Catégorie : Politiques

Abrogation du Code noir : pourquoi nous avons refusé de cautionner un texte uniquement symbolique

—Par Marcellin Nadeau, député —

Le 28 mai 2026, l’Assemblée nationale a examiné la proposition de loi visant à abroger formellement le Code noir. Ce texte portait une exigence légitime dans la mesure où il condamnait explicitement un dispositif juridique qui a organisé la déshumanisation, la marchandisation et l’exploitation de millions d’Africains réduits en esclavage dans les colonies françaises, notamment aux Antilles et en Martinique. Personne ne peut contester la nécessité de cette condamnation historique et morale.

Cependant, avec mon collègue député Jean-Philippe Nilor, nous avons choisi de nous abstenir — ou de ne pas prendre part au vote — car nous avons estimé que le texte proposé demeurait insuffisant et essentiellement symbolique sans aller au fond. Nous refusons en effet que la mémoire de l’esclavage serve uniquement à produire des déclarations ou des effets de manche sans conséquences concrètes pour les peuples qui continuent aujourd’hui à subir les héritages économiques, sociaux, fonciers, culturels et institutionnels du système colonial.

Pourquoi donc notre réticence dans cet unanimisme de façade bon marché ? C’est que le Code noir n’a pas seulement été un texte du passé.

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Martinique : Entre mythes fondateurs et « interdits de dire »

— Contrechroniques d’Yves-Léopold Monthieux — 

Dans une société martiniquaise où le « contrôle social » impose souvent d’entonner la même mélodie que les autres, il devient impérieux de briser l’omerta sur les réalités qui dérangent la doxa dominante. Nous vivons sous un véritable « totalitarisme d’atmosphère » où certains mots sont bannis et où l’histoire est méticuleusement réécrite pour servir un récit national de rupture.

L’escroquerie du traumatisme du BUMIDOM

L’un des exemples les plus frappants de cette manipulation est le sort réservé aux ressortissants du BUMIDOM. Pour l’auteur, sa diabolisation constitue « la manœuvre politique la plus hypocrite qu’ait connue la Martinique ». Présentée par l’élite intellectuelle comme une « déportation » ou un « génocide par substitution », cette migration volontaire a surtout été combattue car elle réduisait la « chair à révolution ». Aujourd’hui, sans se remettre en cause, certains critiques d’hier reconnaissent paradoxalement que les ressortissants étaient les “migrants” les plus aidés de la planète. Sauf qu’il s’agit de démontrer qu’ils n’auraient pas été à la hauteur des privilèges reçus. !

Le vrai traumatisme ne vient pas de l’exil, mais du regard méprisant porté pour une raison ou son contraire par ceux restés au pays sur ces migrants, qualifiés de « traîtres » ou occupant des emplois dits « subalternes ».

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Une yole pour relier la Martinique au Sénégal

— RS n° 449 lundi 1er juin 2026 —

Il est quand même dans notre histoire, des constructions longues échappant à la volonté toute puissante du colonisateur. Les liens tissés avec l’Afrique sont de ceux-là. Non pas, justement, les liens malsains nés du rôle que le pouvoir français a fait jouer à nos aînés comme supplétifs de la colonisation en Afrique, mais ceux solidement forgés par en bas, à l’initiative des dominés. La rencontre de Césaire et de Senghor, les conférences des écrivains et artistes noirs à Paris puis à Rome, les solidarités entre les organisations d’étudiants antillais, guyanais, réunionnais, et africains, ayant heureusement prolongé ces rencontres. La résurrection de la yole ronde, la transformation de la « course des yoles » en institution annuelle incontournable, la lutte victorieuse pour l’inscription de la yole dans le patrimoine culturel immatériel de l’Humanité, sont d’abord le fruit d’initiatives nées en marge des institutions, même locales.

