Catégorie : Féminismes

Barbara Jean-Élie (2) : Faire de la parole un grand espace de liberté

  • par Rodolf Etienne

Dans notre premier volet consacré à Barbara Jean-Élie, nous retracions les grandes étapes d’un parcours qui l’a conduite du journalisme de terrain à la présentation, de la direction éditoriale à l’écriture, de la télévision à la transmission.

Mais une carrière ne se résume pas à l’addition de postes occupés, d’émissions présentées ou de personnalités rencontrées.

Une carrière se révèle aussi dans une manière d’écouter, de questionner et de faire exister la parole de l’autre, une manière de « travailler ». Chez Barbara Jean-Élie, cette manière de bien faire, de bien dire ou, simplement, de bien écouter est devenue une signature autant qu’un gage.

Depuis septembre 2023, la journaliste présente sur ATV l’émission Face à Face, diffusée chaque soir à 18 h 30. Un format de douze minutes, bref en apparence, mais qui impose une discipline particulière : comprendre rapidement une personnalité, identifier ce qu’elle peut apporter au débat, installer un climat de confiance et conduire l’entretien sans perdre de temps dans les détours convenus.

Barbara Jean-Élie effectue sa quatrième rentrée avec ATV. En quelques années, elle a présenté près de 600 émissions, recevant des femmes et des hommes de tous âges, de tous milieux et de tous secteurs d’activité. <p>  Lire Plus

Marie-Thérèse Lung-Fou… « féministe » bien avant le « féminisme »

  • Par Rodolf Etienne

Les recherches contemporaines consacrées aux femmes artistes la présentent comme la première sculptrice native des Antilles françaises reconnue.

Et pourtant, lorsqu’on évoque aujourd’hui les grandes figures intellectuelles et artistiques martiniquaises du XXe siècle, son nom vient rarement parmi les premiers.

Marie-Thérèse Julien Lung-Fou, sculptrice, dessinatrice, poétesse, conteuse, autrice pour la jeunesse, animatrice culturelle, éditrice d’une revue, défenseuse du créole et du patrimoine antillais, appartient à une catégorie surprenante du patrimoine commun, celles des femmes martiniquaises dont le nom semble avoir glissé lentement hors defs limites de la mémoire collective.

Née aux Trois-Îlets en 1909

Marie-Thérèse Julien Lung-Fou grandit dans un environnement marqué par la poterie et les artisans. Née aux Trois-Ilets, en 1909, sa propre histoire familiale porte déjà plusieurs des mondes qu’elle cherchera plus tard à réunir : héritages chinois, afro-caribéens et européens.

Après une scolarité au Pensionnat colonial de Fort-de-France, elle franchit en 1934 une étape considérable pour une jeune Martiniquaise de cette époque : elle intègre l’École nationale des beaux-arts de Paris. 1934 : Il faut s’arrêter sur cette date. La Martinique est encore une colonie.<p>  Lire Plus

Barbara Jean-Élie (1) : Entre féminité, histoire et identité

– Par Rodolf Étienne

Journaliste, présentatrice, productrice, autrice, entrepreneure, ancienne conseillère ministérielle : vouloir réduire Barbara Jean-Élie à l’un de ses métiers reviendrait à manquer ce qui fait tout le singulier de son parcours.

En 2023, Barbara Jean-Elie était de nouveau devant les caméras d’ATV, face aux Martiniquais(e)s, comme si une boucle se refermait. La Martinique qu’elle retrouvait à l’écran n’était plus celle dont elle présentait les premières actualités télévisées au début des années 1990.

Titulaire d’une maîtrise de droit et sciences politiques obtenue à Paris I Panthéon-Sorbonne en 1989, Barbara Jean-Elie revient en Martinique et intègre le monde des médias. Après la radio, elle participe à l’aventure d’Antilles Télévision, ATV, à une époque où l’existence même d’une télévision privée locale constituait une rupture.

En 1993, Barbara Jean-Elie est la première journaliste à présenter un journal télévisé sur une chaîne privée martiniquaise.

