Catégorie : Ecologie

Un guide du compostage domestique adapté aux Antilles

Mardi 6 octobre à 9h, Ecolieu de Tivoli
L’association Ypiranga présentera, mardi 6 octobre à Fort-de-France, un nouveau Guide du compostage domestique aux Antilles, réalisé avec le soutien de l’ADEME. Cette présentation se déroulera de 9 heures à 11h30 sur les berges de l’Écolieu de Tivoli, dans le cadre de la Semaine européenne du développement durable et de la Fête du Sol Vivant.

Destiné aux habitants de Martinique et de Guadeloupe, le guide vise à fournir des informations pratiques sur le compostage domestique et à prendre en compte les réalités propres aux territoires antillais. L’objectif est notamment de favoriser la réduction des biodéchets produits au quotidien et leur retour au sol.

Le document présente les principes du compostage, les différentes solutions pouvant être mises en place selon les situations, les matières susceptibles d’être compostées ainsi que les gestes permettant d’entretenir un compost. Il propose également des réponses aux difficultés que peuvent rencontrer les particuliers au cours de leur pratique.

Disponible en version imprimée et numérique, le guide doit être diffusé auprès des habitants et des différents acteurs concernés par la prévention et la valorisation des biodéchets.  Lire Plus

Trop, c’est trop.

— Par Florent Grabin, président de l’association P.U.M.A —

La Martinique est-elle condamnée à subir les inconséquences politiques de certains de nos dirigeants ? Nous avons été estomaqués en écoutant la plénière du 24 septembre 2026 de la CTM, où, dans la réponse de l’exécutif faite à un élu sur le devenir du projet de l’aérodrome de Basse Pointe, nous avons constaté un certain agacement du débatteur.

Dire que ce projet est à l’arrêt du fait du propriétaire qui refuse toute médiation, et que la piste d’atterrissage est toujours présente relève du mensonge par omission. Plus grave : rajouter que c’est de cette zone que décollaient les aéronefs pour aller épandre sur notre territoire la Chlordécone est pitoyable. Lorsqu’on sait que ce pesticide était répandu à la main, sans aucune protection individuelle, il est clair que la population mérite tout notre respect.

Pourquoi ne pas avoir dit la vérité à l’Assemblée ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce projet ne date pas d’aujourd’hui. En effet, Monsieur le Député Maire Guy LORDINOT avait milité en 1986 pour que soit construit un aérodrome dans le Nord de la Martinique et que la Direction Départementale et de l’Equipement (DDE) avait proposé trois possibilités entre Basse Pointe et Sainte Marie.  Lire Plus

Marie-Paule Désert : Kalinaga, de la tortue au palmier royal

— par Rodolf Étienne

Il y a déjà plus de treize ans, nous avions découvert Marie-Paule Désert, dite Kalinaga à l’occasion de son exposition Les Chemins de tresses, présentée en 2013 au Musée départemental d’Archéologie de Fort-de-France.

La palme y occupait une place centrale. Non pas simplement comme support, mais comme matière vivante, comme fragment de territoire, comme élément susceptible de porter une mémoire.

Treize ans plus tard, cette intuition demeure au cœur de son travail. Elle s’est même élargie, ramifiée, enrichie de nouvelles pratiques où se croisent création plastique, environnement, transmission, musique et patrimoine.

Chez Marie-Paule Désert, les frontières sont en effet peu étanches. La peinture rencontre le tressage ; le végétal devient support artistique ; la flûte des mornes rejoint le ti-bwa ; la calebasse et le chacha entrent dans un univers où l’objet n’est jamais complètement dissocié du geste qui permet de le produire.

Sa pratique semble ainsi partir d’un principe simple : créer avec ce que le territoire offre, mais aussi avec ce qu’il risque de perdre. La tortue marine occupe dans cette démarche une place singulière.  Lire Plus

De l’écologie à la Relation

— Par Patrick Chamoiseau —

Sur des bases scientifiques autant que poétiques, la pensée écologique nous rappelle

(comme le font depuis longtemps les imaginaires animistes)

que tout est lié.

Elle embrasse l’ensemble de nos nécessités existentielles

et les dynamiques relationnelles qui les rendent possibles.

