Catégorie : Ecologie

Un million de satellites : le ciel nocturne en voie d’industrialisation

— Par Samantha Lawler(*) & Gregory Radisic (*)

Le 30 janvier 2026, SpaceX a déposé une demande auprès de la Federal Communications Commission (FCC) des États-Unis pour déployer une mégaconstellation pouvant compter jusqu’à un million de satellites, constellation destinée à alimenter des centres de données dans l’espace.

Le projet prévoit des OKsatellites opérant entre 500 et 2 000 kilomètres d’altitude en orbite terrestre basse. Certaines de ces orbites sont conçues pour bénéficier d’une exposition quasi permanente au soleil. Le public peut d’ailleurs actuellement soumettre des commentaires sur cette proposition.

La demande déposée par SpaceX n’est que la dernière en date d’une série de projets de mégaconstellations de satellites. Satellites qui remplissent généralement une fonction unique et ont une durée de vie relativement courte, d’environ cinq ans avant d’être remplacés.

En février 2026, environ 14 000 d’entre eux étaient déjà en orbite. Dans le même temps, 1,23 million de satellites supplémentaires sont en projet. La procédure d’autorisation de ces satellites repose presque exclusivement sur les informations techniques, très limitées, que les entreprises qui les produisent fournissent aux régulateurs.

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La Semaine de l’Eau du 17 au 26 avril

💧 7ᵉ édition de la Semaine pour l’eau en Martinique

🌊 En Martinique, une ressource fragile derrière une apparente abondance

En Martinique, l’eau semble abondante, presque évidente. Pourtant, cette perception masque une réalité plus complexe : entre épisodes de sécheresse, perturbations liées au changement climatique et fragilité des réseaux, la ressource est sous pression. Sa préservation ne va donc pas de soi.

C’est dans ce contexte que l’Office de l’Eau Martinique (ODE), accompagné de son réseau associatif Rés’EAU, relance pour la septième année consécutive l’opération « Une Semaine pour l’Eau », du 17 au 26 avril 2026. Initialement prévue en mars, cette édition a été décalée en raison du calendrier électoral, tout en conservant une ambition intacte : sensibiliser, mobiliser et faire évoluer les comportements.

L’événement s’inscrit dans le prolongement du thème international défini par les Nations Unies pour la Journée mondiale de l’eau : « Genre et Eau », un angle de réflexion particulièrement pertinent à l’échelle du territoire martiniquais.

👩‍🌾 Genre et eau : une réalité sociale et territoriale

Le choix de cette thématique ne relève pas d’un simple alignement symbolique.

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Que cache le PLU du Vauclin ?

— Par Florent Grabin, président de l’association écologique P.U.M.A. —

Par arrêté municipal du 24 février 2026, il a été décidé l’ouverture d’une enquête publique portant sur la 1ère modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la Commune du Vauclin. En analysant les éléments de ce dossier, nous y avons constaté un manquement. En effet, il s’avère que le PLU n’a pas fait l’objet d’une évaluation environnementale conforme à la réglementation et à l’avis de la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe).

Que cache cet acte qui a notre sens est délibéré ? Cette étude environnementale aurait permis d’éclairer et de mettre en évidence les conséquences de l’élévation du niveau de la mer dans le littoral de cette Commune.

Rappelons ici que, selon tous les prévisionnistes qui documentent les différents rapports du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC), la planète connaitra d’importantes vagues de submersions et inexorablement une élévation du niveau de la mer d’ici 2050. Et que dans la zone du Golfe du Mexique ainsi que dans celle de toutes les Antilles, la surélévation sera comprise entre deux à trois mètres.

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L’eau en Martinique : en finir avec le temps des demi-mesures

— Par Fernand Odonnat (*) —

L’eau coule, mais pas partout de la même façon selon qu’on habite Saint-Joseph ou Sainte-Anne. Chaque période de carême le rappelle avec brutalité : les Martiniquais n’ont pas tous accès à la même ressource, au même prix, dans les mêmes conditions. Ce n’est pas une fatalité climatique. C’est le résultat d’une organisation fragmentée, dont nous avons héritée et que nous avons trop longtemps reconduite faute de volonté commune.

