Catégorie : Écrits

« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre V

— Par Robert Lodimus —

Magouilles, mensonges et dilatoires

« Les vices de l’esprit peuvent se corriger ; mais quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer.»

(Voltaire)

Les élections générales du 25 octobre 2015 en Haïti, comme nous l’avons souligné au chapitre précédent, n’ont pas échappé aux étampes des « magouilles traditionnelles ». Elles ont marqué le début d’une crise politique majeure et d’une instabilité institutionnelle prolongée dont le pays subit encore les répercussions profondes. Conçu à l’origine pour élire un nouveau président, renouveler le Parlement et choisir les magistrats municipaux, ce triple scrutin s’est rapidement transformé en une « impasse démocratique » majeure.

Le premier tour des élections, combiné aux législatives et aux municipales, s’est tenu dans un climat de forte tension. Plus de 50 prétendants briguaient la succession de l’arsouille et l’aigrefin sortant, le chef dévoyé du PHTK. Seul environ un quart des électeurs inscrits s’est déplacé aux urnes. Bien que la journée du vote ait été globalement épargnée par de grandes violences, le dépouillement a été entaché d’accusations graves de bourrage d’urnes et d’irrégularités généralisées.<p>  Lire Plus

« L’Indifférence », « L’Humain » …

— Par Jean-Bernard Bayard —L’Indifférence
L’indifférence est-elle une forme de dépression
Ou serait-elle plutôt une méprisable aberration
Quand tout un peuple semble renier leur nation
N’acceptant pas la responsabilité de leur action
_____
L’indifférence représente-t-elle une infecte lâcheté
Ou pourrait-elle être une nature de gens dénaturés
Quand toute la racaille hypocrite se fait dévalorisé
N’acceptant aucun blame de sa sale malhonnêteté
_____
L’indifférence est pour moi une capitulation de droits
Ou encore de désavouer tous les conceptes de la loi
Quand toute une population déçue perd toutes voies
N’acceptant qu’une défaite absolue abdiquant leur foi

Jean-Bernard Bayard

L’Humain
L’humain est d’une espèce paradoxale
C’est une créature plutôt contradictoire
La race humaine est vraiment illogique
Une entité complètement controversée
_____
L’humain est surtout incompréhensible
C’est une créature bien trop contrariée
La race humaine est surtout irrationelle
Une entité qui agit en tant qu’opposée
_____
Il se protège et en même temps se tue
Il se nourrit et sans raison il s’affame
Il soigne et du coup il se rend malade
Il aime sans pouvoir s’arrêter de haïr
Jean-Bernard Bayard

 

Lettre Ouverte aux Politiciens Haïtiens

Chers Concitoyens:
Si je m’adresse à vous aujourd’hui, la situation doit-être bien plus que précaire.<p>  Lire Plus

Analyse sociolittéraire des « Larmes du destin » de Robert Lodimus

(Avec l’aide IA)

Les larmes du destin de l’écrivain et journaliste haïtien Robert Lodimus est un récit poignant qui s’inscrit comme un plaidoyer littéraire et social contre la misère, l’analphabétisme et l’exploitation humaine en Haïti.

À travers l’évocation de figures populaires de l’informel, le texte dresse une critique sans concession des structures inégalitaires de la société.

1. La radiographie de la misère et de l’informel

Le récit met en lumière la vie des couches les plus vulnérables de la population, symbolisées par des personnages comme Esthée, une marchande ambulante de maïs bouilli.

  • L’espace de la vulnérabilité : L’auteur décrit un environnement marqué par l’indigence, l’aliénation et le manque d’éducation. La ville y est dépeinte avec une « sombritude » métaphorique, illustrant la lourdeur du quotidien.

  • La dignité dans la précarité : Malgré la dureté de sa condition (« l’indigente créature »), le personnage conserve une mine souriante et s’attire l’admiration de sa clientèle. Lodimus souligne ici la noblesse et le courage des petits travailleurs face à l’adversité économique.