Entre le coup d’envoi césairien et le voyage plein de symboles et d’émotion pour amener la yole au pays de Senghor, il y a Frantz Fanon ambassadeur du GPRA en Afrique noire ; le festival mondial des arts nègres en Afrique ; les troupes sénégalaises au festival du Sermac à Fort-de-France ; les débats passionnés autour de la pensée de Cheikh Anta Diop et d’Alain Anselin, son disciple et continuateur martiniquais ; il y a les voyages entre les deux rivages de l’océan ; les festivals de cinéma ; les concerts de Kassav en Afrique ou l’épopée des Rico Jazz au pays ; la redécouverte du séjour forcé foyalais de Béhanzin, le roi résistant du Dahomey ; le souvenir du monsieur Médouze dans le roman « La rue case nègre » de Joseph Zobel, incarné par le charismatique Douta Check dans le film d’Euzhan Palcy.

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Chlordécone : le Parlement reconnaît enfin la responsabilité de l’État

— Par Jean Samblé —

C’est une avancée historique dans l’un des plus grands scandales sanitaires et environnementaux que la France ait connus. Après un long parcours parlementaire, la proposition de loi portée par le député guadeloupéen Élie Califer a été définitivement adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale. Avec 236 voix pour, les députés ont reconnu la part de responsabilité de l’État dans les conséquences du chlordécone en Guadeloupe et en Martinique.

Cette adoption marque une étape symbolique forte pour les populations antillaises, confrontées depuis des décennies aux effets d’une contamination massive de leur environnement et de leur santé. « Ce texte de compromis permettra de restaurer une confiance profondément abîmée », a déclaré Élie Califer avant le vote. Le parlementaire a toutefois estimé que « le chemin des réparations » restait encore long.

Un pesticide maintenu malgré les alertes

L’histoire du chlordécone remonte aux années 1950. Conçu aux États-Unis sous le nom de Kepone, ce pesticide est rapidement utilisé dans les bananeraies pour lutter contre le charançon du bananier. Mais dès les années 1970, les premières études scientifiques alertent sur sa toxicité.

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Génocide par substitution et suprémacisme

—Tribune du CNCP —

Hier, cette affiche de propagande, diffusée en France, invitait ses ressortissants à aller découvrir les territoires occupés par son empire. Aujourd’hui, elle illustre, plus que tout, la continuité de la domination colonialiste française qui sévit dans notre Pays.

Actuellement, conscient de la montée en puissance de la lutte du Peuple Martiniquais pour l’autodétermination et l’émancipation, le Pouvoir colonial français a entrepris d’intensifier le «génocide par substitution»*1. Dans le présent article, nous décortiquerons les mécanismes mis en œuvre par lui dans sa tentative désespérée d’éliminer notre peuple de l’histoire et de maintenir sa domination. Plus largement, nous aborderons, la question des génocides dans le monde et de l’idéologie qui anime les génocidaires, en particulier de leur aliénation suprémaciste.

Pour commencer, sur le sens du terme «génocide»*2.

C’est un juif américano-polonais, réfugié aux Etats-Unis à la suite de l’invasion de la Pologne par les nazis, qui l’a employé pour la première fois. Après le génocide des juifs d’Europe, l’Assemblée Générale de l’ONU a inscrit le «génocide» comme crime en Droit International. Il sera distingué des autres crimes, tel que le «crime contre l’humanité», par «l’intention spécifique de détruire, en tout ou partie, un groupe protégé par la Convention de 1948, à savoir un groupe national, racial, ethnique ou religieux».

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L’Assemblée nationale a, officiellement, effacé le Code noir du droit français

— Par Jean Samblé —

Près de cent quatre-vingts ans après l’abolition définitive de l’esclavage, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une proposition de loi mettant fin à l’existence juridique du Code noir dans le droit français. Ce vote, intervenu le 28 mai, marque une étape hautement symbolique dans le long travail de mémoire engagé autour de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation.

Porté par le député guadeloupéen Max Mathiasin, le texte vise à supprimer officiellement cette ordonnance royale promulguée en 1685 sous le règne de Louis XIV. Conçu pour encadrer l’esclavage dans les colonies françaises, le Code noir définissait notamment le statut des personnes réduites en servitude, considérées comme des biens meubles pouvant être achetés ou vendus. Il organisait également les rapports entre maîtres et esclaves et prévoyait un système de sanctions particulièrement brutal.

