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L’État à bout de souffle

La fin de l’illusion d’un État-providence sans limites signe sans nul doute en 2027 le retour de l’autorité brutale de l’État.

— Par Jean-Marie Nol —

Le moral économique et la confiance des Français atteignent un niveau historiquement bas, marqué par une chute record enregistrée fin 2026. Les études de l’Insee soulignent traditionnellement un contraste marqué entre un pessimisme très fort sur la situation collective du pays et une appréciation un peu moins sombre de la vie personnelle. Mais ça c’était avant , car pour la première fois depuis de longues décennies, les salaires réels ont stagné ou reculé face à l’inflation, brisant l’attente d’une progression continue du niveau de vie d’une génération à l’autre. Selon le journal La dépêche, le baromètre de l’économie d’octobre réalisé par Odoxa pour AGIPI, Challenges et BFM Business enregistre un niveau de pessimisme inédit. Avec 90 % de défiants face à l’avenir économique et un indice de moral tombé à -80, les Français atteignent un record historique depuis le lancement de cette mesure.La France semble entrer dans une période où le retour de l’autorité de l’État et le durcissement de certaines règles sociales ne relèvent plus seulement d’un choix idéologique, mais deviennent la conséquence d’une accumulation de crises que le pouvoir politique ne pourra durablement contourner.  Lire Plus

Quand l’argent manque, la colère monte

Dette, rigueur et colère : le même maelstrom du piège de la fièvre sociale pour la France hexagonale et les Antilles ?

— Par Jean-Marie Nol —

Plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Paris , Pointe à Pitre, Fort-de-France ce 29 septembre , à la suite de l’appel à la grève nationale lancé par plusieurs organisations syndicales. Revalorisation des salaires, des retraites ou encore amélioration du pouvoir d’achat et plus de moyens pour l’éducation…Tous revendiquent de bien meilleures conditions de vie et de travail. Nonobstant cet état de fait de grandes insatisfactions, il semble évident que la colère sociale ne disparaît pas parce que l’État n’a plus les moyens de l’acheter par la redistribution monétaire . Au contraire, l’absence de marges budgétaires peut rendre l’affrontement plus difficile à contenir, en Hexagone comme dans les outre-mer.

Ainsi la colère sans preuve d’argent disponible de l’État devrait inciter à la prudence , car la France hexagonale et les Antilles vont bientôt devoir faire face à l’impossible équation de la crise de la dette .

La France se rapproche d’un moment de vérité où l’équation politique, financière , économique et sociale semble de plus en plus difficile à résoudre.  Lire Plus

L’heure de vérité de la crise ?

— Par Jean-Marie Nol —

Flambée des prix de l’essence , Dette, budget de rigueur, méthode de gouvernance : l’heure de vérité de la crise qui vient sonne -t-elle aux Antilles , avec ce poison lent de l’inflation sur l’économie ?

Bien que le contexte international actuel maintienne une forte pression sur les cours mondiaux de l’énergie (notamment en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et des instabilités dans le détroit d’Ormuz), les prix des carburants dans les Antilles même si ils restent strictement réglementés par l’État risquent de connaître une sensible augmentation en octobre . La crainte d’un franchissement de seuil provient principalement de la situation en France métropolitaine, où le blocage de certaines routes maritimes internationales a poussé le prix moyen de certains carburants au-delà des 2,40 €/L dans certaines stations à la rentrée 2026. Toutefois, les autorités locales rappellent régulièrement que le mécanisme de calcul administré en Outre-mer permet de lisser et de contenir en partie ces chocs par rapport à l’Hexagone. Mais il n’en reste pas moins que le risque subsiste d’un impact négatif d’un choc pétrolier sur l’ensemble de l’économie des Antilles.  Lire Plus

Antilles : surveiller les signaux faibles

Oui assurément , la crise budgétaire et financière était évitable en Martinique , avec le recours à la veille et à l’analyse prospective !