2. Une esthétique naturaliste et engagée

L’écriture de Robert Lodimus se rapproche des codes du naturalisme moderne, rappelant parfois le rôle de témoin social d’un Émile Zola.<p>  Lire Plus

Marina Tsvetaïeva : la poésie comme dernier territoire

— Par Rodolf Etienne —

Il y a quatre-vingt-cinq ans, le 31 août 1941, Marina Tsvetaïeva mourait à Yelabuga, emportée à quarante-huit ans par la guerre, la pauvreté, l’isolement et la terreur stalinienne. Sa vie fut fracassée par le siècle ; sa langue, elle, ne se soumit jamais. Relire aujourd’hui cette immense poète russe, c’est entendre une voix qui transforma l’exil, l’amour, la faim et la perte en une énergie littéraire sans équivalent.

Marina Tsvetaïeva à sa table de travail, entre Moscou et Paris.

Elle semble appartenir à plusieurs mondes sans avoir pu demeurer pleinement dans aucun. La Russie impériale de son enfance disparaît dans la révolution. L’émigration russe de Paris la tient à distance. L’Union soviétique où elle revient devient un piège. Même la littérature, qui constitue sa seule patrie durable, ne lui offre ni sécurité matérielle ni protection.

Pourtant, de cette vie continuellement déplacée, Marina Tsvetaïeva tire une œuvre d’une intensité presque physique.

Chez elle, le poème ne raconte pas simplement une émotion : il la précipite. Les mots s’élancent, butent, se coupent, repartent. Les tirets ouvrent des abîmes ; les ruptures de rythme deviennent des battements de cœur.<p>  Lire Plus

Algérie, ce pays presque mien

En l’honneur de mon ami-frère Karim Akouche
— Par Gary Klang —
Lorsque mon ami-frère Karim Akouche m’incita à écrire un texte sur l’Algérie, j’ai su tout de suite que j’allais remuer beaucoup de souvenirs et de points sensibles car, bien que n’y étant jamais allé, ce pays presque mien me tient autant à cœur qu’Haïti, la France ou le Canada.
Je suis né en Haïti. Ma mère et mes grands-parents maternels sont eux aussi nés dans cette île, ce qui fait de moi un vrai natif natal, comme on dit là-bas. Tandis que mon grand-père paternel a vu le jour à Bône (Annaba) en Algérie, le 6 septembre 1883. La guerre de 1870 chassa Napoléon le Petit, mais aussi mon arrière-grand-père de Metz, en Alsace-Lorraine. Voici ce qu’en dit mon grand-père, Charles Klang, dans ses Mémoires :
« Pieds nus dans la neige et sous la rigueur du froid en hiver, c’est ainsi qu’il (son père Louis-Arthur) s’est battu. A la reddition de Metz, où il se trouvait alors, les Allemands lui offrirent le choix : ou demeurer à Metz et devenir Allemand, ou laisser la ville dans les 24 heures.
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« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre IV

 Par Robert Lodimus —

Chapitre IV

La République est morte !

Où est ce « Jésus » qui la ressuscitera  comme Lazare ?

« Là-bas est l’île aux tombes, la taciturne; là-bas aussi sont les tombes de ma jeunesse. Je veux y apporter, toujours vertes, une couronne de vie… »

(Frederick Nietzsche, Le chant des tombes, Ainsi parlait Zarathoustra)

Que faudrait-il encore écrire ou dire pour espérer arracher quelques larmes de conscience aux vendeurs du droit d’aînesse de la République d’Haïti. Ces conspirateurs et ces traîtres, attirés par le pouvoir et l’argent, flirtent depuis des décennies avec les néocolons qui ont fait le serment sur la tombe de leurs ancêtres négriers de conduire la Nation haïtienne à sa ruine et à sa perte. « Haiti must disappear », répètent avec hargne et abjection les forbans cachés dans le ventre de l’Organisation des Nations unies (ONU). Haïti doit disparaître pour permettre à la France impériale d’enlever des pages de l’histoire universelle l’outrage de la prodigieuse défaite qu’elle subit sur la terre de Saint-Domingue. Une bande d’esclaves incultes, certes, mais géniaux, kidnappés de l’Afrique, osèrent apprendre aux empires kleptocrates européens, maîtres absolus des vols et des rapines en Amérique, le sens équitable et plénier du concept de « Liberté ».<p>  Lire Plus