Elle ouvre ainsi la voie à une horizontale plénitude du vivant.

Sa quintessence est donc un imaginaire de la Relation :

relation de Tout à Tout, et de Tout au moindre détail.

Pourtant, quand on dit « écologie »,

l’entendement ordinaire se limite encore aux problèmes environnementaux ou climatiques.

Cette réduction explique sans doute, en partie,

la faible portée électorale des partis écologistes en France comme ailleurs.

Chez nous, en pays-Martinique, certains la définissent d’abord comme « décoloniale ».

Cette dimension si nécessaire soit-elle, devient étroite si elle constitue un horizon plutôt qu’un passage obligé.

Car l’écologie ne saurait être une fin en en soi mais un passage.

Ðés lors,

comment accéder d’emblée

(avec une poétique)

à la focale qui traverse,

qui dépasse et englobe toutes les étroitesses de nos petis combats :

 

une Politique de la Relation ?  Lire Plus

Sargasses (4) : Quinze ans après, combien la Martinique a-t-elle réellement payé ?

— Par Rodolf Étienne

En 2011, lorsque les premières nappes massives de sargasses atteignent les côtes martiniquaises, personne ne sait encore que l’île entre dans un cycle qui durera au moins quinze ans.

On ramasse. On dégage les plages. On cherche où stocker. On mesure les premières émanations d’hydrogène sulfuré. Puis les sargasses reviennent.

À mesure que les arrivages se répètent, la facture change de nature. Elle n’est plus seulement celle du tractopelle envoyé sur une plage. Elle est devenue la somme de dépenses publiques, de pertes d’activité, d’équipements détériorés, de bateaux immobilisés, de logements exposés, de journées de travail perdues, d’établissements scolaires perturbés, de dépenses sanitaires, d’écosystèmes fragilisés et d’investissements qu’il faut recommencer chaque année.

Le problème est qu’aucune comptabilité consolidée ne permet aujourd’hui d’annoncer sérieusement : « Les sargasses ont coûté X millions d’euros à la Martinique depuis 2011. »  Ce chiffre global n’existe pas. Et cette absence de chiffre constitue déjà en elle-même une information. Quinze ans après le début du phénomène, nous savons compter les tonnes ramassées, les barrages installés ou les crédits engagés certaines années. Nous ne savons pas le coût total supporté par le territoire.  Lire Plus

Sargasses (3) : Quand le littoral martiniquais perd de sa valeur

— Par Rodolf Étienne

Pendant longtemps, vivre au bord de l’eau était presque automatiquement associé à une plus-value.

Vue sur mer, accès au littoral, ventilation naturelle, proximité des plages : dans une île comme la Martinique, le rivage concentre une partie des biens immobiliers les plus recherchés.

Mais que se passe-t-il lorsque la mer apporte régulièrement autre chose que l’image paradisiaque promise par l’annonce immobilière ?

Depuis 2011, les sargasses modifient progressivement cette équation. Au point où dans certaines villes de la façade atlantique, elles ne sont plus seulement un problème environnemental ou sanitaire. Elles deviennent un facteur de localisation immobilière.

Le phénomène est, certes, encore difficile à mesurer avec précision : professionnels de l’immobilier, propriétaires, loueurs saisonniers et travaux publics commencent à documenter une dégradation de l’attractivité de certains secteurs particulièrement exposés.

Le bord de mer n’a plus partout la même valeur

Le paradoxe est saisissant. Un bien peut posséder tous les attributs traditionnellement recherchés — vue mer, piscine, terrasse, accès direct au littoral — et perdre une partie de son attractivité précisément parce qu’il se trouve trop près de l’eau.  Lire Plus

Sargasses (2) : Quand l’Atlantique étouffe notre littoral

— Par Rodolf Étienne

Les sargasses qui atteignent la Martinique ne peuvent plus être regardées comme une simple nuisance locale.

Elles appartiennent à un système transatlantique désormais installé, nourri par les dynamiques de l’Atlantique tropical, déplacé par les courants et appelé à accompagner durablement les territoires de la Caraïbe.

Mais que se passe-t-il réellement lorsque ces millions de tonnes d’algues terminent leur voyage sur les côtes de Martinique ?

