Tag Archive for Fabienne Kanor

L’apprentissage des bayous

— par Sébastien Omont —
Nathan, Camerounais déraciné à Paris, se lance dans un voyage en Louisiane. Il part pour retracer la vie d’un oncle mort là-bas, mais, au fil des rencontres, il va surtout se retrouver confronté à lui-même, à son image des Noirs américains et à la fatalité. Fabienne Kanor fait de cette initiation un récit de voyage et un essai historique autant qu’un roman.
Fabienne Kanor, Louisiane. Rivages, 206 p., 18,80 €

En compagnie de Zaac, Nathan va arpenter une seconde Louisiane, plus au nord, celle de Bâton-Rouge, la capitale de l’État et des plantations, où les Mexicains ont remplacé les esclaves. Même s’il n’y trouve aucun signe de son oncle, il fait de nouvelles rencontres fortes : Jeri, souffrant du malheur des Noirs, et son fils Alex, plus détendu. À côté de la chaleur humaine des Louisianais, Nathan entend, presque malgré lui, le long récit de l’oppression. Multiples sont les êtres qui le tissent : la femme d’Ehren Jenson, claire comme un personnage « faulknérien », qui essaya de nier ses origines ; la grand-mère de Jeri, « bonniche » et « mendiante » chez les Blancs, faussement accusée par sa maîtresse parce que celle-ci ne supportait pas qu’elle chante divinement ; un accordéoniste à la gorge tranchée pour un mouchoir ; un Black Panther libéré après quarante-six ans de prison.

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Lecture performance de « Louisiane » par Fabienne Kanor

Samedi 29 août 2020 à partir de 18 h Parc de Tivoli

Fabienne Kanor

EAN : 9782743649593
Éditeur : Payot et Rivages (05/02/2020)

Résumé :

Un texte puissant, porté par une prose sensuelle et lumineuse, sur les origines, le poids du passé et les liens qui se tissent entre les hommes.

Au cours d’un été brûlant, Nathan, un Français d’origine camerounaise entreprend un voyage en Louisiane pour lever le voile sur les mystérieuses circonstances qui entourent la disparition, survenue des décennies plus tôt, d’un oncle qu’il n’a jamais connu. Arrivé à La Nouvelle-Orléans, ville en pleine reconstruction après le passage de l’ouragan Katrina, il est logé par Denim, une riche femme noire qui copie le mode de vie des Blancs du Sud, et se lie d’amitié avec Zaac, son homme à tout faire. Depuis les plantations de cannes à sucre jusqu’aux bayous les plus reculés, sur cette terre abîmée par l’esclavagisme, les massacres et la souffrance, le Français oubliera bien vite son enquête et se fondra parmi les nombreux personnages aux destins poignants et aux combats exemplaires rencontrés en chemin :

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Louisiane : Fabienne Kanor à la croisée des mondes noirs

— Par Frédérique Briard —

Alors que la Journée mondiale de l’Afrique sera célébrée ce 25 mai, l’écrivaine Fabienne Kanor met en perspective dans son nouveau roman « Louisiane » les mondes noirs d’aujourd’hui. Une traversée toute en nuance de l’Afrique dans le monde.

Comme souvent avec Fabienne Kanor, les pages de son nouveau roman semblent tresser le récit d’une vie parfaitement banale. Comme toujours, cette impression est trompeuse et on referme Louisiane avec en tête un dédale d’existences parcourues. Français né au Cameroun, son héros Nathan quitte Paris pour la Nouvelle-Orléans sur les traces d’un grand-oncle, Etienne John Wayne Marie-Pierre, qui aurait vécu en Louisiane où il serait mort. `

la promesse d’une belle aventure

Ce patronyme extravagant constituerait à lui seul la promesse d’une belle aventure. Raté. Sur place, notre protagoniste, plus passif que téméraire, végète dans sa chambre, erre, procrastine. Quand il finit par prendre la route de la plantation où aurait travaillé son ancêtre, il ne trouve aucun signe de vie le concernant.

