Catégorie : Poésies

Les Mains Vides

 Par Yves Untel Pastel —-

J’ai les mains vides
Pourtant j’irai aux champs
J’irai aux champs récolter la providence
En rivière de sueur sous un soleil brutal
J’irai recueillir tout ce que la vie
Veut bien offrir au travailleur

Au craquement de mes os rompus
Supportant les morsures de l’arthrose
À la déchirure de mes muscles meurtris
Usés comme lanières maintes fois battues
J’irai retourner, ensemencer, arroser,
L’humus tantôt aride, tantôt détrempé

J’ai les mains vides
Et la peau tannée de paysan besogneux
Fidèle à caresser ce ventre qui nourrit
Cette terre passée de main en main
Où les miens, tant et tant, ont trimé
Pour en accueillir chaque fruit

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Mon Île au goût d’amiante

— Par Gary Klang —

Mon île

Au goût d’amiante

De pomme pourrie

Et de fruit sur

 

Mon île

A tête d’Histoire ancienne

Et de misère

Pirogue échouée fuyant la mer

Mon rêve noyé

Dans la mer morte de la douleur

 

Je ne vois rien

Qu’un long malaise

Le frère ne connaît pas le frère

L’ami qu’on ne reconnaît plus

 

Mon chant dira

Les détritus

La crasse

Et l’abandon

Qui m’expliquera le sens de la débâcle

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« Un rêve de poête » & « Sage comme un image ? »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Un rêve de poête

Dans ce monde est roi le mensonge,
l’amour du blé qui l’âme ronge !
Difficile est trier l’ivraie
car seul un poète dit vrai
quand il nous partage ses songes

d’un monde plus juste et meilleur
où tout homme a droit au bonheur…
Si ça paraît une utopie
puisque tout va de mal en pis,

il suffirait pourtant d’y croire
pour que renaisse enfin l’espoir
d’un enfer faire un paradis,
de la vie une poésie !

Sage comme un image ?

“Sois sage comme une image !”
dit-on à l’enfant en bas âge…
Aujourd’hui toutes les images
ne sont plus tellement sages…

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Encombrement poétique à la Martinique

— Par Selim Lander —

Samedi 3 mai se déroulaient dans le cadre du festival de poésie « Balisaille » des rencontres avec des poètes à Saint-Esprit et dans d’autres communes de l’île, tandis que Fort-de-France accueillait la deuxième édition des « Figures des Femmes ToTeM ». Étant dépourvu du don d’ubiquité et Balisaille se prolongeant tout au long de la semaine prochaine, ce qui nous donnera certainement l’occasion d’en reparler, nous étions donc présent à l’Atrium pour écouter les femmes poètes. C’est en effet dans la grande salle de l’Atrium que cette séance avait été délocalisée in extremis du Théâtre municipal affecté par la grève du SERMAC. Bien que a priori trop grande pour recevoir un spectacle de poésie, le nombre de spectateurs potentiels (sans parler de la situation de concurrence exceptionnelle ce soir-là) pour un tel événement étant forcément limité, la salle Aimé Césaire s’est avérée finalement plus adaptée qu’on aurait pu le penser.

C’est que le spectacle en question tenait tout autant du music-hall, avec changement de costumes entre chaque prestation des poétesses (!) que du récital de poésie.

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Mai – Poésie : festival d’un genre majeur | Programme

Peupler la révolte Simone Yoyotte (1912-1936)

— Par Faubert Bolivar, directeur artistique —

Après Monchoachi, Aimé Césaire et Léo Ferré, c’est à une femme, une poétesse, que nous devons le thème de la quatrième édition de notre Mai.Poésie : Simone YOYOTTE (1912-1936).
« Peupler la révolte » en ces temps troublés où ce que nous croyions dépassé semble vouloir surgir du passé.
« Peupler la révolte », clameront les poétesses et poètes au cours des dix premiers jours du mois de mai. En poèmes ou en prose, elles et ils se demanderont, nous demanderont : quel peuple et quelle révolte pour notre temps ? La poésie peut-elle être une arme efficace pour peupler la révolte ? Comment peupler la révolte sans faire peuple avec nos morts ? Nos morts…
Nos morts s’accumulent. Nos morts montent. Nous tâcherons de trouver les mots pour dire que l’espace est plein de leur absence.
« Peupler la révolte », puisqu’à l’heure où nous écrivons ces lignes nous ne savons pas si la jeune délégation haïtienne – trois sur les quatre lauréats de la troisième édition du Prix international de l’invention poétique – pourront quitter leur pays.

