouvernance plus efficace, plus juste et plus durable.

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Les sargasses en Martinique : comprendre pour agir

Quand une crise écologique devient un enjeu de santé publique et de territoire
Par Rodolf Étienne

Depuis plus d’une décennie, les échouements massifs de sargasses rythment la vie du littoral martiniquais. Loin d’un simple désagrément saisonnier, le phénomène révèle un basculement écologique global aux conséquences sanitaires, environnementales et sociales durables.

Comprendre les mécanismes scientifiques à l’œuvre est aujourd’hui indispensable pour passer de la réaction à l’anticipation.

Une crise devenue structurelle

Cela fait maintenant plus de dix ans que la Martinique et ses îles voisines vivent au rythme d’arrivages massifs de sargasses. Dès lors, ce qui aurait pu être un épisode écologique ponctuel s’est transformé au fil du temps en une crise durable, multiforme, touchant autant la santé publique que l’environnement, l’économie ou l’habitat.

À chaque nouvelle saison, les mêmes images nous reviennent : plages envahies, odeurs suffocantes, habitants évacués, écoles fermées, pêche à l’arrêt, électroménager rongé par la corrosion. Et derrière ces images, il existe une réalité scientifique complexe, aujourd’hui encore partiellement comprise.

Les sargasses ne sont pas « un fléau naturel » au sens commun du terme : elles sont le produit d’un basculement écologique global, à l’interface du climat, de l’océanographie, des apports anthropiques, des dynamiques biologiques.

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Marine-Pétroline Soichot : Déconstruire le sexisme au travail : un guide nécessaire, concret et salutaire

Former, sensibiliser, agir : des clés concrètes contre les inégalités professionnelles

— Par Rodolf Étienne —

Voilà un ouvrage et une auteure que l’on a indéniablement envie de connaître et de faire connaître. Marine-Pétroline Soichot, avec Guide de déconstruction du sexisme au travail : 25 idées reçues démontées, nous propose un ouvrage à la fois accessible, rigoureux et profondément ancré dans la réalité quotidienne des organisations professionnelles, au cœur même du monde général du travail.

Pour permettre une prise de conscience durable et des changements concrets, loin des discours abstraits ou strictement militants, ce guide s’inscrit dans une démarche pédagogique qui se veut assumée : nommer, pour expliquer, pour déconstruire.

Une auteure engagée, entre terrain et pensée

Marine-Pétroline Soichot, formatrice, conférencière et consultante spécialiste des questions de sexisme et d’inégalités de genre dans le monde du travail, docteure en sciences sociales, intervient auprès d’entreprises, d’organisations et d’institutions pour sensibiliser, former et accompagner les acteurs, managers, professionnels des ressources humaines, personnels d’encadrement ou membres de comités sociaux, sur les mécanismes souvent invisibles de discrimination sexiste au travail. Elle est également créatrice du podcast Chroniques du sexisme ordinaire, un espace médiatique qui décrypte avec pédagogie, et sur le ton de l’humour, les formes subtiles du sexisme dans la vie quotidienne et les environnements professionnels.

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Jean-Marc Templet : « Il ne s’agit pas de faire renaître le Zouk, il s’agit de l’aider à évoluer »

Grand Show Zouk Live, samedi 24 janvier 2026 à 19 h, au Parc Culturel Aimé Césaire

—Entretien avec Rodolf Étienne —

De la création musicale à la codification de la danse, du local à l’international, Jean-Marc Templet retrace un parcours où l’artistique se mêle au culturel, au pédagogique et au militant. À travers concepts, concours, réseaux et nouveaux projets, il défend une vision : le Zouk comme patrimoine vivant, en mouvement, à protéger… sans l’enfermer.

Rodolf Étienne : Depuis un moment qu’on ne s’est pas vu, qu’est-ce qui a changé, quelles ont été tes activités principales, tes actions majeures ces dernières années ?

