Catégorie : Sociologie

Démocratie sans boussole : quand les partis ne rassemblent plus

— Par Vincent Tiberj (*) —

D’un côté, des partis toujours présents dans les institutions ; de l’autre, une part croissante de citoyens qui ne s’en sentent plus proches : l’écart se creuse entre représentation politique et société. 

Jamais les partis politiques français n’ont semblé aussi fragiles. Entre montée des “sans-parti”, vote par défaut et rejet massif des formations existantes, le lien entre citoyens et organisations partisanes s’effrite – au risque de déstabiliser durablement notre modèle démocratique.

Nous vivons une étrange période politique. La coalition qui gouverne n’est pas celle qui est sortie victorieuse des élections de 2024. Les débats continuent à s’organiser autour des figures et partis politiques comme si de rien n’était. La perspective de la présidentielle est dans les têtes et elle est préparée activement dans les cercles partisans. Pourtant, les niveaux de défiance n’ont jamais été aussi forts en France et la classe politique est devenue un des sujets majeurs de préoccupations des répondants aux sondages. La “grande démission civique” aboutit à ce que de plus en plus de citoyens se détournent des urnes et des partis pour faire politique autrement.

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Michel Portal, la liberté pour seule partition

— Par Sarha Fauré —

Le clarinettiste, saxophoniste, bandonéoniste et compositeur Michel Portal est mort le 12 février 2026 à Paris, à l’âge de 90 ans. Avec lui disparaît l’une des figures les plus singulières et les plus libres de la musique européenne des soixante dernières années : un soliste international formé au classique, pionnier du free jazz, compagnon des avant-gardes contemporaines et compositeur célébré pour le cinéma.

Une enfance basque, entre fêtes et rigueur

Né le 27 novembre 1935 à Bayonne, dans les quartiers populaires du Saint-Esprit, Michel Portal grandit dans un univers mêlant artisanat, petites échoppes, synagogue, école Jules-Ferry et gare. Il aimait rappeler, non sans malice, que l’on disait en traversant l’Adour : « Je vais à Bayonne », comme si son quartier en était à la lisière — image d’un destin toujours un peu à côté des cadres établis.

Son père, Sylvain Portal, l’initie très tôt à la musique. À 9 ans, il apprend le bandonéon, instrument qu’il ne quittera jamais tout à fait. Il étudie ensuite la clarinette à l’école nationale de musique de la ville.

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« Les Nouveaux Esclavagistes », de Barbie Latza Nadeau

Dans Les Nouveaux Esclavagistes, Barbie Latza Nadeau signe une enquête internationale d’une ampleur rare sur l’un des trafics les plus lucratifs et les plus méconnus de notre époque : la traite des êtres humains. Loin d’être un phénomène marginal, ce commerce clandestin constitue aujourd’hui une véritable industrie mondialisée, générant des profits colossaux et faisant une nouvelle victime toutes les trente secondes.

L’ouvrage montre que la traite des êtres humains constitue aujourd’hui une véritable économie mondialisée, générant environ 150 milliards de dollars par an. Ce chiffre vertigineux révèle une réalité glaçante : derrière chaque bénéfice se trouve une vie exploitée.

Une enquête internationale au long cours

Journaliste d’investigation installée en Italie, Barbie Latza Nadeau s’est d’abord intéressée aux migrations en Méditerranée. En embarquant sur des navires humanitaires venus secourir des embarcations de fortune, elle observe un phénomène récurrent : la présence massive de jeunes femmes nigérianes. En creusant, elle découvre l’ampleur des réseaux de traite sexuelle opérant entre l’Afrique et l’Europe, souvent en lien avec des organisations criminelles structurées.

Mais son livre élargit considérablement le champ. Des côtes libyennes aux États-Unis, de l’Ukraine à la Thaïlande, elle cartographie un système tentaculaire et intercontinental.

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La Saint-Valentin : d’un mythe antique à une fête, commerciale et mondiale, de l’amour

Chaque 14 février, des millions de couples célèbrent la Saint-Valentin à travers le monde. Roses rouges, chocolats, cartes illustrées et déclarations enflammées rythment cette journée devenue emblématique de l’amour romantique. Pourtant, derrière les clichés et le succès commercial, l’histoire de la Saint-Valentin demeure complexe, mêlant traditions antiques, légendes chrétiennes, poésie médiévale et stratégies marketing modernes.

