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Daniely Francisque met en scène Nèg Pa Ka Mo

— Par Roland Sabra —

Un talent prometteur

Daniely Francisque présentait à l’occasion du 160ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage une nouvelle version de Nèg Pa Ka Mo, pièce dont elle est l’auteure et qu’elle a créée en 1995 en région parisienne. On peut résumer le propos comme étant : de la capture en Afrique à la mise à mort, sous le fouet, d’un nègre insoumis, figure identificatoire proposée comme miroir valorisant dans l’espace de l’habitation où l’honneur, le respect, la dignité n’avaient droit de citer que pour la caste esclavagiste. Une mamie raconte à sa petite fille ce que ça a été et son récit est entrecoupé de représentations du dire. Disons le tout de suite, il s’agit d’un théâtre porteur d’une parole, d’une affirmation, d’une volonté d’exister, d’un désir de vivre debout tout à fait honorable. Et ce d’autant plus qu’il évite de tomber, de verser dans le théâtre militant réducteur. Si quelques passages pourraient être affinés, les enjeux politiques sous-jacents, les problématiques historiques sont assez bien restituées pour nous inviter à une véritable réflexion. On sort du spectacle non seulement envahi par l’émotion mais aussi habité par des questionnements qui travaillent encore le spectateur longtemps après.

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Nèg pa ka mô : par Daniély Francisque, interprétée par la troupe Mawon

— Par Selim Lander —

Théâtre populaire à l’Atrium

Une pièce écrite et mise en scène par Daniély Francisque, interprétée par la troupe Mawon

Voir la grande salle de l’Atrium complètement remplie pour une pièce de théâtre ! Qui voudrait bouder son plaisir. Sans doute le fait que ce spectacle ait été offert gratuitement a-t-il contribué à son succès, mais si c’est là la condition pour amener au théâtre de nouveaux spectateurs, on ne le regrettera pas. Cela étant, les spectateurs étaient-ils vraiment nouveaux ? Il est difficile de l’affirmer car la pièce a pu attirer les habitués des comédies créoles, Bankoulélé ou autres.

Nèg pa ka mô mêle en effet assez agréablement des genres différents. Des scènes de comédie pure, en créole, à des scènes plus dramatiques souvent en français, des évocations de la vie des noirs au temps de l’esclavage – déportation, travaux des champs, etc. – sous forme de tableaux chorégraphiés, enfin des scènes plus proches de notre présent, comme celle de la veillée qui suit l’exécution du nèg marron. Le tout relié par le récit du temps d’antan qu’une grand-mère adresse à sa petite fille.

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1 jour – 1 mot

— Par Patrick Chamoiseau —

17 2 2026.

Paysage sans pays

L’élan grandiose de la Pelée
souvent décapité
par l’assaut des nuages

comme si
tout le pays lui-même

(celui qui reste à naître,
à se vouloir, s’imaginer)

(son réel pathétique
sous le divertissement)

faisait force pour suspendre

(bien malgré lui)

tous les splendides
et oublieux
décrets du paysage.

 

15-02- -26.

Du Beau à la Beauté II

« Je veux bâtir
moi, de dacite coiffé de vent, le monument sans oiseaux du refus. »

Aimé Césaire.
(Et les chiens se taisaient)

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La modélisation de la corruption au ministère de l’Éducation d’Haïti

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Publié en Haïti dans le journal Le National daté du 11 février 2026, notre article « La « refondation » du système éducatif haïtien a-t-elle vraiment eu lieu en janvier 2026 ? » consigne la conclusion suivante : « En définitive, le système éducatif haïtien demeure captif entre ses 1804 « réformes » –tant de fois grassement financées par l’UNESCO, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, le Partenariat mondial pour l’éducation–, et l’affabulation illusionniste de sa « refondation… Semblables ou maquillées, ses 1804 « réformes » ont défilé d’une année à l’autre sans résultats mesurables et durables… Malgré cela, l’affabulation illusionniste de sa « refondation » est aujourd’hui promue sur toutes les tribunes de l’échec programmé : nulle part il n’est attesté que l’on peut « refonder » un système éducatif national en le « rapiéçant », en lui infligeant les mêmes recettes d’une année à l’autre… Nulle part il n’est attesté que les vieilles recettes –mises en œuvre par les mêmes « spécialistes » d’hier et d’avant-hier, porteurs des mêmes extraordinaires « visions » invariablement œcuméniques–, peuvent être le terreau de la refondation du système éducatif haïtien ».