Elle sera journaliste reporter d’images, présentatrice, animatrice et rédactrice en chef. Ce passage par ATV n’est donc pas un simple épisode dans son curriculum vitae. Il correspond à l’un de ces moments forts où la Martinique commence à diversifier les lieux depuis lesquels elle se regarde, se décrit et se raconte.<p>  Lire Plus

Fanm-Doubout ! La Martinique épée levée !

— par Rodolf Etienne

L’épée levée… Non pour déclarer une guerre. Pour trancher dans l’oubli.

Elles sont ici vingt-cinq femmes dans une histoire beaucoup plus vaste. De celles qui ont arraché leur place à l’invisibilité, pris la parole, occupé le pouvoir, transformé nos représentations ou porté le nom du pays Martinique bien au-delà de ses rivages.
L’histoire de la Martinique a longtemps eu cette étrange manière de conjuguer la femme au quotidien et l’homme à la postérité. La femme tenait la famille, le marché, le commerce informel, l’éducation, la transmission, parfois l’habitation, souvent les comptes domestiques, fréquemment la survie elle-même. Mais quand venait le temps de graver les noms dans la pierre, l’histoire redevenait étrangement masculine comme étrangement muette.

Césaire, Fanon, Glissant, Aliker, Lagrosillière, Gratiant sont immenses ! Mais pendant ce temps-là, Paulette Nardal pensait déjà le monde noir ! Suzanne Césaire bouleversait la pensée antillaise ! Jane Léro organisait les femmes ! D’autres préparaient leurs batailles !

Paulette Nardal – avant que la Négritude ne porte son nom

Il faudra peut-être encore longtemps réparer cette injustice. Quand on raconte la naissance de la Négritude, trois hommes apparaissent immédiatement : Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas. <p>  Lire Plus

L’éphéméride du 5 septembre

Olympe de Gouges rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne le 5 septembre 1791.

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est un texte juridique français, exigeant la pleine assimilation légale, politique et sociale des femmes, rédigé le 5 septembre 1791, par l’écrivaine Olympe de Gouges sur le modèle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclamée le 26 août 1789, et publié dans la brochure Les Droits de la femme, adressée à la reine1,2. Premier document à évoquer l’égalité juridique et légale des femmes par rapport aux hommes, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne a été rédigée afin d’être présentée à l’Assemblée législative le 28 octobre 1791 pour y être adoptée.

La déclaration sur plaque de marbre.
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne constitue une réplique critique de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui énumère des droits ne s’appliquant qu’aux hommes, alors que les femmes ne disposaient pas du droit de vote, de l’accès aux institutions publiques, aux libertés professionnelles, aux droits de propriété, etc.<p>  Lire Plus

Le mois du matromoine avec l’UFM

Et si nous portions un autre regard sur notre histoire ?

Le matrimoine fait référence à l’héritage culturel, artistique et historique légué par les femmes qui nous ont précédées. Cet héritage est trop souvent rendu invisible, parfois effacé de la mémoire, mais il reste fondamental pour notre héritage collectif.

Ce mot, cependant, n’est pas nouveau. Il puise ses racines dans le latin *mater*, signifiant « mère », et est déjà apparu au Moyen Âge pour désigner la propriété et les droits transmis par la ligne maternelle, reflétant l’héritage hérité du père. Peu à peu, le terme s’est estompé au profit d’une notion plus englobante du patrimoine, reléguant dans l’ombre ceux qui avaient activement façonné notre histoire culturelle.

Ces dernières années, le mot *matrimoine* a été ravivé et a retrouvé sa pleine signification. Elle offre une reconnaissance bien méritée aux créatrices, artistes, auteurs, scientifiques, penseurs, militantes et artisanes – toutes ces femmes qui ont marqué leur époque et dont les œuvres et la vie doivent être transmises aux générations futures.

Le Mois du matrimoine des femmes invite chacun à découvrir, redécouvrir et faire vivre cet héritage.<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 3 septembre

Entrée en vigueur de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes le 3 septembre 1981.