Si l’esclavage a été définitivement aboli en 1848, le Code noir n’avait jamais fait l’objet d’une abrogation formelle. En pratique, ses dispositions étaient devenues inapplicables dès lors que les principes républicains et constitutionnels les rendaient incompatibles avec le droit en vigueur. Pour de nombreux juristes, le texte était donc déjà caduc.

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L’autorité unique de l’eau ?

Par Edouard Gamess

Éléments de contexte

La gestion de l’eau potable et de l’assainissement collectif en Martinique est structurellement marquée par l’histoire de ce pays et une répartition des équipements publics (usines de production ou de d’épuration ; réseaux d’adduction, de collecte ou de distribution ; réservoirs ; etc.) pensée par les structures qui avaient en charge ces compétences antérieurement (Département de la Martinique ; Syndicats : SICSM, SCNA, SCCNO, SIAFOS ; Régie des Eaux de FdeF).

La répartition des équipements visibles ou souterrains qui a découlé de cette multiplicité d’autorités publiques, chacune réglant ses affaires en fonction de ses objectifs et compétences propres, n’est plus adaptée à une redistribution des légitimités institutionnelles et opérationnelles entre les trois intercommunalités pour l’essentiel (CAPNM, CAESM, CACEM) et la CTM.

Il en résulte des conflits liés à la propriété ou à l’usage des ouvrages, aux volumes et aux prix de l’eau vendue ou à traiter ce qui a abouti à des contentieux portés parfois devant les tribunaux.

Le choix des gestionnaires, entre mise en régie ou délégation de service public, vient complexifier la donne.

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« De la mémoire à la réparation »

— Par Béatrice Bellay, députée de la Martinique —

 » Il y a des moments où la mémoire ne peut plus demeurer un hommage, une cérémonie ou une date inscrite dans le calendrier. Il y a des moments où elle devient une exigence politique. Nous y sommes. La France a franchi, avec la loi portée par Christiane Taubira et adoptée en 2001, un seuil historique : elle a reconnu que la traite négrière transatlantique, la traite dans l’océan Indien et l’esclavage colonial constituaient des crimes contre l’humanité.

Cette reconnaissance n’était pas seulement symbolique. Le texte de loi engageait déjà l’école, la recherche, les archives, les sources orales, l’archéologie, ainsi que l’action internationale de la France. Autrement dit, la République n’a pas seulement nommé un crime : elle a accepté que ce crime appelle une politique publique de vérité.

Vingt-cinq ans après cette avancée, la question n’est donc plus de savoir si la France doit se souvenir. Elle s’en souvient. Elle commémore. Elle enseigne davantage, même si trop inégalement. Elle a bâti des lieux, soutenu des travaux, reconnu des figures, ouvert des archives.

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Faire du 22 Mai la fête nationale de la Martinique

— Par Guy Lordinot —

La Martinique fait partie de la république française dont l’emblème est le drapeau bleu blanc rouge, derrière lequel le peuple français se retrouve.

La fête de la nation se déroule le 14 Juillet.

La Martinique est une collectivité d’Outremer, ce qui signifie qu’elle a quelques spécificités venant de sa géographie et de son histoire qui peuvent justifier qu’elle ait en plus du 14 juillet, sa propre fête nationale.

Victor Schoelcher a obtenu du gouvernement l’abolition de l’esclavage le 27 Avril 1848 mais l’abolition effective date du 22 mai 1848, date à laquelle la révolte des esclaves a imposé au gouverneur Rostoland de la décréter. Depuis 43 ans que le 22 mai est devenu un jour férié, il n’a jamais été célébré officiellement par l’ensemble des élus martiniquais.
Pour faire peuple, une population a besoin d’un symbole. Pour la France c’est le drapeau bleu blanc rouge qui est bien sûr celui des martiniquais.

Nous proposons de faire du 22 mai une fête nationale.

Le symbole qui peut permettre aux martiniquais de faire peuple provient du sport.

En effet les seuls évènements qui unissent la quasi-totalité de population de la Martinique sont le Tour des Yoles et le Tour cycliste.

