— Par Gary Klang —
Davertige, mon frère, et Port-au-Prince, ma ville natale, si mal en point. Ma ville natale, qui fut si belle, et Davertige dont les vers d’Idem expriment cette beauté morte dans une langue unique.
« Omabarigore la ville que j’ai créée pour toi
En prenant la mer dans mes bras »
Port-au-Prince est aussi mon Omabarigore et demeure dans mes souvenirs la ville qu’elle fut jadis, un lieu mythique où s’enracinent mes rêves d’enfant et mes poèmes. Et non la ville-poubelle que les médias occidentaux exposent avec une joie sadique sous son plus mauvais jour. Ville-détritus, ville-enfer, Calcutta des Antilles, où les assassins kidnappent et tuent en plein midi. Ville kafkaïenne, à l’opposé de celle de mes songes et dont Davertige nous restitue l’atmosphère tranquille d’avant la dictature :
« O mémoire ô mémoire redites-moi sa vie parmi les fleurs blanchies
Parmi les fers à repasser et les vieux moulins à café
Parmi les tables de lessiveuse et les cuvettes de linge frais »
Il faut lire Davertige. L’universel se mêle ici au particulier, et s’il nomme Port-au-Prince c’est pour s’échapper aussitôt dans une surréalité qu’André Breton eût appréciée :
« Je voulais librement m’en aller à travers Port-au-Prince
Quand un monsieur en bleu me dit – Arrêtez mon cher Ange…
Ma petite folle s’en allait les cheveux pleins de vers luisants
Mille Messieurs en bleu m’encerclaient un instant
Me tenaient par le cou Et j’arrivais à me défaire d’eux
En disant – Sales punaises aux yeux rouges de feu…»

Alors que plus de 40 % des ménages de la région métropolitaine de la capitale haïtienne ont subi un choc lié à l’insécurité, l’Agence alimentaire des Nations Unies s’est inquiétée, lundi, de l’insécurité alimentaire parmi la population, relevant que deux tiers des ménages de Port-au-Prince ne mangent pas assez.
Port-au-Prince – Le président haïtien Jovenel Moïse a annoncé mercredi remplacer son Premier ministre, quelques jours après l’enlèvement de sept religieux qui a illustré la grave crise sécuritaire dans le pays gangrené par la pauvreté et la corruption.