Quand « L’écho d’avant » entre en prison…

— Par Emmanuel de Reynal —

Il y a quelques jours, je suis entré au centre pénitentiaire de Ducos avec un livre sous le bras. Pas tout à fait n’importe lequel puisqu’il s’agissait du mien, »L’écho d’avant » (éditions L’Harmattan). J’y étais invité par l’association Lire pour en Sortir, par l’entremise de mon amie Cécile, qui y est engagée depuis plusieurs années.

Je connaissais l’association de nom, mais assez peu son action. Créée autour d’une idée aussi simple que forte — faire de la lecture et de l’écriture des instruments de réinsertion —, elle organise dans les établissements pénitentiaires des programmes de lecture, des rencontres avec des auteurs et des ateliers d’écriture. Ce jour-là, une dizaine de détenus volontaires m’attendaient. Tous avaient lu L’écho d’avant. J’avoue que je ne savais pas très bien à quoi m’attendre. La rencontre a commencé autour du livre. Très vite, les questions sont venues. Sur les personnages, sur la mémoire, sur l’enfance, sur ce que nous perdons en grandissant. Certaines remarques étaient précises, d’autres plus personnelles.

Toutes témoignaient d’une lecture attentive. Mais ce qui m’a surtout frappé, c’est la curiosité.<p>  Lire Plus

Lettre de Gary Klang à Marco Rubio

Mon Cher Marco,

Tu as 55 ans et moi 84. Vu la différence d’âge, je t’écris comme un père écrirait à son fils. Sans haine et sans colère, car je pense que notre monde a besoin de beaucoup d’amour, surtout par les temps qui courent. Je ne vais donc pas ajouter du négatif à une situation qui en a déjà trop.

Tu voudrais, semble-t-il, renverser le régime cubain. Je ne connais pas l’histoire de ta famille mais tout porte à croire que tu voudrais te venger de la Révolution castriste. Cependant, tu n’ignores sûrement pas ce qu’elle a apporté à la patrie de tes parents en réalisant ce que aucun gouvernement américain n’a jamais fait pour son peuple.

Fidel a éliminé le préjugé de couleur qui pourrissait le pays. Il a aussi donné à tous les Cubains l’éducation et les soins gratuits au point que certains Américains viennent se faire soigner à la Havane. Son système universitaire forme des milliers de médecins qui vont partout dans le monde. J’en ai vu en Haïti, mon pays de naissance. Ils vont dans les coins les plus reculés pour soigner les malades, là où les médecins haïtiens ne se rendent pas.<p>  Lire Plus

Ode au Che

Prévisualiser (ouvre un nouvel onglet)— Par Gary Klang

O Che
Un jour
Par haine de l’injustice
Tu partis à la défense des opprimés
Sur les routes de poussière et dans la jungle
Malgré l’asthme qui ne t’a jamais quitté

Tout allait bien
Tout prenait sens
Mais tout prit fin dans un village perdu des Andes
L’homme de main te croyait vaincu
Mais ce qu’il ignorait
C’est que tu vivrais éternellement dans la mémoire des hommes

Adios Compañero Heroico
Je te salue de tout mon cœur
De toute mon âme
Repose en paix
Car ton corps
Allongé presque nu sur une table de campagne
A vaincu la mort à tout jamais<p>  Lire Plus

Haïti : Il était une fois un vaste scandale politico-financier appelé l’affaire PetroCaribe (Troisième partie)

 — Par Robert Lodimus —

Ce sont la corruption socioéconomique et l’ambition politique indécente qui ont fissuré la fondation de la République d’Haïti.