La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (en anglais Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women, CEDAW) a été adoptée le 18 décembre 1979 par l’Assemblée générale des Nations unies. Elle est entrée en vigueur le 3 septembre 1981 après avoir été ratifiée par 20 pays.

Les États-Unis l’ont signée en 1980 mais ne l’ont toujours pas ratifiée. Les États qui n’avaient pas signé le traité lors de son entrée en vigueur y adhèrent aujourd’hui, sans le signer. Le dernier État en date à l’avoir fait est le Qatar, le 29 avril 2009. De nombreux pays l’ont signé en émettant toutefois des réserves, de nature à fortement en affaiblir la portée. Aujourd’hui, les seuls membres de l’ONU à n’avoir pas adhéré à la convention sont le Vatican, l’Iran, la Somalie, le Soudan et les îles Tonga.

La présidente du CEDAW est actuellement Dalia Leinartė.

Cette convention est adoptée dans la lignée de l’année internationale des femmes de 1975.<p>  Lire Plus

L’éphéméride du 26 août

Dépôt de gerbe à la femme du Soldat inconnu le 26 août 1970

Le dépôt de gerbe à la femme du Soldat inconnu désigne une des premières actions médiatiques du Mouvement de libération des femmes le 26 août 1970 à Paris en France. Elle consistait à déposer des fleurs en hommage à la femme du Soldat inconnu sur la tombe de ce dernier. Cette action était réalisée par neuf femmes, dont Cathy Bernheim, Christine Delphy, Monique Wittig, Christiane Rochefort et l’Américaine Namascar Shaktini1,2,3. Elles ont été arrêtées par la police dès l’approche de l’Arc de triomphe.

Traitement médiatique

Certains médias parlent d’une trentaine de femmes (neuf en réalité). L’analyse journalistique de Marianne Lohse dans France-Soir précise que « Plusieurs [manifestantes] sont jeunes et jolies »4.

La télévision nationale réalise un court reportage sur la manifestation5.

Deux slogans ont retenu l’attention éditoriale :

« Il y a plus inconnu que le soldat inconnu. Sa femme » ;

« Un homme sur deux est une femme ».

MLF : 1970, année zéro

— Par Françoise Picq, sociologue spécialiste de l’histoire du féminisme, université Paris-Dauphine.<p>  Lire Plus

Violences faites aux femmes : Quand la célébrité déplace le doute

— Par Rodolf Étienne

Qui est cru, qui est protégé, qui est exposé, qui supporte le coût du doute.

La notoriété ne crée pas la violence, mais elle peut en modifier tout l’écosystème. 

Une femme parle… l‘esentiel du débat devrait porter sur ce qu’elle rapporte. 

Très vite, autre chose occupe la scène : le nom de l’homme mis en cause, sa carrière, son œuvre, ses admirateurs, ses contrats, ses soutiens. Face à elle, il n’y a plus seulement une personne, mais une réputation et tout ce qui s’est construit autour d’elle. Avant même l’examen des faits, la parole entre ainsi dans un rapport de forces profondément inégal.

  • Cette contribution ne veut traiter d’aucune affaire particulière et ne vise aucune personne identifiable. Il interroge un mécanisme général : que devient la parole d’une femme lorsqu’elle rencontre la puissance sociale, économique et symbolique de la célébrité ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 840 millions de femmes et de filles — près d’une sur trois — ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. <p>  Lire Plus

Clôture du cycle « Mémoires blessées, voix libérées »

Fort-de-France : Isis Labeau-Caberia invitée de la conférence de clôture

L’association D’Antilles et D’Ailleurs clôturera le mercredi 24 juin 2026 son cycle de conférences « Mémoires blessées, voix libérées » avec une rencontre exceptionnelle consacrée à l’écrivaine, chercheuse indépendante et artiste martiniquaise Isis Labeau-Caberia. L’événement se tiendra au Bayou, à Fort-de-France, à partir de 17h30.

Soutenu par la Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité (DRDFE) de Martinique, ce cycle de conférences a permis, depuis plusieurs mois, d’aborder les violences faites aux femmes, les mécanismes de domination et les enjeux d’égalité à travers des interventions d’acteurs engagés du territoire.