— Par Jean-Marie Nol —

L’image que l’on dépeint fréquemment de l’homme politique est celle, un peu poussiéreuse, de l’élu qui endort ses auditoires par des explications idéologiques soporifiques que les citoyens doivent mémoriser sans trop savoir pourquoi ni comment faute de transparence . L’explication officielle de la dérive financière de la CTM fait état d’un déséquilibre structurel et non de mauvais choix de gestion. Mais force est de souligner que cette explication est un peu trop courte et à la limite de la caricature ,car fort éloignée des réalités de l’ensemble des régions et collectivités d’outre-mer, où la Martinique fait seule exception quant à la dégradation accélérée des paramètres budgétaires et financiers. La véritable question qui se pose aujourd’hui aux Antilles n’est plus seulement celle de la gestion du passé et du présent en solitaire d’une certaine collectivité , mais celle de la capacité collective à anticiper un avenir devenu beaucoup plus incertain. Dans un environnement marqué par le ralentissement de la croissance, l’endettement public, les tensions sociales, la fragilisation des finances publiques et la transformation rapide des modèles économiques, gouverner ne peut plus consister à mettre en avant un déséquilibre structurel et encore moins à réagir après coup aux crises lorsqu’elles surviennent.  Lire Plus

Quand les tensions s’additionnent

La Martinique prise en étau aujourd’hui sur la ligne de crête de la crise financière, voire économique , et demain une situation sociale hautement inflammable .*

— Par Jean-Marie Nol —

La Martinique aborde les prochaines semaines sur une véritable ligne de crête. D’un côté, une population déjà éprouvée par la vie chère, la stagnation des revenus et la crainte du déclassement ; de l’autre, une collectivité territoriale très endettée dont les marges de manœuvre financières se réduisent et qui doit désormais composer avec la nécessité d’un sérieux budgétaire accru. Entre ces deux réalités, le risque n’est plus seulement économique ou financier : il devient social. En effet la crise sociale constitue l’autre face de cette équation.

La Martinique navigue sur une ligne de crête fragile, marquée par une anxiété sociale grandissante mise en lumière par l’inquiétude sur la situation financière de la collectivité territoriale de Martinique et aux tensions persistantes sur le pouvoir d’achat .L’expression ligne de crête désigne une position d’équilibre instable ou une situation très délicate entre deux choix, deux exigences ou deux opinions contraires. Exemple : Un gouvernement ou une collectivité territoriale comme celle de la Martinique qui essaie de trouver un compromis entre la résorption de la dette et les mesures nécessaires de rigueur pour freiner les dépenses navigue sur une « ligne de crête » : un faux pas d’un côté ou de l’autre risque de faire basculer la situation en crise sociale ouverte , car la vie chère ne disparaît pas parce que l’inflation ralentit de façon temporaire et surtout que le hic c’est que la dépense publique est vraiment hors de contrôle.  Lire Plus

La dette écrit le programme

Comment les français se voilent la face sur l’image cachée d’une campagne électorale présidentielle artificielle et tronquée ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’expression « un débat artificiel et tronqué » capture parfaitement les deux plus grandes menaces qui pèsent sur l’authenticité de la campagne présidentielle de 2027 : l’absence de débat sérieux sur l’intelligence artificielle (IA) et la multiplication des promesses démagogiques et irréalistes.

Pour autant , c’est un écran de fumée et un débat public stérile et mensonger qui s’installe subrepticement , et qui ne révèle aucun intérêt fondamental pour l’avenir de la France .

Alors qui aura le courage de dire la vérité aux Français sur les vraies conséquences de la crise qui vient ?
Il y a quelque chose de profondément irréel dans le débat qui commence à s’instaurer autour de la prochaine élection présidentielle. Les candidats vont promettre, expliquer, rassurer, distribuer des milliards virtuels et présenter des programmes comme si la France disposait encore de la liberté budgétaire qui a permis, pendant des décennies, de repousser les échéances. Mais la France de demain ne sera pas celle des promesses électorales.  Lire Plus

Autonomie : changer de modèle

L’autonomie politique sans indépendance financière : le grand paradoxe de la schizophrénie antillaise ?

