— Par Jean Samblé —
À Fort-de-France, l’élection municipale se solde par une victoire nette de Didier Laguerre, qui obtient 50,1 % des suffrages exprimés. Pourtant, derrière ce succès électoral se cache une réalité plus contrastée : seuls 23 941 électeurs se sont déplacés sur près de 60 000 inscrits, soit une participation de 42,16 % et une abstention majoritaire de 57,84 %. Au final, le maire est élu avec un peu plus de 11 900 voix, ce qui représente environ 20 % de l’ensemble des inscrits.
Ce décalage met en lumière une fragilité structurelle de la représentation démocratique. Bien que la victoire soit incontestable sur le plan institutionnel, elle repose sur une base électorale limitée (1 élécteur sur 5), qui ne reflète qu’imparfaitement la diversité du corps électoral. Une telle configuration peut nourrir un sentiment de distance entre les citoyens et leurs représentants, voire susciter des interrogations sur la légitimité des décisions prises.
Toutefois, réduire cette abstention à un simple désengagement civique serait réducteur. Elle s’inscrit dans une évolution plus large des comportements politiques, marquée par une participation devenue plus sélective et fluctuante.

— Par Jean Samblé —
— Par Jean Samblé —
Une affaire administrative vieille de plus de vingt ans revient aujourd’hui au premier plan de la scène judiciaire et politique. À partir du 17 novembre, quatre personnalités majeures de la vie publique martiniquaise – Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM), le maire de Fort-de-France Didier Laguerre, son premier adjoint Yvon Pacquit, ainsi que l’ancien directeur général des services municipaux Max Bunod – sont appelées à comparaître devant la 32ᵉ chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Ils sont poursuivis pour détournement de fonds publics, recel ou complicité, dans une affaire complexe mêlant règles statutaires, principes constitutionnels et décisions administratives contestées.
Fort-de-France, le 31 octobre 2020.

« Je veux saluer l’attitude et la réaction de Didier Laguerre, le maire de Fort-de-France, lorsqu’il a eu à faire face à la colère de certains militant.e.s. Alexanne venait de se faire gazer. Je le lui ai dit personnellement lundi soir. Face à tant d’injustices, le pays est comme une cocotte-minute. Le ras-le-bol et la colère prennent le dessus. Tout peut ou pourra mettre le feu aux poudres et ce ne sont pas les menaces de poursuites des activistes qui vont calmer les choses. La violence dont Fanon¹ parlait en 1961 s’invitera encore tant que ce piétinement de de ce que nous sommes aura lieu. Je reste attentif à cette soi-disant enquête de l’IGPN sur les violences qu’a subies Keziah.
Le 28 mai 2020