Jean-Marc Templet : Il s’est passé énormément de choses, et surtout il y a eu un vrai changement de posture dans mon travail. Je ne suis plus seulement dans la logique de produire des morceaux ou de monter sur scène pour performer. Je suis entré dans une phase beaucoup plus globale, plus stratégique, où je travaille sur des concepts, des dynamiques collectives, des projets pensés sur la durée, avec une vision culturelle plus large.

Le premier grand tournant, musicalement, c’est la création du concept “Unity 4 Zouk” avec Patrick André.

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Martinique : Réapprendre à faire société ou quand la fatigue sociale abîme le lien humain

Entre héritages historiques, tensions quotidiennes et soif de dignité relationnelle

— Par Rodolf Étienne —

Violences sexistes, homicides, rapports sociaux tendus, en Martinique, nombreux sont ceux qui ressentent confusément que quelque chose a changé dans les relations sociales, dans les relations humaines, au cœur même de notre société.

De fait, sans qu’il soit toujours possible de le formuler clairement, un malaise diffus semble traverser les échanges du quotidien : paroles plus sèches, conflits rapides, jugements hâtifs, climat de méfiance généralisée, le ton monte, le climat social se dégrade. Ce n’est pas tant par leur gravité que ces actes nous interpellent, c’est surtout qu’ils marquent les esprits, que leur répétition ordinaire, leur banalisation nous convoquent toutes et tous, autant individuellement que collectivement.

Cependant, ce phénomène nouveau ne peut pas être réduit à des défauts individuels, à des attitudes isolées, à des cas particuliers. Il s’inscrit plutôt dans un contexte social, historique et psychologique collectif qu’il faut accepter de regarder et de juger avec lucidité plutôt qu’avec déni ou colère.

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Abishag ou le féminin comme matrice du vivant

Artiste plasticienne, créatrice textile et passeuse de sens, Abishag développe une œuvre plurielle où peinture, matière, bijou et vêtement dialoguent autour d’un même fil intérieur : la transmission.

Nourrie d’un héritage familial métissé, d’une formation artistique entre l’Afrique et l’Europe, et d’un engagement profond auprès des publics fragilisés, Abishag explore le féminin comme matrice du vivant, espace de réconciliation, de guérison et de transcendance. Dans cet entretien, elle évoque sa dynamique créatrice, sa relation à la couleur, à l’Afrique, à l’amour et à l’énergie, et interroge, au-delà des clivages, ce qui relie l’art à l’essence même de l’être.

Entretien avec Rodolf Étienne

Rodolf Étienne : Ce qui est fascinant quand on découvre ou redécouvre ton rendu artistique, c’est la richesse de ses tonalités et la diversité de ses formes d’expression. Chaque approche semble portée par une véritable profondeur, une recherche singulière. Comment expliquer cette dynamique presque kaléidoscopique de la création ? Est-elle le fruit d’une longue maturation intérieure, d’une réflexion qui s’affine autour d’un message singulier à transmettre ? Relève-t-elle plutôt d’un choix esthétique assumé, d’une volonté de donner à voir la pluralité des regards et la diversité de l’expérience humaine ?

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“Ce que Mumia Abu Jamal révèle des démocraties occidentales”

— Philippe Yerro (Ali Babar Kenjah) sur Mumia Abu-Jamal. Entretien avec Rodolf Etienne —

Plus de quarante ans après son arrestation, Mumia Abu-Jamal demeure l’un des noms les plus emblématiques de la lutte contre la répression d’État et le racisme structurel.

Philippe Yerro (Ali Babar Kenjah) nous livre une lecture caribéenne et postcoloniale : de la justice américaine comme prolongement historique de la domination, jusqu’au rôle des figures assignées au statut de martyr de la cause.

Entre références à Fanon, Glissant, Foucault, Deleuze et une méditation sur la spiritualité comme ressort de résistance, Philippe Yerro interroge aussi la Martinique : mémoire, clivages, responsabilité et devoir de ne pas détourner le regard.