— Par Jean-Marie Nol —

Aux Antilles, le débat sur l’autonomie bute désormais sur une vérité politique que personne ne peut éternellement contourner : on ne peut pas réclamer le pouvoir de décider seul et demander, dans le même temps, à l’État français de payer lorsque les décisions deviennent trop difficiles à assumer. C’est pourtant cette contradiction qui structure aujourd’hui une grande partie du débat public en Guadeloupe et en Martinique. Et elle révèle une réalité beaucoup plus profonde : derrière la revendication d’autonomie se trouve encore une dépendance financière à l’égard de l’État, tandis que la confiance des citoyens dans leurs propres institutions locales s’est considérablement érodée. Et c’est là que l’on retrouve une position schizophrénique des élus locaux des Antilles qui réclament l’autonomie et dans le même temps appelle l’État à l’aide pour suppléer les manquements graves des élus locaux dans la gestion de l’action publique et leur incapacité à régler les problématiques de déficits et d’effondrement des filières agricoles et du BTP. En réalité,les Antilles attendent trop de l’Etat or dans le même temps veulent l’autonomie et la responsabilité locale qui à leurs yeux sont indispensables au retour de la confiance, qui est donc plus faible qu’ailleurs.  Lire Plus

Autonomie politique vs autonomie économique ?

— Par Jean-Marie Nol —

En Guadeloupe comme en Martinique, le débat institutionnel est peut-être en train de rencontrer sa contradiction la plus redoutable : comment réclamer davantage de pouvoir politique lorsque la puissance publique et les collectivités locales peinent déjà à exercer efficacement les compétences dont elles disposent dans le cadre du droit commun de l’article 73 de la constitution ?

La question est politiquement sensible, mais elle devient incontournable car la décrédibilisation de la classe politique est déjà actée dans les faits . Alors que faire pour construire un véritable plan de développement économique quinquennal, et surtout que penser du processus d’évolution statutaire au vu de l’échec actuel de l’action publique ?

Il faut surtout comprendre que la crise actuelle de l’action publique n’est pas seulement une crise de gestion. Elle est devenue une crise de légitimité. Lorsque les dysfonctionnements quotidiens s’accumulent, le raisonnement du citoyen devient simple : si les institutions actuelles ne parviennent pas à régler les problèmes essentiels, pourquoi leur confier davantage de responsabilités ? C’est précisément ici que le débat sur l’évolution institutionnelle peut rencontrer une contradiction majeure.  Lire Plus

L’épargne antillaise doit financer les Antilles

10 milliards d’euros d’«épargne paresseuse» aux Antilles : il est plus que temps de mettre cette manne financière au service de notre économie

— Par Jean-Marie Nol —

C’est une nouvelle plutôt mauvaise pour cette rentrée. Les antillais sont de moins en moins riches par rapport à leurs compatriotes de l’hexagone et qui eux mêmes sont plus pauvres que leurs voisins européens . Dans les années 2000, le PIB français par habitant était au-dessus de 15% de la moyenne européenne mais depuis 2022, il est largement en dessous. La problématique du développement économique se pose donc de façon aiguë et les freins doivent donc être à présent pris en compte notamment sur la thématique de l’épargne. En effet, l’épargne accumulée aux Antilles doit enfin financer l’économie locale et cesser de financer l’ailleurs.
La Guadeloupe et la Martinique disposent d’un paradoxe économique qui ne peut plus être ignoré : elles possèdent une épargne importante, mais celle-ci contribue encore trop peu au financement de leur propre développement. Près de 10 milliards d’euros d’épargne des ménages antillais seraient ainsi déposés dans les banques les assurances et la bourse, tandis qu’une part significative de cette épargne est investie en dehors des territoires.  Lire Plus

Le modèle de la départementalisation en question

Les fondamentaux économiques et financiers de la France ne sont pas bons, alors quelles sont les conséquences prévisibles pour la Guadeloupe et la Martinique ?
— Par Jean-Marie Nol —