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« Il a fallu des siècles pour rendre justice à l’humanité, pour sentir qu’il est horrible que le grand nombre semât et que le petit nombre recueillît. »
Voltaire

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Il n’y a pas eu un seul gouvernement haïtien qui ait été épargné par les étiquettes qui font l’objet de cette réflexion plantureuse! D’ailleurs, L’État de 1804, au lendemain même de sa naissance s’est retrouvé coincé, prisonnier d’un  cul-de-sac sociopolitique et économique, qui annonçait l’échouage de la nouvelle cité. Une société construite sur des arpents d’insécurité publique, sur des acres d’injustice sociale ne peut  déboucher que sur l’anarchie politique. Pas dans le sens développé par le théoricien socialiste Pierre Joseph Proudhon qui vécut de 1809 à 1865.

Le substantif « anarchie » vient du grec « anarkhia ». On y retrouve le terme « arkhê » qui signifie « pouvoir », « principe », « commandement »… En y ajoutant le préfixe « an », on obtient « absence de principe », « absence de chef ou d’autorité », « absence de gouvernement », etc.<p>  Lire Plus

Ma belle langue créol,

—Par Gary Klang —
O mon créole,
Tu es peut-être la seule langue au monde où la notion de faute n’existe pas. Mais au pays où je suis né, dans cette île jadis nommée Perle des Antilles, les gens qui se disaient de bien pensaient que tu ne devais être parlée que par les gens du peuple. Je me souviens qu’à l’école quiconque osait s’exprimer en créole était puni.
Et pourtant, comme tu es belle et comme tu rayonnes. Tu portes en toi ce qu’aucune autre langue au monde ne possède : l’absence de faute et de culpabilité. Toute voum sé do. Personne ne sera jamais pointé du doigt.
Tu portes en toi tous les parfums de l’île, toutes ses odeurs. La beauté des bougainvillées, la saveur de la mangue, l’inoubliable ilang-ilang qui parfumait les nuits de mon enfance.
Je revois l’oiseau-mouche sautant de fleur en fleur, heureux de vivre; la marchande descendant des montagnes en portant sur la tête un amas de légumes; pieds nus, sourire aux lèvres et sans jamais se plaindre.
Oui, j’aime le créole, j’aime ce peuple courageux si digne dans sa souffrance.
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Haïti : Il était une fois un vaste scandale politico-financier appelé l’affaire PetroCaribe (Deuxième partie)

Par Robert Lodimus —

L’Affaire PetroCaribe réveillera probablement dans les mémoires le grand scandale de corruption enregistré au sein de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti présidée par les escrocs Bill Clinton et Jean-Marx Bellerive, après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti.

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Le vendredi 3 mars 2017, les Haïtiens apprenaient avec surprise la mort de l’ex-président René Préval des suites d’un accident cardio-vasculaire. Il avait dirigé la République durant dix ans. Sans interruption de ses deux  mandats obtenus dans l’intervalle de cinq ans. C’est sous le deuxième gouvernement de René Préval que l’État vénézuélien incluait Haïti sur la liste des pays bénéficiaires du programme PetroCaribe. L’accord a été signé en 2008. Soit deux années avant la catastrophe sismique du 12 janvier 2010 qui a détruit la ville de Port-au-Prince et ses banlieues. Le montant du prêt à très faible intérêt (1%) octroyé par le Commandant Chavez à ses bienfaiteurs de la Caraïbes pouvait atteindre un plafond de 30 millions de dollars US par mois, soit 360 millions de dollars l’an. Le remboursement devrait s’étaler sur 25 ans, avec une période de grâce de 2 ans, selon les modalités prévues dans les clauses du contrat. <p>  Lire Plus