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« Oser ! » & « Passe le temps, reste l’espoir… »

— Par Patrick Mathelié- Guinlet —

Oser !

Défenestrer l’malheur
pour ne plus avoir peur
d’affronter l’imprévu
comme un sel de la vie

qui vous redonne envie
quand vous êtes déçu…
S’libérer du connu
pour éviter l’ennui
et la mélancolie…

Jamais vraiment savoir
de quoi est fait demain
mais vivre avec l’espoir
qu’on s’y sentira bien…

Et même si c’est fou,
pouvoir s’attendre à tout
mais sans redouter rien
et prendre à pleines mains
la vie comme elle vient !

Passe le temps, reste l’espoir…

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« Majestik Poésik, Symphonie de Femmes »,

Samedi 3 mai à 19h30 au T.A.C.

D’après une idée originale de Chantal Clem; m.e.s. Yna Boulanger

La pièce
En 2016, les femmes poètes n’ont jamais été aussi nombreuses et désireuses, comme le pressentait Rimbaud en 1871, de trouver,
« une fois libérées de l’homme, des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses »… Et, évoquer la « poésie des femmes » n’est pas sans pièges : au geste de reconnaissance se mêle toujours, insidieusement, le risque de la marginalisation. Dès lors qu’on la spécifie et qu’on la catégorise, la poésie pourrait bien ne plus être tout à fait la poésie… Aussi, pour ce second acte, Figures de Femmes ToTeM présentent le Majestik Poésik, Symphonie de Femmes avec pour thème sous-jacent l’identité et la mémoire construits à travers exil, errance nécessaire pour mieux trouver force et puissance dans l’affirmation du soi femme tenant compte de l’identité façonnée sur les rives de l’histoire.

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Poursuis les petites choses

 Par Yves Untel Pastel —-

Poursuis les petites choses, éprouvette à la main,
Comme ces papillons inconnus d’une jungle vierge.

Poursuis-les, entomologiste, passionné,
Cueille-les dans l’air sans les détruire.

Et si tu attrapes quelques trésors, écoutes-en le bruit.
Écoute le souffle et la musique des ailes, écoute tout !

Écoute les clapotis de l’eau et le roulis des petites pierres.
Écoute le bruissement profond des buissons.
Écoute le vrombissement des bourdons.

Écoute le frou-frou des libellules, la réplique des abeilles.

Écoute le grésillement du vol stationnaire des colibris.

Écoute le vent dans la chevelure raide des filaos.
Écoute la course-poursuite du lézard et de la sauterelle.

Écoute le souffle furtif de la mangouste
Et le repos inquiet de la poule d’eau.

Écoute le glissement doux du soleil,
Sur les cloches tendres des fleurs de l’oranger.

Écoute le parlé complexe du monde autour.
Écoute et déchiffre ces hiéroglyphes sonores.

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« Faire courir la photographie »

— par Michel Lercoulois —

Deuxième livraison de la toute jeune maison d’édition Ad Verba, après Faire courir le monde. Il s’agissait, rappelons-le, du résultat d’un appel aux poètes, invités à illustrer avec leurs mots des images représentant des œuvres des deux fondateurs d’Ad Verba, artistes plasticiens. Le résultat fut la publication d’un très beau petit livre, impeccablement présenté, qui regroupait trente-huit poèmes d’autant de poètes différents accompagnant la reproduction d’autant d’œuvres différentes (1).

Ad Verba est basée à Niort où se trouve par ailleurs un lieu dédié à la photographie contemporaine, la Villa Pérochon, autrement dit le CACP. D’où l’idée de croiser, cette fois, le verbe des poètes avec seize clichés tous pris dans la région niortaise lors de résidences d’artistes par des photographes issus de tous les horizons. Pour étoffer l’ouvrage, le jury de sélection a accepté plusieurs poèmes par photographie, soit finalement 47 textes sur les 680 qui lui étaient soumis à l’origine par 285 poètes. 47 textes pour 47 poètes différents, soit un poète retenu sur six environ, une sélection donc pas si sévère en réalité.