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« Eskandal an kannaval »

— Par Daniel M. Berté —

Bwabwa té dédjizé an kostim prens wayal
I ponmet
Mariyàn mennen’y dansé an bal
Ladjables ki tann sa fè an gro eskandal
Ek mété’y a djélé ki sé li fanm
Vaval
Ki i pa ka’y pran kòn pou vakabòn Foyal
Ek ki kannaval-a sé pa an bakannal

Pawol monté-désann an model radikal
Ek pawol mennen kou, sa sé bagay fatal
Lé dé bougres ploté an manniè enfernal
Kout-pyé kout-tjok pati yo tonbé an kannal
Ladjables balansé an kout-jounou an fal
Mawyàn ki pa manchot fè’y wè trannsis zétwal

Té ni kout-dan osi, bref sé té latotal
Pies moun pa séparé, yo di sel fanm fatal
Ki pé pran an konba andidan kannaval
Toutefwa-sepandan té ni yonndé timal
Ki pou yonn ki pou lot té pré a ba’y an pal
Men apré réfleksion, yo di sa tro kouchal

Makoumè ek Malprop di sa libidinal
Moko-zonbi réponn sa pa orijinal
Ki pa ni pies rézon an vié fanm véjétal
Prétann alé zouké épi wa kannaval
Karolin-zyé-loli touvé sa imoral
Matlo-sou li-menm di i san-fouté-pa-mal

Edmond Evrard Suffrin di sa poligamial
Papa-Djab aplodi mi dé fanm ki brital !

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L’éphéméride du 14 février : Guadeloupe, Martinique jours de mort les 14 février 1952 et 1974

En Guadeloupe et Martinique, le 14 février n’est pas le jour de l’amour mais le jour de la mort. En 1952, au Moule, 14 ouvriers sont blessés et 4 tués par des CRS alors qu’ils érigeaient un barrage visant à empêcher aux charrettes à cannes l’accès de l’usine Gardel. Cet évènement a pris le nom de  « Massacre de la Saint-Valentin« .

Le 14 février 1952, dans la commune du Moule en Guadeloupe, est organisée une grève par les ouvriers de l’usine Gardel pour une hausse de leurs salaires, part du mouvement revendicatif impliquant des petits planteurs et colons sur l’ensemble de l’île. Des barrages avaient été érigés par les grévistes sur le piquet de grève. Les forces de maintien de l’ordre sur place tirèrent sur la foule, le bilan est de 4 morts et 14 blessés. Ces événements sont connus à la Guadeloupe sous le nom de massacre de la Saint-Valentin.
Origine du mouvement
Le mouvement a commencé en novembre 1951 dans le nord Grande-Terre. Les revendications concernent alors la rémunération de la journée de travail et l’allègement des tâches sur les champs des békés.

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Le monument et les traces

Visite d’échanges et de réflexion patrimoniale avec le Parc Naturel de la Martinique.

— Par Patrick Chamoiseau —

Le Château Dubuc est un haut lieu mémoriel de notre fondation collective. Nos ancêtres partagés y ont mené durant des siècles une lutte antagoniste et solidaire. Cette habitation sucrière fut l’une des plus puissantes de la côte atlantique. On y produisit du sucre, du tafia, de l’indigo ; on y exploita des terres défrichées au prix de la “désapparition” de nos ancêtres Kalinago ; on y fit travailler des centaines d’Africains, puis leurs descendants, réduits en esclavage et aux aliénations. Les archives attestent de pratiques de contrebande et d’un commerce négrier clandestin qui reliait cet endroit aux réseaux atlantiques. La prospérité du site fut brève, sa chute rapide au XVIIIᵉ siècle — mais son empreinte demeure.