En pleine mer, les sargasses peuvent constituer un écosystème. À proximité immédiate des côtes, leur accumulation massive, au contraire, peut contribuer à en étouffer d’autres.

Entre la masse flottante observée par satellite et le tas brun que l’on retire d’une plage, il existe un espace trop peu regardé : celui des mangroves, des herbiers, des petits fonds, des baies, des poissons, des récifs et des sédiments.

Quand un habitat devient une pression écologique

La sargasse n’est pas naturellement un déchet. Dans l’océan, ses radeaux constituent des habitats flottants où vivent ou transitent poissons, crustacés, invertébrés et jeunes tortues marines. Le problème apparaît lorsque des quantités considérables se concentrent dans des baies, des anses et des petits fonds où l’eau circule beaucoup moins.  Lire Plus

Europe : « Garde ta terre ! Tes plaines, tes hommes, tes hivers… »

— par Rodolf Etienne

L’investisseur voit un actif. L’agriculteur voit une terre. La puissance publique, elle, devrait voir la capacité de nourrir demain !

Parce qu’un champ, ce n’est pas seulement une surface, ce n’est pas seulement une valeur inscrite dans un bilan comptable. Un champ, c’est une possibilité de produire, une capacité de nourrir, une réserve de biodiversité. Un champ, c’est un paysage, un patrimoine, ou, tout simplement une histoire familiale. Mais… un champ, c’est aussi, et de plus en plus, un actif stratégique.

Une agriculture européenne puissante, mais fragilisée

L’UE (Union européenne) est l’une des plus grandes puissances agricoles et agroalimentaires mondiales. Ses campagnes produisent céréales, lait, viande, fruits, légumes, vins, huiles et produits transformés. Des millions d’emplois dépendent directement ou indirectement de l’agriculture et de l’industrie alimentaire. Pourtant, derrière cette puissance apparaît une fragilité croissante : les exploitations disparaissent, les agriculteurs vieillissent, l’installation des jeunes devient difficile, le prix des terres augmente dans de nombreuses régions, les marges sont comprimées par le coût de l’énergie, des engrais, des machines et du crédit, et les revenus agricoles demeurent extrêmement variables selon les filières.  Lire Plus

Et si l’on pouvait produire de l’eau potable à partir de l’air ?

 — Par Ando Ny Aina Randriantsoa —

Face aux sécheresses et au stress hydrique, une technologie encore méconnue pourrait compléter les ressources traditionnelles : récupérer l’humidité présente dans l’air pour la transformer en eau potable. Testés notamment à Madagascar, des générateurs atmosphériques peuvent produire plusieurs dizaines de litres par jour, à condition que le climat soit suffisamment chaud et humide.

En bref

  • Les générateurs d’eau atmosphérique récupèrent l’humidité de l’air par condensation afin de produire une eau qui peut ensuite être filtrée et rendue potable.

  • La technologie fonctionne surtout dans les climats chauds et humides, idéalement au-dessus de 20 °C et avec une humidité relative supérieure à 40 %.

  • Des essais menés à Antananarivo, à Madagascar, ont permis de produire jusqu’à 23 litres d’eau potable par jour avec un même appareil.

  • La principale limite reste la consommation électrique : les expériences présentées nécessitent environ 0,8 à 0,9 kWh pour produire un litre d’eau, ce qui plaide notamment pour un couplage avec le solaire photovoltaïque.

L’accès à l’eau potable est un enjeu primordial dans le monde. Le continent européen fait actuellement face à des vagues de chaleur intense avec des intervalles de plus en plus réduits, qui provoquent l’assèchement des rivières et des sources d’eau douce de façon alarmante.  Lire Plus

Comment construire plus sans aggraver la crise climatique ?

— Par Ignat Kulkov & René Rohrbeck —

Les bâtiments représentent environ 40 % de la consommation énergétique européenne.

