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Festival Lézard Ti Show 2026 : l’art vivant au cœur de la Martinique

Du 20 au 26 avril 2026 | Le Carbet |

La commune du Carbet, en Martinique, accueillera la 15ᵉ édition du festival Lézard Ti Show, un rendez-vous désormais incontournable des arts de rue et du cirque dans la Caraïbe. Pendant une semaine, ce festival transforme les espaces publics en véritables scènes à ciel ouvert, offrant au public une immersion artistique unique, libre et gratuite.

Depuis sa création en 2010, le Lézard Ti Show porte une ambition forte : rendre l’art accessible à tous en l’inscrivant directement dans le quotidien. Rues, places et paysages du littoral deviennent ainsi des lieux de rencontres entre artistes, habitants et visiteurs, dans une atmosphère conviviale et ouverte.

Une édition 2026 ambitieuse et fédératrice

Pour cette édition anniversaire, le festival confirme son développement avec un format étendu sur une semaine complète. En amont, un prologue dédié aux scolaires et aux actions culturelles vient renforcer son engagement en faveur de la transmission et de l’éducation artistique.

Au total, plus de 50 spectacles gratuits seront proposés, portés par une trentaine de compagnies venues de Martinique, de la Caraïbe et de l’international.

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De la France au Canada : Toujours avoir deux fers au feu !

— Par Jean-Marie Nol —

À l’heure où le nouvel ordre mondial et la crise économique et financière redéfinissent les équilibres économiques et sociaux à l’échelle mondiale, les sociétés de Guadeloupe et de Martinique se trouvent à un tournant historique. Le modèle traditionnel, largement hérité de l’assimilation à la France et à l’Europe, pourrait vaciller sous l’effet des difficultés financières de l’État providence et des nouvelles dynamiques de type identitaire portées par une génération émergente, plus mobile, plus connectée et moins dépendante des circuits institutionnels classiques.

Dans ce contexte de recomposition profonde des pouvoirs et des savoirs, une interrogation centrale s’impose : faut-il poursuivre l’intégration dans un cadre déjà connu, ou s’engager dans une trajectoire hasardeuse de souveraineté pouvant aller jusqu’à l’autonomie et puis inéluctablement vers l’indépendance ?

Derrière cette alternative apparemment binaire se dessine en réalité une troisième voie, encore en construction, qui pourrait bien constituer la véritable mission des nouvelles générations antillaises.

Cette voie intermédiaire ne consiste ni à rompre brutalement avec l’ordre existant, ni à s’y conformer passivement. Elle repose sur une capacité d’invention politique et économique, fondée sur des partenariats stratégiques ciblés, capables de redéfinir les marges de manœuvre des territoires.

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« La force des choses »

— Par Loran Kristian —

Paroles-témoins, Marie Michèle D… en cause appariée.

Je vous les livre sous forme clôturée du réel, là où projette un mensonge à visage humain. Ces choses que j’agrée avec d’autant plus de facilité, qu’il nous manque le temps d’y regarder de près, en feu de tous côtés, comme ces bandits aux quatre croisées de nos couches de fiction.

C’est peut-être en dévalant par là qu’un espricorps peut se trouver zombi, privé d’autonomie, d’indépendance, et virer jouet d’un autre. Par la force des choses.

Dans la gorge actuelle, le blanc devient noir, les lumières s’équivalent en pieds d’ombre, et la veillance, toujours bien pesée, porte sur l’être un amour glabre et déplumé.

Le monde… Pris du désir de revenir sans cesse, de ne jamais quitter la scène, puisqu’elle est tout désormais, qu’elle nous assigne aux puissances du produire et distribuer. Le monde pris au délire, surveillant à tout va, à tout coin ; son désir fou de caméras ici et là, parce que tout le vaut bien. Le mérite et le sens inversés. Rotation sidérale. Ce qui court depuis laide lurette dans l’ombre de mes doutes : ce mécanisme destructeur tant bien même peu visible, passant par l’émail du silence.

