Étiquette : exil

Thierry Mathiasin – Quai des arachides (4)

  • Par Thierry Mathiasin

Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, artiste peintre et poète guadeloupéen, nous entraîne,  dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.

Thierry Mathiasin ou la palette du multiple

À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage. Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre.  Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

Sans titre

Un révolutionnaire
Qui exhibait ses honneurs rétrogrades.
Un lâche engagé
Qui rabâchait sa bravoure réquisitionnée
Un messie qui en avait marre
Soldait ses stations.
Un don quichotte blême
Qui glorifiait ses déboires.
Un illustre mesquin
Qui instruisait ses chiens.
Une femme frigide
Qui maternait ses eunuques.
Un marin retraité
Qui pleurait dans son aquarium.  Lire Plus

Thierry Mathiasin – Quai des arachides (3)

  • Par Thierry Mathiasin

Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, artiste peintre et poète guadeloupéen, nous entraîne,  dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.

Thierry Mathiasin ou la palette du multiple

À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage. Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre.  Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

On était là

On était là

Comme du déjà-vu

Qui excusait la mise-en-scène

De fortuits aveuglements.

Nos causes s’exhibaient

Aux effets incertains.

Ressassement d’un nous

Qui s’acharnait au pourquoi

Des je gémissant l’a-b-c

Du tout le monde désappris.

On était des vas

Avec des je-ne-sais-où,

Le laisser aller

Pour unique anonymat

Aux perditions impatientes.  Lire Plus

Gibran Khalil Gibran (1) : L’homme derrière Le Prophète

— Par Rodolf Étienne

Il existe des écrivains que l’on oublie parce qu’on ne les lit plus. Gibran Khalil Gibran appartient à la catégorie inverse, puisqu’une partie de son œuvre a peut-être été oubliée parce qu’un seul de ses livres a été trop lu.

Derrière l’un des livres les plus célèbres du XXᵉ siècle se trouvait un écrivain arabe bilingue, un peintre, un homme d’exil et l’un des acteurs du renouvellement de la littérature arabe moderne.

Publié à New York en 1923, Le Prophète est devenu au fil du temps un phénomène éditorial mondial.

Des générations entières y ont cherché des mots pour parler d’amour, de mariage, d’enfants, de travail, de liberté, de douleur ou de mort. Le livre accompagne encore aujourd’hui mariages, deuils, méditations et cérémonies. Certaines de ses phrases se sont détachées du texte au point de devenir presque anonymes. Elles circulent sous forme de citations, de cartes, d’images et de publications sur les réseaux sociaux. Ce succès extraordinaire a pourtant produit un effet paradoxal.

À force de rencontrer partout Le Prophète, nous avons parfois fini par ne plus voir celui qui l’avait écrit.

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Ces 1600 enfants réunionnais « déportés » vers l’Hexagone

pupilles_reunionÀ l’initiative d’Ericka Bareigts, députée PS de La Réunion, les parlementaires se prononceront mardi sur «la responsabilité morale de l’Etat» sur le transfert de 1600 enfants de La Réunion en métropole entre 1963 et 1982. Une affaire méconnue dans l’Hexagone.

Ils attendent que l’Etat français fasse son mea culpa. Entre 1963 et 1982, 1600 enfants réunionnais ont été transférés vers 64 départements, principalement dans le Sud-Ouest et le Massif central, des zones rurales vieillissantes. «La majorité des enfants ont souffert de déracinement, de la déculturation et de racisme», explique l’historien Ivan Jablonka , auteur du livre Exil d’enfants, transfert de pupilles réunionnais en métropole. Mardi, les députés vont se prononcer sur cette page oubliée de l’histoire contemporaine française. Ils seront appelés à voter une «résolution mémorielle» sur cette affaire dite des «Réunionnais de la Creuse».  Lire Plus