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Algérie, ce pays presque mien

En l’honneur de mon ami-frère Karim Akouche
— Par Gary Klang —
Lorsque mon ami-frère Karim Akouche m’incita à écrire un texte sur l’Algérie, j’ai su tout de suite que j’allais remuer beaucoup de souvenirs et de points sensibles car, bien que n’y étant jamais allé, ce pays presque mien me tient autant à cœur qu’Haïti, la France ou le Canada.
Je suis né en Haïti. Ma mère et mes grands-parents maternels sont eux aussi nés dans cette île, ce qui fait de moi un vrai natif natal, comme on dit là-bas. Tandis que mon grand-père paternel a vu le jour à Bône (Annaba) en Algérie, le 6 septembre 1883. La guerre de 1870 chassa Napoléon le Petit, mais aussi mon arrière-grand-père de Metz, en Alsace-Lorraine. Voici ce qu’en dit mon grand-père, Charles Klang, dans ses Mémoires :
« Pieds nus dans la neige et sous la rigueur du froid en hiver, c’est ainsi qu’il (son père Louis-Arthur) s’est battu. A la reddition de Metz, où il se trouvait alors, les Allemands lui offrirent le choix : ou demeurer à Metz et devenir Allemand, ou laisser la ville dans les 24 heures.
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Lettre de Gary Klang à Marco Rubio

Mon Cher Marco,

Tu as 55 ans et moi 84. Vu la différence d’âge, je t’écris comme un père écrirait à son fils. Sans haine et sans colère, car je pense que notre monde a besoin de beaucoup d’amour, surtout par les temps qui courent. Je ne vais donc pas ajouter du négatif à une situation qui en a déjà trop.

Tu voudrais, semble-t-il, renverser le régime cubain. Je ne connais pas l’histoire de ta famille mais tout porte à croire que tu voudrais te venger de la Révolution castriste. Cependant, tu n’ignores sûrement pas ce qu’elle a apporté à la patrie de tes parents en réalisant ce que aucun gouvernement américain n’a jamais fait pour son peuple.

Fidel a éliminé le préjugé de couleur qui pourrissait le pays. Il a aussi donné à tous les Cubains l’éducation et les soins gratuits au point que certains Américains viennent se faire soigner à la Havane. Son système universitaire forme des milliers de médecins qui vont partout dans le monde. J’en ai vu en Haïti, mon pays de naissance. Ils vont dans les coins les plus reculés pour soigner les malades, là où les médecins haïtiens ne se rendent pas.<p>  Lire Plus

Ode au Che

Prévisualiser (ouvre un nouvel onglet)— Par Gary Klang

O Che
Un jour
Par haine de l’injustice
Tu partis à la défense des opprimés
Sur les routes de poussière et dans la jungle
Malgré l’asthme qui ne t’a jamais quitté

Tout allait bien
Tout prenait sens
Mais tout prit fin dans un village perdu des Andes
L’homme de main te croyait vaincu
Mais ce qu’il ignorait
C’est que tu vivrais éternellement dans la mémoire des hommes

Adios Compañero Heroico
Je te salue de tout mon cœur
De toute mon âme
Repose en paix
Car ton corps
Allongé presque nu sur une table de campagne
A vaincu la mort à tout jamais<p>  Lire Plus

Ma belle langue créol,

—Par Gary Klang —
O mon créole,
Tu es peut-être la seule langue au monde où la notion de faute n’existe pas. Mais au pays où je suis né, dans cette île jadis nommée Perle des Antilles, les gens qui se disaient de bien pensaient que tu ne devais être parlée que par les gens du peuple. Je me souviens qu’à l’école quiconque osait s’exprimer en créole était puni.
Et pourtant, comme tu es belle et comme tu rayonnes. Tu portes en toi ce qu’aucune autre langue au monde ne possède : l’absence de faute et de culpabilité. Toute voum sé do. Personne ne sera jamais pointé du doigt.
Tu portes en toi tous les parfums de l’île, toutes ses odeurs. La beauté des bougainvillées, la saveur de la mangue, l’inoubliable ilang-ilang qui parfumait les nuits de mon enfance.
Je revois l’oiseau-mouche sautant de fleur en fleur, heureux de vivre; la marchande descendant des montagnes en portant sur la tête un amas de légumes; pieds nus, sourire aux lèvres et sans jamais se plaindre.
Oui, j’aime le créole, j’aime ce peuple courageux si digne dans sa souffrance.
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Une maison dite blanche