Ici, comme partout ailleurs chez nous, la notion de patrimoine est problématique. La mémoire coloniale y a laissé des vestiges qui constituent un monument visible (bâtiments d’exploitation, canaux, citerne, moulin, cachot, débarcadère…), relevant d’une structure de domination totalitaire. Les mémoires amérindiennes, africaines et créoles, y ont laissé des traces qui tissent de nouvelles alchimies patrimoniales.

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Fêtes patronales, fêtes votives en Martinique… le calendrier à suivre

Les fêtes patronales, célébrations profondément ancrées dans la tradition populaire, sont des moments festifs dédiés à l’honneur du saint protecteur d’une paroisse ou d’une localité. Ces fêtes étaient, et restent dans certaines régions, un moment privilégié de réjouissances et de convivialité, où les communautés se rassemblaient pour célébrer ensemble.

À l’origine, les fêtes patronales se déroulaient le jour de la fête liturgique du saint protecteur. Toutefois, après la Révolution française, elles furent transférées au dimanche suivant, permettant à plus de personnes d’y participer. Ces fêtes occupaient une place centrale dans la vie religieuse et sociale des habitants : c’était un moment de célébration, avec des processions et des cérémonies religieuses, mais aussi de divertissement populaire.

Les festivités variaient d’une région à l’autre, mais elles comportaient souvent des repas conviviaux, où l’on mangeait de la viande et partageait des mets que l’on ne consommait pas tous les jours. Les habitants s’adonnaient ensuite à des danses sur la place du village ou dans les cours des fermes, souvent accompagnées de musiciens locaux, comme des ménétriers ou des joueurs de vielle. Ces rassemblements étaient l’occasion de se retrouver en famille et entre amis, dans une ambiance de fête et de convivialité.

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Bienvenue dans un monde en faillite hydrique

— Par Kaveh Madani (*)

 

Le monde utilise aujourd’hui tellement d’eau douce, dans un contexte de changement climatique, qu’il est désormais en situation de “faillite hydrique”. Par là, il faut comprendre que nombreuses régions ne sont plus en mesure de se remettre des pénuries d’eau à mesure que celles-ci deviennent de plus en plus fréquentes.

Environ 4 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, vivent dans des conditions de grave pénurie d’eau (c’est-à-dire sans accès à une quantité d’eau suffisante pour répondre à tous leurs besoins) pendant au moins un mois par an. En réalité, beaucoup plus de personnes subissent les conséquences du déficit hydrique : réservoirs asséchés, villes englouties, mauvaises récoltes, rationnement de l’eau, incendies de forêt et tempêtes de poussière dans les régions touchées par la sécheresse.

Les signes de faillite hydrique sont partout, de Téhéran, où les sécheresses et l’utilisation non durable de l’eau ont épuisé les réservoirs dont dépend la capitale iranienne, alimentant les tensions politiques, jusqu’aux États-Unis, où la demande en eau a dépassé les capacités du fleuve Colorado, une source cruciale d’eau potable et d’irrigation pour sept États.

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« Te Deum » & « M’Pa Kanmarad Ou! »

— Par Jean-Bernard Bayard —

Te Deum
Est-il trop tard pour l’Haïti Chérie de chanter une grande messe d’action de grâces
En 1794 pour fêter l’abolition de l’esclavage un Te Deum fut chanté au Cap Français
En 1797 le premier gouverneur nègre de Saint Domingue fit chanter un beau Te Deum
En 1801 pour célébrer la première et seule constitution coloniale il y eut un Te Deum

Le Latin est la langue de l’église catholique à l’époque de l’autonomie de l’Île entière
Du Premier des Noirs au Premier des Blancs mit fin à toutes grâces des Louvertures
Le petit insulaire européen mit le petit insulaire antillais en disgrâce mortelle au Jura
Et depuis cette île damnée fut condamnée à perpétuité d’avoir vaincu trois puissances