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À Arthur Rimbaud

— Par Gary Klang —

Tu vins sans crier gare
O père en poésie
Né un 20 octobre
Tout comme l’autre

Tu me dis
Soyons avare comme la mer
Je te réponds
Sois béni
Toi l’enfant aux semelles de vent
Peintre des voyelles
O Poète lumineux
Dont le dernier lit se couvre encore de fleurs

Sois béni ô Poète
Ta saison en enfer
Est désormais saison des roses
Jamais plus ne seras seul
Ton nom s’inscrit à tout jamais
Au fronton des étoiles

Gary Klang

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Les crabes du lundi de Pâques

 Par Yves Untel Pastel —

Nous aimions aller sur la plage
À la trêve de Pâques.
La Martinique tout entière
Déferlait en bord de mer,
Le lundi de Pâques.

Et c’était un jour de liesse,
Un jour maudit pour les crabes.
C’était l’hécatombe des crustacés,
Tant on faisait bombance de crabes.

Mais ce temps est mort.
Les mangroves puent
Et les vents mêmes
Se bouchent les naseaux.
Ils vont tous mourir au large,
Troupes de mustangs incommodés.

La marée brasse la mangrove.
Le poison est partout.
Il transpire du silence.
Et dans la mangrove,
La mort lente s’installe.

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Yo di yo anmen Franz Fanon

— Par Yves Uuntel Pastel —

Yo di yo anmen Franz Fanon,
Yo ki anmen kozé nan salon.
Yo ka fè bèl plodrari
Anlè larévolisyon
Bèl fransé yo nan bouch yo
Ka voltijé, maté, tonbé léta !
Men tousa sé tjimsavon anlè rad sal

Yo di yo anmen Franz Fanon,
Men yo pa lé tann palé di Le R, pyès.
Pou yo i sé mové mak révolisyonnè
Ki la pou gaté trankilité fonksyonè yo.
Yo pé pa sipoté négmawon le RPPRAC
Ki ka anpéché yo blèz ko yo dèyè kadikous yo,
Adan tout  Bidim sipèmaché bétjé, fout !

Yo di yo anmen Franz Fanon,
Men yo ka défann lafrankofoni
Kon kantatris ka dousinen bèl senfoni.
Souplé, pengad di yo ki yo pa fransé,
Paskè Yo kèy fè’w sav ki « Nous étions
Déjà Français byen avant Nice, L’alsace,
Ou bien la Lorrrraine », Wa di yo sa pa vré !

Yo di yo anmen Franz Fanon
Men pa palé yo di zafè « émancipation » pyès,
Palé yo, souplé, di « a-s-s-i-m-i-l-a-t-i-o-n »
Si ou palé yo kriyé’w séparatis,
Indépandantis épi siwtou Konplotis.

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« Cantate pour des matins de rosée », de Fred Williams

— Péface  par Gary Klang —
Poète est celui-là qui rompt pour nous l’accoutumance, disait Saint-John Perse.
C’est l’effet ressenti en lisant Fred Williams. Quand j’ai pris connaissance de Cantate pour des matins de rosée – merveilleux titre ! – c’était par une journée où le ciel avait pris la couleur triste d’une robe de nonne. Fred m’a tiré de ma léthargie par la beauté de sa poésie, d’autant que j’ignorais qu’il écrivait. Je l’avais connu par La Voix de l’Amérique où il m’avait souvent interviewé. Je l’avais aussi vu à Montréal, mais jamais il ne m’avait parlé de ses écrits. À ce sujet, nous rions encore d’une histoire qui nous est arrivée dans un restaurant de l’avenue Côte-des-Neiges. Il y a de ces histoires légères, sans intérêt apparent, mais qui demeurent inoubliables, personne ne sait pourquoi. Ce soir-là donc le serveur, un peu distrait, mit deux couteaux pour Fred, mais pas de fourchette. Ça a provoqué chez nous un fou rire qui dure encore. On l’imaginait essayant de manger son steak avec ses deux couteaux et sans fourchette.
Mais revenons aux poèmes.

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Réveil

— Poème de Robert Lodimus —

Réveil

Depuis plus de deux siècles

Clopine mon pays

À la recherche

De cette île mystérieuse,

Où le printemps, dit-on, est éternel.

Les chemins du « Bien » et du « Mal »,

Où s’arrêtent-ils ?

L’incertitude et la peur

Ensablent notre conscience.

Les indigents du Sud,

Dans la saison

Des égarements,

Sans répit, lapent leurs malheurs.

Sur les vestiges des temps héroïques,

Épopées sublimes et glorieuses,

Toute une meute de misérables!

Des lambeaux ambulants !

Des loqueteux déboussolés!