« Différence », « L’Heure », « L’Escroquerie », Haïti

Différence
Quelle est la différence entre le coeur cassé et le coeur délaissé
Quelle est la différence entre l’amour mort et l’amour mort-né
Quelle est la différence entre l’âme blessée et l’âme dévastée
Quelle est la différence entre l’espoir naissant et l’espoir épuisé
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Quelle est la différence entre un peuple pétri et un peuple démuni
Quelle est la différence entre la patrie solidaire et la patrie asservie
Quelle est la différence entre un pays d’autonomie et un pays failli
Quelle est la différence entre la nation prospère et la nation avilie
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Quelle est la différence entre le monde endogène et le monde exogène
Quelle est la différence entre globe hétérogène et globe de gangrène
Quelle est la différence entre planète iconogène et planète obscène
Quelle est la différence entre belle scène et sordide zizanie de haine<p>  Lire Plus

Une maison dite blanche

un conte pour grandes personnes 
— Par Gary Klang
Dans une ville appelée Ouachinetone, il y avait un président appelé Dodo Trap qui décida un beau jour (mais l’était-il vraiment ?) que son pays, les États-Désunis, devait arrêter d’emmerder le monde entier, d’asphyxier Cuba, de kidnapper les présidents vénézuéliens, de faire la guerre à l’Irak après avoir fait mentir un général en chambre qui secouait sous le nez de son voisin une fiole censée contenir un poison mortel, etc., etc. Oui, ce pays méritait le nom que lui avait donné un de ses plus grands écrivains, air-conditioned nightmare, ce qui signifie cauchemar climatisé.
En effet, malgré la fausse image entretenue dans les médias aux ordres, malgré tous les mensonges propagés, il était clair pour tout esprit honnête que ce pays était plus un enfer qu’un paradis, car seul comptait l’argent. Money, money, money ! Le riche était respecté, même s’il avait violé 50 veuves, mais le pauvre était honni, cloué au pilori. Il n’avait pas droit au respect auquel tout être humain a droit.
Dans ce pays, le plus riche qu’on ait jamais vue – même la Rome antique fait piètre figure – des milliers de gens dormaient dans leur voiture ou dans les rues.
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Haïti : Il était une fois un vaste scandale politico-financier appelé l’affaire PetroCaribe (Première Partie)

Par Robert Lodimus —

(Première Partie)

La corruption est criminogène. Surtout lorsqu’elle est pratiquée dans des institutions publiques qui sont investies du mandat de servir et de protéger les populations fragilisées. 

Quand la tragédie s’appellera Mi Laï [1], je me trancherai plus la gorge avec des mots inutiles sur la page à moitié vide de mes chagrins. Si la Rivière Massacre doit encore charrier d’autres cadavres dans le fleuve Artibonite, je ne m’amuserai plus avec des mots suspendus dans le temps qui nous écorche…Si jamais demain doit être encore un présent au goût de fiel, alors je crierai comme Shakespeare : « Déjà mort, il n’y a plus de mort possible. » Et juste en bas de mon épitaphe, on écrira ces deux phrases d’Heinrich Heine : « L’arme sied mieux que la couronne au cercueil du poète. Elle est le témoignage de sa fidélité aux luttes libératrices de l’humanité. »

(Robert Lodimus, Vers l’aube de la Libération, 1988, poésie)

Les conséquences socioécomiques des pratiques de la corruption dans les sociétés planétaires du Nord et du Sud préoccupent au plus haut point les organismes qui œuvrent dans le domaine des Droits humains.<p>  Lire Plus

« Le Langage », « Un Jeune Roi et Un Jeune Empereur » & « Viens Voir Si Je Suis Vivant »