Des racines antiques controversées

Certains font remonter la Saint-Valentin aux Lupercales, fête romaine célébrée du 13 au 15 février en l’honneur de Lupercus, dieu de la fécondité. Lors de ces rituels, des prêtres parcouraient la ville en frappant les femmes avec des lanières de cuir censées favoriser leur fertilité. Ces célébrations, marquées par une forte dimension sexuelle et carnavalesque, visaient à encourager la reproduction et symbolisaient le renouveau du printemps.

Toutefois, aucun texte antique n’associe directement le 14 février à l’amour romantique. Si l’Église a su  christianiser bien des fêtes païennes, le lien direct entre les Lupercales et la fête des amoureux reste historiquement fragile.

Les figures de saint Valentin : entre histoire et légende

Plusieurs martyrs chrétiens nommés Valentin sont célébrés le 14 février.

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Napoléon Bonaparte : L’empereur fossoyeur qui assassina Toussaint Louverture…

… en 1803 au Château de Joux, dans le massif du Jura…

— Par Robert Lodimus —

Durant les dernières semaines de sa vie, Napoléon Bonaparte pensait de temps en temps à Hannibal Barca. Il relisait ou écoutait des récits tragiques sur la chute de Carthage. Peut-être, l’empereur voulait-il que la fin de son exil à l’île Sainte-Hélène ressemblât à celle du grand héros de la cité carthaginoise. Comme vous le savez, Hannibal se suicida, dans le but de priver ses ennemis, les Romains, du plaisir de le tourner en dérision. De le ridiculiser. De l’humilier. L’arme du suicide est souvent utilisée par les grands chefs militaires pour disparaître dans la dignité, pour mourir de manière honorable, après une cuisante défaite sur le champ de bataille. Les samouraïs s’éventraient avec leur sabre ou leur poignard : c’est ce que l’on appelle « faire son hara-kiri ». Adolf Hitler ne termina pas son existence comme Benito Mussolini. Il se tira lui-même une balle dans la tête. Alors que pour Benito Mussolini, la honte l’accompagna aux barrières des ténèbres. Son cadavre, comme celui de sa compagne, Clara Petacci, fut profané par les partisans le 28 avril 1945 à Giulino di Mezzegra, en Italie.

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« La désoccidentalisation des savoirs », un livre de Thomas Brisson

Décentrer l’Occident sans renoncer à l’universel

Dans Désoccidentaliser les savoirs, Thomas Brisson propose une analyse nuancée et ambitieuse des circulations intellectuelles entre l’Occident et les sociétés dites du « Sud ». Plutôt que d’opposer frontalement savoirs occidentaux et savoirs non occidentaux, il interroge les conditions dans lesquelles les sciences humaines et sociales se sont diffusées à l’échelle mondiale, transformées au contact d’autres contextes, et parfois retournées contre l’hégémonie dont elles étaient issues.

L’ouvrage s’ouvre sur une série de questions provocantes : peut-on comprendre le capitalisme indien contemporain avec les catégories de Max Weber ? Analyser le suicide au Japon à partir des concepts forgés par Durkheim pour la France du XIXe siècle ? Appliquer sans précaution l’historiographie occidentale moderne à des mondes – arabe ou chinois – dotés de traditions historiques pluriséculaires ? Ces interrogations ne visent pas à disqualifier les sciences sociales européennes, mais à mettre en lumière leur inscription historique et culturelle. Elles soulignent le décalage possible entre des concepts élaborés dans un contexte précis et leur usage dans d’autres univers sociaux.

Pour autant, « désoccidentaliser » ne signifie pas rejeter en bloc les savoirs nés en Europe.

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Le monument et les traces

Visite d’échanges et de réflexion patrimoniale avec le Parc Naturel de la Martinique.