un conte pour grandes personnes 
— Par Gary Klang
Dans une ville appelée Ouachinetone, il y avait un président appelé Dodo Trap qui décida un beau jour (mais l’était-il vraiment ?) que son pays, les États-Désunis, devait arrêter d’emmerder le monde entier, d’asphyxier Cuba, de kidnapper les présidents vénézuéliens, de faire la guerre à l’Irak après avoir fait mentir un général en chambre qui secouait sous le nez de son voisin une fiole censée contenir un poison mortel, etc., etc. Oui, ce pays méritait le nom que lui avait donné un de ses plus grands écrivains, air-conditioned nightmare, ce qui signifie cauchemar climatisé.
En effet, malgré la fausse image entretenue dans les médias aux ordres, malgré tous les mensonges propagés, il était clair pour tout esprit honnête que ce pays était plus un enfer qu’un paradis, car seul comptait l’argent. Money, money, money ! Le riche était respecté, même s’il avait violé 50 veuves, mais le pauvre était honni, cloué au pilori. Il n’avait pas droit au respect auquel tout être humain a droit.
Dans ce pays, le plus riche qu’on ait jamais vue – même la Rome antique fait piètre figure – des milliers de gens dormaient dans leur voiture ou dans les rues.
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Madrid

—Par Gary Klang —
Au pays du grand maître qui défit les visages
Et de l’ours blanc plus grand que tous les autres
Dans ce pays des jeux de mort
Où nous voyions l’homme à la cape défier la bête mythique
Nous avions des nuits fauves et des joies
Où l’amitié seule avait son mot à dire
C’était le temps d’avant
Celui où la fissure ne perçait pas
Cachée par l’enthousiasme d’une jeunesse faite de rire et de poèmes
Nous écoutions alors Garcia Lorca et Machado
Son las cinco de la tarde
 
C’était l’heure où le toréador rendait l’âme dans l’arène de Madrid
L’heure des bars et des flamencos
Je me souviens d’une fille rencontrée par hasard
Avec qui nous marchâmes dans Madrid jusqu’à l’aube
Malgré celui qui citait Cervantès du haut de son balcon
Et les serenos qui répondaient très vite à l’appel de nos mains
C’était l’heure des soupers sans fin
Et des promenades sur la Gran Via jusqu’au petit matin
Nous relisions Hemingway et Lorca
Son las cinco de la tarde
 
GARY KLANG 
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Quand toutes les roches toucheront l’eau

— Par Gary Klang —

Mes Chers Compatriotes,

J’en appelle à toutes les classes sociales, aux dirigeants, aux possédants, aux démunis, aux Noirs et aux Mulâtres. Nos dirigeants ont pour devoir d’apaiser les souffrances d’Haïti et pourraient pour cela s’inspirer de Fidel qui, malgré le blocus, a donné à son peuple l’éducation et les soins de santé gratuits. Mais rien de tel chez nous.

Le Président Aristide l’a constaté de manière imagée : woch nan dlo pa konnen doulè woch nan soley. La classe aisée, qui loge dans les belles villas, et le peuple, qui croupit dans la boue, s’ignorent et vivent dans deux mondes séparés.

Mais contrairement aux autres dirigeants, tu as voulu changer les choses, mon cher Titide. Hélas, au lieu de t’aider, toi qui risquas ta vie pour chasser Duvalier, les bien-pensants se sont ligués contre toi et t’ont destitué. Tu as eu droit à deux coups d’État et le peuple souffre toujours autant. Qui pis est, ce sont tous les Haïtiens, sans exception, qui aujourd’hui pâtissent des gangs.

Cependant, lorsque je pense à la grandeur de l’épopée dessalinienne, je garde encore espoir : le pays renaîtra !<p>  Lire Plus

Viva Venezuela !