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Honorer nos aïeux en bâtissant demain

  Chaque mois de mai, la Martinique s’habille de mémoire. Le 22, nous commémorons l’abolition de l’esclavage de 1848, ce jour où nos ancêtres sont passés du statut de biens à celui d’hommes et de femmes libres.
  Nous avons bien sûr raison de le faire. La mémoire est une dette sacrée. Oublier serait trahir. Mais la sagesse créole d’aujourd’hui nous enseigne aussi qu’il ne faut pas rester le regard fixé dans le rétroviseur pendant que la route file devant. Commémorer, oui. Se figer dans la commémoration, non.
  Le passé nous a légué des blessures, des forces et des complexités. Il nous a donné le sens de la dignité, la rage de vivre, le goût de la liberté chèrement acquise. Pourtant, le présent nous interpelle avec urgence : chômage qui ronge surtout les jeunes, départ massif des forces vives, dépendance économique encore trop lourde, services publics qui peinent, violence qui abîme nos quartiers, préservation de notre environnement menacé par le changement climatique et nos propres négligences.
  Alors que faire ? Faut-il choisir entre honorer nos morts et nourrir nos vivants ?

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Transport terrestre en Martinique : quelles suites au débat

— RS n° 447 lundi 18 mai 2026 —

Il faut saluer la « conférence-débat » organisée par Francis Carole, Béatrice Bellay, Daniel Marie-Sainte mercredi dernier, et la participation du comité de grève de Transaglo animé par la CGT. C’est parce que cette initiative du débat public sur un sujet qui est dans toutes les conversations est positive que nous souhaitons la poursuivre avec quelques remarques. La volonté d’équilibre entre intérêts des salariés et ceux des usagers était manifeste dans le propos introductif. Mais si le souci des trois éluEs de se démarquer de la majorité actuelle en charge des organismes qui gèrent l’activité était évidente et normale, il reste beaucoup à dire et faire pour avancer réellement dans une solution intégrant tous les intérêts légitimes concernés. L’intérêt global, écologique et sanitaire de la population, avec un transport public réduisant la folie du tout automobile. L’intérêt social pour une mobilité de qualité, plus proche possible de la gratuité. L’intérêt des travailleurs/ses du secteur (conditions de travail, rémunération, sécurité…). L’intérêt économique pour la collectivité.

Pour venir à bout de ce vaste chantier, il faudra plus que la seule empoignade d’éluEs, la seule négociation avec telle ou telle partie des salariés, et la seule écoute des récriminations renouvelées d’associations d’usagers/ères.

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Politique : nouveautés de mai 2026

🌍 Diplomatie et stratégie

🛰️ L’État et le mensonge au Sahel

Théorie de l’Inversion Morale d’État et gouvernance du faux dans les régimes militaires africains
— Etienne Fakaba Sissoko
Préface d’Emmanuel Caulier

Depuis 2020, les régimes militaires sahéliens ont profondément transformé leur mode de légitimation. Ce livre propose une thèse forte : le mensonge d’État n’y est plus un simple instrument politique, mais une norme morale de gouvernement.

À partir d’une analyse rigoureuse du Mali, du Burkina Faso et du Niger, Étienne Fakaba Sissoko élabore la Théorie de l’Inversion Morale d’État (TIME), montrant comment la manipulation du réel devient un outil central de domination politique et sociale. […]

  • 📖 EAN : 9782336613161
  • 📅 Parution : 23/04/2026
  • 📐 Format : 135 × 215 mm
  • 🌍 Collection : Diplomatie et stratégie
  • 📄 206 pages
  • 💶 22,00 €

⚠️ Le financement du terrorisme au Sahel

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Restes humains kali’nas : l’État français amorce une réparation

Exhibés dans des «zoos humains» parisiens puis «stockés» 130 ans, les restes de 14 Amérindiens de Guyane font l’objet lundi au Sénat d’un vote de restitution.

— Par Jean Samblé —

Pendant plus de 130 ans, les dépouilles de plusieurs Amérindiens kali’nas ont reposé dans les réserves de musées français, loin de leur terre natale. Aujourd’hui, une nouvelle étape décisive vient d’être franchie : le gouvernement français a annoncé son soutien à une proposition de loi visant à permettre leur restitution à la Guyane. Pour les descendants de ces hommes, femmes et enfants arrachés à leur territoire à la fin du XIXe siècle, cette décision marque enfin la reconnaissance d’une blessure historique longtemps ignorée.