Renommée Ayiti cette île en deux-cent- vingt- deux ans a survécu toutes sortes de maux
Maux naturels, économiques, revanchards, politiques, sociaux, religieux, scolaires
De l’international elle reçut des coups mortels qui auraient pu l’envoyer à un crématoire
De ses propres dirigeants elle fut avilie prostituée dénaturée, déshumanisée sans relâche

Peut-on espérer la rédemption de la nation ayisyèn qui fut le phare de la liberté coloniale
Comment expier les châtiments inculqués par l’occident et les vices de ses propres rentiers
Verrons-nous avec ce troisième siècle une renaissance de la vision ancestrale de 1791-1801
Oserons-nous rêver un jour de chanter un Te Deum pour une belle messe d’action de grâces
Jean-Bernard Bayard

M’Pa Kanmarad Ou!

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Voyage féérique au Macoutistan, le « pays » du grand poète et romancier Gary Klang…

—  Par Robert Lodimus —
     Le 27 février 2025, les parents, les collègues et les lecteurs de Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent, alias Frankétienne, l’ont accompagné à sa dernière demeure avec une profonde tristesse. L’enfant de « Ravine-Sèche » allait célébrer sa quatre-vingt-neuvième année d’existence le 12 avril prochain, dans une capitale en lambeaux, méconnaissable, pariatisée, livrée pieds et mains liés, – comme le Fils de l’Homme à Hérode Antipas –, aux lycanthropes d’Hadès et de Perséphone, le dieu et la déesse des enfers. Franck Étienne a traversé, – pour reprendre le jargon utilisé dans le vaudouisme –, sans avoir accompli son rêve : obtenir le prix Nobel de littérature. Peut-être, entrera-t-il dans l’histoire à l’instar de l’écrivain suédois nobélisé à titre posthume en 1931, Erik Axel Karlfeldt, – quoique celui-ci l’eût refusé de son vivant en 1918 –,  pour son ouvrage Cor d’Automne (Höstorn), paru pour la première fois en 1927. Car, dans bien des cas, la mort n’est pas arrivée à gommer l’opiniâtreté des « obsessions subjuguantes ». Et puis, « mieux vaut tard que trop tard !»

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Kannaval Le Lamentin

Le carnaval de Martinique se déroule du samedi au mercredi de la semaine des jours gras précédant le carême ; notamment le samedi gras (présentation des reines du carnaval), le lundi gras (défilé des mariages burlesques costumés en travestis), le mardi gras (défilé des diables rouges costumés en rouge) et le mercredi des cendres (défilés en noir et blanc, mort de Vaval).

Dates et programme du carnaval 2024

Histoire

Le carnaval de la Martinique est né de la rencontre des cultures européennes et africaines durant la colonisation. Il a connu son heure de gloire à Saint-Pierre, à la fin du XIXe siècle. La tradition du carnaval se perpétue à Fort-de-France depuis la destruction de Saint-Pierre en 1902 (éruption de la montagne Pelée).

Déroulement

Les manifestations commencent un peu plus tard que dans les deux autres départements français d’Amérique (DFA), généralement après l’Épiphanie, soit mi-février.

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“Ce que Mumia Abu Jamal révèle des démocraties occidentales”

— Philippe Yerro (Ali Babar Kenjah) sur Mumia Abu-Jamal. Entretien avec Rodolf Etienne —

Plus de quarante ans après son arrestation, Mumia Abu-Jamal demeure l’un des noms les plus emblématiques de la lutte contre la répression d’État et le racisme structurel.

Philippe Yerro (Ali Babar Kenjah) nous livre une lecture caribéenne et postcoloniale : de la justice américaine comme prolongement historique de la domination, jusqu’au rôle des figures assignées au statut de martyr de la cause.

Entre références à Fanon, Glissant, Foucault, Deleuze et une méditation sur la spiritualité comme ressort de résistance, Philippe Yerro interroge aussi la Martinique : mémoire, clivages, responsabilité et devoir de ne pas détourner le regard.