Q : En tant qu’anthropologue et intellectuel martiniquais, comment lisez-vous la trajectoire de Mumia Abu-Jamal : affaire judiciaire singulière ou plutôt symptôme profond d’un système politique et racial ?

R : Se mêlent en moi au moins deux registres quand je m’évoque le destin singulier de Mumia : il y a le logos militant, panafricain, frotté aux Frères de Soledad depuis mes années de collège, familier du regard myope de Malcom et de la réalité théorique de ce qu’est le Ku Klux Klan (KKK)… C’est l’approche de l’ancien combattant sans illusions sur la cruauté de Babylone.

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« De l’OJAM à aujourd’hui, nos luttes dialoguent avec celles des peuples noirs »

La Martinique et le combat international pour Mumia Abu-Jamal

Gilbert Pago, historien et militant. Un entretien avec Rodolf Étienne

Historien, enseignant, militant infatigable des luttes anticoloniales et des droits humains, Gilbert Pago revient ici sur l’affaire Mumia Abu-Jamal et sur les liens profonds qu’elle entretient avec l’histoire politique de la Martinique. Cet entretien, réalisé dans le sillage de la grande marche de 146 kilomètres organisée en Pennsylvanie en soutien à Mumia Abu Jamal (28 novembre – 9 décembre 2025), met en perspective l’actualité brûlante de cette mobilisation internationale. À travers un regard ancré dans la mémoire des luttes noires, Gilbert Pago éclaire la manière dont la Martinique s’est mobilisée, dès les années 1990, aux côtés du journaliste américain condamné à mort puis à perpétuité.
Entre héritage de l’OJAM, solidarités de la diaspora afro-descendante et montée des forces réactionnaires, son analyse rappelle combien l’île reste connectée aux combats internationaux pour la justice.

Selon vous, en quoi l’affaire Mumia Abu-Jamal résonne-t-elle avec les grandes luttes politiques, sociales et anticoloniales qui ont marqué la Martinique au XXᵉ siècle ?

La lutte des Noirs aux États-Unis a toujours marqué l’opinion martiniquaise.

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Alex Saturnin – Artiste-peintre : « Je m’émerveille toujours quand mon travail est accompli, quand une toile est terminée ! »

— Un entretien avec Rodolf Étienne

Installé à la campagne de Ducos en Martinique, Alex SATURNIN, après avoir longtemps vécu au Canada en qualité de peintre, développe un art enraciné dans la nature, la mémoire et la lumière. Loin des effets de mode comme des « réseaux » du marché de l’art, il revendique une pratique intérieure, lente et sensuelle : une peinture qui se nourrit d’odeurs, de végétations, de couleurs exagérées et transposées. Rencontre avec un artiste pour qui peindre n’est pas représenter — mais tout simplement être.

Propos recueillis par Rodolf ÉTIENNE

Rodolf ÉTIENNE : Depuis ton installation en Martinique, il y a forcément eu une évolution, un changement dans ton rendu artistique. Mais qu’est-ce que la Martinique a amené à ta peinture ? Certains parlent de couleurs, d’autres de thèmes, de traditions, de retour aux sources.

Alex SATURNIN : Pour moi, c’est le sentiment du retour aux sources, à la nature, à l’exotisme. C’est-à-dire retrouver tout ce qui a bercé mes rêves, intérieurement, comme mes cocotiers, mes mangots, ce que je ne retrouvais pas là-bas. Là-bas, pour moi, ça a été une étape.

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« Sortir des villes des contraintes et du compte-à-rebours ! »

Véronique Bédague (Nexity)
Huit convictions pour transformer et aimer à nouveau la Ville.
Entretiens avec Madani Cheurfa (Cabinet 2017)

« Sortir des villes des contraintes et du compte-à-rebours ! » : c’est par cette exclamation simple au demeurant, inspirée par une profonde analyse et une expertise consommée, que Véronique Bédague, directrice générale du plus grand groupe immobilier de France, Nexity, promeut sa vision du monde et singulièrement de la ville de demain.