Des restes d’humains crucifiés

Comme des insectes morts

Sur les branches

Des dionées impavides!

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Un hommage international, à plusieurs voix et de grande amplitude, a été rendu au poète Anthony Phelps le 22 mars 2025

— Par Robert Berrouët-Oriol(*) —

Organisé à Montréal avec l’appui du Cidihca et de la Maison d’Haïti par Robert Berrouët-Oriol, linguiste, essayiste et poète, et par Joël Des Rosiers, médecin psychiatre, essayiste et poète, un hommage international, à plusieurs voix et de grande amplitude, a été rendu au poète Anthony Phelps le 22 mars 2025. Décédé à Montréal dans la nuit du 11 au 12 mars 2025, Anthony Phelps avait reçu de son vivant les distinctions suivantes :

  • 1980     Prix Casa de las Américas, pour La Bélière caraïbe

  • 1987     Prix Casa de las Américas, pour Orchidée nègre

  • 2014     Prix de Poésie Gatien-Lapointe – Jaime-Sabines, pour Mujer América / Femme Amérique

  •   Chevalier de l’Ordre des Arts et des lettres (France). 

  • 2016     Prix Carbet et du Tout-Monde pour l’ensemble de son oeuvre

  • 2017     Grand Prix de poésie de l’Académie française pour l’ensemble de son oeuvre poétique

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« La grande question » & « Points d’interrogation »

 — Par Patrick Mathelié-Guinlet —

La grande question

Les portes ouvrir sur l’inconnu
qu’ensuite on ne referme plus
puis rapporter ce qu’on a vu
dans des poèmes qui soient lus,

c’est là le rôle d’un poète
aventurier de l’intérieur…
S’il risque d’y perdre la tête,
de la folie il n’a pas peur

car avec le cœur il écrit
et, sans hésitation, pénètre
là où jamais aucun autre être
n’a osé aller avant lui…

C’est dans le seul but de connaître
l’arcane secret de la Vie,
d’enfin trouver sa raison d’être :
quand on doit mourir, pourquoi naître ?

Points d’interrogation

J’ai cherché des raisons,
trouvé la déraison !
J’ai posé des questions,
personne n’y répond…

Qui suis-je et puis où vais-je ?
En ce monde qu’y fais-je ?
Pourquoi, comment et quand ?
La vie, la mort, le temps ?

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Ah! donnez-moi

— Par Gary Klang —

Ah! donnez-moi la bonté
Que j’y puise l’air du large
Donnez-moi la beauté
La saveur de l’aurore
Et la pâleur du soir
Lorsque derrière les nuages
La flamme à l’horizon disparaît lentement dans la mer

Je n’en peux plus vous dis-je
Je n’en peux mais
L’homme du pouvoir inquiète et tyrannise
L’homme du pouvoir a perdu la raison
Le goût du sang le hante
Il fuit l’odeur et la beauté des fleurs
L’ilang-ilang des nuits d’antan
Et le palmier la chevelure dansant au vent

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L’Apocalypse d’un poète. Hommage à Anthony Phelps (1928-2025)

— Par Joël Des Rosiers —

Le poète Anthony Phelps fut une voix supérieure à la manière du peintre québécois Jean-Paul Riopelle qualifié de « trappeur supérieur » par André Breton, le premier admirateur du premier Césaire. Céramiste, chimiste de formation, potier autant que poète, Phelps rencontra dans les contrées boréales des héritages artistiques et culturels autochtones qui ne purent que vivifier son œuvre. Le souffle phelpsien fut happé par les territoires nordiques, vastes espaces qui fournissaient une cohérence continentale américaine à l’insularité caraïbe. Écopoétique où le poète de l’exil manie « une langue de sel / sur des peaux de cartographe ».

Si Phelps prie désormais aux pieds des « Arbres de glace / Blanches morsures / têtes caraïbes sous le coupe-coupe du froid », il chante aussi les nouvelles réjouissances de l’épluchette de blé d’Inde, l’autre nom du maïs sucré au Québec. Ce sont des épis aux cheveux blonds dont les feuilles vertes font l’objet d’un effeuillage au cours d’un rassemblement traditionnel sous la lumière du mois d’août. Or cette céréale, originaire de l’Amérique du Sud, était cultivée depuis 3000 ans par les Autochtones, hommes et femmes de maïs de la Caraïbe :

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Te voici à l’ubac maintenant