— Par Patrick Chamoiseau —

Le Château Dubuc est un haut lieu mémoriel de notre fondation collective. Nos ancêtres partagés y ont mené durant des siècles une lutte antagoniste et solidaire. Cette habitation sucrière fut l’une des plus puissantes de la côte atlantique. On y produisit du sucre, du tafia, de l’indigo ; on y exploita des terres défrichées au prix de la “désapparition” de nos ancêtres Kalinago ; on y fit travailler des centaines d’Africains, puis leurs descendants, réduits en esclavage et aux aliénations. Les archives attestent de pratiques de contrebande et d’un commerce négrier clandestin qui reliait cet endroit aux réseaux atlantiques. La prospérité du site fut brève, sa chute rapide au XVIIIᵉ siècle — mais son empreinte demeure.

Ici, comme partout ailleurs chez nous, la notion de patrimoine est problématique. La mémoire coloniale y a laissé des vestiges qui constituent un monument visible (bâtiments d’exploitation, canaux, citerne, moulin, cachot, débarcadère…), relevant d’une structure de domination totalitaire. Les mémoires amérindiennes, africaines et créoles, y ont laissé des traces qui tissent de nouvelles alchimies patrimoniales.

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Nous, médecins et scientifiques, alertons sur le décalage croissant entre l’état de la science et la fabrique de la loi

— Collectif —

Alors que le gouvernement prépare une loi d’urgence agricole, plus de 650 experts dénoncent une politique qui privilégie le court terme au détriment de la remise en cause d’un modèle dont les limites sont établies de longue date par la recherche.

Au moment où une nouvelle loi d’urgence pour l’agriculture est annoncée, la France semble rejouer un scénario désormais bien connu. Face à une colère agricole profonde et légitime, la réponse politique privilégie des mesures de court terme, repoussant, une fois encore, l’examen de fond d’un modèle agricole dont les limites sont établies de longue date par la recherche.

Nous, médecins et scientifiques issus de disciplines allant de l’économie à la toxicologie en passant par l’agronomie, prenons aujourd’hui la parole collectivement pour alerter sur le décalage croissant entre l’état des connaissances scientifiques et la fabrique de la loi. Non pour opposer agriculture et environnement, mais pour rappeler la nécessité de les reconnecter, au moment où les orientations politiques adoptées ces dernières années s’éloignent dangereusement de ce que recommande la science.

Destruction de la biodiversité

Le diagnostic est clair.

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Pedro Sánchez Premier ministre Espagnol régularise 500.000 immigrants (un demi million).

— Par Pedro Sánchez —

« Imaginez que vous soyez le dirigeant d’un pays et que vous soyez confronté à un dilemme. Environ un demi-million de personnes, essentielles à la vie quotidienne de tous, vivent dans votre pays. Elles s’occupent de parents âgés, travaillent dans de petites et de grandes entreprises, récoltent la nourriture qui arrive sur nos tables. Elles font aussi partie de votre communauté. Le week-end, elles se promènent dans les parcs, vont au restaurant et jouent dans des équipes locales de football amateur.
Mais une chose essentielle distingue ces quelque cinq cent mille personnes des autres habitants de votre pays : elles ne disposent pas des documents légaux leur permettant d’y vivre. En conséquence, elles n’ont pas les mêmes droits que les citoyens de votre pays et ne peuvent pas remplir les mêmes obligations. Elles ne peuvent pas accéder à l’enseignement supérieur, payer des impôts ni cotiser à la Sécurité sociale.
Que devons-nous faire de ces personnes ? Certains dirigeants ont choisi de les traquer et de les expulser à travers des opérations à la fois illégales et cruelles.

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« Bellevue d’hier et d’aujourd’hui »

Exposition au Centre Commercial du Rond-Point 

— Par Christian Jean-Étienne (*) —

Cette exposition s’est tenue au premier étage du Centre commercial Le Rond-Point, à l’espace « Rond-Point des Arts » du 2 au 30 janvier 2026.

Tout est partie de la collection de cartes postales anciennes de Martinique réalisée par Mme Claire ROSEAU, la gérante du Centre Commercial Le Rond-Point. Notamment, celle qui représentait la rhumerie CHAUVET à la Pointe des Nègres l’a intriguée et elle a voulu en savoir plus sur l’histoire de ce quartier où est implanté le centre commercial depuis une trentaine d’années.