Les fondamentaux de l’économie française ne sont pas tous au vert en raison d’un cumul de déséquilibres structurels profonds, notamment des finances publiques fragilisées par un déficit persistant et une dette record de plus de 3550 milliards d’euros . L’État dépense plus qu’il ne gagne chaque année, ce qui crée un déficit public (établi autour de 5,1 % du PIB).L’addition de ces déficits année après année fait grimper la dette publique au-dessus de 115 % du PIB, un niveau élevé par rapport aux autres pays européens.Le coût de la dette (les intérêts à rembourser) augmente fortement, ce qui pèse lourdement sur le budget de l’État.Une croissance économique faible qui reste molle (autour de 0,7% voire même 0,5 %).La consommation des ménages stagne malgré une inflation plus basse, car les Français privilégient l’épargne par prudence. La France souffre d’une désindustrialisation historique qui fragilise sa balance commerciale sur les biens, même si certains secteurs de pointe (aéronautique, nucléaire) s’en sortent mieux.Le  Lire Plus

Et si le tout-local était une impasse ?

Comment changer l’avenir économique des Antilles qui ne peut plus reposer sur l’agriculture ?

— Par Jean-Marie Nol —

Il s’avère qu’il est plus que temps de resituer le débat en Guadeloupe et Martinique d’une question devenue presque rituelle — « comment produire davantage localement ? » — vers une question beaucoup plus économique : « où pouvons-nous créer davantage de valeur ? »
La sécheresse exceptionnelle que connaissent actuellement la Martinique et la Guadeloupe n’est pas seulement une nouvelle crise agricole : elle constitue peut-être le révélateur d’une impasse économique plus profonde. Lorsque les rendements dépendent à ce point des pluies, des cyclones, des températures et désormais du dérèglement climatique, continuer à présenter l’agriculture comme le socle d’une future souveraineté économique apparaît de moins en moins comme une stratégie crédible et de plus en plus comme une croyance chimérique . Prenons l’exemple de la Guadeloupe , l’agriculture ne représente plus que 1,8 % de la valeur ajoutée selon les derniers comptes régionaux disponibles dans cette série Insee. En 2023, elle représente 2,7 % des emplois, contre 41,9 % pour commerce-transports-services et 41 % pour administration-éducation-santé-action sociale.  Lire Plus

Quel système financier pour les Antilles ?

De la déconstruction des idées reçues sur le développement économique des Antilles ?

— Par Jean-Marie Nol —

La société antillaise se trouve aujourd’hui à un moment charnière de son histoire politique, économique et intellectuelle. Les catégories de pensée qui ont longtemps structuré le débat public sur l’autonomie n’ont malheureusement pas joué un rôle majeur dans la compréhension du fonctionnement de l’économie et dans la construction des idées contemporaines de la responsabilité locale sur les questions de fiscalité et de nouveau pouvoir normatif . Mais leur permanence dans le débat intellectuel ne garantit plus leur pertinence pour penser les transformations qui viennent. En effet, croire que la maîtrise de la fiscalité sur le plan local et l’octroi d’un nouveau pouvoir normatif pourrait induire un développement économique est une profonde erreur d’analyse des élus locaux de la Guadeloupe et de la Martinique, et à l’avenir le risque d’une terrible impasse . En réalité le noeud gordien du développement économique se situe au niveau du secteur bancaire et financier. En fait, le problème de mal développement réside en partie dans la disparition des banques locales et des sociétés de développement tels que la Sodega, la Sodem, la Soderag : Les banques purement antillaises (comme la Banque des Antilles Françaises et le Crédit Martiniquais et d’autres) ont été absorbées par les grands groupes bancaires français (BPCE, Crédit Agricole, BNP Paribas, LCL, etc.)  Lire Plus

Génération Z antillaise : le grand exil

Pourquoi l’exode des jeunes antillais va encore s’accélérer massivement au cours de la prochaine décennie ?

— Par Jean-Marie Nol —

Les perspectives d’exode ou d’expatriation qui semblent connaître une accélération chez une grande partie des jeunes antillais s’expliquent par un cumul de pressions économiques, sociales , sociétale et structurelles qui alourdissent le coût de la vie , diminuent la qualité de vie et bloquent l’ascenseur social. Bien que parler de « condamnation à l’exil des jeunes » relève d’une formule alarmiste, les données d’instituts comme l’INSEE  confirment une hausse de l’attrait pour l’hexagone et l’étranger chez les étudiants et jeunes actifs face aux crises budgétaires des collectivités locales et au sentiment de déclin économique. La génération Z antillaise semble désormais sur la corde raide face à la décennie du doute : entre exil , révolution technologique et invention d’un nouveau modèle de société.

