– Par Rodolf Etienne
Certaines régions attirent les habitants, produisent, innovent, exportent et maintiennent un chômage relativement faible. D’autres accumulent vieillissement, pauvreté, dépendance, perte de population et faiblesse de l’investissement.
La Martinique n’est pas, chiffres en main, le « dernier de la classe » républicaine. Mais son cas est peut-être plus dérangeant encore. Possédant davantage d’atouts que plusieurs autres régions ou territoires, elle se voit tout de même largement dépassé.
La France, dans son large ensemble, n’avance pas à la même vitesse.
Il faut tout d’abord faire taire une idée simple. Non, la région française économiquement la plus mal en point n’est pas systématiquement la Martinique. La Guyane affiche un chômage de 19,3 % au premier trimestre 2026. La Réunion est à 19 %, la Guadeloupe à 15,2 %, contre 13,5 % en Martinique. Sur la pauvreté, les dernières données régionales comparables placent également la Guyane, La Réunion et la Guadeloupe derrière la Martinique. Mais cette lecture brute aurait le désavantage de masquer quelque chose de bien plus grave. La Martinique n’est peut-être pas le territoire français le plus pauvre. Mais, elle pourrait être l’un de ceux qui gaspillent le plus spectaculairement son potentiel.<p> Lire Plus


Longtemps perçue comme une région démographiquement jeune et dynamique, la Caraïbe connaît depuis une dizaine d’années les premiers signes de vieillissement de sa population.
L’humanité vieillit. L’espérance de vie augmenterait, dans les pays dits développés, à raison de trois mois par an, alors que le taux de natalité, dans la plus grande partie des pays européens et en Amérique du Nord, serait au-dessous du seuil de renouvellement des générations.
— Par Hugues HORATIUS-CLOVIS, Insee —
L’Insee vient de publier les résultats du bilan démographique de 2013. L’espérance de vie augmente légèrement, 85 ans pour les femmes et près de 79 ans pour les hommes. La fécondité de l’année reste stable, autour de 2 enfants par femme. Au final, la population continue à augmenter légèrement et notre pays, avec environ 800 000 naissances par an, peut programmer aisément les investissements à faire du fait de cette stabilité du nombre de naissances depuis des décennies. Le point négatif serait la mortalité infantile qui ne décroît plus depuis plusieurs années, alors que de nombreux pays européens ont maintenant de meilleurs résultats que la France. Tout irait donc, à peu près, pour le mieux.<p> 