— Par Lenous Guillaume-Suprice —

« J’ai bu du rhum et de l’eau fraîche/j’ai eu ma part du gâteau de l’espoir/Maintenant que j’ai dit l’essentiel je dois partir/Au point d’accouplement de la terre et du ciel/j’ai rendez-vous avec la rose/pour assister à la naissance de l’amour. »

(Anthony Phelps)

Elle était un fado bien longtemps joué
dans ta maison près du port
bien loin des ballades d’autrefois
pour étouffer les rots d’anciens marins
qui l’humiliaient
les voix de lointains geôliers
qui te poursuivaient
Toute seule, elle allait et venait, elle courait au secours de sa gueule d’iconoclaste
Te voici à l’ubac maintenant
conforme à ta manière de réagir
intense parfois
et elle toujours bien ferme à l’adret
dans ses convictions d’agir
sans plus
Fourmis dans l’âme
par le soir au fond d’un buisson
chagrine
une brise a défrisé sa chevelure
dans ton regard
à l’heure chantante des cigales

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Nous sommes tous d’une île

Par Yves Untel Pastel

Nous sommes tous d’une île !
Île poussière, Ou vaste continent !
Île, fragment disséminé en mer, Ou enclave en pleine terre.
Nous sommes peuples pluriels, en nos myriades d’archipels,
Dans tous les antipodes diasporiques.

Mais, En nous résonne, Un ADN COMMUN,
Une vibration singulière
Gouvernant notre empire intérieur,
C’est le battement millénaire
Du tambour matriciel originel.

Oui, c’est ainsi que nous savons, Qu’au-delà des frontières,
Nous sommes frères et sœurs, Enfants d’une même mère, l’Afrique.
Et c’est cette fraternité fondamentale que nous avons célébrée,
Que nous célébrons et célébrerons encore
Aujourd’hui, partout et toujours,
En évoquant, en honorant, En faisant vibrer, en faisant parler,
Ce cœur qui nous est commun : LE TAMBOUR

Voilà des millénaires Que le Tambour matriciel résonne,
A travers nos tambours singuliers, Chantant aux pieds des baobabs,
S’interpellant d’écho en écho,
De continent en continent.

Tambour mandingue, tambour zoulou,
Tambour kongo, Tambour bantou, en leurs pulsations originelles,
Mais aussi, survivant aux affres de toutes les déportations,
Dans la forge mortifère de tous les échanges triangulaires.

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« Impermanence » & « Éphémère »

— Par Patrick Mathelié-Guinlet —

Impermanence

Ainsi qu’un robinet qui fuit,
goutte à goutte coule la vie…
Même les souvenirs s’enfuient
quand se succèdent jours et nuits !

Comme cette poignée de sable
que ma main n’a pas su saisir,
passe le temps inexorable
et je ne peux le retenir…

Au tronc d’un arbre pour toujours
j’avais cru graver notre amour,
pensant ainsi défier le sort…
L’arbre est là mais l’amour est mort !

Même ces courbes de ton corps
que mes mains connaissaient par cœur
deviennent floues dans ma mémoire
et, des pages de notre histoire,
l’encre s’efface d’heure en heure…

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Printemps des poètes 2025 : « Volcanique » de Jacques-Olivier Ensfelder

Printemps des poètes 2025
« Volcanique » 8-22 Mars 2025

Poème de Jacques-Olivier Ensfelder
Artiste dramatique/Poète

Volcanique-ment

Au cratère de ma blessure gît le fumet de la reconnaissance.
Elle est ta main dans la mienne et ma paume sur ton cœur.
Comme un pacte pour cheminer ensemble dans l’enfer déguisé.
Sur la fusion des jours, nos geysers de fraîcheurs : artifices, feux-langues, mots, et ce seul poème personnifié aux airs boréals de tes doigts édifiés et qui me fut adressé:

Main Immobile
Sur ce corps inutile
Plaisirs et douleurs s’enlacent.

Ainsi la fable de nous-même dictait  l’humanité et celle du démiurge corrompu en cet hymne de lave froide : Il était une fois, une réalité a gerber la vérité sur les seins de l’amour.

In exquis Condiments :
L’épigone ressuscité se lavait de sa crasse primitive.
D’abord ce corps: l’inexact de l’étreinte.
Au point panique de l’orgasme, les râles en chorale scandaient la mort.
Pas la première, aveuglante
Mais l’autre
La seconde contée et démystifiée
La noire et ses cendres.