L’objectif 11 des 17 objectifs présentés par l’Agenda 2030 (ex Agenda 21), programme de développement durable adopté en 2015 par les 193 États membres des Nations-Unies, touchant aux villes et à leur devenir, dans un contexte de changement de paradigmes, préconise que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables. Véronique Bédague, dans ce cadre précis de réorganisation de la société et de ces espaces de vie, introduit une analyse éclairée.

Rodolf Étienne

« Nous sommes capables ensemble de transformer la Ville… »

« La Ville est le creuset de notre avenir. Elle exige des décisions de long terme, à l’échelle de plusieurs générations.

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« L’Histoire du soldat – Listwa solda a » de Rodolf Étienne

Vendredi 31 ocotbre à 18h à la bibliothèque Schoelcher (FdF)

A l’occasion de la présentation de l’ouvrage de traduction créole « L’Histoire du soldat/Listwa solda a« , de Charles Ferdinand RAMUZ et Rodolf ETIENNE, paru aux Editions L’Harmattan en février 2024, le vendredi 21 octobre 2025, à partir de 18h30, à la Bibliothèque Schoelcher, 1, rue de la liberté à Fort-de-France, voici une présentation par le traducteur de la fameuse pièce. Une présentation que vous redécouvrirez lors de cette rencontre.

Histoire du soldat

Première création : Théâtre de Lausanne, 28 septembre 1918

Sous la direction musicale d’Ernest Ansermet (Suisse)

« Mon vrai besoin, c’est d’agrandir… »

Charles-Ferdinand Ramuz, Lettre à Henry Poulaille, mai 1924.

« Cette époque, la fin de l’année 1917, fut une des plus dures de ma vie… »

Igor Stravinsky, Chroniques de ma vie, 1935.

L’HISTOIRE

Joseph Dupraz, soldat pauvre qui rentre chez lui, pour quinze jours de congé qu’il a, vend son âme, représentée par son violon, au Diable, contre un livre qui lui prédit l’avenir.

Après avoir suivi le Diable, et lui avoir montré comment se servir du violon, Joseph retourne dans son village.

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Rediscovering Fanon de Rico Speight : Un regard contemporain sur l’oeuvre de Fanon

Pendant dix-sept ans, le réalisateur new-yorkais (USA) Rico Speight a sillonné le monde – de la Caroline du Nord à Fort-de-France, en passant par l’Algérie – pour réaliser Rediscovering Fanon, un documentaire profond, humaniste et exigeant, qui interroge la persistance du racisme, les fractures postcoloniales et l’actualité brûlante de la pensée fanonienne. Le film était présenté au François en Martinique en juillet 2025 dans le cadre du Centenaire de Frantz Fanon organisé par l’Association Caribéenne de Philosophie (ACP). Rencontre bilingue avec un cinéaste engagé, entre héritage, conscience et transmission.

(Rediscovering Fanon by Rico Speight : A Contemporary Look at Fanon’s Work. Frantz Fanon, revisited through the African American gaze of Rico Speight. For seventeen years, the filmmaker travelled the world—from North Carolina to Fort-de-France—to create Rediscovering Fanon, a profound, humanist, and demanding documentary exploring racism, postcolonial fractures, and the enduring relevance of Fanon’s thought. A bilingual conversation with a committed filmmaker, where legacy meets awareness and transmission.)

Propos recueillis par Rodolf ETIENNE

Rodolf ETIENNE : Pour revenir à la genèse du projet documentaire — pourquoi Frantz Fanon ? Que représente, ou que représentait, Frantz Fanon pour vous, au point que vous ayez choisi de lui consacrer une œuvre entière — une œuvre qui est devenue, en soi, un véritable voyage de découverte ?