L’Europe manque de logements, tandis que les prix, les loyers et les coûts de construction s’envolent. Mais bâtir davantage ne suffira pas : le secteur du bâtiment pèse lourd dans les consommations d’énergie et les émissions de CO₂. Une étude explore quatre scénarios possibles à l’horizon 2040 pour tenter de réconcilier logement abordable et décarbonation

En bref

  • Les prix de l’immobilier ont augmenté de 60 % en quinze ans en Europe, tandis que les loyers ont progressé de 30 % et les permis de construire ont reculé de 20 %.
  • L’Union européenne aurait besoin d’environ 2,25 millions de logements supplémentaires, alors que le secteur du bâtiment représente près de 40 % de la consommation énergétique européenne.
  • Une étude dessine quatre scénarios pour 2040 : construction industrialisée dominée par de grands groupes, économie circulaire, intervention publique renforcée ou révolution énergétique fondée sur les réseaux intelligents.
  • Dans tous les scénarios, trois leviers apparaissent incontournables : rénover massivement le parc existant, mieux mesurer ses performances et développer de nouvelles compétences dans la construction industrialisée et bas carbone.
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Sargasses : le début de la fin pour une population suffocante déjà intoxiquée

—Par Solen’ Manussala Imajaghan, vice-président de l’ASMa (Association Sargasses Martinique) —
Les sargasses qui s’échouent sur les côtes martiniquaises ne sont pas un mythe, même si certains ne se sentent pas concernés parce qu’ils ne perçoivent qu’un léger désagrément après avoir inhalé les gaz toxiques comme le H²S ou encore n’ont jamais vu ces algues brunes.

Mais c’est bien toute la Martinique qui est impactée par ces sargasses même à des degrés différents, sachant qu’une faible exposition sur le long terme est aussi dangereuse sinon plus qu’une forte exposition sur une journée.

Ce n’est pas parce que nous vivons à 8 000 km, que nous ne les voyons pas ou encore que nous ne percevons pas les gaz liés à leur décomposition qu’elles n’existent pas.

Voilà plus de 15 ans que nous vivons, ou devrais-je dire que nous sommes obligés de vivre avec elles, et plus le temps passe, plus la quantité et les périodes d’échouements augmentent et les faibles moyens déployés pour y faire face stagnent ou diminuent quand on fait le ratio quantité et moyens de 2010 à 2026.  Lire Plus

A-t-on découvert une boussole interne chez les abeilles ?

— Par Laura Russo(*) —

Les scientifiques ignorent encore comment les insectes utilisent leur sens magnétique pour s’orienter.

La magnétoréception n’est peut-être pas l’apanage des abeilles domestiques vivant en colonie. Une étude publiée dans Science Advances détecte des propriétés magnétiques chez 74 des 96 espèces d’abeilles testées, y compris chez des espèces solitaires, suggérant une capacité très ancienne dans l’histoire évolutive des insectes.

En bref

  • Des chercheurs ont détecté des propriétés magnétiques chez 74 des 96 espèces d’abeilles étudiées, qu’elles soient sociales ou solitaires.
  • Les abeilles sociales, les espèces de grande taille et celles nichant dans des cavités présentent en moyenne un magnétisme plus marqué.
  • Ces résultats suggèrent que le magnétisme pourrait être un caractère ancestral apparu avant même l’émergence des abeilles, sans toutefois prouver que toutes les espèces concernées utilisent la magnétoréception.

Un nombre étonnamment élevé d’espèces d’abeilles – 74 des 96 espèces testées – présentent des propriétés magnétiques, selon une étude que mes collègues et moi avons récemment publiée dans la revue Science Advances. Certains animaux sont capables d’utiliser des composés magnétiques à base de fer, comme la magnétite, pour détecter le champ magnétique terrestre et s’orienter grâce à lui.  Lire Plus

En Guyane, les mines d’or referment leurs plaies…

mais les sols peinent à revivre.

— Par Naomi Nitschke (*) —

Mine d’or près de la rivière Awa, en Guyane française.

En Guyane, les sites d’orpaillage légal doivent être réhabilités après exploitation. Ces mesures réduisent fortement l’érosion et les rejets de mercure dans les rivières, mais une étude menée pendant cinq ans montre que la vie des sols, elle, peine à redémarrer.

