— par Rodolf Etienne

L’épée levée… Non pour déclarer une guerre. Pour trancher dans l’oubli.
Elles sont ici vingt-cinq femmes dans une histoire beaucoup plus vaste. De celles qui ont arraché leur place à l’invisibilité, pris la parole, occupé le pouvoir, transformé nos représentations ou porté le nom du pays Martinique bien au-delà de ses rivages.
L’histoire de la Martinique a longtemps eu cette étrange manière de conjuguer la femme au quotidien et l’homme à la postérité. La femme tenait la famille, le marché, le commerce informel, l’éducation, la transmission, parfois l’habitation, souvent les comptes domestiques, fréquemment la survie elle-même. Mais quand venait le temps de graver les noms dans la pierre, l’histoire redevenait étrangement masculine comme étrangement muette.
Césaire, Fanon, Glissant, Aliker, Lagrosillière, Gratiant sont immenses ! Mais pendant ce temps-là, Paulette Nardal pensait déjà le monde noir ! Suzanne Césaire bouleversait la pensée antillaise ! Jane Léro organisait les femmes ! D’autres préparaient leurs batailles !
Paulette Nardal – avant que la Négritude ne porte son nom
Il faudra peut-être encore longtemps réparer cette injustice. Quand on raconte la naissance de la Négritude, trois hommes apparaissent immédiatement : Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas. <p> Lire Plus