L’idée de l’expo était née : « Bellevue d’hier et d’aujourd’hui ».

. L’intérêt de cette exposition était d’aider les visiteurs et les habitants du quartier à redécouvrir le territoire et à s’approprier l’évolution de Bellevue et de Pointe-des-Nègres au plan historique, géographique et culturel

Ont participé, avec les précieuses notes de Marie CHOMEREAU-LAMOTH, 95ans, véritable mémoire vivante du quartier :

  • La photographe Adeline RAPON,

  • les cartes postales anciennes de Claire ROSEAU,

  • La Scénographie avec Corinne DAUNAR, Frédéric et Mathieu de TMDF,

  • L’accompagnement du Géographe Christian JEAN-ETIENNE.

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« Nous, journalistes de l’Agence France-Presse, pensons que le projet de la direction conduirait à notre disparition pure et simple »

 — Tribune Collectif —

Pour faire des économies, la direction de l’AFP veut diviser par trois le nombre de postes expatriés. Signant la mort de la mobilité, cette réforme va causer la perte du réseau de l’agence, alerte, dans une tribune au « Monde », la Société des journalistes de l’Agence France-Presse.

Nous, journalistes de l’Agence France-Presse (AFP), avons décidé de sortir de l’ombre pour faire part de notre grande inquiétude face au projet de réforme actuellement présenté par la direction, qui, en ciblant les règles régissant la mobilité des journalistes et leurs conditions d’expatriation, aura pour conséquence funeste de détruire in fine le réseau historique de l’agence.

L’AFP a vu le jour le 20 août 1944, cinq jours avant la libération de Paris, quand un petit groupe de résistants a pris le contrôle de l’Office français d’information, organe de propagande du régime de Vichy.

Leur ambition était forte : bâtir un réseau d’information indépendant et fiable, partout dans le monde. Peu à peu, le réseau s’est étoffé et l’AFP, au fil de ses quatre-vingts ans d’histoire, s’est imposée en tant qu’agence internationale aux côtés de ses deux concurrentes anglo-saxonnes, Associated Press et Reuters.

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Se loger devient un privilège : la fracture du logement en France

— Jean Samblé —

La crise du logement en France s’est profondément aggravée et s’impose désormais comme l’une des urgences sociales majeures du pays. Année après année, les signaux d’alerte se multiplient, traduisant une dégradation continue des conditions de logement et un affaiblissement des politiques publiques censées y répondre. Le logement, longtemps relégué au rang de variable budgétaire, paie aujourd’hui le prix de choix politiques marqués par l’austérité et le désengagement de l’État.

Cette crise ne se limite pas au sans-abrisme visible. Elle touche un spectre beaucoup plus large de la population : ménages en surpeuplement, locataires confrontés à des loyers excessifs, familles piégées dans des logements énergivores, personnes en attente prolongée d’un logement social. Des millions d’individus vivent ainsi dans une insécurité résidentielle permanente, fragilisés par la hausse du coût de la vie, la précarisation de l’emploi et l’érosion du pouvoir d’achat.

Parmi les formes les plus méconnues du mal-logement figure l’hébergement contraint chez des tiers. Faute de ressources suffisantes ou d’accès à un logement autonome, des centaines de milliers de personnes vivent chez des proches, des amis ou parfois de simples connaissances, souvent dans des conditions de promiscuité éprouvantes.

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« Istwa Ayisyen » & « Humanité Maternité Matricide »

Par Jean-Bernard Bayard

Istwa Ayisyen
Depi 1804 ayisyen ap chiré pit san rété ap pwente dwèt. Se toujou yon lòt moun ki la kòz mizè-l. Afè pouvwa an Ayiti pa gen anyen pou wè ak responsabilite, devwa, pwodiksyon, konstriksyon, lekòl ou latriye. Ayisyen pa janm apwann pale, sèl sa yo konnen se voye monte! Pawòl tout Ayisyen se levanjil, yo chak konn tout bagay, tout lòt moun pa konn anyen, ki fè donk ke verite-a si nou gade byen, ayisyen tou di-w ke yo tout sòt. Anpil Ayisyen rayi boujwa poutan plis ladan yo ta vle vin boujwa. Yo ta bezwen milyonè san yo pa travay pou sa. Pou ki sa nou bezwen al lekòl si li pap banm kòb? Tout gwo zotobre an Ayiti vin gen voum kòb nan vòlè, Tout gwo entelektwèl an Ayiti se pale anpil, ekri liv ak pwezi yo pa janm fè yon mèd pou peyi-a! Èske moun ki panse konsa pap di verite? Wi na jwenn ladan yo ki eseye fè kichòy pou Ayiti, gen ladan yo ki mouri pou la kòz, men fò nou di verité, se eksepsyon yo ye, se pa anpil ladan yo.