En bref

  • En Guyane, la réhabilitation des sites d’orpaillage légal permet de diviser l’érosion des sols par trois en six mois et de la rendre presque nulle après trois ans.
  • Malgré cette stabilisation, l’activité biologique des sols reste très inférieure à celle de la forêt environnante, même cinq ans après l’exploitation minière.
  • La restauration pourrait être accélérée grâce à l’ »effet lisière » et à des arbres inoculés avec des bactéries fixatrices d’azote, afin de favoriser le retour d’une véritable forêt.

Territoire français d’outre-mer, la Guyane présente des formations géologiques riches en or dans ses ceintures de roches vertes. Alors que le cours de l’or ne cesse d’augmenter, les activités d’orpaillage augmentent partout dans le monde, et également en Guyane.  Lire Plus

L’été de trop : quand le silence politique nourrit le rejet de l’écologie

— Par Sabrina Solar —

L’été 2026 restera comme celui où le climat a cessé d’être une abstraction pour devenir une expérience physique, collective, douloureuse. Des milliers de décès en surnombre, des récoltes détruites, des forêts parties en fumée : les chiffres sont là, et pourtant la classe politique française semble avoir choisi l’esquive plutôt que la confrontation avec le réel. Ce silence, ou ces éléments de langage convenus, ne sont pas neutres. Ils laissent le champ libre à un récit alternatif, plus confortable, qui consiste à désigner l’écologie elle-même comme la source du problème plutôt que comme la réponse qu’on aurait dû lui apporter depuis longtemps.

Un aveu d’impuissance déguisé en prudence

Face à un été meurtrier, on aurait pu attendre des dirigeants qu’ils ouvrent un débat de fond sur les choix de société à opérer. Ce n’est pas ce qui s’est produit. Entre déclarations minimales et prises de position contradictoires au sein même des exécutifs, le sentiment qui domine est celui d’un pouvoir dépassé par les événements qu’il a pourtant vu venir. Ce vide n’est pas seulement une faute de communication : il agit comme un aveu implicite que rien de suffisant n’a été mis en œuvre, alors même que les outils existaient, qu’il s’agisse des travaux d’experts internationaux ou des propositions issues d’exercices de démocratie participative largement restés lettre morte.  Lire Plus

Des îles sans eau

Quand l’eau manque : les Antilles face à une crise qui bouleverse le rapport au territoire

— Par Sabrina Solar —

Aux Antilles françaises, l’été ne se résume pas aux paysages de carte postale, aux rivières fraîches et aux plages baignées de soleil. En Guadeloupe comme en Martinique, l’eau, ressource que l’on croyait abondante dans ces territoires tropicaux, devient aujourd’hui un sujet de préoccupation quotidienne. Robinets à sec, tours d’eau, rivières contaminées, plages interdites à la baignade : derrière la crise climatique se dessine une fragilité beaucoup plus ancienne, celle d’infrastructures qui peinent à répondre aux besoins des populations.

En Guadeloupe, la situation est particulièrement révélatrice de ce paradoxe. L’archipel dispose d’un environnement qui donne traditionnellement l’image d’une terre généreuse en eau. Pourtant, le mois de juin a été le deuxième mois de juin le plus sec depuis 1991, selon Météo-France. Sur la Grande-Terre, le déficit pluviométrique a atteint jusqu’à 75 %. Cette sécheresse prolongée intervient alors que le réseau d’eau potable est déjà fortement fragilisé par les fuites.

La conséquence est très concrète pour les habitants : l’eau ne coule plus nécessairement lorsque l’on ouvre le robinet.  Lire Plus

Quel changement climatique à travers le monde ?

— Par Florent Grabin, président de l’Association écologique P.U.M.A. —

Le GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’évolution du Climat) est l’organe des Nations Unies chargé d’évaluer la science liée au changement climatique. Ses prévisions annoncent une poursuite du réchauffement climatique, une hausse de la fréquence des phénomènes extrêmes et une élévation du niveau des mers dans le monde. Selon eux, le seuil de +1,5 °C de réchauffement mondial sera atteint dès le début des années 2030, entraînant des impacts graves et irréversibles pour la planète.

Le Gouvernement nous informe que les feux qui ravagent actuellement l’Europe ont pour origine les effets du changement climatique et admet qu’il y a eu un manque d’anticipation et de préparation de la population.