Q : En tant qu’anthropologue et intellectuel martiniquais, comment lisez-vous la trajectoire de Mumia Abu-Jamal : affaire judiciaire singulière ou plutôt symptôme profond d’un système politique et racial ?

R : Se mêlent en moi au moins deux registres quand je m’évoque le destin singulier de Mumia : il y a le logos militant, panafricain, frotté aux Frères de Soledad depuis mes années de collège, familier du regard myope de Malcom et de la réalité théorique de ce qu’est le Ku Klux Klan (KKK)… C’est l’approche de l’ancien combattant sans illusions sur la cruauté de Babylone.

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Parutions du 22 décembre : Caraïbes, Economie, Entreprises…

Essais

Bretons dans la mer des Caraïbes

Dans les pas des marins bretons à l’époque moderne
Yajaira Vargas Velásquez
Préface de Michel L’Hour

Cet ouvrage s’inscrit dans le sillage de Fortunes de mer et sauvetages dans la mer des Caraïbes du XVIe au XVIIIe siècle. Il met en lumière le rôle méconnu des Bretons dans les Caraïbes aux XVIIe et XVIIIe siècles.
De la course à la traite, en passant par la colonisation et le commerce de toiles, de vêtemen[…]

  • EAN : 9782336571973

  • Parution : 20/11/2025

  • Format : 135 × 215 mm

  • Collection : Historiques

  • Pagination : 158 pages

  • Prix : 20,00 €


Boire le vin et le champagne à la table des élites martiniquaises

(1914–1945)
Abel Alexis Louis

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La transmission des connaissances en créole : quelques pistes épistémologiques exploratoires

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Le présent article prolonge en l’amplifiant, sur le mode d’une exploratoire intellection épistémologique, celui que nous avons publié en Haïti dans Le National daté du 13 décembre 2025, « Le « partenariat stratégique » entre Wikimedia Haïti et l’Académie créole ou l’indocte quête d’une vision linguistique fantasmagorique ». Dans notre précédent article –qui a également été diffusé sur les 17 plateformes régionales du Regroupement des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH) et sur le fil info de l’Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA)–, nous avons démontré que le modèle wikipédien haïtien connu sous le nom de Wikimedia Haïti est un modèle pré-scientifique, il fonctionne hors-science à toutes les étapes de sa présumée présence « à travers différentes régions du pays ». Élaboré en dehors des institutions universitaires haïtiennes ou d’une instance scientifique reconnue tant à l’échelle nationale qu’internationale, Wikimedia Haïti ne produit pas de connaissances. L’on observe qu’il n’a à aucun moment emprunté la voie d’une « archéologie des connaissances » et qu’il n’est pas non plus le lieu de la confrontation des idées, des théories et des discours sur les connaissances et les processus d’acquisition des connaissances. 

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Le « partenariat stratégique » entre Wikimedia Haïti et l’Académie créole…

ou l’indocte quête d’une vision linguistique fantasmagorique

— Par Robert Berrouët-Oriol (*)

LA NOUVELLE a enflammé les réseaux sociaux dans toutes les langues du monde, elle a provoqué un tsunami de six mètres de haut Rue des Miracles à Port-au-Prince, elle a interpellé le conseil d’administration de la docte Confrérie des savants créolistes (CSC) affiliée à l’ONU et elle fera l’objet, le 1er janvier 2026, d’une résolution de l’UNESCO qui la placera sur sa vénérable et sacro-sainte « Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité »… Car LA NOUVELLE a du poids, elle vaut son pesant d’or, elle illustre avec panache que les « produits dérivés » de la sémantique neuronale ont atteint les plus hauts sommets des sciences cognitives : désormais LE créole parle la langue universelle de l’IA, l’Intelligence artificielle, il navigue sur les flots des savoirs et des connaissances grâce au « partenariat stratégique » conclu entre… Wikimedia Haïti, Konbit Wiki Kreyolo et l’Akademi kreyòl ayisyen. Les 12 millions de créolophones haïtiens devraient se réjouir : LE créole, désormais, caracole au faîte d’Oλυμπος, le Mont Olympe, il est, désormais, l’unique objet totémisé/labelisé exposé au Musée virtuel de la civilisation récemment inauguré Rue des Miracles à Port-au-Prince…