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Enfants invisibles : l’urgence d’agir dans les Outre-mer

— Par Sabrina Solar —

À l’approche des élections municipales de 2026 et de l’élection présidentielle de 2027, l’UNICEF France alerte sur une réalité préoccupante : des milliers d’enfants vivant sur le territoire français demeurent invisibles des statistiques publiques, et cette invisibilisation frappe de manière disproportionnée les territoires d’Outre-mer.

Dans un contexte marqué par de profondes transformations climatiques, sociales, économiques et numériques, les droits de l’enfant sont fragilisés partout en France. Mais dans les Outre-mer, ces fragilités se cumulent et s’aggravent, faute de données complètes, fiables et régulièrement actualisées permettant d’adapter les politiques publiques aux besoins réels des enfants.

Les enfants ultramarins figurent parmi les plus exposés à la pauvreté, aux ruptures d’accès aux droits fondamentaux et aux défaillances des services publics. À Mayotte, par exemple, huit enfants sur dix vivent sous le seuil de pauvreté, une situation sans équivalent en France hexagonale. Dans ces territoires où les enfants représentent parfois plus de la moitié de la population, l’absence de données solides compromet directement la planification des politiques de santé, d’éducation, de protection de l’enfance ou d’accès à l’alimentation.

Cette invisibilité statistique concerne en priorité les enfants les plus vulnérables : enfants non scolarisés, vivant dans la grande pauvreté ou sans domicile, enfants en situation de handicap, mineurs non accompagnés, mais aussi l’ensemble des enfants vivant dans des territoires où les contraintes géographiques, logistiques et institutionnelles rendent la collecte de données plus complexe.

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Protestation citoyenne Contre Arno Klarsfeld, Conseiller d’État

Par Yves Untel Pastel

Le 24 janvier 2026, sur le plateau de la chaîne CNews, Arno Klarsfeld a appelé à organiser « des rafles un peu partout en France » pour « se débarrasser des OQTF », citant en exemple la police de l’immigration américaine (ICE).

Extrait des propos tenus :

« Regardez ce que fait Donald Trump aux États-Unis : il a décidé d’une politique dure, d’envoyer des forces qui sont dures aussi et qui commettent parfois des erreurs. Si on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser — comme le fait Donald Trump avec l’ICE — des sortes de grandes rafles un peu partout. Mais en organisant des grandes rafles, c’est-à-dire en essayant d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière, on commet aussi des injustices. On ne peut pas faire ça sans commettre aussi des injustices. On a bien vu le cas de la dame qui s’est fait tirer dessus dans le Minnesota. »

PROCLAMATION CITOYENNE : LE CRÉPUSCULE D’UNE CONSCIENCE

  • Considérant que la République française repose sur l’indivisibilité de la dignité humaine et l’universalité des droits ;

  • Considérant les déclarations de Monsieur Arno Klarsfeld, conseiller d’État, appelant à l’organisation de « grandes rafles » comme outil de pression migratoire ;

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J’ai le devoir d’écrire; nous avons la responsabilité d’agir…

— Par Robert Lodimus —

« La vie de l’homme dépend de sa volonté; sans volonté,
elle serait abandonnée au hasard ».

