Étiquette : industrialisation africaine

Afrique : Produire sa richesse, protéger ses peuples

L’Afrique aborde une semaine particulièrement révélatrice de ses ambitions et de ses contradictions.

À Kampala, en Uganda, une rencontre continentale sur le droit d’auteur entend renforcer les revenus des créateurs africains.

En Guinée, les projets de transformation minière se heurtent à une question décisive : comment industrialiser sans disposer d’une énergie suffisante et abordable ? Dans les Grands Lacs, l’épidémie d’Ebola continue de progresser, tandis que l’assassinat d’un opposant rwandais réfugié en Ouganda soulève de graves interrogations sur la protection des personnes en exil. En Afrique australe, le Mozambique et l’Afrique du Sud commémorent le quarantième anniversaire de la disparition de Samora Machel, figure majeure des luttes de libération.

Cinq développements qui interrogent la capacité du continent à construire sa souveraineté économique, sanitaire, politique et culturelle.

🇺🇬 OUGANDA — Kampala accueille une rencontre continentale pour transformer la création africaine en véritable puissance économique

Culture | Propriété intellectuelle | Économie créative | Intégration africaine

Rencontre programmée du 19 au 21 octobre 2026.

L’Ouganda accueille à partir de ce lundi un rendez-vous important pour l’avenir des industries culturelles africaines.  Lire Plus

Minerais critiques : Afrique, de la mine à l’usine

— Par Rodolf Étienne

Pendant plus d’un siècle, une grande partie de l’économie minière africaine a fonctionné selon une mécanique presque immuable.

Extraire la matière première sur le continent, l’exporter, puis laisser ailleurs l’essentiel de la transformation industrielle, de la technologie, des emplois qualifiés et de la valeur ajoutée.

Cuivre, cobalt, bauxite, lithium, graphite, manganèse, platine, terres rares : l’Afrique possède une part considérable des minerais devenus indispensables aux batteries, aux véhicules électriques, aux réseaux électriques, aux énergies renouvelables, à l’électronique et désormais aux infrastructures de l’intelligence artificielle.

Mais posséder le minerai ne signifie pas posséder la chaîne de valeur. C’est précisément ce que plusieurs États africains tentent aujourd’hui de changer. Selon une analyse publiée par Reuters le 10 septembre 2026, l’Afrique continentale détiendrait environ 30 % des réserves minérales mondiales, tout en ne captant qu’environ 10 % des revenus miniers mondiaux. Le contraste résume à lui seul la question : la richesse géologique existe, mais une part considérable de la valeur économique est créée après que la matière première a quitté le continent.

Du minerai brut au produit transformé

Le mouvement qui s’esquisse aujourd’hui est loin d’être uniforme, mais il devient continental.   Lire Plus

PETROLE – NIGERIA : L’entrée en bourse de tous les records

— Par Rodolf Étienne

Le livre d’ordres ouvre ce 14 septembre 2026. Une option de surallocation pouvant atteindre 15 % est prévue si la demande le justifie. 

Nigeria. Derrière l’opération financière historique engagée par la raffinerie Dangote se joue une question autrement plus importante. L’Afrique peut-elle transformer ses ressources, financer ses industries et devenir progressivement le propriétaire de son propre appareil productif ?

Le 4 septembre 2026, la Securities and Exchange Commission du Nigeria a approuvé l’introduction en Bourse de Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals, immense complexe industriel installé à Lekki, près de Lagos. L’opération prévoit la mise sur le marché de 4,1 milliards d’actions ordinaires au prix de 525 nairas chacune. Si l’offre est entièrement souscrite, elle permettrait de lever environ 2 150 milliards de nairas, soit quelque 1,63 milliard de dollars. Ce qui représente la plus importante vente d’actions jamais réalisée sur le continent africain.

L’Afrique s’apprête à vivre une opération boursière sans précédent !

Mais le record financier n’est probablement pas ce qui importe le plus ici. Derrière les actions, les milliards et la Bourse se trouve une question beaucoup plus fondamentales : après avoir longtemps exporté ses matières premières, l’Afrique peut-elle désormais les transformer, financer cette transformation et devenir propriétaire des entreprises qui la réalisent ?  Lire Plus

Renaissance Africaine : La nouvelle conquête énergétique du continent

– Par Rodolf Étienne

Au moment où l’Europe redécouvre brutalement sa vulnérabilité énergétique et recherche de nouveaux fournisseurs, l’Afrique, elle, redevient l’objet de toutes les attentions. L’Afrique nouvelle devra-t-elle encore exporter ses nombreuses matières premières pour ensuite importer les produits, technologies et services fabriqués avec elles ?

Pétrole namibien, gaz tanzanien et mozambicain, cobalt congolais, cuivre, manganèse, uranium, solaire, hydroélectricité : l’Afrique possède une part considérable des ressources nécessaires au monde d’aujourd’hui comme à celui de demain.

Il suffit parfois d’une simple crise pour que les cartes que l’on croyait connaître changent brutalement de couleur ou, plus simplement, de mains. Ainsi, pendant plusieurs années, l’Europe a parlé de sortie des hydrocarbures, de neutralité carbone, d’électrification et d’économie post-pétrolière. Puis sont venues les guerres, les tensions commerciales, la rupture avec une large partie du gaz russe, les inquiétudes autour du Moyen-Orient et des routes maritimes.

Le vocabulaire a changé, change encore et changera certainement encore avec les années. On reparle de sécurité énergétique, de stocks, de raffineries, de gaz. Et, surtout, dans ce contexte nouveau, tous les regards se tournent directement vers l’Afrique.  Lire Plus