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Philippe « Pipo » Burdy : Coeur musical de la Martinique


– par Rodolf Etienne

Philippe « Pipo » Burdy, bassiste martiniquais, a accompagné quelques-unes des aventures musicales les plus fécondes de son territoire, de Marius Cultier à Dédé Saint-Prix, de Marcé à Kali ou Claude Césaire aux musiques traditionnelles réinventées aux racines du jazz créole. Retour sur un parcours singulier qui raconte aussi un demi-siècle de transformations de la musique martiniquaise.

La basse, cet instrument qui tient la musique debout

Dans un orchestre, certains instruments attirent immédiatement l’attention. Le chanteur capte les regards, le soliste impose ses phrases, le tambour entraîne la danse et les cuivres donnent à la musique son éclat. La basse, subtile, travaille dans une relative discrétion. Pourtant, elle occupe une position essentielle : elle relie la pulsation à l’harmonie, soutient le mouvement, organise les appuis et donne à l’ensemble sa profondeur.

Philippe « Pipo » Burdy appartient à la famille des musiciens dont la présence – la basse – transforme la manière dont l’orchestre respire.

Depuis les années 1970, son nom traverse plusieurs univers artistiques qui ont contribué à façonner la musique martiniquaise contemporaine. Jazz, biguine, bèlè, chouval bwa, musique populaire créole, créations acoustiques et expérimentations collectives jalonnent une carrière dont les traces se retrouvent aussi bien dans les archives discographiques que dans la programmation des salles et des manifestations culturelles.  Lire Plus

Cultier – Coltrane : Le jazz comme territoire

  • par Rodolf Etienne

Le 23 septembre 2026, John Coltrane aurait eu cent ans.

Le monde du jazz célèbre celui qui transforma le saxophone en instrument de recherche harmonique, spirituelle et presque métaphysique.

Depuis la Martinique, cet anniversaire invite à écouter en regard une autre aventure : celle de Marius Cultier, parce que chacun, dans son espace, a refusé de considérer le jazz comme une musique achevée.

Au moment où l’œuvre du pianiste martiniquais fait l’objet d’un important travail de transcription, de publication et de transmission, Marius Cultier apparaît plus que jamais comme l’un de ceux qui ont donné au jazz une langue caribéenne.

John Coltrane naît le 23 septembre 1926 à Hamlet, en Caroline du Nord. Il meurt en 1967, à seulement 40 ans, mais laisse derrière lui une œuvre qui aura suffi à transformer une partie du vocabulaire du jazz. Miles Davis, Thelonious Monk, Blue Train, Giant Steps, puis son quartet avec McCoy Tyner, Jimmy Garrison et Elvin Jones constituent autant d’étapes d’une recherche qui ne semble jamais vouloir s’arrêter.

Puis vint A Love Supreme, enregistré en décembre 1964.

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Mémoire : Garvey, la Négritude, l’Afrique, la biguine

— Par Rodolf Étienne

Dans la famille Jean-Louis-de Rivel, qui demander ?

Il arrive que l’histoire disperse les membres d’une même famille au point de nous empêcher d’y voir clair !

Henri Jean-Louis est généralement présenté comme juriste, écrivain, militant panafricaniste et pancaribéen. Son fils, Victor Jean-Louis Baghio’o, apparaît dans l’histoire littéraire comme romancier et ingénieur du son. Sa fille Cécile Jean-Louis, devenue Moune de Rivel, appartient quant à elle à l’histoire de la chanson créole. Leur mère, Fernande de Virel, reste beaucoup moins connue alors qu’elle fut compositrice, violoniste, pianiste et pédagogue.

Pourtant, réunis, leurs itinéraires dessinent quelque chose de beaucoup plus vaste : l’histoire d’une famille créole qui, pendant près d’un siècle, fait circuler entre les Antilles, l’Europe, l’Afrique et les Amériques des idées, des textes, des musiques et une certaine conception de la dignité noire. Charles W. Scheel lui-même invite à considérer ensemble Henri Jean-Louis, Fernande, Victor et Moune dans ce qu’il appelle le « losange » de l’Atlantique noir.

Au commencement, Henri Jean-Louis et Fernande de Virel

Henri Jean-Louis naît à Sainte-Anne en Guadeloupe en 1874.  Lire Plus

La biguine, une histoire créole

— Par Clémence Guinard —

Issue de la culture créole, la biguine est une musique et une danse devenue le symbole d’une identité aux Antilles. Retour en vidéo, avec Bertrand Dicale, sur ses origines et son héritage.

« Vous savez, aux Antilles, on aime bien se frapper la poitrine en disant : ‘C’est notre musique !’. C’est évident que la biguine, c’est notre musique. », commence Bertrand Dicale, journaliste et commissaire de l’exposition Traces musicales de l’esclavage à la Sacem. « C’est la musique de nos parents, de nos grands-parents, de nos arrière-grands-parents. Si je voulais être romantique, je dirais que c’est une musique qui nous coule dans les veines. »

L’emblématique biguine est apparue aux Antilles, et notamment à Saint-Pierre en Martinique, à la fin du XIXe siècle, quelques décennies après l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Ce genre mélange deux cultures musicales : européenne et antillaise. « Se rencontrent dans la biguine : le bèlè, qui est un rythme rural martiniquais, et la polka, qui est un rythme urbain européen », développe Bertrand Dicale.  Lire Plus

BIGUINE, à la fois documentaire et fiction

— par Christian Antourel —

 biguineComme chaque fois où un tubercule est recherché, cultivé, fouillé et finalement débusqué, réalisé, la satisfaction ressentie alors peut-être à son comble mais l’effort fut-il de toute beauté, il n’en demeure pas moins sûr qu’un tubercule reste une racine et n’est jamais un arbre.

La difficulté de faire, ne fait pas l’Art ; loin s’en faut. Disons au contraire, qu’elle souligne et stigmatise un handicap génétique ; que le rythme diabolisé de la biguine ne parvient pas à masquer.

Biguine, est ici documentaire et fiction à la fois.Le rêve est celui des auteurs, tout englués dans un cinéma sucre d’orge « Filibo », « Lotchyo » mais aussi « Bwa dan tchiou ».

La réalité reste un non-dit trop évident, contrarié. Une impossibilité d’être, avouée et révélée en 90 minutes d’un film innocent prit en otage.  Lire Plus