— Par Gary Klang —
Si je republie cet article aujourd’hui, c’est parce que j’en ai marre d’entendre critiquer Chavez et Maduro; marre d’en entendre dire du mal par des gens qui ne savent pas de quoi ils parlent; marre des menaces de Trump; marre de lire dans les journaux français et américains tant de sottises concernant ce pays. Comme nous avons pu le constater, Michel Butor et moi, les seuls invités de langue française dans le cadre de ce festival de poésie : le président Chavez était aimé de son peuple pour lequel il avait créé, entre autres, des restaurants à bon marché pour les plus démunis. Quel gouvernement français, belge ou américain l’a jamais fait ?
C’est mon ami Enrique Hernandez D’Jesus qui m’invita à ce festival. Je l’avais rencontré au Mexique – autre pays frère – lors d’une rencontre de poésie, où m’avait convié un autre grand ami et poète, Marco Antonio Campos. D’entrée de jeu, j’étais certain qu’Henrique et moi étions liés pour la vie et que je le reverrais un jour. De fait, on s’est revus en juin 2012 à ce festival organisé en son honneur.<p>  Lire Plus

Lettre à Duvalier

— Par Gary Klang —
Tu as tout gâché Duvalier
Avant toi
Tout allait bien
La peur n’existait pas
Ma ville était un havre
Blotti contre la mer qui souriait aux étoiles
Les bougainvilliers s’étiraient langoureusement contre les murs
Joyeux
Comme des jeunes filles en fleurs
Le mal n’était qu’un mot
La vie avait un goût de mangue et d’oisiveté
Et c’est alors que tu vins
Faisant du meurtre la norme
Avec ton Fort Dimanche
Qui n’avait rien de dominical
Et où régnait une femme
Pire que tes sbires
Dont le nom aurait plu au führer
Madame Adolphe
Madan Max Adolphe
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Mon frère Davertige

— Par Gary Klang —

Davertige, mon frère, et Port-au-Prince, ma ville natale, si mal en point. Ma ville natale, qui fut si belle, et Davertige dont les vers d’Idem expriment cette beauté morte dans une langue unique.

« Omabarigore la ville que j’ai créée pour toi 
En prenant la mer dans mes bras »

Port-au-Prince est aussi mon Omabarigore et demeure dans mes souvenirs la ville qu’elle fut jadis, un lieu mythique où s’enracinent mes rêves d’enfant et mes poèmes. Et non la ville-poubelle que les médias occidentaux exposent avec une joie sadique sous son plus mauvais jour. Ville-détritus, ville-enfer, Calcutta des Antilles, où les assassins kidnappent et tuent en plein midi. Ville kafkaïenne, à l’opposé de celle de mes songes et dont Davertige nous restitue l’atmosphère tranquille d’avant la dictature :

« O mémoire ô mémoire redites-moi sa vie parmi les fleurs blanchies 
Parmi les fers à repasser et les vieux moulins à café 
Parmi les tables de lessiveuse et les cuvettes de linge frais »

Il faut lire Davertige. L’universel se mêle ici au particulier, et s’il nomme Port-au-Prince c’est pour s’échapper aussitôt dans une surréalité qu’André Breton eût appréciée :

« Je voulais librement m’en aller à travers Port-au-Prince 
Quand un monsieur en bleu me dit – Arrêtez mon cher Ange… 
Ma petite folle s’en allait les cheveux pleins de vers luisants 
Mille Messieurs en bleu m’encerclaient un instant 
Me tenaient par le cou Et j’arrivais à me défaire d’eux 
En disant – Sales punaises aux yeux rouges de feu…»<p>  Lire Plus

Ami ne m’appelle pas étranger

Ami ne m’appelle pas étranger
— Par Gary Klang —

Ami
Ne m’appelle pas étranger
Ni d’une île
Ni de la mer
Ni des fleuves

Comme toi
Poussière d’étoiles
Et nos ancêtres
Venus des terres d’ébène

Tu t’enfermes
Et me parles de frontières
D’immigrés
D’immigrants
D’étrangers
De sans-papiers
Que sais-je

Qui t’a légué la terre

Je vais
Je viens
Je passe <p>  Lire Plus

« Les mots », de Gary Klang

— Par Gary Klang —
Les mots

Les mots sont fatigués mes frères

Tous ces grands mots qu’on nous jette à la face

Ils ont un goût de vomissure

 

Comme ces sources puantes

Près de la mer caraïbe

Où enfant je plongeais joyeusement

Malgré l’odeur de soufre

 

Les mots sont fatigués mes frères

Les mots en ont assez

Et plus personne n’y croit

 

Les mots divisent

Les mots séparent<p>  Lire Plus

Voyage féérique au Macoutistan, le « pays » du grand poète et romancier Gary Klang…

