En l’honneur de mon ami-frère Karim AkoucheÉcrits
Algérie, ce pays presque mien
En l’honneur de mon ami-frère Karim Akouche
En l’honneur de mon ami-frère Karim Akouche
Mon Cher Marco,
Tu as 55 ans et moi 84. Vu la différence d’âge, je t’écris comme un père écrirait à son fils. Sans haine et sans colère, car je pense que notre monde a besoin de beaucoup d’amour, surtout par les temps qui courent. Je ne vais donc pas ajouter du négatif à une situation qui en a déjà trop.
Tu voudrais, semble-t-il, renverser le régime cubain. Je ne connais pas l’histoire de ta famille mais tout porte à croire que tu voudrais te venger de la Révolution castriste. Cependant, tu n’ignores sûrement pas ce qu’elle a apporté à la patrie de tes parents en réalisant ce que aucun gouvernement américain n’a jamais fait pour son peuple.
Fidel a éliminé le préjugé de couleur qui pourrissait le pays. Il a aussi donné à tous les Cubains l’éducation et les soins gratuits au point que certains Américains viennent se faire soigner à la Havane. Son système universitaire forme des milliers de médecins qui vont partout dans le monde. J’en ai vu en Haïti, mon pays de naissance. Ils vont dans les coins les plus reculés pour soigner les malades, là où les médecins haïtiens ne se rendent pas.<p> Lire Plus
Prévisualiser (ouvre un nouvel onglet)— Par Gary Klang
O Che
Un jour
Par haine de l’injustice
Tu partis à la défense des opprimés
Sur les routes de poussière et dans la jungle
Malgré l’asthme qui ne t’a jamais quitté
Tout allait bien
Tout prenait sens
Mais tout prit fin dans un village perdu des Andes
L’homme de main te croyait vaincu
Mais ce qu’il ignorait
C’est que tu vivrais éternellement dans la mémoire des hommes
Adios Compañero Heroico
Je te salue de tout mon cœur
De toute mon âme
Repose en paix
Car ton corps
Allongé presque nu sur une table de campagne
A vaincu la mort à tout jamais<p> Lire Plus
O mon créole,
— Par Gary Klang
—Par Gary Klang —
— Par Gary Klang —Mes Chers Compatriotes,
J’en appelle à toutes les classes sociales, aux dirigeants, aux possédants, aux démunis, aux Noirs et aux Mulâtres. Nos dirigeants ont pour devoir d’apaiser les souffrances d’Haïti et pourraient pour cela s’inspirer de Fidel qui, malgré le blocus, a donné à son peuple l’éducation et les soins de santé gratuits. Mais rien de tel chez nous.
Le Président Aristide l’a constaté de manière imagée : woch nan dlo pa konnen doulè woch nan soley. La classe aisée, qui loge dans les belles villas, et le peuple, qui croupit dans la boue, s’ignorent et vivent dans deux mondes séparés.
Mais contrairement aux autres dirigeants, tu as voulu changer les choses, mon cher Titide. Hélas, au lieu de t’aider, toi qui risquas ta vie pour chasser Duvalier, les bien-pensants se sont ligués contre toi et t’ont destitué. Tu as eu droit à deux coups d’État et le peuple souffre toujours autant. Qui pis est, ce sont tous les Haïtiens, sans exception, qui aujourd’hui pâtissent des gangs.
Cependant, lorsque je pense à la grandeur de l’épopée dessalinienne, je garde encore espoir : le pays renaîtra !<p> Lire Plus
— Par Gary Klang —
Si je republie cet article aujourd’hui, c’est parce que j’en ai marre d’entendre critiquer Chavez et Maduro; marre d’en entendre dire du mal par des gens qui ne savent pas de quoi ils parlent; marre des menaces de Trump; marre de lire dans les journaux français et américains tant de sottises concernant ce pays. Comme nous avons pu le constater, Michel Butor et moi, les seuls invités de langue française dans le cadre de ce festival de poésie : le président Chavez était aimé de son peuple pour lequel il avait créé, entre autres, des restaurants à bon marché pour les plus démunis. Quel gouvernement français, belge ou américain l’a jamais fait ?
C’est mon ami Enrique Hernandez D’Jesus qui m’invita à ce festival. Je l’avais rencontré au Mexique – autre pays frère – lors d’une rencontre de poésie, où m’avait convié un autre grand ami et poète, Marco Antonio Campos. D’entrée de jeu, j’étais certain qu’Henrique et moi étions liés pour la vie et que je le reverrais un jour. De fait, on s’est revus en juin 2012 à ce festival organisé en son honneur.<p> Lire Plus
— Par Gary Klang —
— Par Gary Klang —
Davertige, mon frère, et Port-au-Prince, ma ville natale, si mal en point. Ma ville natale, qui fut si belle, et Davertige dont les vers d’Idem expriment cette beauté morte dans une langue unique.