Un paradoxe frappe aujourd’hui la Guadeloupe et la Martinique avec une intensité particulière : les jeunes quittent massivement les Antilles, mais le chômage sur place demeure à un niveau très élevé. Cette contradiction révèle une réalité beaucoup plus profonde qu’une simple inadéquation entre l’offre et la demande d’emploi.  Lire Plus

Guadeloupe-Martinique : changer de cap

« Dépenses publiques en voie de baisse » : quand l’État n’est plus providence , alors sera -t-il donc aux abonnés absents en Guadeloupe et Martinique ?
— Par Jean-Marie Nol —
Pendant plusieurs décennies, la Guadeloupe et la Martinique ont  construits leur développement économique et social sur un pilier fondamental : la puissance financière de l’État providence. Derrière les infrastructures publiques, les aides sociales, les exonérations fiscales, les emplois publics, les investissements hospitaliers, les dispositifs de soutien aux entreprises, les indemnisations après les catastrophes naturelles et les transferts sociaux se trouvait une réalité rarement remise en cause : l’État français disposait des moyens budgétaires nécessaires pour amortir les crises et maintenir un niveau de vie relativement élevé dans des territoires dont l’économie productive demeurait structurellement fragile. Ce modèle a longtemps donné l’illusion d’une protection permanente, capable de compenser les handicaps liés à l’insularité, à l’éloignement des grands marchés, à l’étroitesse du tissu industriel et à la faiblesse des exportations. Aujourd’hui, cette époque semble toucher à sa fin avec la crise de la dette .
Au moment même où l’ensemble des élus de Guadeloupe, toutes sensibilités politiques confondues, affiche un front uni pour demander au président de la République et au gouvernement un engagement financier exceptionnel afin de sortir durablement de la crise de l’eau, une question essentielle reste largement absente du débat public : l’État français dispose-t-il encore des moyens financiers lui permettant de répondre à une telle demande ?
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Construire l’avantage

De la question des avantages comparatifs de la Guadeloupe et la Martinique appliquée à la coopération régionale avec la caraïbe ?

— Par Jean-Marie Nol —

Depuis plusieurs décennies, l’autonomie couplée intrinsèquement avec la coopération régionale avec la Caraïbe est présentée comme l’un des grands horizons stratégiques de la Guadeloupe et de la Martinique. À chaque débat institutionnel, à chaque réflexion sur l’autonomie ou sur l’évolution des compétences locales, l’ouverture vers l’environnement caribéen revient comme une évidence, presque comme une promesse de développement. Pourtant, cette vision repose rarement sur une véritable démonstration économique. Elle s’appuie davantage sur une proximité géographique, historique ou culturelle que sur les fondements mêmes de l’économie internationale. Or, lorsqu’on applique rigoureusement la théorie des avantages comparatifs formulée par l’économiste David Ricardo, force est de constater que cette ambition se heurte à une difficulté majeure : la Guadeloupe et la Martinique ne disposent aujourd’hui d’aucun avantage comparatif significatif vis-à-vis des économies de leur environnement régional.

La théorie économique associée à l’avantage comparatif explique que, dans un contexte de libre-échange, chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production pour laquelle il dispose de l’écart de productivité (ou du coût) le plus fort en sa faveur, ou le plus faible en sa défaveur, comparativement à ses partenaires.  Lire Plus

Réforme institutionnelle : le risque de l’affrontement

Une pensée dichotomique s’installe subrepticement dans le champ politique et surtout économique en Guadeloupe et Martinique, et cela ne laisse rien présager de bon à l’avenir !