Le 5 janvier 2026, l’Assemblée de Martinique a dit stop. Les élus ont voté à l’unanimité et avec force pour une autorité unique de l’eau. Ce vote ouvrant la voie à la création et à la mise en œuvre d’une autorité unique en matière d’eau et d’assainissement, n’est pas un choix anodin. C’est une décision historique de gouvernance, prise après des années de concertation, de crises vécues ou évitées de justesse, de tours d’eau qui n’auraient jamais dû exister. Les élus martiniquais, dans toute leur diversité, ont choisi de ne plus gérer les symptômes mais de traiter les causes. L’unanimité, ici, n’est pas un détail : elle est la preuve que quand l’intérêt général prime sur les intérêts particuliers, la Martinique sait se rassembler.

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Érosion du littoral : il est temps d’assumer un véritable choix d’adaptation

— Par Marcelin Nadeau —

La Martinique vit une transformation silencieuse mais profonde de ses littoraux. De Basse-Pointe au Marigot, du Prêcheur au Carbet, le trait de côte recule inexorablement sous l’effet conjugué de la houle, de la montée du niveau de la mer et des déséquilibres sédimentaires. Ce phénomène, longtemps perçu comme naturel et marginal, est désormais un enjeu majeur d’aménagement du territoire et de sécurité des populations.

Dans mes fonctions de maire du Prêcheur, nous avions développé une expérimentation de relocalisation qui fait aujourd’hui référence au niveau national et international à l’instar de celle de Miquelon.

Parlementaire, j’ai avec ma collègue de Polynésie Mereana Reid-Arbelot déposé en 2024 une proposition de résolution votée – fait rare ! – à l’unanimité des membres de l’Assemblée nationale.[1] Rapporteur du budget de l’État pour les risques naturels majeurs, j’ai préconisé une mutualisation des moyens pour faire face à ce phénomène incontournable et permettre une adaptation.

Ce n’est plus une projection, c’est une réalité quotidienne

Je poursuis aujourd’hui un travail concerté avec le gouvernement pour aller dans ce sens et déposerai en conséquence une proposition de loi transpartisane sur le sujet dans les prochaines semaines.

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Thermophotovoltaïque : et si la chaleur devenait la batterie du futur ?

— Par Vera Moerbeek (*) —

Il est devenu courant de voir des panneaux solaires sur les toits des maisons et des hangars, grâce à la baisse du prix des cellules en silicium et à leur taille compacte. Cependant, l’énergie solaire est intermittente, comme beaucoup d’autres types d’énergie renouvelable. Lors des périodes de production maximale, comme les journées estivales ensoleillées, le réseau d’électricité sature d’énergie, tandis que lors des périodes de faible production, comme le soir et en hiver, l’offre diminue alors même que la demande est la plus élevée. C’est pourquoi, afin de garantir la disponibilité de l’énergie à la demande, des solutions de stockage doivent être intégrées au réseau.

La technologie la plus utilisée pour le stockage à l’échelle du réseau électrique est le stockage hydroélectrique par pompage, mais le nombre de sites favorables en France est limité et déjà largement exploité, du fait des contraintes géographiques.

Batteries lithium : pilier fragile de la transition énergétique

Une autre technologie courante est la batterie électrochimique : l’exemple le plus commun est celui des batteries lithium-ion des téléphones portables et des voitures.

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Exposition aux pesticides et cancer : vers une reconnaissance des risques liés aux effets cumulés

— Par Sabrina Solar —

L’exposition aux pesticides apparaît aujourd’hui comme un facteur de risque majeur dans l’émergence de certains cancers, bien au-delà de ce que suggéraient les approches scientifiques traditionnelles. Une étude récente, fondée sur une démarche interdisciplinaire et menée sur plusieurs années, met en évidence l’existence d’un lien robuste entre la présence de pesticides dans l’environnement et l’augmentation de l’incidence de pathologies cancéreuses.

