Étiquette : Aimé CHARLES-NICOLAS

«La culture, outil de résistance et de transmission.», un festival riche, intense et plaisant.

— Par Roland Sabra —

La foule nombreuse se pressait à l’hôtel Batelière de Schœlcher dès 8h 30 ce samedi 19 octobre 2019 pour le Festival culturel et Scientifique consacré à «La culture, outil de résistance et de transmission.» à l’initiative d’Aimé Charles-Nicolas, président de FIRST Caraïbes. Danse, musique, peinture, sculpture étaient largement représentées, il fallut attendre la dernière intervention de Myram Moïse pour que la littérature, plus précisément la poésie soit évoquée. C’est Audrey Célestine qui eut l’honneur d’ouvrir les débats en nécessité d’une transmission d’autant plus difficile qu’elle se heurte au vieillissement de la population, à l’exode de toute une partie de la jeunesse dont on sait qu’elle gonflera les bataillons de la diaspora avec peu d’espoir de retour au pays. Elle rappelle l’importance du SERMAC, de son son atelier théâtre au cours duquel elle fût appelée à jouer le rôle d’une esclave moment d’une prise de conscience de la distance entre le personnage qu’elle incarnait et l’apprentie comédienne, la jeune femme qu’elle était. Le thème du biface autour du passé/avenir l’amène à s’interroger sur ce qu’il en est de ce dernier.

→   Lire Plus

Il faut pouvoir nommer ce qui est détestable

— par Aimé Charles-Nicolas —

Des voix se sont élevées en Martinique pour que soit débaptisée la rue Blénac à Fortde-France. Gouverneur Général de la Martinique, il a fourni des informations à Colbert pour la rédaction de la première version du code Noir.

Depuis que la polémique est née aux Etats-Unis à propos de la statue du général Lee, plusieurs personnalités, en France, ont demandé que le nom de Colbert, auteur du Code Noir, soit retiré de l’espace public. En particulier Louis-Georges Tin du CRAN l’a qualifié d’ »acteur de la légalisation de l’esclavage » et »coupable de crime contre l’humanité ».

Dans sa lettre ouverte au maire de Fort-de-France, M. Monlouis-Bonnaire a récemment cité de moi des propos qui plaideraient pour le changement de nom de la rue Blénac. Je suis gêné. S’agissant de « mots détestables », je veux préciser ma pensée. Je ne crois pas qu’il faille supprimer les mots détestables. Il y a certes des mots à contenu détestable mais nous avons besoin de désigner les contenus détestables. Le mot en lui-même ne saurait être détestable. Vouloir supprimer des « mots détestables » du vocabulaire serait irréaliste.

→   Lire Plus

Colloque « L’esclavage : quel impact sur la psychologie des populations? » Un vif succès.

— Par Roland Sabra —

Un colloque d’une grande richesse tel à été celui consacré à l’impact psychologique de l’esclavage organisé à Fort-de(France les 26 & 27 octobre 2016. Toutes les interventions étaient de qualité. Une des toutes premières fût celle de Patrick Chamoiseau qui s’ingénia à prendre à contre-pied ce que l’on entend habituellement par trauma pour s’en faire le chantre. Le trauma est lié intimement à la vie qui elle- même commence par celui de la naissance. Il s’est ensuite attaché à montré chez Césaire et Glissant un au-delà de l’événement. La prestation était brillante et (trop ?) longue comme à l’accoutumée. Même abrégée par la force du président de séance elle eut pour conséquence de supprimer une pause et de décaler l’ensemble du colloque.

Si toutes les communications faites lors de la première journée du colloque étaient de qualité l’une d’entre elles a émergé du lot par son contenu résolument novateur. Ariane Giacobino, généticienne s’est appliquée à expliquer comment un traumatisme psychique s’inscrit sur l’ADN et comment cette inscription se transmettait de façon épigénétique. Le patrimoine génétique n’est pas modifié mais l’expression du gène est soit stimulée soit inhibée.

→   Lire Plus

Journées des dupes ?

— Par Aimé Charles-Nicolas,  Professeur Emerite de psychiatrie et d’addictologie —
le_mepris_camusCette manifestation avec tous ces chefs d’État à Paris en tête de cortège a entrainé une exaltation patriotique. La Marseillaise a été chantée dans plusieurs cortèges et à l’Assemblée nationale. Cela ne s’était pas vu depuis la Libération. Les Français ont fait peuple et ont clamé leur fierté.
En effet la puissance symbolique de la manifestation du 11 janvier ne doit pas être sous-estimée. Elle a changé la vision du monde et la doxa internationale. Le raccourci « musulman-islamiste-terroriste » est installé dans les esprits. Alain Finkelkraut a bien résumé cet état d’esprit : « L’islamisme n’est pas sans lien avec l’islam » . L’idée qu’Israël est dans son droit a été renforcée et intériorisée. Et tous ces massacreurs, kamikazes, frères Kouachi et autres fous de Dieu et Daesh ont démontré qu’ils tiraient contre eux-mêmes, ils ont déclenché ce processus et leurs balles sont – toujours – de vrais boomerangs, une preuve de plus en est (quasi comique) qu’il oublie sa carte d’identité dans la voiture volée! En tous cas, leurs carnages nous entrainent, vous et moi, dans leur spirale de mort.

→   Lire Plus

Les dissidents : l’histoire contre la mythologie

 

— par Aimé CHARLES-NICOLAS — 


Le 22 février a eu lieu à l’Atrium une projection du film d’Euzhan Palcy « Parcours de dissidents » suivie d’un débat en présence d’Euzhan Palcy et de dissidents, tous magnifiques dans leur simplicité et leur noblesse, comme dans le film.
Le film est beau mais le débat blesse là où une sorte de pensée unique restreint l’expression des dissidents.

D’abord le film tient la promesse du titre. Ponctué de photos des dissidents et d’extraits d’archives il a voulu donner enfin la parole aux dissidents. Il y a réussi merveilleusement. Il était temps en effet. Euzhan Palcy nous le dit au cours du débat qui a suivi (le temps fort de la soirée c’était vraiment la présence parmi nous des dissidents, très applaudis) : entre le moment où elle a commencé le film et aujourd’hui, plusieurs dissidents nous ont quittés. Elle a failli se laisser piéger par le temps qui file.

Le film captive. La réalisatrice réussit à nous transporter soixante ans en arrière dans des allers-retours entre la photo du dissident jeune et le gros plan de celui qui parle, ni tout à fait le même ni tout à fait un autre.

→   Lire Plus