(Confucius) 

Il serait bon de rappeler que tous les peuples du monde sont tributaires des mêmes souffrances. Des mêmes manquements. Des mêmes abus. Des mêmes privations… À des degrés divers, peut-être… Néanmoins, ils sont coulés dans la même moule de frustrations… C’est dans le puits de cette vérité, qui a la force d’un postulat, que les philosophes allemands, Karl Marx, le père du  «calcul de la plus-value » et Friedrich Engels ont extrait le souffle puissant de mise en garde universelle : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous… »

Loin de nous l’idée de faire l’apologie du « communisme » avec son moteur calant, dans ce monde où son véritable adversaire, le « capitalisme » est déjà installé sur son lit de déclin. Joseph Eugene Stiglitz, – Lauréat du prix Nobel d’économie en 2001, constate que « la gauche et la droite sont déboussolées. »

En effet, toutes les analyses de type macroéconomique montrent clairement l’échec de ces deux courants idéologiques qui se sont affrontés à coups de hache durant plusieurs décennies.

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Deepfakes : 2026, année de tous les dangers

— Par Siwei Lyu (*) —

Visages, voix, gestes : les deepfakes de nouvelle génération reproduisent l’apparence humaine avec une telle cohérence qu’ils deviennent indiscernables du réel, notamment dans les vidéos et appels de faible qualité. – © terovesalainen

En 2025, les deepfakes ont franchi un seuil critique : plus réalistes, plus massifs, plus faciles à produire. À l’aube du temps réel, ils ne trompent plus seulement le public, mais commencent aussi à déborder les capacités de détection des institutions.

Au cours de l’année 2025, les techniques de génération de deepfakes ont connu une évolution spectaculaire. Les visuels de visages, de voix et de corps entiers générés des systèmes d’IA ont gagné en qualité – bien au-delà de ce que beaucoup d’experts imaginaient encore il y a quelques années. Ces vidéos sont aussi davantage utilisées pour tromper ceux qui les regardent.

Dans de nombreuses situations du quotidien – en particulier les appels vidéo de faible résolution et les contenus diffusés sur les réseaux sociaux –, leur réalisme est désormais suffisant pour berner à coup sûr des publics non spécialistes. Concrètement, les médias synthétiques sont devenus indiscernables d’enregistrements authentiques pour le grand public et, dans certains cas, même pour des institutions.

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La marche, ce mode de déplacement qui ne compte pas (assez)

— Par Frédéric Héran (*) —

Les statistiques ne sont jamais neutres : elles sont le reflet de choix politiques répondant à un contexte historique spécifique. La manière de présenter les résultats des enquêtes statistiques sur la mobilité des personnes en France, qui a déjà 50 ans, n’échappe pas à cette règle. Elle conduit à sous-estimer fortement les déplacements à pied, au risque de continuer à favoriser des politiques en faveur des modes de déplacement motorisés.

Il est grand temps de réformer cet usage, comme l’a fait la Suisse il y a déjà 30 ans, si l’on souhaite redonner aujourd’hui davantage de place aux mobilités actives, tant pour des raisons sociales, économiques qu’environnementales. Pour rappel, la marche est le mode de déplacement le plus inclusif, le plus démocratique et le moins nuisible à l’environnement, et pas seulement dans le cœur des grandes villes.

Ce que disent les statistiques sur la mobilité

En France, depuis la standardisation des enquêtes sur la mobilité des personnes en 1976, les déplacements sont généralement présentés sous forme de “parts modales”. Il s’agit des parts, sur l’ensemble des déplacements comptabilisés, réalisées avec chaque mode de déplacement : voiture, deux-roues motorisé, transports collectifs, vélo, marche…

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Martinique : Réapprendre à faire société ou quand la fatigue sociale abîme le lien humain

Entre héritages historiques, tensions quotidiennes et soif de dignité relationnelle

— Par Rodolf Étienne —

Violences sexistes, homicides, rapports sociaux tendus, en Martinique, nombreux sont ceux qui ressentent confusément que quelque chose a changé dans les relations sociales, dans les relations humaines, au cœur même de notre société.

De fait, sans qu’il soit toujours possible de le formuler clairement, un malaise diffus semble traverser les échanges du quotidien : paroles plus sèches, conflits rapides, jugements hâtifs, climat de méfiance généralisée, le ton monte, le climat social se dégrade. Ce n’est pas tant par leur gravité que ces actes nous interpellent, c’est surtout qu’ils marquent les esprits, que leur répétition ordinaire, leur banalisation nous convoquent toutes et tous, autant individuellement que collectivement.