Confortablement installée dans les pages miraculeuses du journal Le Nouvelliste, lui aussi domicilié Rue des Miracles à Port-au-Prince, LA NOUVELLE est datée du 9 décembre 2025

et elle porte sobrement le titre « Wikimedia Haïti et l’Académie du créole : une collaboration en marche ».

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Arts in Transit : From Pointe-à-Pitre to… Dakar – 3 au 7 décembre 2025

L’événement artistique « Arts in Transit : From Pointe-à-Pitre to… Dakar » s’apprête à prendre son envol vers de nouveaux horizons. Du 3 au 7 décembre 2025, la ville de Dakar, vibrante capitale sénégalaise, accueillera cette exposition itinérante qui célèbre l’art, la culture et l’héritage guadeloupéen à l’échelle mondiale.

Le projet, initié par Jérôme de Massias de Bonne, neurologue et créateur engagé, incarne une vision ambitieuse de réinventer et de diffuser le récit guadeloupéen à travers l’art contemporain. En tant qu’extension de sa marque DMDB, une plateforme culturelle alliant mode, identité et engagement social, « Arts in Transit » s’impose comme un espace de rencontre entre créateurs, territoires et mémoires partagées.

Un Voyage Artistique Inédit

Ce voyage artistique débute en Guadeloupe, une île riche de diversité culturelle et historique, pour ensuite s’étendre à Genève, Londres et désormais Dakar. La sélection de Dakar, capitale africaine à la croisée des cultures, marque un tournant dans ce périple créatif, ancrant le projet dans un dialogue puissant entre la Caraïbe et l’Afrique.

Cette étape s’inscrit dans le cadre de « Partcours », l’un des plus grands événements d’art contemporain d’Afrique de l’Ouest.

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Jimmy Cliff, lumière mondiale du reggae, s’est éteint à 81 ans

Jimmy Cliff, né James Chambers le 30 juillet 1944 à Somerton, en Jamaïque, s’est éteint à l’âge de 81 ans des suites d’une pneumonie survenue après une crise convulsive. Son décès, annoncé par son épouse Latifa Chambers le 24 novembre, marque la disparition de l’un des derniers géants fondateurs du reggae. Dans un message empreint d’émotion, elle a exprimé sa gratitude envers « les fans, la famille, les amis, les artistes et collègues » qui ont accompagné l’artiste tout au long de sa vie, appelant également au respect de la vie privée de la famille dans cette épreuve.

Un pionnier du reggae et passeur de frontières

Figure majeure de la musique jamaïcaine depuis plus d’un demi-siècle, Jimmy Cliff incarne l’une des trajectoires les plus singulières et les plus influentes du reggae moderne. Envoyé très jeune à Kingston, il y enregistre en 1961 son premier titre, Dearest Beverley, avant de signer, dès 1962, un premier 45 tours dans un pays que le ska, puis le rocksteady et le reggae portent vers une effervescence artistique nouvelle.

Sa carrière internationale s’amorce dès la fin des années 1960, notamment avec Vietnam, chanson devenue un hymne pour les opposants à la guerre, et avec son succès au Brésil en 1968.

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Parutions : novembre 2025

L’Europe entre Poutine et Trump

Pierre Ménat
Collection : Éditions Pepper

L’agression russe en Ukraine en 2022 marque le retour de la guerre en Europe. La réélection de Donald Trump en 2025 fragilise davantage la relation transatlantique. L’ouvrage analyse les nouveaux déséquilibres géopolitiques qui en résultent.

