Que cache le PLU du Vauclin ?

— Par Florent Grabin, président de l’association écologique P.U.M.A. —

Par arrêté municipal du 24 février 2026, il a été décidé l’ouverture d’une enquête publique portant sur la 1ère modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la Commune du Vauclin. En analysant les éléments de ce dossier, nous y avons constaté un manquement. En effet, il s’avère que le PLU n’a pas fait l’objet d’une évaluation environnementale conforme à la réglementation et à l’avis de la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe).

Que cache cet acte qui a notre sens est délibéré ? Cette étude environnementale aurait permis d’éclairer et de mettre en évidence les conséquences de l’élévation du niveau de la mer dans le littoral de cette Commune.

Rappelons ici que, selon tous les prévisionnistes qui documentent les différents rapports du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC), la planète connaitra d’importantes vagues de submersions et inexorablement une élévation du niveau de la mer d’ici 2050. Et que dans la zone du Golfe du Mexique ainsi que dans celle de toutes les Antilles, la surélévation sera comprise entre deux à trois mètres.

Ce Conseil municipal a-t-il pris en compte ces éléments factuels ? Nous pouvons déjà noter que la Commune du Vauclin commence à subir le recul du trait de côte et qui a entrainé la disparition de certaines plages. Donc les conséquences de cette menace sont de plus en plus visibles et irréversibles : ce qui sera très préjudiciable aux riverains propriétaires de patrimoine sur le littoral.

Dans cette situation, la nouvelle cartographie tenant compte de cette élévation du niveau de la mer est tenue de s’imposer pour l’élaboration d’un nouveau PLU modificatif avec, pour suite logique, l’interdiction de toutes nouvelles constructions sur cette zone du littoral et le déclassement des parties pouvant recevoir de nouvelles implantations pour les éventuels replis de la population voulant se reloger ailleurs.

Il est contradictoire d’observer au sein des carrières autorisées la superficie d’extraction des matériaux est réduite, alors que la Martinique aura pertinemment besoin d’enrochement dans un avenir proche. La partie basse du Bourg va nécessiter un important remaniement de son espace afin de constituer un ouvrage de sa protection. Supprimer la production de matériaux se trouvant à moins de dix kilomètres ne se justifie aucunement. Ainsi, le nouveau PLU serait en mesure de redéfinir les autres quartiers impactés par la montée du niveau de la mer qui, inévitablement, vont avoir besoin de ces protections.

Le plus étonnant est que dans la cartographie du Schéma d’Aménagement Régional (SAR) cette zone est en exploitation de carrière, de même que dans le Schéma Régional des Carrières de Martinique. Dans ces conditions, comment comprendre qu’avec autant d’informations, le PLU du Vauclin puisse abstraction ? Tous ces éléments factuels exigent un réaménagement des réseaux routiers, d’eau et assainissement, d’électricité, de la téléphonie, etc.

Indéniablement, hormis la Commune du Vauclin située sur la façade Atlantique, toutes les autres Communes du littoral sont confrontées à la même situation. Ce déni collectif en phase de devenir préoccupant avant d’être pathologique ne doit pas être légué à nos enfants.

Il est urgent d’agir en mettant tout en œuvre pour éviter que le Conseil municipal du Vauclin n’adopte le PLU sans prendre en considération cet important volet environnemental. Il n’y a aucune obligation de rétrograder la zone d’exploitation de la carrière, même dans le cas où une raison inavouable tenterait de le justifier. Cet empressement n’aurait-il pas un soubassement politicien qui fera surface un jour ?

Il incombe à ceux que la population a portés au pouvoir de lui témoigner le respect nécessaire à la bonne conduite des politiques publiques ! C’est la raison pour laquelle il est impératif d’anticiper sur les moyens de faire face à toutes ces mutations liées au changement climatique. Ce volet environnemental est devenu la clé de voûte de toute évolution de la cité.

Aussi, conformément à l’enquête publique, PUMA a donné un avis défavorable à ce projet de réduction de la zone carrière en espérant que la Commissaire enquêtrice nous suive, Pour Une Martinique Autrement.

Pour l’association écologique PUMA

Le Président Florent GRABIN