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Sixième anniversaire du « Dictionnaire des francophones » (DDF)

Le monumental répertoire lexicographique de 400 000 termes et expressions accessible gratuitement sur Internet

 — Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Le « Dictionnaire des francophones » (DDF) a été lancé officiellement à Paris le 16 mars 2021 à l’occasion de la Semaine de la langue française et de la Francophonie. Ce lancement est sans conteste l’un des événements dictionnairiques les plus marquants de l’histoire des dictionnaires de langue française depuis l’apparition au XVIIe siècle des premières grandes œuvres lexicographiques de Pierre Richelet (1631 – 1694), d’Antoine Furetière (1620 – 1688) et, en 1694, de la première édition du « Dictionnaire de l’Académie française » (2 vol.). Pierre Richelet a publié en 1680 le premier dictionnaire monolingue de langue française, le «­ Dictionnaire français contenant les mots et les choses » (2 vol.), tandis qu’Antoine Furetière est l’auteur du « Dictionnaire universel, contenant généralement tous les mots françois tant vieux que modernes et les termes de toutes les sciences et des arts » (2 vol., œuvre posthume parue en 1690).

Le « Dictionnaire des francophones » est un monumental répertoire lexicographique de plus de 400 000 mots et expressions pour plus de 600 000 définitions et il est accessible gratuitement sur Internet à partir d’un ordinateur, d’une tablette numérique ou d’un téléphone intelligent à l’adresse www.dictionnairedesfrancophones.org

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Humanisme et misanthropie, le même amour de l’humanité…

— Par Camille Loty Malebranche —

Le misanthrope sage est celui qui aime tant l’espèce dans ce qu’elle a de grand, dans ce qu’elle renferme, par essence, de promesse et de vocation exaltante et magnifiante pour l’Homme, qu’il hait d’une sainte haine la société de déshumanisation qui altère, domine le monde et dévie l’humanité.

Aimer l’humanité au point de haïr la société déviante qui la dénature, tel est l’art de la misanthropie conséquente avec elle-même et avec l’humanisme.

J’appelle misanthropie, le refus de l’humanité tronquée proposée par les sociétés oppressives qui, tout en continuant à évoquer la personne humaine, en font un être asservi par les paradigmes de la politique et de l’économie appliquée par les « élites » dirigeantes. Cette misanthropie est une conséquence et une partie de l’humanisme intégral qui milite pour l’homme. D’où la dualité naturelle (je dirais substrative car il s’agit du substratum) de l’humanisme qui, dans son paradigme même, est un combat, une lutte idéelle, actionnelle parce que militante, dans un monde où l’avarice et l’instinct de domination des uns menacent et anéantissent la primauté de l’homme sur les biens et les richesses, en utilisant si souvent les autres (l’humain) transformé en instrument de système politico-économique conçu pour l’enrichissement et la jouissance d’oligarchies exploiteuses.

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Nathalie Baye, l’élégance du jeu et une certaine idée de la vérité au cinéma s’éteint à 77 ans

La disparition de Nathalie Baye, survenue le 17 avril 2026 à Paris à l’âge de 77 ans, marque la fin d’une trajectoire exceptionnelle du cinéma français. Actrice majeure, à la fois discrète et intensément présente à l’écran, elle laisse derrière elle une œuvre riche de plus de quatre décennies et une empreinte durable dans l’histotiographie du septième art.

Une enfance libre, une vocation construite seule

Née le 6 juillet 1948 à Mainneville, dans l’Eure, au sein d’une famille d’artistes peintres bohèmes, Nathalie Baye grandit dans un environnement à la fois créatif et instable. Très tôt indépendante, elle quitte l’école à 14 ans pour se consacrer à la danse, d’abord à Monaco, puis aux États-Unis. De retour en France, elle se tourne vers le théâtre, suit les cours du cours Simon, avant d’intégrer le Conservatoire national supérieur d’art dramatique, dont elle sort diplômée en 1972.