Nous pouvons observer que l’aggravation de la canicule a généré, en juillet 2026, plus de 5 000 morts, des feux de forêt hors norme, plus de 42 000 hectares brûlés en Gironde, 220 000 personnes évacuées, des maisons détruites par les flammes, des vies brisées en peu de temps !!! La France n’est pas la seule à subir ! De nombreux pays en Europe sont touchés par cette catastrophe de même que le Canada et les États-Unis !!!  Lire Plus

Sécheresse : et si la première réserve d’eau des agriculteurs était le sol ?

— Collectif —

Face à des sécheresses plus fréquentes, augmenter l’irrigation ne pourra pas être l’unique réponse. Couverts végétaux, rotations, réduction du labour ou agroforesterie peuvent améliorer l’infiltration et le stockage de l’eau dans les sols, tout en réduisant les besoins des cultures.

En bref

  • L’irrigation représente 7 à 12 % des prélèvements d’eau en France, mais environ 60 % de la consommation, car l’eau utilisée n’est pas immédiatement restituée aux milieux naturels.
  • Les couverts végétaux, les rotations diversifiées et la réduction du travail du sol favorisent l’infiltration de l’eau et limitent le ruissellement.
  • Dans le bassin Adour-Garonne, le programme BAG’AGES a constaté une hausse de 10 à 15 % du réservoir d’eau utile dans l’horizon superficiel de certains sols cultivés selon ces principes.
  • L’“irrigation multiservice” consiste à utiliser ponctuellement l’eau pour installer des arbres ou des couverts végétaux capables de renforcer durablement la fertilité, la biodiversité et la rétention d’eau des sols.

Sommaire

  • De moins en moins d’eau disponible et des besoins en hausse
  • Sélectionner des espèces adaptées
  • La capacité des sols à infiltrer et stocker l’eau
  • L’agroécologie pour un meilleur stockage de l’eau dans le sol
  • Des pratiques qui se complètent
  • Repenser le rôle de l’irrigation
  • Vers un nouveau modèle de gestion de l’eau ?
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Des laitues pour dépolluer les sols contaminés au cadmium

— Collectif (*)

Associée à des nanomagnétites, la laitue peut accumuler davantage de cadmium dans ses feuilles et contribuer ainsi à extraire ce métal toxique des sols contaminés.

Le cadmium, métal toxique qui s’accumule dans les sols et peut contaminer la chaîne alimentaire, constitue un défi majeur pour la dépollution. Des chercheurs montrent que l’ajout de nanomagnétites peut doubler son accumulation dans les feuilles de laitue, transformant une plante ordinaire en possible outil de phytoextraction.

En bref

  • Le cadmium est un métal toxique capable de s’accumuler dans les organismes et de contaminer la chaîne alimentaire.
  • L’ajout de nanomagnétites a doublé la concentration de cadmium dans les feuilles de laitue, ouvrant une piste pour accélérer la phytoextraction des sols contaminés.
  • Les nanomagnétites limitent aussi la mobilité du cadmium dans le sol et pourraient réduire son transfert vers les eaux souterraines.

La contamination des sols par le cadmium constitue aujourd’hui un enjeu environnemental majeur. Issu notamment des activités industrielles et de l’utilisation d’engrais phosphatés en agriculture. Ce métal toxique peut s’accumuler dans les écosystèmes et perturber durablement leur fonctionnement.

Un élément qui s’accumule dans l’organisme

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Déforestation : le tournant brésilien

— Par Sabrina Solar —

Bonne nouvelle pour l’Amazonie. La déforestation dans la partie brésilienne de la plus grande forêt tropicale du monde a fortement reculé au cours des douze derniers mois. Entre août 2025 et juillet 2026, 2 874 km² de forêt ont été détruits, soit 37 % de moins que durant la période précédente. Il s’agit du niveau le plus bas enregistré depuis le début des relevés satellitaires de l’Institut national de recherches spatiales (INPE), en 2016.

Ce recul spectaculaire tranche avec la situation observée quelques années plus tôt. En 2022, sous la présidence de Jair Bolsonaro, la déforestation avait atteint 10 278 km², plus de trois fois le niveau actuel. Depuis le retour de Luiz Inácio Lula da Silva au pouvoir, la courbe s’est progressivement inversée.