Pour cette dernière rencontre, le public est invité à découvrir l’univers de « Chères ancêtres : Contre-histoire des résistances féminines et anticolonialistes », ouvrage publié aux Éditions Grasset. Dans ce livre, Isis Labeau-Caberia entreprend un voyage au cœur de son histoire familiale et collective afin d’interroger les héritages de l’esclavage, de la colonisation et des silences transmis de génération en génération.<p>  Lire Plus

Viol : pourquoi la parole des victimes reste-t-elle si difficile à croire ?

—  Par Alexane Guérin (*) — 

Patrick Bruel, PPDA… font face à des dizaines de plaintes pour violences sexuelles ont été déposées. Ils contestent les faits qui leur sont reprochés.

Quand une femme dénonce un viol, ce n’est pas seulement la justice qui est mise à l’épreuve. Derrière le célèbre « parole contre parole », des mécanismes sociaux invisibles influencent la manière dont nous accordons, ou refusons, notre confiance aux victimes comme aux accusés.

Depuis presque une décennie, le mouvement #MeToo a révélé la lutte qui se joue autour de la crédibilité des femmes lorsqu’elles dénoncent des violences sexuelles. Face aux dénonciations publiques, les réactions prennent souvent la forme de formules devenues familières : “La présomption d’innocence doit prévaloir”, “Laissons la justice faire son travail”, “Tant qu’il n’y a pas eu de condamnation, on ne peut pas savoir.” Fréquemment mobilisées lorsqu’un homme est accusé publiquement de violences sexuelles, ces réactions traduisent l’idée qu’il existerait une instance neutre capable de départager objectivement les récits. Le tribunal apparaît alors comme le lieu privilégié de cette vérité attendue.

Pourtant, les analyses du traitement judiciaire des viols montrent combien ces dossiers mettent à l’épreuve le régime classique de la preuve.<p>  Lire Plus

Drame de Lyhanna : Face à la « faille systémique » exigeons la Loi Intégrale !

Appel aux rassemblements devant le Ministère de la justice et les tribunaux judiciaires en régions, lundi 7 juin à 19h

La disparition de Lyhanna, victime dans le Gers d’un pédocriminel visé par de multiples signalements et plaintes, est l’ultime démonstration que notre système est défaillant vis-à-vis des violences faites aux femmes et aux enfants.

Depuis 2017 et le mouvement MeToo, nos institutions restent imperméables aux témoignages et affaires qui se multiplient, laissant l’impunité perdurer. 94% des plaintes pour viols sont classées sans suite, dans la plupart du temps du fait de l’absence d’enquête.

La France compte deux fois moins de juges et quatre fois moins de procureurs par habitant que la moyenne européenne.

Depuis 2024, une loi intégrale est demandée par plus de 130 associations, syndicats et ollectifs, et fait l’objet d’une pétition qui réunit plus de 115 000 signataires. 81% des Français.es y sont favorables. Cette loi a été reprise par une coalition de parlementaires, qui l’a déposée à l’Assemblée Nationale. Elle prévoit par exemple le dépistage systématique des violences auprès des enfants, un socle d’enquête minimal en cas de plainte, les ordonnances provisoires de protection immédiate de l’enfant et des juridictions spécialisées.<p>  Lire Plus

«  Femmes en colère » – vendredi 5 juin au TOM à 19h

Un texte de Mathieu Menegaux adapté au théâtre par Pierre-Alain Leleu.

Trois magistrats et six jurés populaires tirés au sort ont entre leurs mains le sort de Mathilde Colignon, une femme qui a avoué son crime et qui, pourtant, se dit victime et réclame justice.
Neuf hommes et femmes en colère qui doivent choisir entre punition et pardon.

Bien quelle reconnaissance les faits, l’accusée demande avant tout que justice soit rendue. Mais la justice peut-elle vraiment réparer un traumatisme lié à un viol ?

La justice comprend-elle réellement ce type de traumatisme ? Les victimes sont-elles suffisamment écoutées ? Une condamnation suffit-elle à rendre justice ?