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Claude Henry, la poésie en couleurs au Diamant

— Propos recueillis par Rodolf Étienne —

Installé au Diamant, Claude Henry, artiste peintre martiniquais, a ouvert son atelier-galerie « Aux Couleurs Locales » face à la mer. Anciennement installé à Gallochat, il a choisi ce nouveau lieu « séduit par la sérénité et la solidarité des habitants ».

Rodolf ETIENNE : Tu as entamé ta carrière d’artiste peintre en France, avant de t’installer en Martinique. Pourrais-tu nous présenter ton parcours ?

Claude HENRY : Oui, j’ai tenu un atelier-galerie d’abord en France, à Biot, dans l’arrière-pays de Nice. Je l’avais ouvert avec un ami. Nous y avons travaillé ensemble. C’était un village artisanal, qui est devenu un village de souffleurs de verre réputé. Puis, les choses se sont enchaînées et je suis rentré au pays, ici, en Martinique.

R.E : Et quelque chose s’est passée en Martinique, quelque chose qui a changé ton style ?

C.H : Ah ben là, j’ai retrouvé, justement, une Martinique riche en culture. Oui, il y avait de quoi faire. Il suffit d’observer autour de soi pour découvrir toute la richesse identitaire. Il faut que nous soyons tous fiers de cette identité, qui est riche, riche en couleurs, mais aussi riche en joie de vivre.

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« Nanmkonoko » : Bambouman à Tropiques-Atrium, vendredi 30 mai à 19h30

Laurent Phénis, alias« Bambouman » « La musique permet la communion avec l’univers… »

Entretien de Rodolf Etienne avec « Bambouman », artiste, musicien, sculpteur de sons et de liens cosmiques

Dans une réalité globale saturée de sons formatés, la musique de Laurent Phénis, alias « Bambouman » ouvre une large brèche vers le sensible, en droite et légitime quête de l’universel. À la croisée des mondes et des traditions, ce génial musicien, profondément martiniquais, nous invite à un voyage sonore sans frontières, où chaque note résonne d’humanité, de nature et de liberté.

Avec sa musique, Bambouman trace un sillage singulier. Un chemin d’écoute, de résilience, de liberté. Un souffle nouveau, venu de la forêt tropicale martiniquaise, qui murmure à l’oreille du monde que l’harmonie est possible.

De la musique, oui, mais aussi de l’amour et une grande humanité en partage…

Rodolf Étienne : Lors de ton dernier concert, il y a quelques semaines sur la scène du centre culturel Marcé, à Saint-Joseph, tu as rendu compte d’une très nette évolution dans ton imaginaire musical, comme un aboutissement, par une grande présence scénique, une aura particulière.

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Hippolyte Morestin (1869-1919) : le chirurgien des « gueules cassées »

— Par Rodolf Etienne —

Conférence – Mairie de Fort-de-France – Les rendez-vous du jeudi

Xavier Chevallier, Conservateur en chef des bibliothèques : Hippolyte Morestin (1869-1919) : le chirurgien des « gueules cassées »

Xavier Chevallier, Conservateur en chef des bibliothèques, à consacré plus d’une décennie à effectuer des recherches, écrire des articles, animer des conférences ou organiser des colloques, dans le but de remettre le patrimoine, l’œuvre, l’engagement et l’histoire d’Hippolyte Morestin à la place méritée dans le panthéon de la science et de la médecine française, notamment de la médecine faciale du début du XXème siècle.

Jeudi 16 janvier 2025, dans le cadre de « Les rendez-vous du Jeudi », le 6ème étage de la mairie de Fort-de-France accueillait Xavier Chevallier pour une conférence consacrée à Hippolyte Morestin, Eminent chirurgien martiniquais né à Basse-Pointe en 1869, et mort à Paris en 1919. L’occasion de mettre à l’honneur ce pionnier de la chirurgie esthétique qui a inscrit haut son nom au patrimoine de la science du XXème siècle.