En s’appuyant sur une modélisation fine de la dispersion de plusieurs dizaines de substances chimiques dans un contexte d’agriculture intensive, les chercheurs ont pu établir une cartographie précise des zones d’exposition. Le croisement de ces տվյալ environnementaux avec les données épidémiologiques de milliers de patients révèle une corrélation significative : dans les régions les plus exposées, le risque de développer un cancer est nettement accru. Ce constat est d’autant plus frappant qu’aucune des substances étudiées n’est, prise isolément, reconnue comme cancérogène avérée par les instances sanitaires internationales.

L’un des apports majeurs de ces travaux réside dans la prise en compte de l’« effet cocktail ». Contrairement aux évaluations classiques, qui examinent chaque molécule séparément, cette approche considère les expositions réelles, caractérisées par la combinaison de multiples pesticides.

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L’Eau : source de division politique

— Par Florent Grabin, président de l’association écologique P.U.M.A. —

L’eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d’intérêt général. Elle est régie par la loi n°92-3 du 3 janvier 1992 qui reste la base de sa gestion, de sa dépollution, de son stockage et de sa distribution. Cependant une loi n’étant pas statique peut être abrogée ; c’est ainsi que le Sénat a validé le transfert de la gestion de l’eau à la Collectivité Territoriale de la Martinique. (CTM).

C’est un nouveau pas vers l’éventuelle autorité unique de l’eau qui, selon PUMA, est une fausse bonne idée. Nous pensons que cette dernière pourrait plonger très vite, dans le marigot politique de nos élus avec une partie de la population. Nous avons l’impérieux devoir de nous interroger sur les différentes assemblées uniques déjà existantes dans le paysage martiniquais, afin d’éviter une énième dérive institutionnelle qui, de fait, induirait une nouvelle division qui plomberait sans aucun doute nos différents dirigeants.

Les échecs d’administration.

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Photovoltaïque : produire de l’énergie sans éteindre le vivant

— Collectif —

Alors que le solaire au sol s’étend rapidement en France, son impact sur la biodiversité interroge. Entre effets contrastés et choix d’implantation décisifs, une autre manière de concevoir ces projets devient indispensable.

Entre 75 000 et 124 000 hectares. Telle est, dans les scénarios prospectifs de l’Ademe, la surface mobilisée par le photovoltaïque au sol pour atteindre entre 92 et 144 gigawatts d’ici 2050. Si le gouvernement français lui, vise désormais 48 gigawatts en 2030 et jusqu’à 80 gigawatts en 2035, et s’il a récemment freiné le déploiement du solaire en faveur du nucléaire, le développement de cette énergie renouvelable reste malgré tout une priorité stratégique déjà en œuvre, notamment depuis la loi Aper de 2023.

Mais alors que, dans de nombreuses régions de France, l’énergie solaire est en pleine expansion, de nombreuses questions méritent notre attention : Quelles plantes poussent encore, à l’ombre des panneaux ? Est-ce que les insectes se maintiennent sur les terrains où sont installés des panneaux solaires ? Comment un champ de panneaux solaires peut limiter la faune sauvage ?

Sur le terrain, développeurs de parcs solaires, bureaux d’étude en environnement, collectivités, associations, scientifiques, services instructeurs de l’État et gestionnaires d’espaces naturels se retrouvent eux confrontés à un enjeu de taille : comment produire une énergie renouvelable tout en préservant le vivant ?

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Tous empoisonnés : le fléau des PFAS

À voir mardi 31 mars à 21h sur Arte et disponible jusqu’au 29/06/2026
Documentaire Réalisé par Stenka Quillet, Quentin Noirfalisse • Écrit par Stenka Quillet, Quentin Noirfalisse
Titre anglais : PFAS, Our Forever Poisons | Belgique, France • 2025 • 90 minutes • Couleur
Résumé
À part les industriels qui les produisent, tout le monde l’admet : les PFAS sont un désastre sanitaire et environnemental. Ces molécules, surnommées polluants éternels, ont changé nos vies, mais en les menaçant. Elles empêchent certes nos poêles de coller mais certains PFAS sont aussi cancérogènes et désormais omniprésents dans la nature.
Ce film va à la rencontre de leurs victimes et de ceux qui luttent pour que cesse la production de PFAS. Des avancées législatives, pénales ou scientifiques font naître l’espoir que l’industrie chimique arrêtera un jour de produire ces poisons. Mais ceux qui nous polluent déjà sont là pour toujours.

