Don Delillo,
Julien Gosselin
Si vous pouviez lécher mon coeur,
création Festival d’Avignon juillet 2018
Julien Gosselin s’est fait une spécialité de l’adaptation théâtrale de textes romanesques: depuis « Les particules élémentaires » qui lui a valu sa première grande reconnaissance publique, en passant par « 2666 » de Roberto Bolano créé l’an dernier à Avignon jusqu’à Joueurs, Mao II et Les Noms de Don Delillo: les paris qu’ils relèvent sont de véritables gageures, surtout les deux derniers, puisqu’ils s’agit de romans longs, touffus et complexes dans leur forme. Néanmoins on y retrouve des thématiques identiques, l’obsession de la violence, du terrorisme et de la sexualité. La littérature est pourtant sa thématique de prédilection. A ce titre Don Delillo est un excellent représentant puisqu’il concentre en son oeuvre toutes ces thématiques, réflechissant sur la répercussion des séismes politiques sur la vie de l’individu. « Joueurs » raconte l’histoire d’un couple qui verse de l’ennui et la monotonie de leur vie de hipsters des années 80 pour verser dans l’action violente , Mao II dont l’intrigue croise le sort d’un écrivain en mal de solitude et mêlé à contrecoeur au terrorisme libanais des années 90, et enfin « Les Noms », l’histoire de la recherche parun homme esseulé d’une secte violente tuant ses victimes en se basant sur l’alphabet dans les années 70. Lire Plus

Texte et mise en scène d’Élise Chatauret

De Stéphanie Loïk, actrice, metteur en scène et dramaturge, nous avions découvert en 2016 à Tropiques-Atrium, un spectacle présenté comme une « adaptation-lecture théâtrale » de l’ouvrage éponyme d’Alain-Gilles Bastide,
« Comédies tragiques », d’après Catherine Anne
Rien n’a voir

RÉSURGENCE
Texte de Iliana Prieto Jimenez & Cristina Rebull Pradas


La 30e Nuit des Molières a récompensé le meilleur du théâtre français, d’Ariane Mnouchkine à Jean-Philippe Daguerre, en passant par Blanche Gardin ou encore Jean-Pierre Darroussin.
— Par M’A —
Quatre comédiennes se mettent en scène dans un 8 mars 2020 utopique : jour extraordinaire de la fin des inégalités entre les hommes et les femmes, et des injustices sexistes !
Quelle mouche me pique, après tant d’années d’exercice légal de la médecine critique, de vouloir porter par écrit un diagnostic hasardeux sur une activité d’aussi peu de valeur fiduciaire ? C’est que j’aurais l’impression, n’écrivant pas ce livre, d’éviter un bilan et de compter pour rien toute une existence d’activité pratique, dans un domaine dont la validité concrète apparaît malaisément mesurable, pour ne pas dire impossible. Le temps est venu d’un peu sérieusement me pencher sur l’espèce de forcerie que constitue cette accumulation de spectacles, saison après saison, sur quelque cinquante ans et qui ont donné lieu à une accumulation de « papiers » en un domaine dont la nécessité sociale s’avère de plus en plus aléatoire.
«Mi Bel Mè»
Le spectacle se vit comme un rêve éveillé, enchaînant une dizaine de tableaux. Chacun d’entre eux évoque l’univers singulier de Jean Cocteau, s’inspirant de ses films, de ses dessins, de ses poésies, de sa passion pour la mythologie. Une résonance scénique, subtile et originale de son œuvre orchestrée par Philippe Beau, illusionniste et spécialiste des ombres, reconnu internationalement, qui a travaillé avec le Cirque du soleil, Philippe Découflé et Peter Brook entre autres. Il fait ici parler les ombres pour mettre en lumière l’œuvre prolifique et multiforme de Cocteau. L’art de l’un, sur scène, rejoint ainsi l’art de l’autre, évoqué, montré. L’alchimie de ces deux univers prend tout son sens grâce à la voix de François Morel, qui clame les vers du poète et aux notes du piano de Marek Kastelnik, qui joue la musique originale de Philippe Bachman et des extraits de l’œuvre d’Eric Satie, proche de Cocteau. Des images fascinantes, troublantes comme un texte de Cocteau, se succèdent à l’écran, des bruitages se mêlent aux extraits de films, aux jeux d’ombres et de miroirs, jusqu’au final bluffant.
« Médam mésyé la sosyété byin asizé, mi di azot bonswar, mé mi anbras pa zot. Zot i koné akoz ? Sak i koné atann pou di, sak i koné pa, atann ma di. »