À l’époque coloniale, plusieurs Kali’nas avaient été emmenés en France pour être exhibés dans ce que l’on appelait alors des « zoos humains », ces expositions où des peuples autochtones étaient présentés au public comme des curiosités exotiques. Après leur mort, leurs corps furent conservés et intégrés à des collections anthropologiques françaises, notamment celles du Musée de l’Homme. Une pratique aujourd’hui largement dénoncée comme l’un des symboles les plus violents de la déshumanisation coloniale.

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Mensonge et cynisme ne vaincront pas ! 

— RS n° 446 lundi 11 mai 2026 —

Non, non, la police ne tue pas, dit-on en haut lieu. Mais d’où viennent les corps qui gisent sur le sol après tant d’interventions de « forces de l’ordre » en Guadeloupe depuis quelque temps ? Et les fachos n’ont pas encore gagné en France… C’est dire !

Non, non, Trump n’est pas un fasciste, disent ses supporters. C’est juste, répondons-nous, un énergumène qui promet de détruire la civilisation iranienne, qui crée un club privé pour remplacer l’ONU, qui veut raser Gaza pour y construire une riviera lucrative pour lui-même, ses parents, alliéEs et amiEs, qui choisit les dirigeants des autres pays en kidnappant (au Venezuela), en assassinant (en Iran), en finançant (en Argentine, au Honduras), qui bafoue du matin au soir la constitution de son propre pays, qui organise les tripatouillages électoraux contre les AfrodescendantEs, qui menace de mort par asphyxie le peuple cubain, qui fait exécuter sans jugements et sans preuves des prétendus trafiquants de drogue dans la mer des Caraïbes qu’il considère comme son domaine maritime.

Non, non, les fascistes ne sont pas au pouvoir en Israël, prétendent les sionistes et apparentés, mais ils poursuivent génocide et colonisation, font du suprémacisme la loi fondamentale du pays, massacrent et assassinent à Gaza, en Cisjordanie, en Iran, au Liban, tandis que leur bourreau Benyamin Netanyahu se trouve sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité.

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La Caraïbe, une cicatrice qui nous démange.

— Les ContreChroniques d’Yves-Léopold Monthieux —

Est-il possible d’exiger la parfaite égalité entre les Français d’Auvergne et les ceux de Martinique, en même temps que le droit pour ces derniers à une franche intégration dans la Caraïbe ?  La Caraïbe, on aime s’en dire partie prenante, par commodité géographique, par réflexe culturel ou par ambition de jouer de cette diplomatie « économique », annoncée sans modestie par le président Serge Letchimy.

On évoque la communauté caribéenne dans les discours, les colloques, les envolées identitaires, aujourd’hui la lettre enflammée visant à la mise en œuvre de la réparation du crime contre l’humanité. Mais pour l’essentiel, la Martinique regarde ailleurs. Vers Paris, vers l’Europe, vers un Centre qui n’est ni maritime ni voisin, mais administratif et mental, quoique non « métropole ». Un centre auquel la Martinique voue un attachement religieux au nom de la sacro-sainte « continuité territoriale » sollicitée pour nous protéger des 70% d’augmentation prévus du ciment martiniquais1. En effet, un pied dans l’assimilation et un autre dans un imaginaire multiple, ici caribéen, la Martinique politique cultive une étrange duplicité : la quadrature qui ressort des exigences du peuple, demandeur de « plus d’Etat », d’une part, et, d’autre part, de leurs élus qui voudraient « plus de peuple ».

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Esclavage : une demande de réparation portée par la Collectivité Territoriale de Martinique

— Par Jean Samblé —

À l’occasion du 25e anniversaire de la loi Taubira, qui a reconnu en 2001 la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité, le président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique, Serge Letchimy, relance avec force le débat sur la question des réparations liées à l’héritage de l’esclavage dans les territoires français d’outre-mer.