Les débats opposent alors différentes visions de la justice, de la vengeance, du pardon et de la condition des femmes dans la société.

Cette pièce percutante et engagée soulève également la question du consentement. Pendant longtemps, certaines attitudes ont banalisé l’idée qu’une femme devait “accepter” sans forcément exprimer clairement son accord. Pourtant, le consentement est essentiel dans toute relation et il doit être libre, clair et respecté. Demander le consentement c’est reconnaître la liberté et le respect de l’autre et permet de construire des relations plus égalitaires et plus saines.<p>  Lire Plus

Cyber harcèlement sexiste au Lycée Jardin d’essai aux Abymes.

Ce mois de mai, 80 jeunes femmes du Lycée Jardin d’essai aux Abymes se sont retrouvées sans leur consentement sur une liste publiée dans les réseaux sociaux, les classant dans des catégories dégradantes avec leurs photos et des commentaires sexistes. Elles ont réagi en manifestant le 6 mai, et l’établissement a porté plainte, excluant les auteurs présumés de cette liste humiliante.

Cet événement témoigne, de façon inquiétante, de la persistance du sexisme et de la progression du masculinisme le plus abject largement propagés sur les réseaux sociaux.

Un an après avoir constaté une forte polarisation de la société sur les questions d’égalité et de sexisme, le dernier rapport du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) sur l’état des lieux du sexisme en France1 attire l’attention sur une dynamique préoccupante : « certaines expressions de sexisme hostile ne relèvent plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais s’inscrivent dans des logiques d’adhésion et de mobilisations idéologiques collectives. Le rapport identifie deux formes de sexismes, le sexisme paternaliste et le sexisme hostile. Le sexisme paternaliste est un sexisme faussement bienveillant du quotidien qui légitime une répartition hiérarchisée des hommes et des femmes.<p>  Lire Plus

Violences sexuelles : le monde culturel sommé d’agir

— Par Sarha Fauré —

À l’heure où les projecteurs du Festival de Cannes illuminent une nouvelle fois le cinéma mondial, un autre débat s’impose avec force dans les coulisses du monde culturel : celui des violences sexistes et sexuelles longtemps tues, minimisées ou dissimulées derrière le prestige des œuvres et la protection des figures d’autorité. Dix ans après l’onde de choc provoquée par #MeToo, deux députés français, Sandrine Rousseau et Erwan Balanant, entendent désormais inscrire cette lutte dans le droit à travers une ambitieuse proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale.

Le texte, composé de dix-neuf articles, se veut une réponse concrète aux révélations accumulées ces dernières années dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode ou encore de la publicité. Derrière les scandales médiatisés et les témoignages d’actrices ou d’artistes connus, les parlementaires dénoncent surtout un système profondément ancré, où les mécanismes de domination et de silence continuent de protéger les agresseurs tandis que les victimes voient leurs carrières fragilisées, voire détruites.

Cette initiative législative s’appuie sur les travaux d’une commission d’enquête parlementaire menée en 2025 après les accusations portées par l’actrice Judith Godrèche contre les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon.<p>  Lire Plus

« Quand la justice entrave la parole des victimes » 

Tribune collective

En France, les violences sexistes et sexuelles demeurent massives et largement sous-déclarées. D’après le ministère de l’Intérieur, en 2023, 94 000 plaintes pour viols et tentatives de viols sur des femmes ont été portées devant les forces de l’ordre, et plus de 270 000 plaintes pour violences conjugales. Par ailleurs, les enquêtes de victimation montrent qu’à peine une victime sur dix porte plainte. L’énorme majorité des violences reste donc invisible.

Dans les territoires dits ultramarins, dont la Martinique, ces réalités prennent une acuité particulière. En 2023, pour 360 000 habitants, plus de 1 000 femmes ont déclaré des violences d’après l’OVIFEM, l’observatoire territorial des violences faites aux femmes. Les violences intrafamiliales y sont deux à trois fois plus importantes que dans le territoire national (jusqu’à 2,4 victimes pour 1 000 habitants en Martinique contre 1,4 au niveau national) et 80 % des victimes de violences sexuelles intrafamiliales sont des femmes. Ces données, déjà alarmantes, ne reflètent qu’une part des violences réellement subies.