« Omabarigore la ville que j’ai créée pour toi
En prenant la mer dans mes bras »
Port-au-Prince est aussi mon Omabarigore et demeure dans mes souvenirs la ville qu’elle fut jadis, un lieu mythique où s’enracinent mes rêves d’enfant et mes poèmes. Et non la ville-poubelle que les médias occidentaux exposent avec une joie sadique sous son plus mauvais jour. Ville-détritus, ville-enfer, Calcutta des Antilles, où les assassins kidnappent et tuent en plein midi. Ville kafkaïenne, à l’opposé de celle de mes songes et dont Davertige nous restitue l’atmosphère tranquille d’avant la dictature :
« O mémoire ô mémoire redites-moi sa vie parmi les fleurs blanchies
Parmi les fers à repasser et les vieux moulins à café
Parmi les tables de lessiveuse et les cuvettes de linge frais »
Il faut lire Davertige. L’universel se mêle ici au particulier, et s’il nomme Port-au-Prince c’est pour s’échapper aussitôt dans une surréalité qu’André Breton eût appréciée :
« Je voulais librement m’en aller à travers Port-au-Prince
Quand un monsieur en bleu me dit – Arrêtez mon cher Ange…
Ma petite folle s’en allait les cheveux pleins de vers luisants
Mille Messieurs en bleu m’encerclaient un instant
Me tenaient par le cou Et j’arrivais à me défaire d’eux
En disant – Sales punaises aux yeux rouges de feu…»<p> Lire Plus
Ami ne m’appelle pas étranger
— Par Gary Klang —
Ami
Ne m’appelle pas étranger
Ni d’une île
Ni de la mer
Ni des fleuves
Comme toi
Poussière d’étoiles
Et nos ancêtres
Venus des terres d’ébène
Tu t’enfermes
Et me parles de frontières
D’immigrés
D’immigrants
D’étrangers
De sans-papiers
Que sais-je
Qui t’a légué la terre
Je vais
Je viens
Je passe <p> Lire Plus
— Par Gary Klang —
Les mots
Les mots sont fatigués mes frères
Tous ces grands mots qu’on nous jette à la face
Ils ont un goût de vomissure
Comme ces sources puantes
Près de la mer caraïbe
Où enfant je plongeais joyeusement
Malgré l’odeur de soufre
Les mots sont fatigués mes frères
Les mots en ont assez
Et plus personne n’y croit
Les mots divisent
Les mots séparent<p> Lire Plus
Le 27 février 2025, les parents, les collègues et les lecteurs de Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent, alias Frankétienne, l’ont accompagné à sa dernière demeure avec une profonde tristesse. L’enfant de « Ravine-Sèche » allait célébrer sa quatre-vingt-neuvième année d’existence le 12 avril prochain, dans une capitale en lambeaux, méconnaissable, pariatisée, livrée pieds et mains liés, – comme le Fils de l’Homme à Hérode Antipas –, aux lycanthropes d’Hadès et de Perséphone, le dieu et la déesse des enfers. Franck Étienne a traversé, – pour reprendre le jargon utilisé dans le vaudouisme –, sans avoir accompli son rêve : obtenir le prix Nobel de littérature. Peut-être, entrera-t-il dans l’histoire à l’instar de l’écrivain suédois nobélisé à titre posthume en 1931, Erik Axel Karlfeldt, – quoique celui-ci l’eût refusé de son vivant en 1918 –, pour son ouvrage Cor d’Automne (Höstorn), paru pour la première fois en 1927. Car, dans bien des cas, la mort n’est pas arrivée à gommer l’opiniâtreté des « obsessions subjuguantes ». Et puis, « mieux vaut tard que trop tard !»
