— Par Jean Samblé —
À l’approche des élections municipales prévues le 15 mars, la vie politique de Fort-de-France, chef-lieu de la Martinique, traverse une période de fortes tensions. Le scrutin s’annonce décisif pour l’avenir du Parti progressiste martiniquais (PPM), formation historique fondée en 1958 par Aimé Césaire et longtemps dominante dans la capitale martiniquaise. Le maire sortant, Didier Laguerre, candidat à un troisième mandat, mène campagne dans un contexte politique inédit, marqué par des affaires judiciaires, une recomposition des alliances et l’émergence de nouvelles forces issues du mouvement social.
Une affaire judiciaire au cœur de la campagne
Pendant plusieurs semaines, l’hypothèse d’une condamnation judiciaire a pesé sur l’avenir politique de Didier Laguerre. Le maire de Fort-de-France était poursuivi devant le tribunal judiciaire de Paris pour recel de détournement de fonds publics aux côtés de son premier adjoint, Yvon Pacquit, et de l’ancien maire de la ville, Serge Letchimy.
L’affaire trouve son origine dans un rapport de la chambre régionale des comptes publié en 2021. Celui-ci pointait un montage administratif ayant permis à Serge Letchimy de faire valoir ses droits à une retraite anticipée d’ingénieur territorial de la ville de Fort-de-France en 2016, alors qu’il occupait toujours un mandat parlementaire à l’Assemblée nationale.

— Par Jean Samblé —
Une affaire administrative vieille de plus de vingt ans revient aujourd’hui au premier plan de la scène judiciaire et politique. À partir du 17 novembre, quatre personnalités majeures de la vie publique martiniquaise – Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM), le maire de Fort-de-France Didier Laguerre, son premier adjoint Yvon Pacquit, ainsi que l’ancien directeur général des services municipaux Max Bunod – sont appelées à comparaître devant la 32ᵉ chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Ils sont poursuivis pour détournement de fonds publics, recel ou complicité, dans une affaire complexe mêlant règles statutaires, principes constitutionnels et décisions administratives contestées.
Fort-de-France, le 31 octobre 2020.

« Je veux saluer l’attitude et la réaction de Didier Laguerre, le maire de Fort-de-France, lorsqu’il a eu à faire face à la colère de certains militant.e.s. Alexanne venait de se faire gazer. Je le lui ai dit personnellement lundi soir. Face à tant d’injustices, le pays est comme une cocotte-minute. Le ras-le-bol et la colère prennent le dessus. Tout peut ou pourra mettre le feu aux poudres et ce ne sont pas les menaces de poursuites des activistes qui vont calmer les choses. La violence dont Fanon¹ parlait en 1961 s’invitera encore tant que ce piétinement de de ce que nous sommes aura lieu. Je reste attentif à cette soi-disant enquête de l’IGPN sur les violences qu’a subies Keziah.
Le 28 mai 2020