— Par Jean-Marie Nol —

Longtemps, les difficultés institutionnelles ont été présentées comme la principale explication du mal-être identitaire des sociétés antillaises contemporaines. Pourtant, les données les plus récentes invitent à dépasser cette lecture simplificatrice. En France hexagonale comme aux Antilles françaises, les différents idéologiques progressent rapidement, mais ils ne s’expriment pas selon les mêmes ressorts. Avant d’aborder le cœur de notre analyse sur le potentiel danger de la division , il convient de noter que la question institutionnelle qui surgit dans le débat public de la Martinique et, par extension, la Guadeloupe semble aujourd’hui nous entraîner sur une pente glissante , notamment en raison des non dits sur la stratégie de l’État qui est le véritable maître de l’échiquier et des horloges en matière d’évolution statutaire.  Lire Plus

Au-delà de la production locale

Le grand malentendu sur le développement de la production locale grâce à l’autonomie !
— Par Jean Marie Nol —
Le débat sur l’autonomie comme facteur incontournable du développement de la production locale en Guadeloupe et  Martinique s’appuie sur un raisonnement qui est d’ores et déjà biaisé du fait d’un postulat de départ totalement erroné sur le plan de la nouvelle doctrine économique.
Cette approche des élus locaux partisans de l’autonomie semble vouloir nous enfoncer dans une impasse, dans la mesure où il s’accompagne de plus en plus d’un discours récurrent selon lequel la clé du développement économique résiderait avant tout dans une augmentation progressive de la production agricole locale afin de réduire la dépendance aux importations. Cette idée propagée par les élus, et largement partagée dans le débat public, apparaît séduisante puisqu’elle répond à une aspiration légitime à davantage de souveraineté économique. Pourtant, elle repose sur un profond malentendu quant aux véritables mécanismes du développement économique dans les petites économies insulaires ouvertes. Confondre autonomie politique, autonomie économique voire productive et développement économique risque d’orienter les futurs choix institutionnels vers une stratégie qui, malgré de bonnes intentions, conduirait à une impasse totale en matière de développement .
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Autonomie : qui tient les horloges ?

Autonomie des Antilles-Guyane : l’État français seul maître du jeu , mais avec quelle vision prospective pour l’avenir ?

— Par Jean-Marie Nol —

Désormais, force est de constater que l’autonomie est en marche en dépit des réticences des uns et des autres , pour autant il semble nécessaire de noter que nous sommes en présence d’un théâtre d’ombres chinoises où l’État français au delà des apparences demeure le seul maître de l’échiquier et surtout des horloges.

L’annonce de la signature de l’accord-cadre entre l’État et la Collectivité territoriale de Martinique, ouvrant officiellement le processus de discussions sur l’évolution institutionnelle du territoire, marque une étape symbolique dans une transformation qui semble inéluctable et qui ne date pas d’hier. Derrière l’apparente initiative des élus locaux et le débat public sur l’avenir statutaire des territoires ultramarins, une réalité plus profonde semble se dessiner : l’État français demeure l’acteur central, celui qui fixe le rythme, organise le calendrier et accompagne progressivement une mutation institutionnelle déjà préalablement pensée sur le temps long.

La scène actuelle ressemble ainsi à un véritable théâtre d’ombres chinoises où les acteurs visibles — élus, partis politiques, représentants de la société civile — occupent le devant de la scène, tandis que l’État conserve en coulisse une capacité d’influence majeure sur l’orientation générale du processus d’autonomie.  Lire Plus

Penser l’avenir dans une France en crise.

— Par Jean-Marie Nol —

Penser l’avenir de la Guadeloupe et de la Martinique dans une France hexagonale en crise n’est plus un exercice intellectuel lointain : c’est devenu une nécessité stratégique pour les acteurs politiques et économiques . Une société qui ne pense pas son avenir accepte, souvent sans le vouloir, que celui-ci soit écrit par d’autres. Or l’avenir n’est pas seulement ce qui arrive ; il est aussi ce que les choix du présent rendent possible. Prévoir, ce n’est donc pas seulement anticiper les événements, c’est préparer les conditions d’un futur maîtrisé.

Cette réflexion prend une dimension particulière pour la Guadeloupe, territoire insulaire confronté à ses propres défis alors que la France hexagonale traverse une période de profondes incertitudes économiques, sociales et politiques. Endettement public, ralentissement économique, crise de confiance, difficultés des services publics, transition écologique imposée par le changement climatique : le modèle national qui a longtemps constitué un cadre protecteur apparaît aujourd’hui fragilisé. Dans ce contexte, attendre passivement les réponses venues de l’extérieur reviendrait à prendre le risque de subir les transformations plutôt que de les accompagner.  Lire Plus

Automatisation : quels emplois demain ?