Ma pauvre îleMa pauvre île
Tu connus la douceur amérindienne
La reine Anacaona
Et le cacique Henri
Les caresses de la lune
Et le rire du soleil
Lorsqu’un jour
Débarquèrent les conquistadors
Avec leurs lances et leur violence
Commencèrent alors
La traite et l’esclavage
Les nez les bras coupés
Les hommes enfouis sous terre
Avec du miel sur la tête
Pour attirer les abeilles
Puis ce furent
Les présidences en cascade
Et des êtres
Avides de pouvoir
Et sans cesse renversés
Telles des quilles folles<p> Lire Plus

Ode au Che
—Par Gary Klang —
O Che
Ton corps à moitié nu
Allongé sur une table de campagne
Les yeux ouverts
Fixés à tout jamais sur l’éternité
Tu as fait don de ta vie à ceux d’en bas
Et sillonné les routes comme Don Quichotte de la Mancha
Ton frère
Mais tes moulins n’étaient pas des chimères<p> Lire Plus
Le temps qui passe
— Par Gary Klang —
Jusqu’à tout récemment, il était entendu qu’un intellectuel luttait contre les injustices. Voltaire défendit Calas en risquant gros, car à l’époque l’intellectuel prenait beaucoup plus de risques qu’aujourd’hui. Diderot fut emprisonné à Vincennes pour ses écrits; Rousseau dut fuir Paris; Hugo s’exila de France et l’appartement de Sartre fut plastiqué à Saint-Germain-des-Prés dans les années 60.
Et puis tout changea brusquement avec la chute du communisme. Un historien américain décréta tout de go la fin de l’Histoire, en convoquant le vieil Hegel qui n’en demandait pas tant. Mais l’Histoire reprit de plus bel son cours sanglant avec le 11 Septembre, la guerre d’Irak, les talibans… Certains intellectuels haïtiens, qui au beau temps du communisme saupoudraient tous leurs textes du mot peuple, dans le but de jouir des avantages que leur donnait l’Union soviétique, virèrent à droite sans crier gare.
J’ai écrit une nouvelle à ce sujet, La Chute du Mur, dans mon livre Kafka m’a dit, où je campe un type d’intello haïtien, naguère stalinien et qui du jour au lendemain renie son appartenance au Parti communiste pour devenir un petit-bourgeois dans la pire acception du terme.<p> Lire Plus
Réveillons-nous
— Par Gary Klang —
Il serait si facile aux hommes et aux femmes de tous les pays du monde de se donner la main
Comme disait le poète Paul Fort
Dont l’épouse Germaine habitait elle aussi au 34 de la rue Gay-Lussac
J’ai vécu avec elle l’inoubliable Mai 68
Ainsi qu’avec mon vieux complice
Bobby Labrousse
Alias Brebis Galeuse
Jean-Claude O’Garro
Gérard Aubourg
Dit Boubou le Fou
Le brave Francis Paul
Qui arrivait tout guilleret de Moscou
Ainsi qu’une stalinienne fanatique et fringante
Baptisée Tête de Poisson
Qui habitait également au 34
Sans oublier l’inoubliable Jules Badeau dont j’oublie le vrai nom
Et dans le nez duquel Brebis Galeuse introduisit une plume de dinde arrachée d’un coussin
Harassé qu’il était d’entendre déconner Jules
Plus la jeune et fraîche Monique amoureuse de Bobby
Et que celui-ci de guerre lasse finira par épouser
Il serait si simple répétons le de se tendre la main
D’ouvrir nos cœurs
De rejeter une fois pour toutes l’indifférence et l’égoïsme
Et de dire merde aux cons
A la violence
Et à la guerre
Car la vie est bien trop courte
Croyez moi
Pour la passer à s’emmerder les uns les autres
Gary Klang
Gary Klang<p> Lire Plus
— Par Gary Klang —
O énigme du mal
Jamais ne comprendrai ce qui t’anime
Ceux qui traînent après eux un long voile de ténèbres
A l’instar de celui qui jura de soigner
Mais s’efforça d’éteindre les étoiles
En jetant sur le monde l’ombre d’une nuit sans fin
Jamais ne comprendrai le mal
Cet enfant ligoté et noyé
Mort
Les yeux ouverts
Par désir de faire mal
Jamais je n’oublierai non plus ceux qui périrent
Dans les îles caraïbes
Et dans les champs de canne
Arrachés à leur terre pour cultiver la terre des autres
Sans jamais plus revoir la terre de leur enfance
Un roi
Fils du Soleil
Que l’on disait civilisé
Conçut l’ouvrage qu’on appela le Code noir
Qui faisait de l’esclave un meuble
Tout simplement
Jamais ô non jamais
Vous dis-je
Ne comprendrai l’attrait de la souffrance
GARY KLANG<p> Lire Plus
— Par Gary Klang —
J’aurai beau dire
Beau faire
Plus rien ne sera comme avant
Les grillons se sont tus
Les lucioles n’éclairent plus
Et les feux sont éteints
Le monde
Parfois si beau