Réalisation : Stenka Quillet, Quentin Noirfalisse
Écriture : Stenka Quillet, Quentin Noirfalisse
Image : Arnaud Mansir
Montage : Pierre Poyard
Musique originale : Loane Coste
Mixage : David Lassalle
Étalonnage : Rémi Nonne
Montage son : David Lassalle
Production (personne) : Emmanuel François, Jean-Yves Huchet, Quentin Noirfalisse
Production (structure) : Brotherfilms
Coproduction : Dancing Dog Productions

 

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« On a tous des PFAS dans le sang », affirme la journaliste Stéphane Horel dans le documentaire Tous empoisonnés.

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« Sévices graves » : L214 porte plainte contre l’abattoir du Lamentin

L’association L214 a publié une nouvelle enquête accablante sur les conditions d’abattage au sein de l’abattoir public du Le Lamentin, près de Fort-de-France. Tournées entre janvier et février 2026, les images révèlent de graves dysfonctionnements, à la fois structurels et liés aux pratiques, susceptibles d’entraîner des souffrances importantes pour les animaux.

Des pratiques en infraction avec la réglementation

Au cœur des accusations : des bovins, notamment de race Brahman, saignés alors qu’ils sont encore conscients, voire toujours en vie au moment de la découpe. Selon L214, ces situations résultent notamment d’un dispositif de contention inadapté. Le box censé immobiliser les animaux avant l’étourdissement ne permet pas un maintien efficace : certains veaux parviennent à se retourner, tandis que des vaches tentent d’échapper au pistolet d’abattage.

Conséquence directe : l’étourdissement devient aléatoire. Or, la réglementation impose que les animaux soient rendus inconscients avant toute saignée afin de limiter leur souffrance. Dans les images diffusées, plusieurs bovins continuent de bouger après avoir été égorgés, signe d’une perte de conscience insuffisante.

Autre pratique dénoncée : la présence simultanée de plusieurs animaux dans le box de contention.

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Pourquoi, à mesure que les températures montent, les violences s’intensifient

— Par Oliver Vanden Eynde(*) & Juan Vargas(*).

Les événements météorologiques extrêmes deviennent de plus en plus fréquents et intenses. Ces chocs climatiques ne se contentent pas de perturber les écosystèmes : ils redessinent les dynamiques sociales, économiques et politiques à l’échelle mondiale. En parallèle, la transition vers une économie sobre en carbone, bien que nécessaire, engendre une demande sans précédent en ressources minières, comme le lithium ou les terres rares. Celles-ci sont souvent extraites dans des régions déjà fragilisées par des tensions sociales ou des conflits armés.

Le cas du conflit entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, par exemple, dans lequel chacun accuse l’autre d’armer des groupes rebelles, arbitré finalement par les États-Unis, constitue un cas emblématique. Ce sont des terres riches en cobalt et en cuivre, marquées par des sécheresses de plus en plus prolongées et des pluies de plus en plus abondantes, sur lesquelles les populations vivent majoritairement encore de l’agriculture.

Depuis les années 2010, les économistes s’intéressent de plus en plus aux liens complexes entre toutes ces composantes : changement climatique, exploitation des ressources naturelles et risque de conflits.

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La DéKLIk MAtinik : comprendre, partager et imaginer l’avenir de l’île

Face aux bouleversements environnementaux et sociaux qui marquent notre époque, La DéKLIk MAtinik revient cette année avec une ambition claire : ouvrir un espace de réflexion sincère et collectif pour mieux comprendre les défis qui attendent la Martinique et imaginer ensemble des voies d’adaptation.

Organisé en plusieurs temps forts, cet événement gratuit s’adresse à tous : scientifiques, professionnels, citoyens, agriculteurs, familles et curieux. L’objectif est simple mais essentiel : parler vrai, s’appuyer sur les connaissances scientifiques actuelles et encourager chacun à s’engager dans une compréhension lucide des transformations en cours.

