Étiquette : politique publique

CTM : De 39 à 11 jours de trésorerie

— Par Rodolf Étienne

11 jours. 

C’est probablement le chiffre le plus spectaculaire publié cette année sur les finances publiques en Martinique.

Mais il nous faut immédiatement préciser ce qu’il signifie.

Il ne s’agit pas de dire que la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) n’aurait plus que onze jours pour fonctionner, ni que la Martinique serait « en faillite ».

Le chiffre provient du pré-rapport 2026 de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL), présenté le 9 juin dernier. Il concerne les comptes consolidés des collectivités territoriales de Martinique figurant dans l’annexe consacrée aux collectivités ultramarines. Ces données sont principalement établies à partir des comptes de gestion de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).

Et ce chiffre dit déjà quelque chose de suffisamment préoccupant pour qu’il n’est pas nécessité à l’exagération : à la fin de 2025, la trésorerie nette consolidée représente seulement onze jours de dépenses de fonctionnement, tandis qu’un an auparavant, elle en représentait environ 39.

De 39 à 11 jours d’avance de trésorerie

Ici, le mouvement est clairement brutal. Selon l’OFGL, la trésorerie nette s’établit en 2025 à 72 euros par habitant, soit une diminution de 74,1 % en un an.   Lire Plus

Sargasses (5) : Qui doit payer quand la crise est permanente ?

— Par Rodolf Étienne

Pendant quinze ans, la question des sargasses a été formulée presque toujours de la même manière : comment ramasser plus vite ? En 2026, elle a inexorablement changé.

Au Robert, au François, au Vauclin, au Marigot ou à Trinité, les habitants ne demandent plus seulement que les algues soient retirées. Les communes ne demandent plus seulement des tractopelles. Les parlementaires ne réclament plus seulement quelques millions supplémentaires dans le prochain budget.

Une question beaucoup plus profonde apparaît : qui doit payer lorsqu’un phénomène autrefois exceptionnel devient une charge permanente pour un territoire ? Cette interrogation traverse aujourd’hui les prises de position des élus, les mobilisations des collectifs de riverains, les rapports des institutions de contrôle et la préparation du troisième Plan Sargasses.

Elle touche au partage des responsabilités entre communes, intercommunalités, Collectivité territoriale de Martinique, État, Europe et, de plus en plus, aux droits des particuliers eux-mêmes. Car la facture ne s’arrête pas au rivage. Elle entre désormais dans les maisons, les entreprises, les écoles, les budgets communaux et les patrimoines familiaux.

Au Robert, le conflit a changé de nature

Le début de l’année 2026 constitue probablement un tournant.  Lire Plus