Les débuts avec la Nouvelle Vague et l’ascension

C’est sous l’impulsion de François Truffaut qu’elle fait ses premiers pas remarqués au cinéma dans La Nuit américaine (1973), avant de devenir l’une de ses interprètes privilégiées. Elle s’impose rapidement par un jeu naturel, spontané, et une présence singulière, faite de retenue et d’intensité.

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Intégration régionale : la Martinique accède à la CARICOM

— Par Jean Samblé —

La Communauté des Caraïbes (CARICOM) est une organisation internationale régionale créée le 4 juillet 1973 par le traité de Chaguaramas, signé initialement par la Barbade, le Guyana, la Jamaïque et Trinité-et-Tobago. Elle regroupe aujourd’hui quinze États membres ainsi que plusieurs membres associés, parmi lesquels figurent des territoires non indépendants de la région. Cet ensemble, majoritairement anglophone, inclut également le Suriname, de langue néerlandaise, et Haïti, à la fois francophone et créolophone. Si plusieurs langues y sont reconnues, l’anglais demeure la langue de travail de l’organisation.

La CARICOM a pour ambition de renforcer les liens politiques, économiques et sociaux entre les pays de la Caraïbe. Elle s’appuie notamment sur la mise en œuvre d’un marché et d’une économie uniques, connus sous le nom de CSME (Caribbean Single Market and Economy), visant à faciliter la libre circulation des biens, des services, des capitaux et, dans une certaine mesure, des personnes. À travers ses principales instances décisionnelles — la Conférence des chefs de gouvernement et le Conseil des ministres — l’organisation élabore et coordonne des politiques communes dans des domaines aussi variés que le commerce, l’éducation, la santé, la sécurité ou encore la gestion des ressources naturelles.

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Un million de satellites : le ciel nocturne en voie d’industrialisation

— Par Samantha Lawler(*) & Gregory Radisic (*)

Le 30 janvier 2026, SpaceX a déposé une demande auprès de la Federal Communications Commission (FCC) des États-Unis pour déployer une mégaconstellation pouvant compter jusqu’à un million de satellites, constellation destinée à alimenter des centres de données dans l’espace.

Le projet prévoit des OKsatellites opérant entre 500 et 2 000 kilomètres d’altitude en orbite terrestre basse. Certaines de ces orbites sont conçues pour bénéficier d’une exposition quasi permanente au soleil. Le public peut d’ailleurs actuellement soumettre des commentaires sur cette proposition.

La demande déposée par SpaceX n’est que la dernière en date d’une série de projets de mégaconstellations de satellites. Satellites qui remplissent généralement une fonction unique et ont une durée de vie relativement courte, d’environ cinq ans avant d’être remplacés.

En février 2026, environ 14 000 d’entre eux étaient déjà en orbite. Dans le même temps, 1,23 million de satellites supplémentaires sont en projet. La procédure d’autorisation de ces satellites repose presque exclusivement sur les informations techniques, très limitées, que les entreprises qui les produisent fournissent aux régulateurs.

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« Il faut sauver Carthage », de Robert Lodimus – Partie III

Troisième partie : Napoléon Bonaparte : Le Néron de la France coloniale

« Si tu es neutre en situation d’injustice, c’est que tu as choisi le camp de l’oppresseur. »

(Desmond Tutu)