Cependant, ce phénomène nouveau ne peut pas être réduit à des défauts individuels, à des attitudes isolées, à des cas particuliers. Il s’inscrit plutôt dans un contexte social, historique et psychologique collectif qu’il faut accepter de regarder et de juger avec lucidité plutôt qu’avec déni ou colère.

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Davos : La source des malheurs de l’humanité

— Par Robert Lodimus —-

Pour baisser les flots d’angoisse qui montent dans notre coeur comme les vagues de l’océan, nous avons repris l’habitude de revisiter les grands philosophes des courants de l’épicurisme et du stoïcisme. Les chrétiens, en des moments de sombreur  spirituelle, lisent la Bible. Les musulmans, le Coran. Les judaïstes, la Torah. Les bouddhistes, le Dhammapada : quand ils ne se retrempent pas dans les citations fortifiantes du confucianisme. Lorsque l’âme humaine est plongée dans la tourmente, il lui faut une cure de « Sagesse » pour ne pas basculer dans l’opacité de la démence mortifère. 

Toutes ces mauvaises nouvelles qui arrivent des quatre coins de la planète engloutissent notre capacité de résilience et détruisent petit à petit nos cellules de résistance. Tous les matins, nous nous réveillons avec des pensées pessimistes, sceptiques, qui sont devenues de plus en plus difficiles à chasser de notre mémoire torturée. Nous souffrons de figurer parmi les témoins impuissants de si grandes « injustices ». Que l’auteur anonyme de ces vers qui lui furent inspirés par le comportement répréhensible du « ministre plénipotentiaire » de Louis XIII nous absolve de  l’usage décontextualisé que nous faisons de l’esprit de son œuvre !

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« Grands Médecins de la Martinique », un livre du Professeur Yves Catonné

Venue de Yves Catonné en Martinique 22 janvier-6 février

La semaine prochaine la Martinique recevra la visite du Professeur Yves Catonné, pour la présentation de son livre « Grands Médecins de la Martinique ». A cette occasion la fondationClément et l’URML (Union Régionale des Médecins Libéraux) recevront les professionnels de santé intéressés par l’histoire de la médecine en Martinique.

De nombreux grands médecins ont permis à la Martinique de se doter du meilleur niveau médical de la Caraïbe dans à peu près toutes les spécialités. La réputation de certaines de ces personnalités a même largement dépassé le niveau national et leur apport à la médecine moderne est incontestable, ce qui est tout à fait remarquable pour une petite communauté de deux ou trois centaines de milliers d’âmes, si éloignée de la métropole.

Le propos du Professeur Catonné n’est pas d’en dresser la liste exhaustive, mais d’évoquer quatre grands médecins aujourd’hui disparus, qui chacun dans leur spécialité sont parvenus à un niveau d’excellence reconnu dans le monde entier.

Cet ouvrage qui représente pour son auteur trois années d’enquête, des dizaines de témoins et de confrères interrogés, des centaines d’archives consultées, retrace les parcours de vie et nous livre un panorama clinique des contributions scientifiques de ces quatre grands martiniquais :

Hyppolyte Morestin (1869-1919) né à Basse-Pointe, qui a perdu 21 membres de sa famille lors de l’éruption de la montagne pelée en 1902.

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L’éphéméride du 21 janvier

Six protestants sont brûlés sur le bûcher devant la cathédrale Notre-Dame de Paris le 21 janvier 1535

L’affaire des Placards est la polémique que provoqua le placardage clandestin d’un texte anticatholique sur les lieux publics à Paris et dans plusieurs villes de province, pendant la nuit du 18 octobre 1534. Elle provoqua la fin de la politique de conciliation menée par le roi François Ier en faveur des luthériens.

Histoire
Les placards dont il est question étaient des écrits injurieux et séditieux affichés dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534 dans les rues de Paris et dans diverses villes du royaume de France comme Blois, Rouen, Tours et Orléans. Ces affiches furent placardées jusque sur la porte de la chambre royale de François Ier au château d’Amboise, ce qui constituait un défi et un affront envers la personne même du roi et sa foi catholique. Cet épisode provoque la radicalisation de François Ier contre les partisans de la Réforme, vis-à-vis desquels il avait été jusqu’alors relativement tolérant.