Un rendez-vous pour sortir du déni

Le dérèglement climatique n’est pas un phénomène abstrait : il est déjà à l’œuvre et ses effets vont continuer à transformer les conditions de vie sur l’île dans les décennies à venir. À travers La DéKLIk MAtinik, les organisateurs souhaitent contribuer à sortir du déni et favoriser une prise de conscience collective.

Les discussions s’appuient notamment sur les derniers rapports scientifiques et sur les travaux autour des trajectoires de réchauffement pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) présentés par Météo‑France, afin de mieux comprendre à quoi il faudra réellement s’adapter dans les années à venir.

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Municipales 2026 : les écologistes face à leurs divisions historiques

— Par Alexis Vrignon (*) —

Avec les élections municipales des 15 et 22 mars 2026, Les Écologistes traversent une période de fortes tensions internes. Derrière les querelles d’alliances et de stratégie se dessine en réalité une histoire plus profonde : celle d’un mouvement politiquement composite, dont la diversité fait à la fois la richesse et la fragilité.

À l’approche des élections municipales (les 15 et 22 mars 2026), une certaine fébrilité semble prédominer chez Les Écologistes qui craignent de perdre des mairies emblématiques gagnées ou conservées en 2020 (Lyon, Bordeaux, Besançon, Strasbourg, Grenoble, Annecy, Poitiers). Le 26 janvier dernier, une tribune signée par un “ensemble de militant·es écologistes” remettait en cause les choix faits par la direction nationale, l’accusant de se placer sous la dépendance du Parti socialiste (PS). Celle-ci a réagi en suspendant une trentaine de signataires, décision peu commune pour un parti traditionnellement tolérant sur l’expression de lignes divergentes. En réponse, plusieurs cadres et élus, à Montpellier, à Marseille et surtout à Paris, ont annoncé leur ralliement à des listes menées par La France insoumise (LFI).

Nombreux sont les commentateurs qui ont souligné combien cet épisode traduisait la propension récurrente des Écologistes à se déchirer.

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Que le meilleur gagne !

— Par Florent Grabin, président de l’association écologique Pou Un Martinique Autrment ( P.U.M.A.) —

Nous voilà aux élections municipales 2026. Plus de deux millions de documents seront distribués dans les boites aux lettres des 297 722 électeurs martiniquais. 108 listes engagées pour le premier tour et validées par la Préfecture de la Martinique.

L’élection du Conseil municipal est un évènement qui mobilise ceux qui sont en campagne permanente, avec pour unique objectif de se faire élire ou réélire. C’est aussi la période où toutes les promesses sont possibles et aussi, où toutes les boules puantes sont utilisées pour anéantir l’adversaire.

En ce moment, nous entendons des orateurs qui s’époumonent, avec les sonos ultras puissantes afin de convaincre les foyers qu’ils sont les seuls capables d’opérer le changement.

Cependant, en prenant connaissance des documents de propagande politique, nous observons que les permis de construire, les projets d’aménagement du territoire, l’équilibre entre développement urbain et qualité de vie sont les grands absents des programmes qui, pourtant, appartiennent aux compétences du Maire.

Curieusement, au moment où la question du changement climatique, avec ses conséquences sur l’élévation du niveau de la mer, est de plus en plus documentée, même nos Maires des Communes du littoral ne sont pas mobilisés sur ce phénomène naturel et n’informent pas leurs citoyens !

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Faire du réemploi une politique publique 

Une autre manière de penser les déchets : l’expérience du SMICVAL

— Par l’association Les Vélos Marin Martinique —

En métropole, plus précisément en Gironde, le SMICVAL a développé une manière de traiter les “déchets” à travers le SMICVAL Market, fondé sur un principe à la fois simple et profondément transformateur: considérer que ce qui est déposé par les habitants n’est pas nécessairement un déchet, mais une ressource disponible pour un nouvel usage. Les citoyens y déposent du mobilier, de l’électroménager, des jouets, des matériaux, des outils ou des objets du quotidien, comme dans une déchetterie classique. mais la différence est décisive: ces objets ne disparaissent pas. Ils restent accessibles à d’autres personnes, qui peuvent librement venir les récupérer. Il ne s’agit plus d’organiser la disparition des objets, mais leur circulation; non plus de gérer un flux sortant, mais de maintenir une continuité matérielle, sociale et humaine.