Lula veut aller plus loin

Le président brésilien entend faire de cette baisse un marqueur de son action environnementale. Son objectif est clairement affiché : mettre fin à la déforestation illégale d’ici 2030.

Pour y parvenir, les autorités ont renforcé la surveillance satellitaire, multiplié les contrôles et durci les sanctions contre les exploitants clandestins.  Lire Plus

Pourquoi les feux de végétation deviennent-ils incontrôlables ? Ce que dit la science

— Collectif (*)

La vitesse de propagation d’un feu de végétation dépend d’une combinaison de facteurs, parmi lesquels le vent, la sécheresse, le relief et la structure de la végétation jouent un rôle déterminant.

Pourquoi certains départs de feu s’éteignent en quelques minutes tandis que d’autres se transforment en mégafeux ? Vent, sécheresse, relief, structure de la végétation… Les scientifiques décryptent les mécanismes qui déterminent la naissance, la propagation et la puissance des incendies.

En bref

  • Un feu ne peut naître que si trois éléments sont réunis : une source de chaleur, un combustible et de l’oxygène.
  • Le vent et la sécheresse sont les deux principaux facteurs qui accélèrent la propagation des incendies.
  • La pente, la quantité de combustible et la structure de la végétation modifient fortement le comportement des feux.
  • Lors de conditions extrêmes, les incendies peuvent générer des tempêtes de feu et devenir largement imprévisibles.

Les feux de végétation sont contrôlés par les interactions entre trois facteurs : le climat, la végétation et les actions humaines. La plupart des régions du globe – et tous les continents – sont affectées par des feux, mais les caractéristiques de ces derniers varient.  Lire Plus

L’atelier, le vélo, et l’aveuglement de la machine administrative 

— Par Les Vélos Marins Martinique —

Bien sûr que nous aimons les images d’ateliers pleines de choses positives et souriantes. Et de fait, elles reflètent la fertilité et la dynamique des ateliers participatifs vélo, ça donne envie, ça motive les bénévoles, ça rassure les financeurs… Mais, que se passe t’il quand la communication ne montre que ce côté lumineux ?

En observant régulièrement les sites internet et les réseaux sociaux de nombreux ateliers en métropole, nous avons remarqué que leurs difficultés sont très rarement évoquées. Pourtant, lorsque nous échangeons directement dans l’intimité avec leurs responsables ou leurs bénévoles, nous découvrons plus ou moins les mêmes problèmes que ceux que nous rencontrons ici. Pourquoi un tel écart entre les récits publics et ce qu’ils vivent ?

C’est un cercle vicieux, plus on montre une image lisse et maîtrisée de nos ateliers, moins nos partenaires ont l’occasion de développer une vraie sensibilité à ce qu’on vit réellement sur le terrain, et moins ils sont sensibles à cette réalité, plus on se sent obligés de se rendre « lisibles » dans leur langage, celui des chiffres et des réussites bien visibles et affichées.  Lire Plus

Canicule au travail : ce que les employeurs doivent désormais faire pour protéger leurs salariés

— Par Michel Miné (*) —

Des seuils de 28 °C, 30 °C et 34 °C sont reconnus pour prévenir la sécurité et la santé des travailleurs.

Les vagues de chaleur ne sont plus des événements exceptionnels mais un risque professionnel à part entière. Depuis 2025, le Code du travail impose de nouvelles obligations aux employeurs, tandis que les salariés disposent de plusieurs recours lorsque leur santé est menacée par des températures extrêmes.

Écrit par The Conversation

En bref

  • Depuis le décret du 27 mai 2025, les employeurs doivent intégrer le risque lié aux fortes chaleurs dans leur évaluation des risques professionnels et mettre en place des mesures de prévention adaptées.
  • Les entreprises doivent notamment adapter les horaires, prévoir davantage de pauses, fournir de l’eau fraîche, limiter l’exposition à la chaleur et, lorsque cela est possible, modifier l’organisation du travail.
  • Plusieurs repères existent : l’INRS considère qu’au-delà de 28 °C pour un travail physique, 30 °C pour une activité sédentaire et 33 °C en général, la chaleur peut devenir dangereuse pour la santé des travailleurs.
  • En cas de danger grave et imminent, les représentants du personnel peuvent déclencher un droit d’alerte et les salariés exercer leur droit de retrait.
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Pourquoi le bien commun fait son grand retour dans le débat public

Longtemps éclipsée par les notions d’intérêt général, de droits individuels et de contrat social, l’idée de bien commun retrouve aujourd’hui une place centrale dans les discours politiques, juridiques et intellectuels. Ce retour révèle moins une nostalgie du passé qu’une tentative de répondre aux fractures sociales, démocratiques et écologiques contemporaines.