Le Langage

La lettre formule le mot qui devient la parole qui permet le dialogue et la communication. L’être humain use, refuse, abuse la formulation qui conduit au doute, à la confusion, à l’insulte, à la zizanie et au subterfuge avant d’arriver à l’entente, à la clarté, à la félicitation, à l’union et à l’honnêteté. Chaque élocution représente non seulement la signification, mais la culture d’un mot. Plusieurs peuples partagent une même langue mais avec des nuances culturelles qui peuvent causer de grandes diparités. Un spécialiste linguistique est obligé de présenter les subtilités qui différencient la structure de la langue, mais aussi les variations culturelles entre les peuples exprimant une langue particulière. Trop souvent, sans le vouloir, pensant parler une langue commune, la mésentente est créée au lieu de l’entente. Prenons garde de ne pas froisser par mégarde en s’exprimant avec un vernaculaire commun!
Jean-Bernard Bayard

Un Jeune Roi et Un Jeune Empereur

Quand le roi d’Haïti Henri Christophe avait neuf ans, il aimait jouer aux billes. Un jour au jardin du Luxembourg, il rencontra Napoléon Bonaparte agé de sept ans avec un sac de billes chelènes.<p>  Lire Plus

« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre III

 Par Robert Lodimus —

Chapitre III

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Sous les griffes de la terreur

« Après l’anéantissement des ennemis armés, il y aura encore des ennemis non armés; ceux-ci ne manqueront pas de mener une lutte à mort; nous ne devons jamais les sous-estimer. Si nous ne posons pas maintenant le problème de cette façon, nous commettrons les plus graves erreurs. »

(Mao Tsé-toung)

Naître, grandir, vieillir, mourir en Haïti sont lourds de cauchemars et d’épreuves. Inestimables de conséquences. Comment passer toute une existence à louvoyer sur un océan d’obstacles anguleux, presque insurmontables, sans en apporter les séquelles avec soi dans la tombe?

Tout ce que les Haïtiens ont hérité, jusqu’à présent, de la grande victoire du 18 novembre 1803 à Vertières, ce sont des sacs de tribulations qu’ils ne cessent infatigablement de traîner sous un soleil d’incertitude et d’inquiétude qui glace le cœur et qui gèle le sang. Où chercher encore le chemin de ce « Canaan »? N’est-ce pas la quête acharnée de ce lieu de rédemption, de cet endroit de salut, de cet emplacement de sécurité qui explique la présence de tous ces compatriotes aux États-Unis, en France, au Canada, en République Dominicaine, aux Bahamas et ailleurs?<p>  Lire Plus

« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre II

Par Robert Lodimus

Chapitre II

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Ils ont assassiné notre rêve

« Il vient une heure où philosopher ne suffit plus : après la philosophie, il faut l’action. »

(Victor Hugo)

Rien ne présageait de la tempête politique qui allait se lever à l’horizon. Cette journée-là, comme à l’accoutumée, les nuages de frayeur se bousculaient dans le ciel de la saison automnale. Cet automne maudit a repeint les villes, les bourgs et les villages en jaune de la trahison, en rouge de la cruauté et en blanc de la capitulation. Les riverains craquaient, se cassaient en deux et gémissaient sous les fouets des persécutions politiques. De leur bouche souffreteuse et peureuse coulait la bave d’une colère rageuse qui bouillonnait à l’intérieur, et qu’ils cherchaient en vain à transformer en une boule de révolte enflammée. Gardaient-ils encore l’espoir de parvenir à incendier et à faire exploser le « bunker » où se retranchaient les visages du « Mal » absolu de ce siècle bouleversé ?

Les âmes éprouvées se repliaient dans la léthargie et la démobilisation que leur imposaient l’incertitude et la résignation.<p>  Lire Plus

Quand toutes les roches toucheront l’eau

— Par Gary Klang —

Mes Chers Compatriotes,

J’en appelle à toutes les classes sociales, aux dirigeants, aux possédants, aux démunis, aux Noirs et aux Mulâtres. Nos dirigeants ont pour devoir d’apaiser les souffrances d’Haïti et pourraient pour cela s’inspirer de Fidel qui, malgré le blocus, a donné à son peuple l’éducation et les soins de santé gratuits. Mais rien de tel chez nous.

