Tag Archive for Danielle LAPORT

Tambour sacré/maire « enchaîné »

— Par Danielle Laport, sociologue —

Les journées des 16 et 17 juillet 2020 ont livré des scènes de violence choquantes et inadmissibles qu’il convient de dénoncer ! D’un côté la police lance la charge contre les manifestants bousculant et faisant chuter lourdement jeunes et moins jeunes, blessant un jeune Martiniquais et de l’autre côté les manifestants agressent le Maire de Fort-de-France, Didier Laguerre, venu sur les parvis de la mairie, les écouter et échanger avec eux.

Si l’agression du jeune Keziah a provoqué l’indignation et c’est normal car inconcevable qu’un jeune soit agressé de la sorte, l’agression de Didier Laguerre a pour sa part explosé les contours de la raison. Discutant avec les manifestants, Didier Laguerre a été enchaîné, oui, enchaîné par un manifestant ! En l’enchaînant ainsi, que voulait démontrer ce manifestant ? Imaginez une seconde ce qui se passerait si Didier Laguerre avait repoussé ce manifestant pour se protéger… Visiblement le tambour cassé semble avoir beaucoup plus de valeur et d’importance pour les manifestants que la LIBERTÉ ! Le tambour ne vibre-t-il pas pour la LIBERTÉ ?

Le militantisme politique est en danger

Comment interpréter la sacralisation de ce tambour cassé et dans le même temps la privation de liberté pour le maire de Fort-de-France ?

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« Relance », développement, inégalités, survie et émancipation.

— Contribution au débat de Philippe Pierre Charles avec Philippe Jock, Christian Louis- Joseph et Danielle Laport.—

Quid d’ un « plan de relance économique » et de lutte contre les inégalités sociales ?

Martinique 1ère vous a choisis, madame et messieurs, pour répondre à l’invitation de la CCIM de débattre sur un « plan de relance » de l’économie de la Martinique . Danielle LAPORT l’a dit: c’est lorsque la tempête menace ou que le navire prend l’eau que les milieux dirigeants songent à s’informer de l’avis du peuple et de ses organisations ! maléré pa ni gro tjè ! on peut donc malgré tout se prêter à l’exercice en pensant surtout à la nécessité pour le mouvement des masses à affûter les outils de sa propre intervention dans un domaine qui concerne ses intérêts immédiats et à plus long terme.

Il est positif que la question des inégalités sociales soit décrite par deux d’entre vous surtout comme un frein au développement mais les pistes avancées pour agir en la matière sont à la fois maigres et bien conventionnelles. Il s’agirait d’un côté d’augmenter le pouvoir d’achat pour relancer la consommation et donc l’économie et de l’autre d’ attirer l’épargne de la petite bourgeoisie pour l’injecter dans l’économie telle qu’elle est, en la modernisant quelque peu évidemment.

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Destruction de statues en Martinique

Chaque génération pose sa pierre pour la décolonisation

— Par Danielle Laport, Docteure HDR – Sociologue —

L’histoire de la Martinique est riche en évènements qui interrogent la société dans son rapport à la France et de ce fait dans son rapport avec elle-même.

La dépose violente de la statue de Victor Schœlcher dans deux communes s’inscrit dans la continuité des actions directes menées depuis quelques mois dans les centres commerciaux sur la question de la chlordécone. En lieu et place d’une dénonciation consternée de ces actes du 22 mai 2020, nous devons nous attacher à mieux décrypter l’action de ces jeunes activistes qui posent, à leur manière, la question d’une Martinique à décoloniser.

La Martinique a déjà connu ce type d’acte sur les symboles de la période coloniale ; période constituant une page de l’histoire de la Martinique. Mais ces actes étaient anonymes ou identifiés à des slogans que l’on peinait à rattacher à un groupe.

Ce 22 mai 2020, les actes sont filmés, postés sur les réseaux sociaux, revendiqués ; les jeunes activistes ne craignent pas d’être identifiés. La Martinique franchit une étape ; celle de jeunes Martiniquais.e.s

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Des jours sombres

— Par Danielle Laport, sociologue —

alain_raponEn mémoire d’Alain Rapon

.Il est des jours que l’on ne devrait pas vivre. Ce vendredi 25 décembre 2015 fait partie de ceux-là. Je suis passée sur la route, sortant d’un enterrement, au moment où tu étais dans ton linceul sur le bord de cette route dite de Mansarde, et je ne savais pas que c’était toi !
Toi mon ami, mon grand ami avec qui j’ai partagé tant de choses ! Nous devions nous retrouver autour d’un repas avant la fin de l’année, comme nous le faisons depuis tant d’années, mais nos obligations respectives nous ont contraints à reporter, de report en report…
Depuis 2011 tu avais pris de nouvelles résolutions pour vivre l’essentiel, pour poursuivre tes écrits, pour t’appartenir. Tu avais un grand projet d’écriture. Il ne verra pas le jour.
Le virus de la politique, de l’engagement au service des autres a repris le dessus. Faire pour les autres, faire pour donner une parcelle de mieux-vivre aux autres sans rien attendre en retour, telle a été ta devise durant toutes tes années de militantisme.

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