La Guadeloupe et la Martinique face au risque d’un véritable ravage sur l’emploi en raison du décrochage numérique et économique ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’intelligence artificielle n’est plus une simple perspective technologique réservée aux grandes entreprises mondiales ou aux laboratoires de recherche. Elle est désormais en train de pénétrer progressivement les secteurs qui structurent le quotidien économique et administratif des sociétés modernes : la banque, les services publics, les collectivités territoriales et l’ensemble du secteur tertiaire. Les inquiétudes concernant le remplacement des travailleurs humains par l’intelligence artificielle se sont intensifiées au cours de l’année écoulée, à mesure que les entreprises réduisent leurs effectifs, que les modèles d’IA deviennent plus performants pour les tâches de bureau et que les entreprises intègrent plus profondément l’IA dans leurs opérations. « De nombreuses banques ont fait état de gains d’efficacité de l’ordre de 30 % grâce à l’IA et à la poursuite de la numérisation », écrit la direction de Morgan Stanley.

Les banques sont à l’avant-poste de l’adoption de l’intelligence artificielle et tentent d’automatiser une partie de leurs activités pour essayer de profiter des économies promises par les avancées technologiques.Dans  Lire Plus

Pointe-à-Pitre : quand le déclin économique nourrit la violence

Pourquoi derrière le succès de la ZI de Jarry, la ville de pointe à Pitre est -elle en échec économique et sécuritaire ?

— Par Jean-Marie Nol —
Le cœur de Pointe-à-Pitre se désagrège depuis le départ des entreprises et commerces vers la zone industrielle et commerciale de Jarry, de Dothemare et également vers les centres commerciaux, et par voie de conséquence une frange de la jeunesse de la Guadeloupe est désormais prise au piège de la pauvreté et de la violence . C’est là un effet dû au temps long. Je veux dire par là que cela relève de la responsabilité de la rénovation urbaine ratée pour partie avec une erreur de jugement des municipalités successives qui a contribué à un urbanisme par trop social. La récente escalade de violence entre adolescents dans le département a une fois de plus mis en lumière une réalité préoccupante : la jeunesse de Pointe-à-Pitre et des environs est confrontée à une violence endémique et à des défis d’ordre économiques majeurs, accentués par la pauvreté croissante et le manque de perspectives d’avenir. Et c’est dans ce contexte, que les guadeloupéens devraient enfin finir par comprendre qu’aucun développement harmonieux et durable de la Guadeloupe n’interviendra sans prise de conscience sur l’importance des mécanismes économiques.  Lire Plus

Pour une nouvelle révolution productive antillaise

Souveraineté industrielle , planification économique :
penser la réindustrialisation de la Guadeloupe et de la Martinique
à partir de l’intérêt social.

— Par Jean-Marie Nol —

Longtemps reléguée au rang de variable d’ajustement au sein de la pensée libérale, la question industrielle doit nécessairement effectuer aujourd’hui un retour en force au centre du débat public.

Ce regain d’attention est la conséquence d’une violente accélération des destructions d’emplois prévisibles dans le secteur tertiaire avec la révolution technologique de l’intelligence artificielle et de la robotisation . Penser la réindustrialisation de la Guadeloupe et de la Martinique s’inscrit dans la théorie de la loi des cycles économiques et exige dès lors de rompre avec les incantations sur la souveraineté alimentaire et l’autonomie alimentaire pour affronter les dynamiques structurelles du capitalisme contemporain dont le nouveau cycle industriel est en marche avec l’intelligence artificielle et les destructions d’emplois des cols blancs.

La Guadeloupe ainsi que la Martinique se trouvent probablement à l’un des moments les plus décisifs de leur histoire économique contemporaine. Depuis plusieurs décennies, leur modèle de développement repose essentiellement sur un triptyque composé de l’administration publique, du commerce et des services.  Lire Plus

L’urgence d’un nouveau pacte ultramarin

L’Etat est incapable d’assumer ses propres responsabilités , alors gare à la surprise Union Européenne en 2035 !