Ô Condiment : noir comme hier au soir.

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Ouvè zyé-w, pèp mwen !

Avec une transposition en français de l’écrivain guadeloupéen José Robelot

— Par Yves Untel Pastel —

Ouvè zyé-w, pèp mwen !
Ouvè zyé-w, pèp mwen
Ès ou pa wè yo ka kwazé-ou w jòdi
kon yè yo krazé papa-w maman-w?

Es ou pa wé sé sé menm-lan
ki mété pèp nou an tribilasyon yè
Sé yo menm ka malmennen w jodi ?

Nou anvi kwé ki sa chanjé
ki tjè bouwo vini méyè
ki sitiyasyon nou ké pli dous

Men eskè chyen ka tounen poul ?
Èskè sèpan ka fè vètè ?
Èskè agoulou sèléra pé fè dot yich
Ki agoula séléra ?

Manmay, tou patou moun èstintjé pèp blan
Pèp mounblan mandè é trapé répawasyon!

Gadé mannyè pèp nég
Ka trimen san trapé ayen !

Ès an zyé zéropéyen nou plis ki ayen ?
Ès nou pa chyen, ès nou pa kaka yenyen ?

É an zyé nou menm, ki sa nou yé ?

Mi nou ka fè bèbèl adan bèl lenj ki pa ta nou
Mi nou ka dansé adan gwan bal ki pa ta nou
Mi nou kwé nou sitwayen adan nasyon ki pa ta nou !

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Annou ba fanm plas lonné épi respé

— Par Yves Untel Pastel —

Manmay péyi-nou, manmay Matnik
Annou prantan fè fanm kay nou lonnè
Paskè fanm sé bénédiksyon bondyé pou nou
Fanm sé lanbéli adan lavi nou,
Dépi prémyé jik dényé jou nou

Fanm lanmen dous, fanm pou paré kou
Fanm tonbélévé, fanm lèstonmak laj
Fanm konba mélé, fanm kout tjòk
Fanm manniòk, fanm djòk,

Fanm « bay rum » pou kalmé mové blès,
Fanm rimèd pou pasé lanmen an tèt
Fanm zòrèy ouvè pou koutè doulè tout tjè
Fanm pawòl dousé pou tjwé difé lakolè

Sé toujou fanm ki la pou pòté soulajman
Adan an péyi fanntjou, an péyi tèlman méchan
Sé toujou fanm ki ka rikolé lapo tjé déchiré
Adan an péyi byen souvan mèl ka pwan plon

Péyi-a pani pasé lanmen, péyi-a sé an péyi kotjen
Péyi-a ka estentjé, i ka débiyélé, péyi-a ka tjwé anpil
Ek sé toujou an lé jounou fanm zenfan ka rifè fòs
Sé toujou anlè fal fanm dlo dézèspwa ka riklèsi.

Lè sé lè kouri vini, sé fanm prèmyé ki ka pòté lanmen
Lè sè lè san koulé, sé zyé fanm prèmyé kika jété dlopléré
Lè lavi ka pèd, sé fanm ka vlopé kò pou présèwvé souf lavi
Kèlkiswa laj sa ki pwan fè, sé yich an fanm ki couché atè

Fanm sé manman zanfan, gran kon piti zanfan
Fanm sé manman nonm, gran nonm kon tibolonm
Fanm sé manman fanm, fanm ki za fanm
Fanm ki poko fanm, fanm tiflè ké vini fanm

Fanm sé manman fanm ka vini manman
Fanm sé manman tousa ki ni an nanm
Fanm sé manman tousa ki pani manman
Fanm sé manman pèp nou, nasyon Matnik.

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« Trop parler rend sourd… » & « Traces »

Trop parler rend sourd…

Le silence quand on l’écoute
a beaucoup de choses à nous dire…
Tant de signaux sur notre route
que l’on ne sait, hélas, plus lire

dans tous ces bruits de la Nature
depuis qu’on parle trop sans doute…
Comme des oiseaux le murmure
ou ce que le vent nous susurre,

dans nos esprits ce tas d’images
que transmettent les arbres sages
lorsqu’on se promène en forêt,
attentif aux messages muets
de tous ces témoins d’un autre âge…

Et puisque trop parler rend sourd
à d’autres voix plus intérieures,
parfois se taire est la meilleure
façon de ressentir l’Amour…

Traces

Un crayon de graphite
d’un papier blanc profite
pour laisser une trace
avant qu’on ne l’efface…

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