Dans le cadre de nos activités au sein de l’association Les Vélos Marin Martinique, nous avons pris contact avec le SMICVAL. Nous avons pu échanger avec Monsieur Denis Colamonico, chargé de projet, à la suite d’un courrier que nous lui avions adressé, également transmis à l’ADEME Martinique.

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Transition écologique : Bilan de 10 ans d’actions des intercommunalités

Intercommunalités de France publie un nouveau focus dressant l’état des lieux actualisé en 2025, dix ans après leur mise en place, des plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET), qui sont Ies documents socles de la planification écologique territoriale. À l’appui de résultats d’enquêtes et d’exemples concrets, la publication montre également la diversité des politiques sectorielles couvertes par les PCAET des intercommunalités. Elle fait également le bilan du tout nouveau fonds territorial climat, qu’Intercommunalités de France appelle à pérenniser.

Parmi les enseignements de l’étude, il apparaît que les plans climat-air-énergie territoriaux ne sont pas un document sectoriel, mais ils englobent de plus en plus de nombreuses politiques centrales de l’intercommunalité (mobilités, énergie, déchets, habitat, biodiversité, alimentation, eau, aménagement…). L’intercommunalité est donc l’échelle appropriée pour décliner la planification écologique au niveau local.

Parmi les enseignements clés de l’étude :

  • 552 intercommunalités obligées ont adopté leur PCAET (73 %),

  • 97 intercommunalités l’ont adopté sur la base du volontariat,

  • 76 % de la population vit dans un territoire couvert par un PCAET,

  • 54 % des intercommunalités dotées sont déjà dans la seconde moitié de la période d’exécution de leur PCAET, avec un nombre important en 5e année,

  • Sur le mandat 2020-2026, le nombre d’actions lancées a doublé par rapport au mandat précédent, selon l’enquête d’Intercommunalités de France et France urbaine,

  • Les politiques les plus couvertes par les PCAET sont l’énergie, les mobilités et les déchets.

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Ciné-débat : (Re)penser l’alimentation locale en Martinique

Jeudi 12 mars à 18h, au Téyat Otonom Mawon – Croix-Mission (FdF)

Le T.O.M.accueille une soirée Ciné-Débat ouverte à toutes et tous autour d’une question essentielle pour l’avenir du territoire :

Comment revaloriser l’agriculture et l’alimentation locale en Martinique ?

La rencontre s’ouvrira avec la projection du documentaire « (Re)Nourrir la Martinique », réalisé par Caroline Chartrain, Amèle Solse et Chloé Lambert. Cette série documentaire explore un paradoxe bien connu de l’île : héritière d’une organisation coloniale tournée vers l’exportation, la Martinique possède des terres riches mais dépend encore largement des importations pour se nourrir. Entre monocultures intensives – notamment de banane ou de canne à sucre – et produits venus de l’Hexagone, la question de l’autonomie alimentaire reste au cœur des débats.

À travers la parole d’agriculteurs, de transformateurs et de citoyens engagés, le film met en lumière celles et ceux qui œuvrent déjà à transformer ce modèle. En imaginant d’autres manières de produire, de consommer et de partager l’alimentation, ces acteurs tracent les contours d’une souveraineté alimentaire martiniquaise, essentielle pour l’environnement, l’économie locale et les liens sociaux.

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Changement climatique, an nou fey * !

— Par Florent Grabin, président de l’association écologique P.U.M.A. —

Depuis le début de l’année 2026, nous observons qu’à travers le Monde, les phénomènes climatiques sont de plus en plus fréquents, avec des évènements très intenses. Nous tenterons de vous exposer ce qui a attiré notre attention. Pendant 40 jours consécutifs il a plu de manière continue sur l’Hexagone entre le 14 janvier et le 22 février 2026 : il s’agit de la série de jours de pluie la plus longue mesurée en France depuis le début des mesures en 1959.

Depuis mi-janvier, les tempêtes Goretti, Ingrid, Nils, Pedro se sont succédés dans un flux perturbé. La Bretagne, le quart Sud-Ouest, et le pourtour méditerranéen sont en première ligne en matière de pluviosité.

