— Par Philippe Charvein —

L’adjectif qualificatif « irréversible » désigne une réalité inéluctable ; une réalité dont la progression se poursuit jusqu’à son terme, sans que rien ni personne ne puisse la stopper.
Le plus souvent associé à la négativité, ce terme n’est pas sans évoquer la tragédie en arrière-plan.
L’exposition qu’il nous est donné de voir (en relation avec la revue « Recherches en Esthétiques », de Dominique BERTHET), envisage plutôt ce terme comme un substantif évoquant, au contraire, la poussée – irrécusable, inextinguible – d’un mouvement vital… mouvement par le biais duquel s’expriment – malgré tout – la vie, la nature, l’humanité… mouvement vital éminemment associé à l’espoir et à l’optimisme.
Quatorze artistes sont donc conviés – conviées à l’occasion de cette exposition collective : Victor ANICET, Michèle ARRETCHE, Christian BERTIN, Julie BESSARD, Manon CASAGRANDE, Chantal CHARRON, Bruno CREUZET, HABDAPHAI, Hugues HENRI, Hamideh HOSSEINI, Valérie JOHN, Robert MANSCOUR, Luz SEVERINO, Henri TAULIAUT.
Quatorze artistes qui déclinent donc « L’irréversible » dans ses aspects les plus divers : humain, géologique, cosmique, onirique, physique.

Ecriture et Danse – Danse et Ecriture : deux moyens d’expression, en apparence éloignés, mais se retrouvant dans le projet conçu par Valérie H.BIEGEL consistant à restituer une danse… la danse du jour qui se lève et se déploie en strates ; la danse des individus ; la danse de l’humanité ; la danse de l’écriture… danse multiple et protéiforme donc, qui est celle de la vie en fin de compte… une vie qui s’affiche et s’imprime dans ses « pleins et déliés », s’écrit en permanence, comme pour ne pas être happée par l’informel du néant ; comme pour défendre une identité.
— Par Philippe Charvein —
Café du matin
Assis sur le canapé, je regardais ce séchoir pourtant familier de notre maison depuis longtemps alors qu’il était livré à la force du vent qui soufflait alors.
— Poème de Philippe Charvein —
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« Opacité » et « Transparence ». Deux termes antinomiques, se retrouvant pourtant liés par la conjonction de coordination « et », comme si l’artiste plasticien voulait d’emblée signifier une réalité à ses yeux incontournable : ce dialogue permanent et fructueux entre ces deux aspects constituant l’œuvre, qu’elle soit artistique ou littéraire. L’opacité qui est à la fois celle du réel et celle ayant trait aux mystères de l’être humain. La transparence qui traduit aussi bien l’évidence de l’intelligence que l’intelligence du cœur. Deux aspects qui, selon l’optique de
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Les artistes conviés-conviées dans le cadre de cette exposition collective, expriment à travers leurs œuvres, qu’elles soient plastiques ou picturales, une vision du monde, pour ne pas dire une philosophie. 



Quand la peinture dévoile l’être intérieur de l’individu ; ses rêves, ses désirs ; sa vision du monde, en même temps que s’opère une célébration de celui-ci, du cosmos qui porte en lui ses propres forces de transfiguration… comme si l’imaginaire de Michèle se mettait à l’unisson des forces créatrices et métamorphosantes qui parcourent le monde du Tropique, l’univers martiniquais… comme si les éléments premiers du monde se vivaient eux-mêmes en rêve dans l’imaginaire de l’artiste peintre. 
« Verre de Terre » : expression allusive, construite sur un rapprochement phonique entre les deux termes qui la constituent et qui suggère d’emblée une correspondance entre ces deux matières…d’où la vie a surgi ; d’où tout a commencé en somme. La paronomase (Verre/Terre) nous rappelle que le minéral, la silice, qui constitue une majeure part de la croute céleste, entre dans la composition du verre ; comme si le retour à un élément premier de la Nature portait en lui une puissance créatrice, signifiée ici par des formes arrondies, des contenants, des objets…procédés suggérant la créativité humaine. Les maîtres verriers ne sont-ils pas,