En bref

  • Le bien commun, quasiment disparu du vocabulaire politique moderne depuis le XVIIe siècle, connaît un retour spectaculaire dans les discours politiques, les textes juridiques et les travaux universitaires.

  • Cette réapparition traduit les limites des cadres libéraux traditionnels pour répondre aux crises écologiques, démocratiques et sociales, ainsi qu’au besoin de redonner un horizon collectif.

  • Le concept est aujourd’hui mobilisé par des courants très différents : écologistes, défenseurs des biens communs, doctrine sociale de l’Église ou encore penseurs conservateurs, chacun lui donnant une signification propre.

  • Plus qu’un simple retour historique, le bien commun apparaît comme une tentative de nommer ce qui dépasse les intérêts individuels et de reconstruire un projet collectif dans des sociétés fragmentées.

— Par Lino Castex (*) —

Employer l’idée de “bien commun” aujourd’hui, c’est un peu comme faire tinter son verre lors d’un repas de fête : cela permet d’attirer l’attention.  Lire Plus

Fast fashion : vers la fin de l’impunité ?

— Par Jean Samblé —

Pendant des années, l’industrie de la mode a bâti son succès sur un modèle simple : produire toujours plus, toujours plus vite et toujours moins cher. L’arrivée des plateformes de mode ultra-éphémère a encore accéléré cette dynamique, en renouvelant quotidiennement des milliers de références à des prix défiant toute concurrence. Mais face aux conséquences environnementales et sociales de cette course à la surconsommation, la France et l’Union européenne semblent désormais vouloir changer les règles du jeu.

Le Parlement français a récemment adopté une proposition de loi destinée à encadrer le développement de la « mode ultra-express ». Le texte cible les entreprises dont le modèle économique repose sur une production massive de vêtements à très bas coût, commercialisés en quantité considérable et conçus pour être consommés rapidement. Sans interdire ces plateformes, la loi instaure un système de pénalités destiné à décourager les pratiques les plus néfastes, en tenant compte notamment du volume de produits mis sur le marché et de leur capacité à être réparés.

Cette initiative intervient dans un contexte où les géants de l’ultra fast fashion, tels que Shein, Temu ou AliExpress, ont profondément bouleversé les habitudes de consommation.  Lire Plus

La chaleur tue encore

Canicule de juin 2026 : une catastrophe sanitaire qui interroge la capacité de la France à s’adapter au changement climatique

— Par Sabrina Solar —

Avec près de 5 800 décès supplémentaires enregistrés en seulement seize jours, la canicule exceptionnelle qui a frappé la France entre le 17 juin et le 2 juillet 2026 constitue l’un des épisodes climatiques les plus meurtriers depuis vingt ans. Au-delà du bilan humain, cette vague de chaleur met en lumière les limites des politiques d’adaptation face à un phénomène appelé à devenir plus fréquent et plus intense sous l’effet du changement climatique.

Le dernier bilan publié par Santé publique France fait état de 5 764 décès en excès, toutes causes confondues, sur la période. Si ces chiffres ne permettent pas encore d’attribuer avec certitude chaque décès à la chaleur, ils traduisent une surmortalité d’une ampleur inédite depuis la canicule de 2003, qui avait profondément marqué les esprits. Les autorités sanitaires précisent que le décompte pourra encore évoluer à mesure que les certificats de décès seront consolidés et que les causes médicales seront analysées.

Contrairement aux premiers bilans diffusés au début du mois de juillet, cette nouvelle évaluation intègre l’ensemble des certificats de décès, y compris ceux établis sur support papier, souvent utilisés lors des décès à domicile.  Lire Plus