Le Président Aristide l’a constaté de manière imagée : woch nan dlo pa konnen doulè woch nan soley. La classe aisée, qui loge dans les belles villas, et le peuple, qui croupit dans la boue, s’ignorent et vivent dans deux mondes séparés.

Mais contrairement aux autres dirigeants, tu as voulu changer les choses, mon cher Titide. Hélas, au lieu de t’aider, toi qui risquas ta vie pour chasser Duvalier, les bien-pensants se sont ligués contre toi et t’ont destitué. Tu as eu droit à deux coups d’État et le peuple souffre toujours autant. Qui pis est, ce sont tous les Haïtiens, sans exception, qui aujourd’hui pâtissent des gangs.

Cependant, lorsque je pense à la grandeur de l’épopée dessalinienne, je garde encore espoir : le pays renaîtra !<p>  Lire Plus

« Crétin » &  » Les jeux sont faits »

Crétin

Ta demeure la planète terre tu l’as terrassée
Tes frères et sœurs tu les as déshumanisés
Tes ressources naturelles tu les as troquées
Ton beau climat tu l’as déréglé et contaminé
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Tes institutions sont infectées de corruptions
Tes dirigeants sont sans talent et compassion
Tes religieux sont des hypocrites de dévotion
Tes élites sont des avides de sale exploitation
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Ta mentalité est tant humiliante et destructrice
Tes actions sont défiantes et démoralisatrices
Ta cupidité est bien intolérante et dévastatrice
Ta malveillance est arrogante et conspiratrice
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Tu accuses les autres pour tous tes malheurs
Ta haine a remplacé ce qui faisait ton bonheur
Ton ignorance ne t’a jamais fait grand honneur
Tu sembles t’enfoncer dans l’énigme sans peur
Jean-Bernard Bayard

Les Jeux Sont Faits
La faim la misère et l’injustice sont systémiques
L’ignorance la malfaisance deviennent symétriques
La corruption l’avidité et l’immoralité sont juridiques
Ainsi est formulée la base des pays démocratiques<p>  Lire Plus

« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre I

— Par Robert Lodimus —
Tous les quatre ou cinq ans, les masses populaires participent à des mascarades électorales organisées sur la planète par les États mafieux. Elles votent des incompétents, des voleurs, des corrupteurs, des assassins, des usurpateurs, des traîtres, des « malfrats »… Elles octroient la « légitimité gouvernementale » à des fauves qui protègent les intérêts des oligarques et qui les dévorent. Le système électoral, tel qu’il se définit aujourd’hui dans les pays dominants et dominés, et par le but qu’il poursuit, demeure une « invention diabolique », en vue d’exploiter la naïveté des électeurs qui n’ont  pas une « faculté cognitive adéquate » pour rationnaliser leur bulletin de vote.

(Robert Lodimus, Voter : c’est choisir son maître)

« Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme, et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation. Du jour où tombe l’antagonisme de classe à l’intérieur de la nation, tombe également l’hostilité des nations entre elles. »

(Karl Marx)

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Avant-propos

De temps en temps, des milliers d’Haïtiens envahissaient les rues de la capitale et des principales villes du pays.<p>  Lire Plus

La foyalaise. (3)

La foyalaise (3)

Par Myrna Nérovique
La foyalaise rêvait de Vladymyr, un jeune homme qu’elle ne connaissait point encore. Le fantasme de ses nuits, de ses pensées, de son cœur…

Dieu seul sait, comme elle l’aimait.

Elle devait encore se rendre chez le médecin généraliste, à cause de sa pathologie physiologique : son début de cancer, notamment.

Mariam occupait encore ses pensées. Elle le savait. Une ex à lui, qui vivait en Espagne ; elle n’en doutait parfois, pas du tout.

Les enfants foyalais lui avaient dit de prendre garde, face à cette femme, qu’ils pensaient venimeuse et Saritane écoutait toujours les enfants et la jeunesse, en général. Pourtant, Mariam semblait très avenante et très gentille, dans la délicatesse de son cœur exquis.