Jean-Jacques Dessalines ne doit-il pas être considéré comme le général Hannibal de l’Amérique? Il a traversé le morne Puilboreau avec une armée haillonneuse, composée de femmes et d’hommes faméliques, fatigués, mais déterminés, pour aller combattre les troupes du cruel Donatien de Rochambeau dans le nord d’Haïti. L’histoire a-t-elle relevé le nombre de compatriotes qui auraient péri durant la marche longue et harassante vers les lieux des ultimes combats? Affaiblis par la fatigue et la maladie, certains d’entre eux ont dû être enterrés, probablement, aux abords des chemins cahoteux, dans les plaines herbeuses ou aux sommets des montagnes empierrées. Sans sépulcre, ils seraient restés des anonymes de l’histoire muette. La plupart de nos ancêtres libérateurs combattaient les pieds nus. Pour Carthage, les Alpes engloutirent environ 75 000 hommes sur un total de 100 000. Mao a perdu lui-même 100 000 camarades dans son long périple qui a fait de la Chine la grande puissance militaire et économique qu’elle est devenue au 20ème et au début du 21ème siècle.

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La Semaine de l’Eau du 17 au 26 avril

💧 7ᵉ édition de la Semaine pour l’eau en Martinique

🌊 En Martinique, une ressource fragile derrière une apparente abondance

En Martinique, l’eau semble abondante, presque évidente. Pourtant, cette perception masque une réalité plus complexe : entre épisodes de sécheresse, perturbations liées au changement climatique et fragilité des réseaux, la ressource est sous pression. Sa préservation ne va donc pas de soi.

C’est dans ce contexte que l’Office de l’Eau Martinique (ODE), accompagné de son réseau associatif Rés’EAU, relance pour la septième année consécutive l’opération « Une Semaine pour l’Eau », du 17 au 26 avril 2026. Initialement prévue en mars, cette édition a été décalée en raison du calendrier électoral, tout en conservant une ambition intacte : sensibiliser, mobiliser et faire évoluer les comportements.

L’événement s’inscrit dans le prolongement du thème international défini par les Nations Unies pour la Journée mondiale de l’eau : « Genre et Eau », un angle de réflexion particulièrement pertinent à l’échelle du territoire martiniquais.

👩‍🌾 Genre et eau : une réalité sociale et territoriale

Le choix de cette thématique ne relève pas d’un simple alignement symbolique.

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Que cache le PLU du Vauclin ?

— Par Florent Grabin, président de l’association écologique P.U.M.A. —

Par arrêté municipal du 24 février 2026, il a été décidé l’ouverture d’une enquête publique portant sur la 1ère modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la Commune du Vauclin. En analysant les éléments de ce dossier, nous y avons constaté un manquement. En effet, il s’avère que le PLU n’a pas fait l’objet d’une évaluation environnementale conforme à la réglementation et à l’avis de la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe).

Que cache cet acte qui a notre sens est délibéré ? Cette étude environnementale aurait permis d’éclairer et de mettre en évidence les conséquences de l’élévation du niveau de la mer dans le littoral de cette Commune.

Rappelons ici que, selon tous les prévisionnistes qui documentent les différents rapports du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC), la planète connaitra d’importantes vagues de submersions et inexorablement une élévation du niveau de la mer d’ici 2050. Et que dans la zone du Golfe du Mexique ainsi que dans celle de toutes les Antilles, la surélévation sera comprise entre deux à trois mètres.

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Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

L’eau en Martinique : en finir avec le temps des demi-mesures

— Par Fernand Odonnat (*) —

L’eau coule, mais pas partout de la même façon selon qu’on habite Saint-Joseph ou Sainte-Anne. Chaque période de carême le rappelle avec brutalité : les Martiniquais n’ont pas tous accès à la même ressource, au même prix, dans les mêmes conditions. Ce n’est pas une fatalité climatique. C’est le résultat d’une organisation fragmentée, dont nous avons héritée et que nous avons trop longtemps reconduite faute de volonté commune.

Le 5 janvier 2026, l’Assemblée de Martinique a dit stop. Les élus ont voté à l’unanimité et avec force pour une autorité unique de l’eau. Ce vote ouvrant la voie à la création et à la mise en œuvre d’une autorité unique en matière d’eau et d’assainissement, n’est pas un choix anodin. C’est une décision historique de gouvernance, prise après des années de concertation, de crises vécues ou évitées de justesse, de tours d’eau qui n’auraient jamais dû exister. Les élus martiniquais, dans toute leur diversité, ont choisi de ne plus gérer les symptômes mais de traiter les causes. L’unanimité, ici, n’est pas un détail : elle est la preuve que quand l’intérêt général prime sur les intérêts particuliers, la Martinique sait se rassembler.