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À propos de « Suzanne Césaire. Archéologie littéraire et artistique d’une mémoire empêchée »

— Par Rodolf Etienne —

Le vendredi 10 janvier dernier, la médiathèque de Sainte-Luce accueillait une rencontre littéraire autour de l’œuvre de Suzanne Césaire proposée par le Club Soroptimist Diamant les Rivières et accueillant l’universitaire Anny-Dominique Curtius, auteure de l’ouvrage « Suzanne Césaire. Archéologie littéraire et artistique d’une mémoire empêchée ». Un moment riche d’enseignements et de partage autour d’une œuvre et d’un patrimoine qui subjugue et passionne de plus en plus et qui tend, au fil des études et des recherches, à retrouver sa place dans le panthéon littéraire martiniquais.

Pour ceux et celles qui s’intéressent à la littérature antillaise et singulièrement à la littérature martiniquaise, la figure de Suzanne Césaire pose de nombreuses interrogations. Son œuvre, brève, fulgurante, empêchée, a posé tout de même les bases du renouveau de la littérature antillaise et martiniquaise. Trop longtemps méconnue, masquée par l’aura quasi démiurgique de son mari, Aimé Césaire,  son legs suscite aujourd’hui, plus d’une cinquantaine d’années après sa mort, un regain d’intérêt de la part de nombreux universitaires, artistes ou critiques littéraires. Pour le plus grand bonheur des autres passionnés, heureux de s’enrichir de cette quête inaboutie vers la mémoire retrouvée, quête encore à mûrir, encore à satisfaire, encore à explorer.

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Kannari ! Ou « Moun isi, la suite… « , une comédie d’Hervé Deluge

Les 15,16 & 17 novembre au Centre Culturel Marcé, à Saint-Joseph

— Par Rodolf Étienne —

Un Vendredi sur deux chez la famille Mounici, la coutume veut que l’on mange tous ensemble. Manman, ses fils, sa fille et ses belles filles. Ce vendredi est particulier car la famille va recevoir quelques invités. Hautement professionnel pour Louis Philippe, familial pour Lyas. Trois invités étrangers au reste de la famille… Une soirée toute en tensions, attisée par la petite dernière, Léonie qui se veut rebelle et non conventionnelle. Madame Mounisi « poto mitan de la famille » risque d’avoir bien du mal à passer une soirée ou tout devient « mutation » au sein de cette famille martiniquaise. Voilà pour un aperçu de l’histoire. Hervé Deluge, le metteur-en-scène explique que c’est « le succès fulgurant du spectacle « Moun Isi », variation créole tiré de la pièce de théâtre de Bacri-Jaoui « un air de famille » qui a vu huit représentations à guichet fermé à La salle Marcé de Saint Joseph, et deux au grand Carbet du Parc floral Aimée Césaire, à Fort-de-France, soit plus de 3 000 spectateurs en un mois, l’accueil de ce spectacle et la reconnaissance du public qui le soutient, tant pour la distribution que pour les auteurs », qui lui ont donné l’envie, comme une continuité demandée par la troupe et par le public, de créer un deuxième volet de l’histoire de cette famille.

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Hervé Deluge : « Je me considère comme un artisan du spectacle qui essaye de faire le mieux possible… »

ITV d’Hervé DELUGE, metteur en scène, propos recueillis par Rodolf Étienne

Après « l’affaire de l’Atrium » en avril 2017 et les déboires qui s’en sont suivis, Hervé Deluge, metteur-en-scène, dans le cadre de son passage au Festival Off d’Avignon avec « Cette guerre que nous n’avons pas faite » sur un texte de Gaël Octavia, revient sur son parcours d’artiste. Il se livre, ne cachant pas une certaine déception. Mais, heureusement, aujourd’hui encore, pour lui, le théâtre demeure…

Rodolf ÉTIENNE : Après tous ces déboires d’avril 2017, aujourd’hui quel est ton bilan, ton ressentiment ?