EAN : 9782336571225
Parution : 16/10/2025
Format : 135 × 215 mm — 206 p.
Prix : 20,00 €

Politique américaine — Alliances et allié·es du socialisme

Quête de légitimité, coalitions stratégiques, radicalité et normalisation
Collection : Revue Politique Américaine

Ce numéro explore les alliances politiques du socialisme américain, son rapport au Parti démocrate et les stratégies pour légitimer ses idées dans un contexte marqué par un imaginaire anticommuniste persistant.

EAN : 9782336536545
Parution : 23/10/2025
Format : 155 × 240 mm — 232 p.
Prix : 30,00 €

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Man ka kriyé

— Par Daniel M. Berté —

Man ka kriyé

Adan kabech-sisi mwen
Ek épi djel kalé mwen, man ka kriyé
Man ka kriyé ba tousa lapawol-yo kadnasé
Ay ! Way ! Wayayay ! Anmwé ! Wélélé !

Adan kabech-zandji mwen
Ek épi djel krazé mwen, man ka kriyé
Man ka kriyé ba tousa
YO maré andidan kal bato
Ek fè-yo travèsé gran loséan blé-a    

Adan kabech-kolibri mwen
Ek épi djel pété mwen, man ka kriyé
Man ka kriyé ba tousa négriyé fouté an dlo
Ek néyé san kwa senmitjè Latlantik

Adan kabech-zandoli mwen
Ek épi djel mitilé mwen, man ka kriyé
Man ka kriyé ba manman ek sésé
Maren-
YO anviolé pou té sa pran pyé-YO

Adan kabech-zòfi mwen
Ek épi djel brilé mwen, man ka kriyé
Man ka kriyé ba tousa
YO vann akondi bet
Ek fòsé-yo travay pou ayen san manman      

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Parutions – Automne 2025

Éducation et Innovation

Innovations pédagogiques et numériques à l’université

Perspectives globales et pratiques locales
Khadija Youssoufi, Soufiane Rouissi
Parution :
16/10/2025
Collection : Enfance éducation et société
Format : 155 x 240 mm – 188 pages
Prix : 22,00 €
EAN : 9782336550312
L’enseignement supérieur traverse une ère de transformations profondes, marquée par l’émergence du numérique et la reconfiguration des pratiques pédagogiques. Cet ouvrage explore les réponses innovantes des universités face à ces nouveaux défis.

Histoire de l’éducation

La société des sciences et des arts de Grenoble (1796-1844)

Un intermède de l’Académie delphinale
René Favier
Parution :
09/10/2025
Collection : Historiques
Format : 135 x 215 mm – 252 pages
Prix : 26,00 €
EAN : 9782336562148
Après la Révolution, Grenoble retrouve son souffle intellectuel autour du Lycée des sciences et des arts fondé par Dominique Villars. Un éclairage inédit sur la renaissance des sociétés savantes en province.

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De Kampala à New York : l’héritage postcolonial des Mamdani

— Par Abbas Fahdel —

Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, incarne une génération politique nouvelle, mais aussi un héritage intellectuel singulier : celui de ses parents.

Sa mère, Mira Nair, est l’une des plus grandes cinéastes indiennes contemporaines, autrice de films célèbres comme Salaam Bombay! et Monsoon Wedding.

Son père, Mahmood Mamdani, est un historien, politologue et professeur à Columbia University, dont l’œuvre a renouvelé la compréhension des rapports entre colonisation, modernité et violence politique.

Leur fils grandit ainsi à la croisée de deux héritages : celui du cinéma engagé et celui de la pensée critique — deux formes de résistance à l’oubli et à l’ordre établi.

Né en 1946 à Bombay, Mahmood Mamdani grandit en Ouganda, au sein d’une communauté d’origine indienne installée en Afrique de l’Est depuis l’époque coloniale.

Il étudie aux États-Unis, à Harvard, avant de revenir enseigner en Afrique, notamment à Dar es Salaam, haut lieu du bouillonnement intellectuel des années 1970.