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Érosion du littoral : il est temps d’assumer un véritable choix d’adaptation

— Par Marcelin Nadeau —

La Martinique vit une transformation silencieuse mais profonde de ses littoraux. De Basse-Pointe au Marigot, du Prêcheur au Carbet, le trait de côte recule inexorablement sous l’effet conjugué de la houle, de la montée du niveau de la mer et des déséquilibres sédimentaires. Ce phénomène, longtemps perçu comme naturel et marginal, est désormais un enjeu majeur d’aménagement du territoire et de sécurité des populations.

Dans mes fonctions de maire du Prêcheur, nous avions développé une expérimentation de relocalisation qui fait aujourd’hui référence au niveau national et international à l’instar de celle de Miquelon.

Parlementaire, j’ai avec ma collègue de Polynésie Mereana Reid-Arbelot déposé en 2024 une proposition de résolution votée – fait rare ! – à l’unanimité des membres de l’Assemblée nationale.[1] Rapporteur du budget de l’État pour les risques naturels majeurs, j’ai préconisé une mutualisation des moyens pour faire face à ce phénomène incontournable et permettre une adaptation.

Ce n’est plus une projection, c’est une réalité quotidienne

Je poursuis aujourd’hui un travail concerté avec le gouvernement pour aller dans ce sens et déposerai en conséquence une proposition de loi transpartisane sur le sujet dans les prochaines semaines.

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Transport : Salaires, prix, profits et qualité du service

— RS n° 442 lundi 13 avril 2026 —

Appelons les choses par leurs noms. Lorsqu’on assiste à une agitation qui ne va pas à la racine des choses, on est en droit de parler d’agitation formelle.

Les prix du transport aérien flambent. On crée une commission parlementaire. Une grève de salariés bloque des centaines de personnes dans le transport terrestre ou maritime, on multiplie les déclarations, banalement répétitives et inefficaces. Les prix des marchandises du quotidien étranglent le peuple consommateur. Celui-ci descend dans la rue. Alors, dirigeants et éluEs proposent de casser les monopoles. C’est oublier que cette solution magique a déjà été mise en œuvre… dans le transport aérien avec la privatisation d’Air France qui était censée tout régler !

Ce type de réponse aux divers désordres sociaux et autres, ignore que le système capitaliste aboutit tendanciellement à la transformation de la concurrence en monopole, qu’il est basé sur la recherche du profit et non sur celle de la satisfaction des besoins humains.

Dès lors que le besoin est social, dès lors que l’activité concerne des collectifs (d’usagers consommateurs, de salariés producteurs), laisser la main au privé, conduit nécessairement à se soumettre à la loi du profit.

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Dix ans de Collectivité Territoriale de Martinique : la réforme inachevée

—  Par Justin Daniel (*) —

La Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), créée en 2016 à partir de la région et du département, devait incarner une nouvelle ère de gouvernance et de développement. Une décennie plus tard, le bilan est sans appel : loin d’avoir produit la refondation espérée, l’institution unique concentre et amplifie les contradictions d’un territoire en proie à une triple crise financière, démographique et sociale. Alors que les élus martiniquais réclament à l’unanimité, fin 2025, un « pouvoir normatif autonome », cet article démontre que, sans une révolution copernicienne de son modèle économique et de sa gouvernance, tout changement statutaire risque de n’être qu’un miroir aux alouettes. En outre, les évolutions politiques observées en 2026 montrent que la question institutionnelle ne peut être dissociée d’une recomposition profonde du système politique lui-même.