Mais sa quête, loin d’être vaine, l’amène à se révéler, à explorer ses failles, à dire son identité complexe.

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« Solitudes Martinique », de Véronique Kanor

Jeudi 8 juin 2017 à  19h au CDST de Saint-Pierre

Performance scénique avec projection de photos-vidéos Solitudes Martinique est une performance de pictdub-poetry, une expérience martiniquaise de poésie sociale et visuelle.

Lire :« Solitudes Martinique », de Véronique Kanor : entre amour et politique par Roland Sabra —

Sur scène, une femme aux mots hirsutes et au coeur en vrac fait son retour au pays prénatal pour guérir d’un limbé.
Face à elle, 2 écrans : photographies et fragments filmiques s’y jettent et montrent une île aux humeurs mouvantes, une terre empoisonnée sur laquelle poussent des supermarchés en pagaille, des hommes qui auraient préféré être femmes s’ils y avaient pensé plus tôt, des aliénations, du vide. Et de l’espoir.

Chagrin d’amour et chagrin d’île s’enroulent en une longue balade…

*****

« Depuis mille ans, j’héberge une île. Je n’ai pas eu le choix, à vrai dire. Elle m’habitait bien avant que mon corps ne m’habite. Je lui disais : Vas-y, fous le camp avec tes volcans mal éteints. Je lui balançais du gros sel.

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La Traversée Invasion !

— Par Michèle Bigot —

la_traverseeAutour de la figure féminine noire, l’Afropéenne Eva Doumbia avec sa
compagnie La Part du Pauvre / Nina Triban, envahit le théâtre autour de
trois spectacles et trois grands textes.
Insulaires (création) de Jamaïca Kincaid, Fabienne Kanor
La vie sans fards (précédé de) Ségou d’après Maryse Condé
La grande chambre de Fabienne Kanor

L’afropéenne Eva Dumbia, metteure en scène et sa compagnie  La part du pauvre/ Nina Triban et le théâtre de la Criée à Marseille nous proposent une traversée depuis les rivages africains de Sedou jusqu’au port négrier du Havre, en passant par les Antilles. Eva Dumbia présente ici trois spectacles et cinq grands textes, qu’elle revisite, adapte ou met en scène. Il s’agit de Insulaires ou Seul l’impossible pourra m’apaiser, spectacle créé à la Criée d’après des textes de Jamaïca Kincaid et Fabienne Kanor, La Vie sans fards précédé de Ségou d’après le récit autobiographique et le roman de Maryse Condé, et enfin La Grande Chambre mise en scène d’un texte de Fabienne Kanor (A Small Place).

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« Histoire d’eaux », une mise en scène d’Ilène Grange d’après « Humus » de Fabienne Kanor

— Par Roland Sabra —

histoire_d_eaux-1Le travail présenté à Fond Saint-Jacques est le fruit d’une résidence de création du « Collectif de l’Âtre » à partir du roman de Fabienne Kanor « Humus ». La romancière a souvent expliqué l’origine de son opus. « C’est à Gorée, en visitant une exposition consacrée aux révoltes d’esclave dans la maison des esclaves que le thème s’est imposé à moi. En fait, une phrase a retenu mon attention : « Il se serait jeté de dessus la dunette quatorze femmes toutes ensemble dans un même mouvement ». Cette « anecdote » m’a profondément bouleversée. Par quel mystère des femmes, qui pour certaines n’avaient jamais pris la mer et qui peut-être ne se connaissaient pas, avaient-elles pris le parti de sauter, de préférer la mort plutôt que l’esclavage ? » Au delà d’un énième retour sur le thème de la blesse Fabienne Kanor fait le choix de donner parole à cette souffrance inapaisable à travers des dialogues imaginés entre les femmes qui vont bientôt se jeter à la mer.

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