Ce silence généralisé s’inscrit dans un système encore structuré par des rapports de pouvoir et de domination patriarcaux, mais aussi par des inégalités sociales, territoriales et postcoloniales qui renforcent, en contexte ultramarin, les obstacles à l’accès aux droits et à la justice. <p>  Lire Plus

A Vindication of the Rights of Woman (1792), Défense des droits de la femme, de Mary Wollstonecraft

Rencontre autour du livre : Lundi 13 avril à 19h | Le Bayou | FdF

A Vindication of the Rights of Woman (1792), traduit par Défense des droits de la femme, est un essai féministe précoce de Mary Wollstonecraft. Elle y répond aux penseurs du XVIIIe siècle qui excluent les femmes de l’éducation, affirmant qu’elles y ont droit en fonction de leur rôle social.

L’ouvrage naît en réaction au rapport de Talleyrand (1791), qui limite l’éducation féminine au domaine domestique. Wollstonecraft critique ce point de vue et dénonce le « double standard » entre les sexes, accusant les hommes d’encourager l’émotivité des femmes. Écrit rapidement, le texte devait être suivi d’un second volume, resté inachevé.

Si elle défend une certaine égalité, notamment morale, elle n’affirme pas clairement une égalité totale entre hommes et femmes, ce qui rend son féminisme ambigu selon les critères modernes. Néanmoins, elle fonde son argumentation sur la notion de droits, déjà bien établie.

Contrairement à une idée reçue, l’ouvrage est bien accueilli à sa publication et considéré comme très original. Il s’inscrit dans le contexte de la Révolution française et des débats britanniques sur les droits et le gouvernement.<p>  Lire Plus

Lyannaj Matinik pou Kiba

Jeudi 9 avril 9h-17h 9H – 17h, 17 Rue Lamartine

— Communiqué de presse de l’U.F.M. —

Appel à la solidarité avec la Fédération des Femmes Cubaines

« Ce sont les femmes qui souffrent le plus de cette pénurie de carburant qui entraîne un manque de produits essentiels, des difficultés de transport et des problèmes pour préparer les repas à la maison. Mais les femmes sont aussi à l’avant-garde de la recherche de solutions au sein de nos communautés…

La solidarité des peuples nous fortifie également »

Maybel GONZAZEL-FMC – Fédération des Femmes Cubaines.

L’Union des Femmes de Martinique

participe à la chaîne de solidarité

Collecte de produits d’hygiène

pour Femmes, Bébés, enfants et seniores
Périodiques
Lait en poudre adultes et bébés
Couches bébé et adulte
Savon de toilette
Dentifrice et brosses à dents
Papier toilette
Préservatifs
Autres produits d’hygiène

 <p>  Lire Plus

L’éphéméride du 5 avril

Il y a cinquante-cinq ans, le 5 avril 1971, le manifeste des 343 : un acte de désobéissance civile

— Par l’Union des Femmes de Martinique —

Le 5 avril 1971, le Nouvel Observateur crée le scandale en France avec un numéro qui révèle les noms de 343 femmes révélant avoir avorté illégalement. La contraception, légalisée depuis 1967, est quasi inexistante et l’Église comme l’Ordre des médecins refusent toute idée d’une modification de la loi de 1920 qui interdit l’avortement.

Or les femmes avortent quand même. Les plus aisées partaient à l’étranger, celles qui n’ont pas les moyens ont recours à toutes sortes de pratiques dans des conditions humaines déplorables et au péril de leur vies.