—  Par Robert Lodimus —
     Le 27 février 2025, les parents, les collègues et les lecteurs de Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent, alias Frankétienne, l’ont accompagné à sa dernière demeure avec une profonde tristesse. L’enfant de « Ravine-Sèche » allait célébrer sa quatre-vingt-neuvième année d’existence le 12 avril prochain, dans une capitale en lambeaux, méconnaissable, pariatisée, livrée pieds et mains liés, – comme le Fils de l’Homme à Hérode Antipas –, aux lycanthropes d’Hadès et de Perséphone, le dieu et la déesse des enfers. Franck Étienne a traversé, – pour reprendre le jargon utilisé dans le vaudouisme –, sans avoir accompli son rêve : obtenir le prix Nobel de littérature. Peut-être, entrera-t-il dans l’histoire à l’instar de l’écrivain suédois nobélisé à titre posthume en 1931, Erik Axel Karlfeldt, – quoique celui-ci l’eût refusé de son vivant en 1918 –,  pour son ouvrage Cor d’Automne (Höstorn), paru pour la première fois en 1927. Car, dans bien des cas, la mort n’est pas arrivée à gommer l’opiniâtreté des « obsessions subjuguantes ». Et puis, « mieux vaut tard que trop tard !»
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« Ma pauvre île », par Gary Klang

Ma pauvre île

Ma pauvre île
Tu connus la douceur amérindienne
La reine Anacaona
Et le cacique Henri
Les caresses de la lune
Et le rire du soleil
Lorsqu’un jour
Débarquèrent les conquistadors
Avec leurs lances et leur violence

Commencèrent alors
La traite et l’esclavage
Les nez les bras coupés
Les hommes enfouis sous terre
Avec du miel sur la tête
Pour attirer les abeilles

Puis ce furent
Les présidences en cascade
Et des êtres
Avides de pouvoir
Et sans cesse renversés
Telles des quilles folles<p>  Lire Plus

Ode au Che

—  Par Gary Klang —
         O Che
Par haine de l’injustice
Tu partis un jour avec tes compagnons
Inti Peredo
Coco Peredo et d’autres
À la défense des opprimés
Malgré l’asthme dont tu souffrais
Et la dureté de l’aventure
Tout allait bien
Tout prenait sens
Mais tout prit fin
Et toi
Étendu presque nu
Dans un village perdu des Andes
L’assassin te croyait vaincu
Mais ce qu’il ignorait
C’est qu’à jamais tu vivrais dans la mémoire des hommes
Comme un symbole immortel
De justice et de fraternité
Adieu Compañero Heroico
Tu peux dormir tranquille
Car le vainqueur c’est toi
GARY KLANG

 

 

Ode au Che
—Par Gary Klang —

O Che
Ton corps à moitié nu
Allongé sur une table de campagne
Les yeux ouverts
Fixés à tout jamais sur l’éternité
Tu as fait don de ta vie à ceux d’en bas
Et sillonné les routes comme Don Quichotte de la Mancha
Ton frère
Mais tes moulins n’étaient pas des chimères<p>  Lire Plus

Le temps qui passe

— Par Gary Klang —
Le temps qui passe
La neige qui tombe à perdre haleine
Le ciel couleur de robe de nonne
Et moi
Messager ivre du passé
Je pense à ceux que j’ai perdus
Tel celui qui à Berlin faillit perdre la vie
Pour finir dans une jungle pleine de bêtes et d’effroi
Enfermé dans une cage
Laissé là pour mourir
Lui que terrifiaient la solitude et la poussière
Il y avait aussi celui qui à Madrid
Me présenta au grand toréador adulé par son peuple
El Cordobes
Ainsi qu’à cet enfant que l’on appelait le p’tit chanteur à la voix d’or
Joselito
Jamais je ne vous reverrai mes frères
Car le temps a passé
Ce temps qui nous ignore
Il vous a emportés
Et nous emportera tous
Recouvrant tout de sa poussière
Gary Klang
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Les intellectuels haïtiens et le peuple

— Par Gary Klang —

Jusqu’à tout récemment, il était entendu qu’un intellectuel luttait contre les injustices. Voltaire défendit Calas en risquant gros, car à l’époque l’intellectuel prenait beaucoup plus de risques qu’aujourd’hui. Diderot fut emprisonné à Vincennes pour ses écrits; Rousseau dut fuir Paris; Hugo s’exila de France et l’appartement de Sartre fut plastiqué à Saint-Germain-des-Prés dans les années 60.

