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Henri Peña-Ruiz: «La critique d’une religion, quelle qu’elle soit, n’est pas un délit»

— Par Paul Sugy —

Accusé de racisme sur les réseaux sociaux, le philosophe Henri Peña-Ruiz s’explique à la suite de ses propos controversés sur l’islamophobie lors d’une conférence devant les militants de la France insoumise.

Henri Peña-Ruiz est philosophe et écrivain. Son Dictionnaire amoureux de la laïcité (Plon, 2014) a reçu le Prix national de la laïcité en 2014.

 Vous avez donné vendredi dernier une conférence sur la laïcité, lors de l’université d’été de la France insoumise. Une citation tronquée de vous a ensuite fait du bruit sur les réseaux sociaux: vous auriez déclaré «on a le droit d’être islamophobe». Comment avez-vous vécu cette polémique?

Henri PENA-RUIZ.- J’ai été très affecté par cette polémique: se faire insulter et traiter de «raciste» sur les réseaux sociaux est extrêmement pénible. Cela me touche d’autant plus que le combat contre le racisme a toujours été l’un de mes engagements fondamentaux: j’ai d’ailleurs milité au MRAP, que j’ai quitté par la suite lorsque Mouloud Aounit (ancien président du MRAP, ndlr) a établi une confusion, justement, entre le rejet des religions et le rejet des personnes en raison de leur religion.

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Le pape, sa mère et les caricatures

— Par Henri Pena-Ruiz —

pape_francois-2Citons le pape François le 19 janvier : «Si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s’attendre à un coup de poing, et c’est normal. On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision.» En voulant faire de la pédagogie sur les limites de la liberté d’expression, le pape François se livre à des caricatures qui jouent sur l’amalgame et la confusion.

D’une part, il met sur le même plan une insulte personnelle (parler mal de Regina María Sivori, sa mère) et un dessin caricatural ciblé sur une religion. D’autre part, il établit une équivalence entre ce dessin, représentation fictionnelle, et une violence physique réelle : donner un coup de poing. Certes, il y a loin du coup de poing à la rafale de kalachnikov, mais ici le registre de la violence semble validé comme juste réponse à une dérision par signes («C’est normal», ose-t-il dire). On se demande alors quelle portée peuvent bien avoir les condamnations verbales de la violence données en préalable.

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