Dans une lettre ouverte de cinq pages adressée au président de la République Emmanuel Macron, l’élu martiniquais estime que la France doit désormais aller au-delà de la seule reconnaissance mémorielle et engager un véritable processus politique et juridique autour de la réparation. Selon lui, la loi portée le 10 mai 2001 par l’ancienne députée guyanaise Christiane Taubira a constitué une étape historique majeure, mais elle ne saurait suffire face aux conséquences profondes laissées par plusieurs siècles d’exploitation esclavagiste.

Dans ce courrier, Serge Letchimy affirme qu’« une nouvelle loi est désormais nécessaire ». Il plaide pour l’adoption d’un texte qui reconnaîtrait officiellement les « dommages historiques, culturels, économiques et sociaux durables » causés par l’esclavage en Martinique et plus largement dans les sociétés issues de la colonisation.

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26e édition du Konvwa ba reparasyon

Mobilisation autour des questions de santé et de mémoire

Le Mouvement International pour les Réparations (MIR) organise la 26e édition du Konvwa ba reparasyon du 8 au 22 mai 2026, entre Sainte-Anne et Le Prêcheur. Douze communes participent à cette manifestation placée cette année sous le thème : « Pèp Nèg Annou Fè Yonn Kont Anpwazonman, jénosid, ékosid, épistémisid. Pou Lavi ».

À travers cet événement, le MIR souhaite mettre en avant les enjeux liés à la mémoire, à l’identité culturelle et aux conséquences sanitaires et environnementales de l’utilisation des pesticides aux Antilles. Les organisateurs appellent également à une mobilisation des populations afro-descendantes et de la diaspora.

Lors de la présentation de cette édition, le président du MIR, Garcin Malsa, a souligné la nécessité d’une implication collective dans les actions engagées autour de la question de l’empoisonnement au chlordécone et des démarches judiciaires en cours. Le mouvement indique notamment préparer une nouvelle assignation devant le tribunal de Paris.

Les responsables du MIR ont également évoqué les notions de génocide, d’écocide et d’épistémicide, présentées comme des conséquences de la disparition progressive de certaines pratiques culturelles et savoirs traditionnels.

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La France reconnaît enfin les spoliations culturelles de l’époque coloniale

— Par Sarha Fauré —

Le Parlement français a définitivement adopté une loi-cadre destinée à faciliter la restitution des biens culturels acquis de manière illicite durant la période coloniale. Voté à l’unanimité par l’Assemblée nationale puis par le Sénat le 7 mai 2026, ce texte marque une étape majeure dans la politique mémorielle et culturelle de la France. Il concrétise une promesse formulée par Emmanuel Macron en novembre 2017 lors de son discours à l’université de Ouagadougou, au Burkina Faso, où il s’était engagé à créer les conditions permettant le retour d’œuvres africaines conservées dans les collections françaises.

Jusqu’à présent, les restitutions d’objets culturels restaient extrêmement limitées en raison du principe d’inaliénabilité des collections publiques françaises. Ce principe juridique interdit normalement qu’un bien appartenant aux collections nationales soit cédé ou retiré du patrimoine de l’État. Chaque restitution nécessitait donc l’adoption d’une loi spécifique, une procédure longue et complexe qui a fortement ralenti les démarches engagées depuis plusieurs années par certains États africains.

Grâce à cette nouvelle loi, le gouvernement pourra désormais procéder à des restitutions par décret, sans devoir repasser systématiquement devant le Parlement.

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Un premier Mai malgré tout !

 — RS n° 445 du lundi 4 mai 2026 —

En dépit d’une bien modeste préparation collective, la quasi-totalité des centrales syndicales se sont retrouvées au rendez-vous du 1er mai à la Maison des syndicats, puis avec un bon millier de manifestants dans les rues.

Cela témoigne de la force d’une tradition, jadis plus ou moins contrariée par des discours dilatoires entendus jusque dans les rangs syndicaux (tentation d’opposer le 1er mai au 22 mai, scepticisme face à une journée de lutte des travailleurs/ses dans un pays au fort taux de chômage, velléité de choisir sans concertation d’autres lieux qu’au départ de la maison des syndicats, allégation que le 1er mai était un moment de fête ouvrière et non de manifestations de rue et même, c’est arrivé, évocation de divergences avec telle ou telle organisation pour justifier des premiers mai séparés…!