Ces placards étaient intitulés Articles véritables sur les horribles, grands et importables abus de la messe papale, inventée directement contre la Sainte Cène de notre Seigneur, seul médiateur et seul Sauveur Jésus-Christ.

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Imposture, fraude et arnaque de la « soup joumou » :

Les errements têtus de Dominique Domerçant, indocte « historien » de la gastronomie haïtienne

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

La scène se déroule à Port-au-Prince au lieu-dit La joie de lire, une branlante et comateuse librairie sise à la Rue des Pas perdus et qui, de nos jours encore, reçoit la visite d’improbables lecteurs… Une librairie ? Plutôt une sorte de chétive tour de Babel où s’entassent pêle-mêle de vieux romans ébréchés et jaunis, des rêves endimanchés partis sans laisser d’adresse, des palabres abandonnés au grenier dont on a perdu la clef… Des palabres borgnes, manchots ou cul-de-jatte… Des palabres lourdement indoctes lorsque l’ignorance –en ses plissures sentencieuses, insouciantes et bavardeuses–, brandit ses trompettes et se pare des habits élimés d’une toute virtuelle axiomatique, comme pour mieux masquer la profondeur de son aveuglement…

Oyez, oyez ! La scène se déroule à Port-au-Prince au lieu-dit La joie de lire, où palabrent une petite sizaine de voisins fort occupés à déguster un article paru en Haïti le 10 janvier 2026 dans Le National, « Journal de la soup joumou ?

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Imposture, fraude et arnaque de la « soup joumou »

Retour programmé de la « soup joumou » dans la gastronomie du Jour de l’An 2026
 — Par Robert Berrouët-Oriol (*)

La scène se déroule à Port-au-Prince au lieu-dit La joie de lire, une branlante et comateuse librairie sise à la Rue des Pas perdus et qui, de nos jours encore, reçoit la visite d’improbables lecteurs… Une librairie ? Plutôt une sorte de chétive tour de Babel où s’entassent pêle-mêle de vieux romans ébréchés et jaunis, des rêves endimanchés partis sans laisser d’adresse, des palabres abandonnés au grenier dont on a perdu la clef… Des palabres borgnes, manchots ou cul-de-jatte… Des palabres lourdement indoctes lorsque l’ignorance –en ses plissures sentencieuses, insouciantes et bavardeuses–, brandit ses trompettes et se pare des habits élimés d’une toute virtuelle axiomatique, comme pour mieux masquer la profondeur de son aveuglement…

Oyez, oyez ! La scène se déroule à Port-au-Prince au lieu-dit La joie de lire, où palabrent une petite sizaine de voisins fort occupés à déguster un article paru en Haïti le 10 janvier 2026 dans Le National, « Journal de la soup joumou ?

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À propos de l’invasion du Venezuela par les USA

— Communiqué de la Fédération de la Ligue des Droits de l’Homme de Guadeloupe —

Les peuples de la Caraïbe ne peuvent manquer de s’inquiéter devant la situation créée par l’invasion du Venezuela par les USA et la capture de son Président et de son épouse qui viennent de se produire.

Après la commission, depuis plusieurs mois, d’actes inqualifiables à l’égard des hommes de ce pays, expulsions brutales et attaques ciblées d’embarcations dans la mer des Caraïbes, au mépris du droit international et de leurs propres lois, de leur propre Constitution, les USA viennent de franchir une étape nouvelle dans leur démonstration de force sans retenue.

Mis en avant, le même prétexte, la lutte contre les narcotrafiquants.

Hier, les bateaux explosés en mer, étaient ceux de narcotrafiquants ; aujourd’hui, le Président du Venezuela est un baron de la drogue.

Il s’agit en réalité de l’application de la fameuse « doctrine Monroe » (1823) – dans son extension impérialiste de la fin du 19ème. Trump a clairement évoqué cette doctrine dans sa conférence de presse depuis Mar-a-Lago, samedi dernier.

Autrement dit, TOUT le continent, du Nord au Sud, est la propriété des USA.

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