Hervé DELUGE : Si c’est à propos de mon désaccord avec les dirigeants passés de la Dac et de l’Atrium : Je n’ai pas de ressentiment. Ils sont repartis. Je me réjoui que cet épisode soit terminé. A cette époque là, je venais d’achever le montage de « Romyo et Julie », 27 artistes et techniciens rémunérés. Je ne reviendrai pas sur les circonstances de tous les sabotages dont j’ai été l’objet. Comment ne pas être révolté face à une situation d’injustice ?

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Alfred Varasse : Un véritable plaidoyer en faveur du tambour martiniquais

— Propos recueillis par Rodolf Étienne —

Percussionniste, enseignant en tambour, griot de la tradition, Alfred Varasse poursuit son engagement de militant en faveur de l’instrument et du patrimoine, nous invitant à une relecture de notre histoire, avec le tambour martiniquais au centre du discours, au cœur même du débat. Il revient sur son parcours de musicien et nous témoigne son engagement qui n’a en rien changé, sinon évolué, pour plus de place encore pour ce mythique instrument, au sein de la société martiniquaise et, plus largement, antillaise.

Pour rentrer dans le vif du sujet, tout commence pour toi en France, par une rencontre, et plus encore, par une relation suivie avec Aimé Césaire ?

Oui, effectivement. Quand je rencontre Aimé Césaire(1), je suis musicien à Paris, percussionniste-batteur, et j’expérimente de nouvelles approches avec des musiciens tels qu’Emilien Antile(2), Al Lirvat(3) ou encore Henry Guédon(4), avec lesquels j’interviens sur des albums. Je suis arrivé en France en 1973. Je vivais alors une vie de musicien professionnel et je profitais de ces expériences pour améliorer mes qualités et mes compétences.

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Lalibèté ka Vini ! Les décrets de 1848 en créole

La première traduction en créole des décrets d’abolition de l’esclavage de 1848, textes fondateurs de notre époque vient d’être publiée aux Editions Scitep. Cette traduction interroge un évènement du passé colonial et esclavagiste, permettant, certainement un regard neuf sur la société créole actuelle. Madini-nart a rencontré l’auteur, Rodolf Etienne, qui présente ici la poursuite d’un engagement créole déjà bien manifesté..

Madinin’Ar : Pouvez-vous résumer en quelques mots cet ouvrage ?

Rodolf Etienne « Lalibèté ka vini ! » est la première traduction créole intégrale des Décrets d’Abolition de l’esclavage des colonies et possessions françaises du 27 avril 1848. Décrets inspirés par l’œuvre de Victor Schoelcher, de Cyrille Bissette, entre autres, et successifs à l’époque des Encyclopédistes et des Lumières : Voltaire, Diderot, Rousseau, Montesquieu ou encore l’Abbé Grégoire et aux divers courants abolitionistes de l’époque. Il s’agit, ici, avant tout, de rendre à l’Histoire ce qui lui revient de droit et de notoriété. Une telle traduction, une telle parole créole est la parole de vérité des « anciens esclaves », parce que le créole, la langue créole, contrairement à ce qui est perçu aujourd’hui et répandu par les prétendus « défenseurs » de la parole authentique (sic), est « la » langue des colonies, quasi partout en dominance, quoique la langue officielle, partout également, soit le français.

