-Par Rodolf Etienne

Le 7 octobre 2026, à 19h30, la salle Frantz Fanon à Tropiques Atrium, à Fort-de-France, remet sur la scène martiniquaise Rosanie Soleil, texte d’Ina Césaire mise en scène par Arielle Bloesch, consacré à l’une des femmes de l’Insurrection du Sud de 1870.
Mais ici, plutôt que de reconstituer la révolte, la dramaturge choisit la maison, les femmes, leurs silences, leurs paroles et leurs gestes. Une autre façon d’écrire l’Histoire.
Il y a l’histoire que l’on raconte depuis la place publique, celle des affrontements, des chefs, des proclamations, des condamnations. Et puis il y a celle qui entre dans les maisons, circule entre les femmes, se murmure, se dissimule et parfois se transmet sans jamais prendre la forme officielle d’une archive. C’est cet espace qu’Ina Césaire choisit pour installer Rosanie Soleil et nous raconter une des pages les plus brillantes de notre histoire.
Rita Ravier, Laura Grandfils, Suzy Singa et Caroline Savard en interprètent les quatre personnages féminins. La création est portée par la Compagnie Les Berlick, coproduite par Tropiques Atrium et soutenue par ETC Caraïbe. Lire Plus

Théâtre jeune public – éco-poésie caribéenne avec marionnettes
Entrée libre
Représentation Atelier Théâtre Amateur –
Chapelle du verbe incarné. TOMA.
Le poids du non-dit, des silences, du refoulé l’a fait fuir l’Habitation familiale. Elle s’est réfugiée à New York, s’est consacrée à son besoin de dire ce qui l’étouffe. Par l’écriture. De poèmes. Et d’un livre qui révèle les conditions dans lesquelles s’est constitué le matrimoine familial. La mère qui vient de mourir, voulait le faire interdire. Elle est venue pour l’enterrement. Sa sœur aînée a repris le flambeau maternel et se fait la gardienne de la chape de plomb qui pèse, qui oppresse. L’aînée lui dit : « Pour être sous les projecteurs tu pousses ta famille dans le caniveau » Entre les deux, une sœur d’adoption, une cousine maternelle, une orpheline dont la mère n’a pu supporter le joug du secret et qui s’est tuée dans un accident de voiture. La veillée funéraire est en cours quand elle arrive, elle reste sur le perron de la maison, refuse d’entrer.
Création
— Par Roland Sabra —
Après Camus et son Caligula, c’était au tour de Gombrowicz de nous balader du coté de l’absurde avec sa princesse de Bourgogne prénommée Yvonne. Mais si Camus emprunte les chemins de la philosophie, de la rationalité et de la dramaturgie conventionnelle l’auteur polonais, lui s’aventure du coté de Beckett ou de Ionesco quand bien même il réfutait cette comparaison. On retrouve chez lui la réduction des personnages au rôle de pantin et la disparition de toute logique sociale dans les comportements. La seule préoccupation de Gombrowicz semble être le Moi de ses personnages qu’il fragmente, brise, névrotise à l’image d’une perception de la réalité confondue avec la fiction. Fidèle à Buffon il reprend à son compte l’aphorisme « Le style c’est l’homme même » quand il déclare : « « Ce n’est pas de ce mystérieux « talent » que part l’écrivain pour écrire, mais de lui-même. »
Scolaire _ le 18 à 9h30 au Chapiteau Lynda Voltat
Il y a d’abord le titre « l’Aliénation noire » . Aliénation, ici est a entendre dans son acception hégélienne « action de devenir autre que soi, de se saisir dans ce qui est autre que l’esprit » avec cet implicite d’un « soi » qui serait vrai, qui relèverait de l’authentique. Idée d’un retour aux sources… qui sera un des fils conducteurs de la pièce. « Noire » est tout autant polysémique. La formule « est noir tout ce qui n’est pas blanc » le clame haut et fort. Pierre Soulages avec « l’outrenoir » de ses tableaux mono-pigmentaires en souligne l’infinie richesse. Le texte de François Dô, théâtralisé par ses soins, s’inscrit dans ce champ mille fois labourés de l’identité, mais il le fait au nom d’une singularité propre : l’histoire de trois générations de Martiniquais dans un avant, un pendant et un après le BUMIDOM. ( Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer ) qui organisera la migration de populations réduites au chômage aux Antilles par la crise sucrière des années 60 vers les urgents besoins de main d’œuvre de la métropole.
L’Aliénation noire
Mise en scène : Hassane Kassi Kouyaté
A l’occasion de la « Karavan’Karaib », Tropiques-Atrium offrira à ETC CARAIBE une tribune pour faire découvrir ou redécouvrir au public martiniquais, des œuvres riches et singulières d’auteures dramatiques au féminin.