Ce 5 avril 1971, Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF), pose un acte de désobéissance civile et pour la première fois la question d’un « droit à l’avortement » est posé sur le devant de la scène. Cet acte de bravoure sera suivi des procès de Bobigny d’octobre – novembre 1972, Michele Chevalier mère de Marie Claire (16 ans) dénoncée par son violeur pour avoir pratiqué un avortement clandestin et 4 autres adultes sont défendues par Gisèle Halimi.<p>  Lire Plus

Non à la loi S.U.R.E

Le jeudi 2 avril à 14h au Tribunal judiciaire de Fort-de-France

NON A LA LOI S.U.R.E

NON A UNE JUSTICE EXPÉDITIVE !

Mobilisons-nous pour une Justice réelle en faveur des victimes !

Nous demandons la censure pure et simple du projet de loi visant à l’instauration d’un plaider-coupable pour le jugement des crimes.

M. Darmanin veut juger les viols en un jour.

M. Darmanin veut juger les criminels sexuels sans que les victimes puissent s’exprimer lors d’un procès !

NON !

Ce que nous méritons, ce n’est pas “moins de justice”, c’est plus de justice ! Plus de moyens, humains et financiers, pour la Justice ! !

Les crimes sexuels, dont 95% des victimes sont des filles et des femmes, doivent être jugés en Cours d’assise ! Dans un contexte où la culture du viol est portée par le masculinisme, le courage des plaignantes mérite le respect des institutions.

Depuis #Metoo, les enquêtes pour crimes sexuels se multiplient, et la parole des victimes trouve un écho dans les tribunaux. Elle permet à d’autres de prendre le courage d’affronter une institution judiciaire qui, historiquement, les brise plus souvent qu’elle ne les répare.<p>  Lire Plus

Lancement d’ARCHIP’ELLES : un réseau féminin au cœur des dynamiques caribéennes

Lundi 30 mars  de 11h à 13h | Mairie du Lamentin

Lamentin, Martinique – Ce lundi 30 mars 2026, la Mairie du Lamentin accueillera le lancement officiel d’ARCHIP’ELLES, une initiative audacieuse dédiée à l’égalité entre les femmes et les hommes, au leadership féminin et à la diplomatie féministe dans la région Caraïbe-Amériques. Cet événement se déroulera de 11h00 à 13h00, en présence de Madame Marie-Noëlle DURIS, Ambassadrice de France auprès des États de la Caraïbe orientale.

Un Événement de Portée Régionale

ARCHIP’ELLES, fondée en août 2025, ambitionne de catalyser des transformations significatives dans la Caraïbe. Le lancement se veut un espace de dialogue etOK de coopération, réunissant des femmes leaders martiniquaises issues de divers secteurs : économique, politique, culturel, scientifique et associatif. La présence de l’Ambassadrice DURIS souligne l’importance de cette initiative dans le cadre de la coopération régionale.

Un Programme Riche en Échanges

Le programme de la matinée sera structuré comme suit :<p>  Lire Plus

Journée de rencontre avec les femmes agricultrices du Morne-Rouge

Dimanche 29 mars 2026 | Providence, Morne-Rouge

Organisatrices : Association Culture Egalité et la DIPA (Société de Défense des intérêts des petits agriculteurs)

Public concerné : Femmes agricultrices, habitantes du territoire, membres, militantes, sympathisantes

Contexte et objectifs

Cette journée qui se veut festive et militante, est organisée par Culture Egalité et la DIPA. Elle s’adresse spécifiquement aux femmes agricultrices du Nord de la Martinique.

L’objectif est d’aller à leur rencontre, sur leur territoire, afin de mieux comprendre leurs conditions de vie et de travail, leurs réalités quotidiennes, ainsi que les difficultés qu’elles rencontrent. La démarche repose sur l’écoute, le respect et l’enrichissement mutuel.

Déroulé de la journée

La journée s’articule autour de plusieurs temps complémentaires :

Randonnée conviviale : moment de partage favorisant les échanges informels et la découverte du territoire.

Femmage : un temps spécifique sera consacré à la mémoire de Thérèse Page, femme agricultrice, en reconnaissance de son parcours et de sa contribution au territoire.