Exilé après l’expulsion des Asiatiques par Idi Amin en 1972, il devient une figure de la pensée postcoloniale, dont l’expérience personnelle nourrit la réflexion : comprendre comment le pouvoir colonial a survécu à la décolonisation, sous d’autres formes, dans les structures de l’État, la mémoire et la violence.

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Le procès du « déchoukaj » des symboles coloniaux en Martinique

Une marche forcée contre le sens de l’Histoire 

Par Yves Untel Pastel
Le débat qui s’est cristallisé autour des statues glorifiant la France conquérante aux Antilles Françaises n’est pas une simple controverse historique, mais une question fondamentale de dignité humaine et de justice mémorielle. Ces monuments, érigés à la gloire d’un passé colonial et esclavagiste, constituent une insulte flagrante et intolérable à la population antillaise. L’acte de les déboulonner, loin d’être un vandalisme, s’inscrit dans un mouvement global de dignité, que l’institution judiciaire peine à reconnaître.

I. Le Cynisme de l’Emblème Paternaliste

Comment concevoir l’audace de brandir un emblème prétendument libérateur ou civilisateur à la face d’un peuple que la puissance érigée a elle-même déporté, asservi et exploité ? Ce geste est d’un cynisme insupportable. Les statues représentant des figures de l’administration coloniale, ou des allégories de la « France conquérante », sont des affirmations de la légitimité d’une domination passée, minimisant l’infamie de l’esclavage.

Les Antilles sont littéralement une terre-cimetière, où le sol porte les stigmates des âmes broyées par le système esclavagiste. Positionner de tels monuments sur les carrefours, c’est profaner l’espace civique et imposer une négation quotidienne du traumatisme historique.

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Patricia Lollia, un parcours entre reconnaissance et nouvelles perspectives

Le Salon international Business Art Fair s’est tenu du 24 au 26 octobre à l’Espace Nesle, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris, à l’occasion du week-end d’art contemporain de la capitale.
L’événement a réuni une centaine d’artistes de différents horizons et a mis en avant la diversité des expressions artistiques actuelles.

Le collectif Art Freedom, dirigé par Mélissa Biron, a une nouvelle fois assuré la présence d’artistes ultramarins au sein du salon. Trois créatrices originaires de Guadeloupe et de Martinique y ont présenté leurs œuvres : Patricia Lollia, Jorgi et Marie-Françoise Luce.

Originaire du Gosier, Patricia Lollia participait pour la seconde fois à un salon parisien. Elle y a présenté une fresque mettant en scène quatre femmes antillaises, dans la continuité de sa démarche artistique intitulée « Une œuvre, une histoire ».
Son travail a été récompensé par le troisième prix du jury, une distinction saluant la qualité de sa recherche plastique et la singularité de son univers.

« Il est important que les artistes guadeloupéens soient visibles sur la scène nationale et internationale.

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Le passif en français et en créole haïtien : Coup d’œil sur les verbes pronominaux de sens passif.

Par Fortenel Thélusma

Introduction

En grammaire française, le mot passif est généralement associé au mot actif considéré comme son contraire. D’où les expressions : voix active, voix passive. De même, dans l’analyse sémantique, on distingue un agent et un patient. Cependant, si dans l’analyse traditionnelle, est souvent posée la question demandant de transformer une phrase de la voie active à la voie passive ou l’inverse, il faut reconnaitre que, dans une situation réelle de communication, les deux phrases (active et passive) ne s’opposent pas ; et elles ne sont pas non plus équivalentes, elles font de préférence objet de choix de la part des locuteurs, selon leur intention. En d’autres termes, sur le plan linguistique, la langue offre un certain nombre de possibilités de manipulations exploitables à souhait, tandis que dans la réalité, l’énonciateur choisit ou non de mettre en avant tel acte, tel acteur donné suivant son statut (victime/bénéficiaire, agent/patient). Dans ce cas, il sélectionne la structure syntaxique correspondant à son intention.

En créole haïtien, à notre connaissance, il n’existe pas de travail de recherche sur cette question et, évidemment, il n’y en a pas trace dans l’enseignement-apprentissage du créole.

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