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En janvier 2016, la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) a officiellement été installée à la suite de l’élection de l’Assemblée de Martinique de décembre 2015. Ce moment historique a mis fin à de longues années de dualité institutionnelle et un terme à la coexistence parfois conflictuelle du conseil général et du conseil régional.

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Déserts médicaux et pénuries : l’accès aux soins continue de se détériorer en France

— Par Sarha Fauré —

L’accès aux soins en France se fragilise encore. C’est le constat dressé par le dernier baromètre des droits des personnes malades publié le 15 avril par France Assos Santé. L’étude met en lumière une dégradation persistante des conditions d’accès au système de santé, malgré une perception globalement positive de la qualité des soins.

Une information en progrès, mais des inégalités persistantes

Les Français se sentent majoritairement bien informés en matière de santé. Près de neuf personnes sur dix estiment connaître leur état de santé, les traitements associés et les comportements à adopter pour rester en bonne santé. Cette tendance s’accompagne d’une montée en puissance des outils numériques, notamment via le dispositif Mon Espace Santé, dont l’usage progresse régulièrement.

Cependant, certaines zones d’ombre persistent. Les démarches à suivre en cas de problème grave lié aux soins ou l’accès au dossier médical restent encore mal compris par une partie de la population.

Une satisfaction globale… freinée par l’accès aux soins

Si la relation avec les professionnels de santé demeure largement plébiscitée — avec plus de 90 % de satisfaction — l’accès concret aux soins constitue le principal point noir.

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Sud-Liban : vers une occupation israélienne durable ?

— Communiqué de la L.D.H. Guadeloupe —

Depuis le 2 mars, Israël écrase le Liban sous les bombes au motif de combattre le Hezbollah, alors que l’immense majorité de la population libanaise aspire à la paix dans un pays libre et souverain. Le ministère de la Santé publique du Liban a annoncé hier que le nombre de morts causés par l’agression israélienne contre le Liban depuis le début de la guerre était désormais de 2 089 et qu’il y avait 6 762 blessés, alors que l’on comptait 5 morts – 3 civils et 2 militaires – du côté israélien (L’Orient-Le Jour). Le mercredi 9 avril est le plus lourd enregistré en une journée depuis le début de cette guerre entre Israël et le Hezbollah, au moins 357 Libanais ont été tuées et 1 223 autres ont été blessées.

Tandis que des négociations ont commencé à Washington suite à la main tendue du président libanais Joseph Aoun, Benyamin Nétanyahou refuse, pour l’heure, tout cessez-le-feu et Tsahal se félicite d’avoir atteint 154 cibles ces dernières 24 heures.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré, mardi 31 mars, qu’Israël entendait occuper durablement une partie du sud du Liban jusqu’au fleuve Litani une fois la guerre terminée (depuis l’issue de la guerre des Six-jours en 1967, Israël occupe le plateau du Golan instituant une zone tampon avec la Syrie en dépit du droit international).

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Manichéisme moral, mensonge ontologique.

— Par Camille Loty Malebranche —

Pour asseoir leur pouvoir sacré qu’il soit séculier ou religieux, les chefs du monde créent un manichéisme moral de facto dans le monde social. Pourtant, dans le factuel de la vie, l’homme, tout homme est une terre naturellement ensemencée de l’ivraie et du bon grain à satiété, indifféremment fertile pour l’une et l’autre semailles. C’est à l’Esprit, cultivateur moissonneur, selon sa conscience allumée ou enténébrée, de choisir de l’ivraie ou du bon grain, quelle culture il entretient, quel est le jardin de sa vie!

D’un point de vue strictement cosmique, il n’y a ni bien ni mal. La morale est un domaine du sens pour permettre à l’homme de signifier l’action et ainsi d’être juge de soi et d’autrui, jugeable et justiciable à tout coup. La morale spirituelle réfère au métaphysique, au sens même de la présence humaine comme être au monde et qui se vit dans la pensée-action qui constitue la ligne existentielle de tout homme. La spiritualité est donc le lieu de l’indication du Véritable qui permet à l’homme de s’accomplir loin des contre-indications de l’illusion mondaine par quoi l’homme se perd, aliéné, égaré loin de son essence, sa destinée.