Cette année donc un premier mai unitaire s’est imposé, …malgré tout ! La grande bourgeoisie, son État et ses médias les plus zélés n’ont pourtant pas lésiné sur les moyens pour liquider ou affaiblir cette journée prolétarienne internationale.

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L’égalité ne peut être partielle

— Par Jean Samblé —

Pendant plus d’un demi-siècle, une inégalité majeure est restée inscrite dans le droit français : les habitants des outre-mer ont été exclus des garanties de la Charte sociale européenne, pourtant appliquée en Hexagone. Derrière ce décalage juridique se jouait une réalité plus profonde, celle d’une citoyenneté sociale incomplète pour plusieurs millions de Français.

Depuis le 1er mai 2026, cette inégalité a été corrigée : la France a étendu la Charte aux territoires d’outre-mer, concernant près de 2,5 millions de personnes. Certaines collectivités devront toutefois encore se prononcer localement en raison de leurs compétences spécifiques.

Cette avancée est saluée comme une « victoire historique » par des acteurs associatifs, même si elle a nécessité des années de mobilisation. Une réclamation liée notamment au scandale du chlordécone, rejetée pour irrecevabilité, a contribué à révéler cette « anomalie démocratique » et à accélérer la décision politique.

Historiquement, cette exclusion remonte à la rédaction du texte en 1961, limité aux territoires métropolitains, une disposition parfois qualifiée de « clause coloniale ». Son maintien s’explique en partie par un manque d’attention, mais aussi par les implications financières importantes qu’implique la mise à niveau des conditions de vie dans ces territoires.

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Résistons et défendons le 1er mai !

— Communiqué de la LDH Gudeloupe —

Après la proposition de loi déposée le vendredi 10 avril par le parti Renaissance dirigé par Gabriel Attal visant à étendre le travail le 1er mai, seul jour férié légal obligatoirement chômé, le Premier ministre Sébastien Lecornu a renoncé dans un premier temps (lundi 13 avril) sous la pression politique et syndicale à convoquer la commission mixte paritaire (CMP) entre députés et sénateurs qui aurait permis de faire adopter sans débat parlementaire ladite proposition de loi. Mais dans un second temps, il a annoncé (vendredi 17 avril) un projet de loi pour permettre aux artisans boulangers et fleuristes d’ouvrir le 1er mai. Si les boulangeries artisanales peuvent déjà ouvrir le 1er mai à la seule condition de ne pas faire travailler les salarié·es, on comprend bien que le sujet est de banaliser le 1er mai dans la logique déjà bien engagée d’extension du travail dominical.

Or le 1ermai n’est pas la fête du travail, il est la journée de solidarité internationale des travailleuses et travailleurs, un jour férié, chômé et payé, garanti par la loi et conquis par les luttes que nous tenons à rappeler ici.

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Un 1er mai d’alerte mondiale contre le fascisme, pour l’émancipation !

— RS n° 444 lundi 27 avril 2026 —

La bourgeoisie, ses politicienNEs et ses journalistes de service ne chôment pas. La fureur qui les anime contre le 1er mai, qu’ils veulent banaliser, folkloriser, voire abolir, est sans répit. Rarement, l’humanité a eu un tel besoin des valeurs qui ont fait naître et vivre la journée internationale de lutte des travailleurs/ses, malgré les coups, les répressions, les manœuvres mystificatrices, le sang innocent versé. Les cinq pendus à Chicago en 1886, les neuf tués de Fourmies (nord de la France) en 1891, la terrible répression à Paris en 1906, les trente-trois communistes abattus à Berlin lors du « Blutmai » en 1929, les mobilisations du 1er mai 1945 en Algérie qui augurent l’immonde bain de sang colonial de Sétif, pour ne prendre que quelques exemples des 1er mai réprimés, nous imposent de confronter les idéaux des martyrs d’hier avec les dures réalités d’aujourd’hui. Un mouvement prolétarien en expansion réclamait sa part dans les richesses qu’il créait, comme un acompte en attendant l’avènement des jours heureux.

