Quand la vérité nous rattrape.

— Par Florent Grabin, président de l’Association Écologique P.U.M.A. —

1981 le Président de la République Française a libéré les ondes ce qui a permis à l’association APPELS de faire savoir à la population qu’il y a un grave problème de qualité de l’Eau distribuée. En 1994 après différentes tentatives, nous sommes parvenus enfin à avoir un débat télévisé sur le sujet Eau, puis en 1996 nous avons de nouveau communiqué sur l’absence de prise en compte des pesticides dans les analyses de l’Eau.

Depuis nous n’avons jamais lâché prise sur la question des analyses de l’Eau en mettant en cause les résultats du Laboratoire de Lille qui opérait pour le compte de la DASS et celui de Massy-Palaiseau en charge des analyses pour la répression des fraudes, enfin nous avons été entendus, Monsieur le Préfet de l’époque a accepté que les analyses se fassent au Laboratoire départemental de la Drôme que nous avons visité et filmé afin de remettre au Préfet la copie lui permettant de comprendre notre motivation, puis diffusé sur une télévision locale qui nous hébergeait.

Nous avons le 21 février 2008 relancé les services de la DASS sur la recherche des organochlorés et il a été convenu d’élargir sur l’ensemble des familles de pesticides, afin d’avoir un panorama exhaustif des molécules éventuellement présentes dans l’Eau ; n’ayant pas de réponse à notre demande nous l’avons réitérée le 6 juin 2008, il nous a été répondu que les résultats sont disponibles.

À réception de ces résultats notre crainte a été confirmée : les pesticides sont présents dans l’eau du robinet chez le consommateur au nombre de 375 molécules voilà un extrait du courrier d’accompagnement :

Comme attendu, des traces de Chlordécone sont retrouvées au robinet, mais à des niveaux très inférieurs aux seuils de potabilité (0,1µg/l). En effet, le charbon actif a un rendement déterminé (en l’occurrence supérieur à 97 %) et ne retient pas l’intégralité des pesticides, mais permet d’atteindre les normes de potabilité.

En revanche, il est curieux d’observer la présence d’anthraquinone, diuron et monuron (toujours en dessous des seuils de potabilité) sur le réseau de distribution, puisque ces molécules ne sont pas retrouvées de façon usuelle au niveau de la ressource en eau brute (prise sur la rivière Lézarde ou la rivière Capot). Les distributeurs d’eau ont été informés.

Ces résultats sont les premiers d’une série de 4 et une analyse globale de la situation mérite d’avoir l’ensemble des résultats qui devraient être disponibles avant septembre 2008.

Cette vérité est connue de toutes les instances à qui nous avons fait parvenir ces résultats d’analyses, ce qui nous a valu d’être traînés dans la boue du simple fait que nous refusons la pensée unique et d’être à l’origine de toutes ces demandes d’informations.

Suite à de nombreuses visites que nous avons effectuées dans différentes usines de traitement d’eau de leaders mondiaux, au niveau national, à notre demande, Monsieur Claude LISE, Président du Conseil Général, que nous remercions pour nous avoir entendus, c’est en 2005 qu’il a inauguré la mise en place des modules de filtration à l’usine de Vivé ; de même, afin de comprendre le fonctionnement du laboratoire de Valence dans la Drôme, nous nous sommes rendus sur place et à notre retour nous avons convaincu notre Président Claude LISE de mettre au même niveau le Laboratoire Départemental d’Analyses (LDA) qui a été renforcé pour être en conformité avec celui de Valence.

Ce qui fait mal, très mal, c’est d’entendre ce brouhaha autour de la molécule Chlordécone qui est l’arbre qui cache la forêt des 375 molécules chimiques des pesticides, on tend le micro à de nombreux bavards ignares qui laissent entendre des contrevérités scientifiques, techniques, administratives, ou de localisation, cette sous-information contribue à des dérives étatiques.

Qui est responsable de la surveillance de la qualité de l’Eau ? C’est l’ARS, donc l’État.

Qui est responsable de la production de l’Eau et du réseau de distribution pour plus de 60 % de la population ? C’est la CTM, donc nos élus ; dans ces conditions il est très inquiétant de constater ce grand silence, tant au niveau de la majorité que de l’opposition.

Pourquoi nos élus qui sont informés des résultats des analyses n’engagent-ils pas les travaux de mise aux normes, de ces installations ? Pourquoi le consommateur qui est informé de cette situation ne réagit-il pas, d’autant que c’est lui qui finance tous ces travaux par le biais de ses factures, dans ces conditions où va cet argent  et qu’en fait-on ?

Où est passé le principe de responsabilité ?

Une de nos armes les plus puissantes est le dialogue, qui peut nous faire le reproche de ne pas avoir communiqué, informé, alerté, Pour Une Martinique Autrement, sur l’enfermement imposé par l’État sur la question des pesticides.

Pour l’association écologique PUMA

Le Président

Florent GRABIN