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« Have Black lives ever matters ? » de Mumia Abu Jamal

— Par Rodolf Etienne —

Quoique publié en anglais, cet ouvrage mérite d’être signalé, compte tenu de la valeur de son auteur. Mumia Abu Jamal publiait en juillet dernier chez City Lights Editions « Have Black Lives ever mattered ? ». Un ouvrage qui n’est pas passé inaperçu du côté de l’Amérique et qui mérite son temps de lecture.
« Un livre incontournable pour tous ceux qui s’intéresse aux questions d’inégalités sociales et raciales, aux mouvements sociaux », affirme la critique américaine. Mumia Abu Jamal que l’on n’hésite pas à présenter comme « un prophète, un critique, un historien, un témoin… » ou encore « L’appel au clairon de Mumia pour la justice et pour plus de défi face à l’oppression étatique n’a jamais faibli, en dépit des décennies de geôle et de déni. ». L’Amérique verrait-elle en Mumia Abu Jamal son éclaireur vers de nouveaux horizons de paix et de sagesse ? En tout cas, voilà ce qui est encore dit de cet ouvrage remarquable : « Cette collection de courtes méditations, écrites depuis la cellule d’une prison, décrit les deux dernières décennies de brutalité policière, qui rendent compte d’une histoire profondément inscrite dans l’identité américaine.

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Khô-Khô René-Corail : Quid de la figure du héros martiniquais ?

— Par Rodolf Étienne —

Présentée jusqu’au 1er novembre, l’exposition consacrée à Khô-Khô René-Corail à la Fondation Clément permettait aux nombreux visiteurs de se familiariser avec une des œuvres picturales les plus influentes de la Martinique et certainement bien au-delà.
Voilà une exposition qu’il fallait absolument voir. Non pas seulement pour mieux connaître l’œuvre du peintre, mais surtout pour lui rendre cet hommage tant mérité. Il s’agissait d’une exposition où l’on « passait un moment » avec Khô-Khô, convaincu de son immense talent et de la contemporanéité de son legs. Quand on interrogeait les visiteurs, ceux qui l’ont connu, et ils furent nombreux, lui attribuaient souvent les mêmes qualificatifs : anti-conformiste, anti-colonialiste, anti-capitaliste. On aime aussi à rappeler qu’il était membre de l’Ojam (Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique) et qu’il avait été emprisonné pour son engagement politique et social. Mais, ce qu’on oubliait de rappeler, c’est que c’est son pays d’abord qui l’avait renié, oublié, rejeté, pris dans le quotidien et les difficultés que connaissait la Martinique de son temps. Khô-Khô René-Corail est sans conteste un artiste dont l’œuvre n’a pas reçu, du vivant de l’artiste, les honneurs qui lui revenaient de plein droit, à fortiori si l’on cite ses nombreuses prises de position en faveur des laissés pour compte : les ouvriers, les petites gens, ceux marginalisés de son époque, ceux avec qui il avait vécu, grandi.

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Seychelles : « Le festival créole joue un rôle phare de dynamisation de la créolité internationale »

— Par Rodolf Etienne —

Kreyol oliwon late-a

Seychelles : « Le festival créole joue un rôle phare de dynamisation de la créolité internationale »

Lancé en 2014, le seul institut créole de tout l’Océan Indien, l’Institut Créole des Seychelles, répond à la nécessité de valorisation de l’identité, la culture et la langue créoles, manifestée depuis toujours par la communauté créole de l’île. Penda Choppy, la directrice de l’Institut, nous présente la créolité seychelloise dans ses grandes lignes.

Vous dirigez le seul Institut créole de tout l’Océan Indien. Quelle place occupe aujourd’hui le créole dans la culture et l’identité seychelloises ?

Depuis sa reconnaissance comme langue maternelle dans les années 80, le créole seychellois est très cher au peuple des Seychelles. L’existence d’un institut créole, et en premier lieu, le festival créole annuel assure une promotion continuelle pendant tout l’année de l’identité et de la culture créoles. Entre ces deux institutions, la participation des différentes couches de la société dans le développement de notre culture et notre langue créole est assuré : les écoles, les artistes, les jeunes, le service public, les médias, les gens âgés, la secteur privée…

Quelles sont les principales missions de l’Institut créole des Seychelles ?

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