Et puis tout changea brusquement avec la chute du communisme. Un historien américain décréta tout de go la fin de l’Histoire, en convoquant le vieil Hegel qui n’en demandait pas tant. Mais l’Histoire reprit de plus bel son cours sanglant avec le 11 Septembre, la guerre d’Irak, les talibans… Certains intellectuels haïtiens, qui au beau temps du communisme saupoudraient tous leurs textes du mot peuple, dans le but de jouir des avantages que leur donnait l’Union soviétique, virèrent à droite sans crier gare.

J’ai écrit une nouvelle à ce sujet, La Chute du Mur, dans mon livre Kafka m’a dit, où je campe un type d’intello haïtien, naguère stalinien et qui du jour au lendemain renie son appartenance au Parti communiste pour devenir un petit-bourgeois dans la pire acception du terme.<p>  Lire Plus

Réveillons-nous

Réveillons-nous
— Par Gary Klang —

Il serait si facile aux hommes et aux femmes de tous les pays du monde de se donner la main
Comme disait le poète Paul Fort
Dont l’épouse Germaine habitait elle aussi au 34 de la rue Gay-Lussac
J’ai vécu avec elle l’inoubliable Mai 68
Ainsi qu’avec mon vieux complice
Bobby Labrousse
Alias Brebis Galeuse
Jean-Claude O’Garro
Gérard Aubourg
Dit Boubou le Fou
Le brave Francis Paul
Qui arrivait tout guilleret de Moscou
Ainsi qu’une stalinienne fanatique et fringante
Baptisée Tête de Poisson
Qui habitait également au 34
Sans oublier l’inoubliable Jules Badeau dont j’oublie le vrai nom
Et dans le nez duquel Brebis Galeuse introduisit une plume de dinde arrachée d’un coussin
Harassé qu’il était d’entendre déconner Jules
Plus la jeune et fraîche Monique amoureuse de Bobby
Et que celui-ci de guerre lasse finira par épouser
Il serait si simple répétons le de se tendre la main
D’ouvrir nos cœurs
De rejeter une fois pour toutes l’indifférence et l’égoïsme
Et de dire merde aux cons
A la violence
Et à la guerre
Car la vie est bien trop courte
Croyez moi
Pour la passer à s’emmerder les uns les autres

Gary Klang

 

Gary Klang<p>  Lire Plus

Jamais ne comprendrai le mal

— Par Gary Klang —

O énigme du mal

Jamais ne comprendrai ce qui t’anime
Ceux qui traînent après eux un long voile de ténèbres
A l’instar de celui qui jura de soigner
Mais s’efforça d’éteindre les étoiles
En jetant sur le monde l’ombre d’une nuit sans fin

Jamais ne comprendrai le mal
Cet enfant ligoté et noyé
Mort
Les yeux ouverts
Par désir de faire mal

Jamais je n’oublierai non plus ceux qui périrent
Dans les îles caraïbes
Et dans les champs de canne
Arrachés à leur terre pour cultiver la terre des autres
Sans jamais plus revoir la terre de leur enfance

Un roi
Fils du Soleil
Que l’on disait civilisé
Conçut l’ouvrage qu’on appela le Code noir
Qui faisait de l’esclave un meuble
Tout simplement

Jamais ô non jamais
Vous dis-je
Ne comprendrai l’attrait de la souffrance

GARY KLANG<p>  Lire Plus

« J’aurai beau dire faire « 

— Par Gary Klang —

J’aurai beau dire
Beau faire
Plus rien ne sera comme avant
Les grillons se sont tus
Les lucioles n’éclairent plus
Et les feux sont éteints
Le monde
Parfois si beau
N’est plus ce qu’il était
Et la mer rejette sur la plage le corps des poissons morts
Où sont passés les ciels de mon enfance
Les réunions d’amis laissant le temps au temps
Mais le monde n’est plus ce qu’il était
Les hommes en noir avec des lunettes noires
Ont fait place à tous ceux
Qui comme eux
Préfèrent le bruit des balles et des fusils
Le cri des hommes agonisant
Les corps d’enfants
Qui devraient rire et jouer
Au lieu de dormir à tout jamais
Allongés sur la terre d’un pays disparu
Devenu tas de cendres
O Dieu
Reverrai-je
Dis-le-moi
Le temps d’avant
Celui du pur bonheur
Le temps où on laissait le temps au temps

GARY KLANG<p>  Lire Plus

À mon île défunte

— Par Gary Klang —

Mon île à tête d’histoire ancienne
Et de misère
Pirogue échouée fuyant la mer

Mon rêve noyé
Dans la mer morte de la douleur

Je ne vois rien qu’un long malaise
Le frère ne connaît pas le frère
L’ami qu’on ne reconnaît plus