La vérité sort de la bouche des enfants… D’ailleurs, Marimar, Muñeca Brava, Rosalinda, étaient des feuilletons qu’elle suivait jeune. Car, Saritane était chrétienne et aimait les enfants. Son rêve était de devenir Maman. Non, Sarita n’était pas une imbécile. Saritane savait que Vladymyr l’aimait, mais elle connaissait vraiment le monde d’aujourd’hui.

Elle marchait encore. Était-ce devant elle, l’ancien local de France-Antilles ?<p>  Lire Plus

« Rencontre », « Indépendance, Souveraineté, Autonomie », « Madan Kafa », et autres…

Jean-Bernard Bayard —

Rencontre

Dans le monde immatériel de l’univers, quatre hommes se rencontrèrent pour discuter de la déchéance de la race humaine. Ces hommes représentaient trois continents: Asie du Sud, Afrique, Amérique du Sud, et les Antilles. Ils étaient Mahatma Gandhi de l’Indes, Nelson Mandela de l’Afrique du Sud, Che Guevara de l’Argentine, et Fidel Castro de Cuba. Ils voulaient savoir les causes de la déchéance, et comment y remédier. Gandhi, après avoir reçu et remercié les trois autres, les invita à s’asseoir autour d’une table ronde. Après un moment d’échange amical, le plus jeune posa la première question thématique. « Messieurs, je suis le plus jeune, et je fus assassiné très jeune pour avoir défendu l’humanité de notre espèce. » Gandhi le regarda avec un petit sourire empreint de compassion. « Oui nous nous sommes engagés pour la promotion de l’humanité et nous fumes assassinés toi à 39 ans, moi à 79 ans. » Castro, ne pouvant s’empêcher un peu d’humour, s’exclama: « Ils ont essayé 638 fois de m’assassiner, mais me trouvèrent invincible, je fus assassiné par la vieillesse! <p>  Lire Plus

Lettre à Duvalier

— Par Gary Klang —
Tu as tout gâché Duvalier
Avant toi
Tout allait bien
La peur n’existait pas
Ma ville était un havre
Blotti contre la mer qui souriait aux étoiles
Les bougainvilliers s’étiraient langoureusement contre les murs
Joyeux
Comme des jeunes filles en fleurs
Le mal n’était qu’un mot
La vie avait un goût de mangue et d’oisiveté
Et c’est alors que tu vins
Faisant du meurtre la norme
Avec ton Fort Dimanche
Qui n’avait rien de dominical
Et où régnait une femme
Pire que tes sbires
Dont le nom aurait plu au führer
Madame Adolphe
Madan Max Adolphe
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« La Dillonaise », par Myrna Nérovique

— Par Myrna Nérovique —

Partie I)…

La Dillonaise remontait terriblement le Morne de Dillon, situé à proximité de l’église adventiste, dont la blancheur d’albâtre, jaunissait avec le temps.

Nous aurions pu lui donner la vingtaine, mais elle approchait déjà de la quarantaine et elle pleurait devant la marmaille, n’ayant point d’ouailles.

Manque de pot pour elle, elle n’avait pas pris la voiture et dans l’indécence de ses habits, le reflet d’une pauvreté assumée, elle était passée au McDonald’s, nouvellement reconstruit, pour déguster simplement sur le pouce, au retour de ses achats, tandis qu’elle gravissait gravement le Morne, le Mac France, un des symboles de la prochaine coupe du monde de 2026.

Près du mythique McDonald’s de Dillon, dans l’allée de son chemin de traverse, où des sueurs froides lui traversaient la nuque, d’une démarche alerte, elle avait observé au loin, le temps d’une fraction de seconde, le Carrefour de Dillon, toujours superbe, dominant les autres commerces encore, dans la décence de son bel âge, malgré la pauvreté de son voisinage.

Elle se disait, en son encéphale : à quoi bon servait d’acheter tous ces jouets ?<p>  Lire Plus