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La liberté d’éditer n’est pas à vendre

Nous sommes publiés par Olivier Nora depuis vingt-six ans. Les éditions Grasset étaient notre maison, particulière, car s’y côtoyaient pacifiquement des autrices et des auteurs qui n’étaient pas d’accord sur grand-chose. Olivier Nora en a été le rempart et le ciment par son élégance morale, sa disponibilité, et son engagement.

Son licenciement est une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et à la liberté de création. Une fois de plus, Vincent Bolloré dit « je suis chez moi et je fais ce que je veux », au mépris de celles et ceux qui publient, de celles et ceux qui accompagnent, éditent, corrigent, fabriquent, diffusent, distribuent nos livres. Et au mépris de celles et ceux qui nous lisent.

Nous ne voulons pas que nos idées, notre travail, soient sa propriété. Aujourd’hui, nous avons un point commun : nous refusons d’être les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias. Nous sommes pleinement solidaires des équipes, des autrices et des auteurs qui ne peuvent encore se prononcer.

Nous sommes des auteurs Grasset, nous avons publié chez Grasset, ou nous avons un livre qui va sortir chez Grasset, mais nous ne signerons pas notre prochain livre chez Grasset.

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Quelles sont les chances de Jean‑Luc Mélenchon à la présidentielle ?

Entretien avec le politiste Rémi Lefebvre, propos recueillis par David Bornstein.

Après les victoires de La France insoumise dans plusieurs villes importantes aux dernières municipales, notamment autour de figures de personnalités issues de l’immigration, le parti de Jean-Luc Mélenchon semble en position favorable pour aborder l’élection présidentielle. Mais son futur candidat a-t-il des chances de se qualifier au second tour ? Et dans ce cas, pourrait-il s’imposer face au candidat du Rassemblement national ? Entretien avec le politiste Rémi Lefebvre.

The Conversation : La France insoumise (LFI) a-t-elle progressé de façon significative avec les élections municipales 2026 ?

Rémi Lefebvre : Le bilan de LFI peut apparaître modeste au regard du nombre de villes conquises : une dizaine de villes sur 35 000 communes, c’est beaucoup moins que le Parti socialiste ou que le Parti communiste français qui ont des maires dans des centaines de villes. Mais il y a incontestablement une percée puisque LFI partait de zéro. Ils revendiquent environ 1 000 conseillers municipaux, une ville de 150 000 habitants, une autre de 100 000. Les villes gagnées peuvent devenir des laboratoires pour les années qui viennent, renforcer l’armature militante et territoriale du parti.

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Vers une nouvelle ère des restitutions : la France face à son héritage colonial

— Par Jean Samblé —

Longtemps reléguée aux marges du débat public, la question de la restitution des œuvres acquises dans des contextes de domination coloniale connaît aujourd’hui une inflexion décisive. L’adoption récente, à l’unanimité, par l’Assemblée nationale d’un projet de loi visant à en faciliter la procédure marque une étape significative dans l’évolution de la politique patrimoniale française. Ce texte, attendu de longue date tant en France que dans de nombreux pays africains, s’inscrit dans le prolongement de l’engagement pris en 2017 par le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son discours de Ouagadougou, où il appelait à refonder les relations culturelles entre la France et le continent africain.

Depuis les indépendances, les demandes de restitution n’ont cessé de se multiplier, notamment sous l’impulsion de l’Unesco dans les années 1970. Toutefois, elles se sont longtemps heurtées à des obstacles juridiques et institutionnels, au premier rang desquels figure le principe d’inaliénabilité des collections publiques. Hérité de la Révolution française, ce principe impose que les biens conservés dans les musées nationaux soient considérés comme appartenant au peuple, rendant leur cession particulièrement complexe.