Mon chant dira
Les détritus
La crasse
Et l’abandon

Qui me dira le sens de la débâcle

Gary Klang

illustration d’après le tableau Capois La Mort, s.d. Obin, Seneque (haïtien, 1893 – 1977)

*****
***
*

François Cappouet ou François Cappoix (surnommé Capois-La-Mort), né en 1766 à Delaunay (Glon-nen) 1re section communale de Chansolme, Arrondissement de Port-de-Paix, assassiné le 19 octobre 1806 sous l’ordre de Henri Christophe près de Limonade, est un officier de l’armée indigène d’Haïti lors de la Révolution haïtienne et vainqueur de la Bataille de Vertières.

Biographie
Fils d’esclave devenu insurgé
Il était fils d’esclave vivant dans le domaine de riches planteurs français dont le nom « Cappouet » devint Capoix pour sa famille par déformation linguistique.<p>  Lire Plus

Dans l’enfer de Gaza

— Par Gary Klang —

Comme tous les enfants du monde
Insouciants et rieurs
Perdus dans l’océan des rêves
Les enfants de Gaza aimeraient bien jouer
Les pieds couverts de sable
Et la tête dans les étoiles

Mais comment jouer me direz-vous
Lorsque l’avenir se confond avec un éternel présent de décombres et de morts

Les enfants de Gaza n’écouteront plus le chant joyeux des tourterelles
Remplacé par le bruit des obus et des chars
Le sifflement des balles

Alors
Au lieu de jouer
Comme tous les enfants du monde
Les enfants de Gaza pleurent amèrement leurs morts et leurs blessés
Le cœur plein de tristesse et d’incompréhension

Ils se demandent
Qu’avons-nous fait pour mériter tant de violence et tant de haine

Pourtant
Ils accueilleraient bien volontiers ces hommes en jaune
Les bras ouverts
Le cœur offert
Et jouiraient avec eux de la splendeur du monde<p>  Lire Plus

Enfant de Gaza

— Par Gary Klang —
Enfant de Gaza
Je pleure quand je te vois
Couché dans la poussière
Les yeux fermés à tout jamais
Je pleure en te voyant
Et me demande
Pourquoi tant de souffrance
Alors qu’on pourrait tous se donner la main
Et sourire aux étoiles
Gary Klang
*****
***
*

Samedi soir, plus de 150 personnes réunies devant la Maison du développement durable à Montréal pour un flashmob solidaire afin de demander la fin du génocide à Gaza et la protection des enfants.

Merci du fond du cœur à Karine Cloutier, qui a conçu et guidé la chorégraphie avec générosité et puissance.
Merci à Humanité & Inclusion Canada pour leur témoignage bouleversant qui nous a rappelé l’urgence d’agir.
Merci à l’équipe de projection qui a permis d’amplifier notre message.

Et surtout, merci à toutes et tous les militant·e·s qui ont donné de leur temps, leur énergie et leur voix pour faire de cette action un moment fort de solidarité.

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Jamais n’accepterai

Jamais n’accepterai
— Par Gary Klang —

Jamais n’accepterai l’ignoble
Ceux qui font fi de l’innommable
De cet enfant une balle au cœur mourant dans les décombres
Au lieu de rire
Insouciant
Comme devrait l’être un enfant

Je n’en peux mais vous dis-je
Je n’en peux plus
Et je conchie
Tous ceux qui vivent
Vautrés dans leur indifférence

Partez leur dis-je
Hors de ma vue
Je ne veux plus
Je ne peux plus vous voir

Gary Klang<p>  Lire Plus

Matoub

—Poème par Gary Klang —
Je te salue Matoub

Tu as gravi les chemins d’ombre
En te hissant vers les étoiles
De cette terre presque mienne
L’aïeul y vit le jour
Pour finir sur cette île
Où j’ai connu aussi
La terreur
La folie
Et l’absurde

Je me souviens du corps
Ligoté sur une chaise
La tête penchée
Comme un enfant qui pleure

J’ai vu cet homme
Matoub
Abandonné au milieu des passants
Renvoyé
Tout comme toi
Au néant
Et à la poussière

Repose en paix
Poète
Repose
Sur cette terre presque mienne
Bercé à tout jamais
Par la lumière
Et par la mer

Car ta révolte
Vois-tu
Jamais personne ne pourra l’éteindre<p>  Lire Plus