
Le gouvernement britannique a présenté jeudi 6 juin ses « sincères regrets » aux vétérans de la révolte des Mau Mau, et a annoncé une indemnisation de 23,4 millions d’euros pour les tortures infligées il y a plus de cinquante ans à ces Kényans révoltés.
Entre larmes d’émotion et youyous enthousiastes, les quelque 160 anciens combattants Mau Mau âgés et frêles, rassemblés dans un hôtel de Nairobi, n’ont rien perdu des mots qu’ils attendaient depuis près de soixante ans. « Le gouvernement reconnaît que des Kényans ont été soumis à des tortures entre les mains de l’administration coloniale », a déclaré jeudi 6 juin Christian Turner, représentant de la Grande Bretagne au Kenya, réitérant les propos solennels tenus quelques minutes plus tôt par le chef de la diplomatie britannique, William Hague, devant la Chambre des communes à Londres.










« J’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire. » Ainsi Eric Zemmour traçait-il, en novembre 2008, sur Arte, une ligne de démarcation entre lui et son interlocutrice, la militante antiraciste Rokhaya Diallo. L’écrivaine Nancy Huston et le biologiste Michel Raymond (CNRS) viennent aimablement d’offrir au polémiste, cinq ans plus tard, une formidable caution scientifique et intellectuelle.





Est-il possible d’envisager des réparations financières pour les crimes commis lors de l’esclavage ? En décrétant que «l’histoire ne peut pas faire l’objet d’une transaction», François Hollande vient de répondre négativement à cette question, le 10 mai, lors de la journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage. La formule est habile. Pourtant, si l’on regarde les choses de plus près, la question est plus complexe, et ne peut être évacuée aussi facilement. Christiane Taubira, qui est à l’origine de la loi de 2001 reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme crime contre l’humanité, et instituant la journée du 10 mai, a eu raison de corriger immédiatement le tir présidentiel, en évoquant dès le lendemain la nécessité de réfléchir à des formes de politique foncière et de redistribution des terres en faveur des descendants d’esclaves dans les territoires français d’outre-mer. 