À l’échelle du pays, l’hiver 2025 – 2026 figurera parmi les 10 hivers les plus pluvieux depuis 1959. Dès le 1er janvier, il est tombé l’équivalent d’un hiver entier de précipitations, voire plus, sur la pointe bretonne, sur un large quart Sud-Ouest et sur le pourtour méditerranéen.

Actuellement l’hiver New-Yorkais force les autorités à interdire tous les déplacements dans la ville la plus peuplée des États-Unis qui fait face à une forte tempête de neige si forte que les gratte-ciels de la mégalopole ont disparu dans le blizzard ; tandis que des rafales glacées ont secoué les mouettes qui tentaient de voler au-dessus de l’East River.

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Du rutabaga honni au topinambour chic : la revanche des légumes racines

— Par Anne Parizot (*) —

Longtemps associés aux privations et à la honte alimentaire, topinambours, rutabagas ou panais refont surface dans les assiettes gastronomiques et les paniers bio. Leur retour raconte moins une mode qu’une recomposition de notre mémoire et de nos hiérarchies alimentaires.

On les disait tristes, fades ou dépassés, les topinambours, rutabagas, panais ou crosnes font leur retour sur les étals, dans les paniers bio et sur les menus gastronomiques. Associés aux souvenirs de guerre et de pénurie, ils questionnent notre apport à l’alimentation. Comment des légumes associés à la contrainte alimentaire sont-ils devenus emblèmes d’une cuisine désirable et responsable ?

L’histoire des légumes varie selon les périodes : longtemps méprisés par l’élite jusqu’à la Renaissance, certains ont alors connu un engouement, lié au changement de statut social des légumes, à la transgression des prescriptions médicales, à l’influence italienne et à l’acclimatation de produits venus d’Espagne.

Des légumes longtemps méprisés par l’élite

Historiquement, ces légumes constituaient une base ordinaire de l’alimentation européenne du début du Moyen Âge à l’époque moderne. Leur robustesse, leur capacité de conservation en faisaient des ressources fiables face aux aléas climatiques et aux pénuries.

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Au Salon de l’agriculture, les Amap défendent une autre façon de produire et de manger

— Collectif (*) —

Au cœur des débats du Salon international de l’agriculture, les Amap illustrent concrètement comment citoyens et agriculteurs peuvent co-construire une agriculture plus durable. Un modèle fondé sur la coopération, le partage des risques et l’engagement bénévole.

L’importance des échanges citoyens pour mettre en œuvre une agriculture durable est au cœur du programme de conférences du Salon international de l’agriculture. Les interrogations sur le “comment mieux manger ?” ou sur le “comment produire autrement ?” continuent de retenir l’attention.

Une des solutions à ces questionnements : l’entrepreneuriat collectif à travers les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap). La finalité de l’Amap est la distribution hebdomadaire de paniers de produits agricoles frais, sous réserve d’un pré-paiement de la production par les membres adhérents. La coopération amapienne se matérialise par un engagement contractualisé de consommateurs bénévoles dans l’activité de production et de vente directe de produits alimentaires locaux. Elle repose sur le désir des membres d’interagir et de servir leur collectif.

Les Amap pour permettre aux exploitants de rester maître de leurs choix

En 2022, 375 Amap sont recensées rien qu’en Île-de-France, soit plus de 21 000 familles de bénévoles en partenariat avec environ 400 fermes.

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Backlash climatique : les États-Unis sabordent 20 ans de régulation et défient la science

— Par Christian de Perthuis (*) —

En abrogeant l’“Endangerment Finding”, socle juridique de la régulation des gaz à effet de serre depuis 2009, l’administration Trump rouvre une bataille climatique et judiciaire majeure. Un tournant qui fragilise la politique environnementale américaine… sans enrayer l’accélération mondiale de la transition.

L’abrogation de l’Endangerment Finding (qu’on peut traduire par “constat de mise en danger”), annoncée depuis la Maison-Blanche, le 12 février 2026, marque un retour en arrière de près de vingt ans. Ce texte de l’EPA réunit en effet les éléments scientifiques permettant l’application d’une décision de la Cour suprême des États-Unis datant de 2007, qui appelait l’Agence environnementale américaine (EPA) à inclure les six principaux gaz à effet de serre parmi les rejets atmosphériques qu’elle a mission de réguler.