— Par Jean-Marie Nol —

Face à l’accumulation des crises qui frappent simultanément la Guadeloupe, la Martinique et, dans une plus large mesure, la Guyane, une question fondamentale s’impose désormais avec une force nouvelle : quel doit être le rôle de l’État français dans la reconstruction économique, sociale et institutionnelle de ces territoires ? Car les signaux d’alerte se multiplient. L’insécurité progresse, les trafics de drogue gagnent du terrain, la violence des jeunes inquiète les familles, les divorces et les situations de monoparentalité augmentent, le chômage demeure structurellement élevé et l’exode des compétences continue de fragiliser le tissu économique local. Dans le même temps, les moteurs traditionnels de l’économie antillaise montrent des signes d’essoufflement préoccupants. Le BTP ralentit, le tourisme peine à retrouver un véritable dynamisme durable, l’administration publique ne peut plus absorber indéfiniment les demandeurs d’emploi et les activités tertiaires sont confrontées aux bouleversements provoqués par la révolution numérique et l’intelligence artificielle.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans un contexte mondial marqué par le ralentissement de la croissance, l’endettement massif des États, les tensions géopolitiques, les mutations technologiques accélérées et les conséquences du changement climatique.  Lire Plus

Entre démocratie et dictature

L’éco- cannibalisation mondiale est bien un scénario plausible en lieu et place de la mondialisation.

— Par Jean-Marie Nol —

Une dictature mondiale n’est plus une hypothèse d’école, mais s’avère désormais possible avec des déclinaisons autoritaires dans chaque pays du monde.
Depuis plusieurs années, un nombre croissant d’analystes, de chercheurs et d’observateurs de la vie internationale s’interrogent sur la solidité des démocraties contemporaines. Longtemps considérée comme une hypothèse marginale relevant davantage de la science-fiction politique que de l’analyse sérieuse, l’idée d’une progression mondiale des régimes autoritaires apparaît aujourd’hui comme une possibilité que beaucoup jugent de moins en moins improbable. Sans qu’il soit possible d’affirmer qu’une dictature mondiale fomentée par les grandes puissances du G7 + la Chine et la Russie, soit appelée à s’imposer de manière inéluctable, les évolutions observées dans de nombreuses régions du monde nourrissent un débat de fond sur l’avenir des libertés publiques, de la souveraineté populaire et des institutions démocratiques.

Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l’URSS définissent des sphères d’influence sur le monde. Au sein de ces sphères, ils promeuvent tous deux des modèles socio-économiques alignés sur eux et leurs intérêts, ce qui amène à constater dès 1946 que le monde est divisé par les grandes puissances de l’époque.  Lire Plus

Regarder la vérité en face !

— Par Jean-Marie Nol —

Toutes les conditions sont désormais potentiellement réunies et tous les ingrédients sont déjà en place pour l’écriture de cette nouvelle page de histoire de la France: la dictature.

Cela étant,la vérité m’oblige à dire que selon ma propre analyse prospective, ce n’est pas qui l’on croit qui sera à l’origine de ce changement de régime en France. Il est évident que je ne souhaite certainement pas m’eriger en une Pythie ou jouer les Cassandre, mais force est de souligner que ce ne sera pas le rassemblement national et encore moins reconquête qui sera à l’origine de cette dictature, car si le RN et ses alliés arrivent au pouvoir en 2027 ils seront très rapidement balayés par leur impuissance à résoudre les problèmes de la France et le RN finira bien aux oubliettes de l’histoire politique française. Selon moi, il y aura une autre mouvence politique et idéologique en gestation aujourd’hui qui instaurera la dictature en France, mon nous y reviendrons en temps voulu.

En 2035, nous vivrons bien dans un régime de dictature en France , et ce n’est malheureusement plus une hypothèse de travail, et encore moins une vue de l’esprit, mais une réalité devenue inéluctable avec les crises à venir…
Et c’est là un phénomène inarrêtable !  Lire Plus