N’est plus ce qu’il était
Et la mer rejette sur la plage le corps des poissons morts
Où sont passés les ciels de mon enfance
Les réunions d’amis laissant le temps au temps
Mais le monde n’est plus ce qu’il était
Les hommes en noir avec des lunettes noires
Ont fait place à tous ceux
Qui comme eux
Préfèrent le bruit des balles et des fusils
Le cri des hommes agonisant
Les corps d’enfants
Qui devraient rire et jouer
Au lieu de dormir à tout jamais
Allongés sur la terre d’un pays disparu
Devenu tas de cendres
O Dieu
Reverrai-je
Dis-le-moi
Le temps d’avant
Celui du pur bonheur
Le temps où on laissait le temps au temps
GARY KLANG<p> Lire Plus
— Par Gary Klang —
Mon île à tête d’histoire ancienne
Et de misère
Pirogue échouée fuyant la mer
Mon rêve noyé
Dans la mer morte de la douleur
Je ne vois rien qu’un long malaise
Le frère ne connaît pas le frère
L’ami qu’on ne reconnaît plus
Mon chant dira
Les détritus
La crasse
Et l’abandon
Qui me dira le sens de la débâcle
Gary Klang
illustration d’après le tableau Capois La Mort, s.d. Obin, Seneque (haïtien, 1893 – 1977)
*****
***
*
François Cappouet ou François Cappoix (surnommé Capois-La-Mort), né en 1766 à Delaunay (Glon-nen) 1re section communale de Chansolme, Arrondissement de Port-de-Paix, assassiné le 19 octobre 1806 sous l’ordre de Henri Christophe près de Limonade, est un officier de l’armée indigène d’Haïti lors de la Révolution haïtienne et vainqueur de la Bataille de Vertières.
Biographie
Fils d’esclave devenu insurgé
Il était fils d’esclave vivant dans le domaine de riches planteurs français dont le nom « Cappouet » devint Capoix pour sa famille par déformation linguistique.<p> Lire Plus
— Par Gary Klang —
Comme tous les enfants du monde
Insouciants et rieurs
Perdus dans l’océan des rêves
Les enfants de Gaza aimeraient bien jouer
Les pieds couverts de sable
Et la tête dans les étoiles
Mais comment jouer me direz-vous
Lorsque l’avenir se confond avec un éternel présent de décombres et de morts
Les enfants de Gaza n’écouteront plus le chant joyeux des tourterelles
Remplacé par le bruit des obus et des chars
Le sifflement des balles
Alors
Au lieu de jouer
Comme tous les enfants du monde
Les enfants de Gaza pleurent amèrement leurs morts et leurs blessés
Le cœur plein de tristesse et d’incompréhension
Ils se demandent
Qu’avons-nous fait pour mériter tant de violence et tant de haine
Pourtant
Ils accueilleraient bien volontiers ces hommes en jaune
Les bras ouverts
Le cœur offert
Et jouiraient avec eux de la splendeur du monde<p> Lire Plus
Enfant de GazaSamedi soir, plus de 150 personnes réunies devant la Maison du développement durable à Montréal pour un flashmob solidaire afin de demander la fin du génocide à Gaza et la protection des enfants.
Merci du fond du cœur à Karine Cloutier, qui a conçu et guidé la chorégraphie avec générosité et puissance.
Merci à Humanité & Inclusion Canada pour leur témoignage bouleversant qui nous a rappelé l’urgence d’agir.
Merci à l’équipe de projection qui a permis d’amplifier notre message.
Et surtout, merci à toutes et tous les militant·e·s qui ont donné de leur temps, leur énergie et leur voix pour faire de cette action un moment fort de solidarité.
Jamais n’accepterai
— Par Gary Klang —
Jamais n’accepterai l’ignoble
Ceux qui font fi de l’innommable
De cet enfant une balle au cœur mourant dans les décombres
Au lieu de rire
Insouciant
Comme devrait l’être un enfant
Je n’en peux mais vous dis-je
Je n’en peux plus
Et je conchie
Tous ceux qui vivent
Vautrés dans leur indifférence
Partez leur dis-je
Hors de ma vue
Je ne veux plus
Je ne peux plus vous voir
Gary Klang<p> Lire Plus
—Poème par Gary Klang —
Je te salue Matoub
Tu as gravi les chemins d’ombre
En te hissant vers les étoiles
De cette terre presque mienne
L’aïeul y vit le jour
Pour finir sur cette île
Où j’ai connu aussi
La terreur
La folie
Et l’absurde
Je me souviens du corps
Ligoté sur une chaise
La tête penchée
Comme un enfant qui pleure
J’ai vu cet homme
Matoub
Abandonné au milieu des passants
Renvoyé
Tout comme toi
Au néant
Et à la poussière
Repose en paix
Poète
Repose
Sur cette terre presque mienne
Bercé à tout jamais
Par la lumière
Et par la mer
Car ta révolte
Vois-tu
Jamais personne ne pourra l’éteindre<p> Lire Plus