Nouvelle illustration du backlash climatique de l’Amérique trumpienne, cette abrogation promet de multiples contentieux juridiques qui remonteront sans doute jusqu’à la Cour suprême, dont la décision de 2007 n’a pas été abrogée.

Aux origines du “backlash”

Titre d’un livre de Susan Faludi paru en 1991, l’expression “backlash” a connu son heure de gloire aux États-Unis dans les années 1990.

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Tourisme régénératif : la leçon de Marcel Mauss pour réinventer le voyage

— Par Élodie Manthé (*) —

Et si le tourisme de demain ne se mesurait plus à l’intensité des expériences consommées, mais à la qualité des liens tissés ? En relisant Essai sur le don de Marcel Mauss, une autre voie apparaît : voyager non plus comme un client, mais comme un partenaire engagé dans un échange durable.

Dans un article récent, je m’intéresse aux travaux de l’anthropologue Marcel Mauss dans son Essai sur le don de 1925, une œuvre majeure qui éclaire la dimension sociale et symbolique des échanges et qui nous permet d’ouvrir une troisième voie pour résoudre ce dilemme. Selon cette analyse, le tourisme moderne – qui traverse une phase de désillusion – doit dépasser les solutions purement transactionnelles pour s’ancrer dans une dynamique plus humaine et équilibrée. En s’appuyant sur deux exemples extrêmes d’échange étudiés par Mauss – le potlatch et le kula –, l’article propose un outil précieux pour décrypter les excès du tourisme contemporain.

Le potlatch, pratiqué sur la côte nord-ouest de l’Amérique et décrit au XIXᵉ siècle, consiste à accumuler des biens pour les détruire ou les distribuer de manière ostentatoire, affichant ainsi pouvoir et prestige.

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Restaurer la mangrove, protéger le littoral : une matinée d’engagement citoyen

🌿 Samedi 21 février : Opération « Coup de pousse pour la mangrove » à Sable Blanc

🌊 Roots of the Sea – Rasin Lanmè

Une jeunesse martiniquaise engagée pour la mer et le littoral

Roots of the Sea – Rasin Lanmè est une Organisation Non Gouvernementale (association loi 1901 reconnue d’intérêt général) fondée en juillet 2020 en Martinique.

Créée par de jeunes Martiniquais profondément attachés à leur territoire, l’association est née d’un constat simple : les écosystèmes marins et côtiers de l’île subissent des pressions croissantes (pollution, artificialisation du littoral, dégradation des mangroves, changement climatique). Face à cette urgence écologique, Roots of the Sea agit pour promouvoir un engagement environnemental durable, ancré localement et accessible à tous.

L’association développe des actions concrètes de terrain tout en menant un important travail de sensibilisation et d’éducation à l’environnement.

🎯 Ses missions

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Forum environnemental sur la Martinique de demain.

— Par Florent Grabin, président de l’association écologique P.U.M.A. —

Il est de plus en plus documenté que le changement climatique touche toutes les régions du monde. Le moment est venu pour organiser le grand soir d’un forum environnemental, afin d’oser rêver grand ensemble !!!

Les calottes glaciaires polaires fondent et le niveau des océans monte. Certaines régions sont confrontées à des précipitations et des phénomènes extrêmes et de plus fréquents sur le plan météorologique, comme ce qui se passe actuellement en France continentale ; tandis que d’autres doivent faire face à des vagues de chaleur et à des sécheresses de plus en plus intenses. Afin de faire face à tous ces changements, sommes-nous prêts ?

Il semble que nous payons déjà lourdement les principales conséquences de nos fourberies. En effet, après avoir consulté différents membres de la société civile, il en ressort que nous devrions agir rapidement pour restructurer notre relation avec la Nature plutôt que de chercher à l’affronter : car c’est un combat que nous perdrions d’avance. Notre territoire connaitra un grand bouleversement qui nous obligera à tirer les leçons du passé, en cherchant à lier : environnement avec économie et santé.

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