Aujourd’hui, sous les bombardements en Iran, au Liban, à Gaza, en Ukraine, au milieu des cris des suppliciéEs du Soudan, du Congo, nous avons le cœur meurtri par le spectacle horrible des gangs semant la désolation en Haïti où des parents vendent leurs enfants pour éviter qu’ils ne meurent de faim, et où le seul aéroport international est contrôlé par…les USA.

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Service public, délégation de service public, entreprise privée

— Par Max Dorléans (GRS) —

Ces jours derniers, avec des mouvements sociaux qui ont affecté des pans considérables de la population la plus en difficulté, la question de la délégation du service public dans de multiples activités (transport, eau…), est revenue sur le tapis. De la part de certain/es disant tout le bien qu’ils/elles en pensaient, et d’autres au contraire, la contestant et déclarant qu’il fallait laisser en règle générale, la main au secteur privé considéré plus performant.

Et c’est sur cette question que le 13 avril dernier, Daniel Ajoup interviewé sur RCI par P.Diser, a fait le panégyrique de la délégation de service public (DSP) dans le transport terrestre de passagers, un secteur d’activité qu’il connaît bien en qualité d’ex-directeur marketing…à Sud Transport opérant dans la circonscription du Sud.

Non aux illusions !

Pourtant, à regarder de près les choses, le moins qu’on puisse dire, c’est que tout ce qui a été mis en place dans le transport (terrestre ou maritime) depuis des années par la CTM (ou autre collectivité) pour satisfaire le besoin de mobilité de la population, n’a pas apporté la satisfaction attendue par la population.

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Les élections municipales de 2026 en Martinique : analyses et bilans

Quels sont les faits marquants de ces élections municipales et communautaires de mars 2026 en Martinique?

Quels sont les résultats détaillés pour chacune des 34 communes de l’lie ? Quelle est la composition des conseils municipaux et des conseils commanditaires à la suite de ces dernières élections?

Combien de nouveaux maires?

La parité, quelles réalités?

Quel est l’âge moyen des maires de Martinique?

Quelle est l’évolution de la participation aux élections municipales depuis 1971 ?

Quel est le régime indemnitaire des élus municipaux et communautaires en 2026

Vous trouverez la réponse il toutes ces questions dans ce memento sous forme de visualisations graphiques et de tableaux.

Ce mémento s’adresse aux citoyens, aux élus, à leurs collaborateurs, aux militants, et à tous les observateurs de la vie politique de Martinique.

Jonathan Théodose et Olivier Ernest Jean-Marie sont les créateurs de Politic Data, la plateforme de visualisation de dionées électorales compilant les résultats des 69 000 bureaux de vote de France depuis 2007.

Jonathan Théodose est ingénieur, en informatique décisionnelle et data designer

Olivier Jean-Marie est data collector et expert électoral

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Invisibiliser la corruption

Lettre ouverte à Elmano Endara Joseph

À Montréal, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) avalisent la corruption endémique qui sévit, en Haïti, au Fonds national de l’éducation

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Strabisme. « Lors de strabisme, les yeux ne sont plus coordonnés pour regarder ensemble le même objet. Ce trouble de la vue se caractérise par la déviation d’un œil par rapport à l’autre : un œil fixe l’objet à regarder et l’autre regarde ailleurs » (site des Hôpitaux universitaires de Genève, n.d.).

Paru dans Le National du 21 avril 2026 à la rubrique « Société », l’article d’Elmano Endara Joseph, « Éducation : Le FNE plaide pour une implication structurée de la diaspora haïtienne », a choqué nombre de lecteurs, d’enseignants et de directeurs d’écoles. Plusieurs d’entre eux nous ont fait part de leur indignation tout en précisant que les lecteurs du National ont droit à une information de qualité, rigoureuse et documentée…

En toute objectivité, une question s’impose : en publiant à la rubrique « Société » et non pas « Tribune » l’article d’Elmano Endara Joseph, Le National serait-il devenu —à son insu sans doute–, le porte-voix du Fonds national de l’éducation pourtant visé, en Haïti, par une enquête de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) au motif allégué dès le 4 juin 2025 de corruption systémique et de détournement de fonds publics ?

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