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Les mirages de la communication «moderne»

— Par Robert Saé —
Incontestablement, les Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) ont révolutionné le monde. Comme c’est chaque fois le cas, la question se pose : Dans quel but et au bénéfice de qui sont utilisées les technologies ?

A l’ère de la Révolution Industrielle, des lanceurs d’alertes avaient tiré la sonnette d’alarme concernant, notamment, les conséquences du machinisme généralisé sur les conditions de vie de la classe ouvrière et de la paysannerie. Ils étaient traités de passéistes et d’ennemis du progrès. On voit aujourd’hui où nous ont menés les mirages modernistes : la déshumanisation des travailleurs, la destruction de l’environnement et du vivant, le dérèglement climatique générateur de catastrophes de grande ampleur, etc.

Les NTIC portent en elles tous les germes des mêmes dangers. Les risques en sont accrus par la globalisation de l’économie mondiale et la concentration du pouvoir entre les mains d’une superclasse de prédateurs. Comment s’en prémunir et faire en sorte que la nouvelle Révolution Technologique soit utile au monde ? L’article qui suit proposera des éléments contribuant à répondre à cette question.

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Santé sexuelle dans les Outre-mer : entre évolutions des pratiques et défis persistants

Une enquête récente menée par l’Inserm met en évidence les réalités contrastées de la santé sexuelle dans les départements d’Outre-mer. Réalisée auprès de plusieurs milliers de personnes en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à La Réunion, elle offre un panorama détaillé des comportements, des évolutions et des enjeux actuels.

L’un des constats majeurs concerne l’âge du premier rapport sexuel, qui tend à reculer dans la plupart des territoires. Il se situe désormais autour de 17 à 18 ans, traduisant une entrée plus tardive dans la vie sexuelle. La Guyane fait toutefois exception, avec des débuts plus précoces, notamment chez les hommes.

Les pratiques et les représentations évoluent également, en particulier chez les jeunes générations. Les femmes, surtout entre 18 et 29 ans, se distinguent par une plus grande diversité de parcours et d’expériences. Elles sont plus nombreuses à déclarer des attirances ou des relations avec des personnes du même sexe, signe d’une certaine prise de distance vis-à-vis des normes traditionnelles. Malgré cela, l’acceptation sociale de l’homosexualité reste globalement moins élevée que dans l’Hexagone.

Le numérique s’impose désormais comme un élément central des trajectoires sexuelles.

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Loi Yadan : « Ni la lutte nécessaire contre l’antisémitisme, ni la juste condamnation du terrorisme ne doivent servir de prétexte à bâillonner toute réflexion critique »

 Dernière minute : Loi Yadan : les députés macronistes retirent le texte. Le gouvernement promet un nouveau projet de loi.

— Collectif—

La deuxième proposition de la loi Yadan n’ajoute rien à l’arsenal juridique existant et contient des formulations floues qui ouvrent la voie à l’arbitraire le plus total, dénonce un collectif de personnalités juives engagées pour le respect des droits du peuple palestinien, parmi lesquelles Rony Brauman, Pierre Khalfa et Nicole Lapierre, dans une tribune au « Monde ».

La première proposition de loi Yadan avait soulevé une émotion justifiée. Elle visait à limiter drastiquement les critiques du gouvernement d’Israël et de son armée sous prétexte de lutter contre « les formes renouvelées de l’antisémitisme ». De nombreuses tribunes en avaient démontré le caractère nocif, et les débats à la commission des lois ainsi que les remarques du Conseil d’Etat ont entraîné des modifications importantes de ce texte. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

La proposition de loi modifie en premier lieu la rédaction de l’article 421-2-5 du code pénal : « Le fait de provoquer directement, même implicitement, à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l’apologie de ces actes ou de leurs auteurs, y compris en cas d’apologie, en minorant ou banalisant les actes de façon outrancière, sera puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. 

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