Temps d’échange collectifs : un déjeuner, des discussions ouvertes permettant aux femmes agricultrices d’exprimer leurs vécus, leurs besoins et leurs attentes.<p>  Lire Plus

Plus diplômées, toujours moins payées : le paradoxe martiniquais

— Par Sabrina Solar —

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’Insee Martinique publie une photographie détaillée de la situation comparée des femmes et des hommes sur le territoire. Les indicateurs confirment une réalité contrastée : les Martiniquaises sont aujourd’hui plus diplômées que les hommes, mais cette avance scolaire ne se traduit pas pleinement en termes de rémunération, de conditions d’emploi et d’équilibre des responsabilités familiales.

Sur le plan de la formation, l’écart est significatif. Parmi les 25 à 54 ans, 44 % des femmes sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur, contre 32 % des hommes, soit 12 points de plus. Autrement dit, plus de quatre femmes sur dix disposent d’un niveau d’études supérieures, contre environ trois hommes sur dix. Cette progression s’inscrit dans une dynamique de long terme : les filles réussissent globalement mieux leur scolarité et prolongent davantage leurs études. Elles constituent ainsi une génération hautement qualifiée, en mesure d’occuper des fonctions à responsabilité.

Pourtant, cette avance en matière de qualification ne garantit pas une égalité réelle dans l’entreprise. En 2022, 10 % des femmes en emploi occupent un poste de cadre, contre 11 % des hommes.<p>  Lire Plus

Les femmes ne sont pas des travailleurs comme les autres

— Collectif —

A l’initiative du magazine « Santé & Travail » un collectif de quelque 90 personnalités, parmi lesquelles Sophie Binet et Marylise Léon, secrétaires générales de la CGT et de la CFDT, appelle à mieux identifier les facteurs de pénibilité et de maladies professionnelles propres aux genres.

Le standard du travailleur masculin va-t-il continuer à dicter les règles de la prévention des risques professionnels ? Et, ce faisant, à éclipser les risques spécifiques qui menacent la santé et la sécurité des femmes au travail ? Depuis de nombreuses années, des travaux de recherche montrent les limites de ce modèle implicite. C’est le cas de la photographie statistique de la sinistralité selon le sexe, réalisée par l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, depuis 2012, qui met en évidence des écarts significatifs, longtemps invisibilisés.

Malgré ces coups de projecteur, la question demeure. Il suffit, pour s’en convaincre, de consulter le dernier bilan de l’Assurance-maladie sur les accidents du travail, qui, derrière une baisse globale de 25 % depuis vingt ans, fait apparaître une évolution fortement asymétrique : une diminution de 40 % des accidents pour les hommes, mais une hausse de 26 % chez les femmes.<p>  Lire Plus

Le Musée National du Patriarcat entame sa tournée nationale à Fort-de-France

Ce samedi, l’association En avant toute(s) lance la tournée nationale du Musée National du Patriarcat (MNP) en ouvrant gratuitement les portes de son musée éphémère à Fort-de-France, dans les locaux de Kap Caraïbes.

Reconnue d’intérêt général, l’association En avant toute(s) œuvre pour l’égalité entre les genres et la lutte contre les violences faites aux femmes, aux jeunes et aux personnes LGBTQIA+. Elle mène des actions de sensibilisation auprès des jeunes et du grand public afin de prévenir les comportements sexistes et violents, tout en proposant des formations à destination des professionnel·le·s. L’association accompagne également les victimes de violences grâce à plusieurs dispositifs nationaux d’aide à distance, accessibles par tchat, visioconférence ou téléphone.

Consolider les partenariats en Martinique

Présente en Martinique depuis un mois, l’équipe de l’association est venue renforcer ses liens avec les acteurs locaux et développer de nouvelles initiatives sur le territoire. L’un des objectifs principaux de cette mission est également de faire connaître la plateforme d’accompagnement commentonsaime.fr, explique dans France-Antilles, Thomas Humbert, cofondateur d’En avant toute(s).

Le projet, baptisé « Des ponts entre les territoires d’outre-mer et l’hexagone », a été mené en collaboration avec plusieurs associations locales, dont Kap Caraïbes et Union des Femmes de Martinique (UFM).<p>  Lire Plus