Étiquette : Jérôme Bosch

Lisa Clague : Sous le masque, des créatures de rêves

  • par Rodolf Etienne

Il y a quelque chose d’immédiatement troublant dans les sculptures de Lisa Clague. Elles semblent appartenir à un monde dont nous connaîtrions les règles sans parvenir à nous souvenir où nous les avons reçues.

Des femmes aux visages masqués côtoient des animaux, des corps humains se prolongent en formes hybrides, des oreilles, des becs, des cornes surgissent là où nous attendions un visage. Tout est presque familier. Et pourtant rien ne l’est vraiment.

L’artiste américaine situe elle-même son travail dans un espace « entre le subconscient et l’intangible ». Ses figures masquées sont conçues comme des êtres ambigus, traversés par le déguisement, la séduction, la dissimulation et la métamorphose.

Le rêve constitue une source essentielle de cette œuvre : il compresse les images, associe des réalités étrangères les unes aux autres, transforme l’anxiété, le désir ou le souvenir en créatures nouvelles.

Du vase au corps

Lisa Clague n’était pourtant pas destinée à devenir exclusivement sculptrice de figures fantastiques. Née dans une famille d’artistes — son père était sculpteur sur métal et sa mère potière — elle commence par l’illustration avant d’intégrer le Cleveland Institute of Art.  Lire Plus

Entre Démons et Merveilles, Jérôme Bosch défie le temps

—Par Jean-Jacques Régibier —

jerome_bosch_jardin_delicesL’exposition consacrée à Jérôme Bosch au musée du Prado à Madrid vient couronner une année d’expositions, de travaux de recherche et de colloques organisés à l’occasion du 500ème anniversaire de la mort d’un des peintres les plus stupéfiants et les plus admirés de la peinture occidentale.
Le regain d’intérêt suscité par son œuvre auprès d’un très vaste public, a confirmé l’incroyable modernité de celui qu’André Breton qualifiait de « visionnaire intégral », « plus subversif » que la plupart des artistes contemporains, ajoute le metteur en scène et plasticien flamand, Jan Fabre.
Dans un livre qu’iI vient de consacrer à Jérôme Bosch (1), le grand écrivain nééerlandais Cees Nooteboom raconte comment une curieuse coïncidence ( André Breton aurait dit un “ hasard objectif “ ) a fait que se côtoient, sur sa table de travail, d’une part un livre ouvert à la page représentant une toile célèbre de Bosch où l’on voit Saint Christophe faisant traverser la rivière à l’enfant Jésus qu’il porte sur son dos, et juste à côté du livre, le journal du jour montrant la terrible photo du policier turc portant dans ses bras le corps mort du petit Aylan, cet enfant syrien retrouvé noyé sur une plage de la mer Egée après le naufrage de l’embarcation de fortune sur laquelle ses parents pensaient pouvoir aborder un monde meilleur.  Lire Plus