Catégorie : Écrits

« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre VI

— Par Robert Lodimus —

Chapitre VI
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Élections frauduleuses en Haïti :

Monsieur l’ambassadeur, ça ne passe pas : sinon ça casse !

« Notre plus grande gloire n’est point de tomber, mais de savoir nous relever chaque fois que nous tombons. »

(Confucius)

De passage au Canada, un individu nous a expliqué qu’au second tour des élections présidentielles en Haïti, il soutient astucieusement les deux derniers candidats qui restent dans la course. Il apporte une contribution financière à parts égales à l’un et à l’autre. « Je gagne à tous les coups; il s’agit d’un placement habile qui, dans tous les sens, me rapporte gros », lâchait-il en s’esclaffant. Dans la pratique haïtienne, le financement privé ne provient pas de modestes contributions populaires, mais des milieux très restreints de la bourgeoisie compradore composée de femmes et d’hommes d’affaires puissants, ainsi que d’autres secteurs de l’élite économique. Ces donateurs mystérieux et louches financent ordinairement les campagnes de plusieurs candidats concurrents à la fois. Ce « jeu coquin » leur garantit d’avoir l’oreille du vainqueur, peu importe le résultat du scrutin.  Lire Plus

« Deux arbres rouges »

Deux arbres rouges
Deux arbres rouges me regardent par la fenêtre
Deux arbres tels des gardes rouges
Ils me fascinent par leur beauté
Leur calme
Et me font oublier toutes les laideurs du monde
Je pense à la Révolution
Je pense à ce surhomme
Qui traversa fleuves et montagnes
Tout en combattant l’ennemi chinois
Et l’ennemi japonais
Qui dit mieux mes amis
Sans oublier le docteur Béthune
L’immense docteur Béthune
De Montréal
Qui accompagna le président Mao au nom de la Révolution
Je pense également à Fidel
Et au Che
Qui donna sa vie pour les misérables
Comme aurait dit Victor Hugo
Eux aussi firent une épopée
Et c’est un devoir de mémoire que je veux ici leur rendre
Pensons à eux
Car aujourd’hui où l’argent est roi
Il nous faut
Pour ne pas mourir
Respirer l’air des hauteurs
Et de la grandeur
GARY KLANG
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Mes chers Trompinou et Rubicon,

— Par Gary Klang —

Je me fais l’avocat, non pas du diable, mais d’un pays que j’aime beaucoup : Cuba. Pourquoi nuire à ce pays qui a fait l’une des plus belles révolutions du monde avec à sa tête un certain Fidel Castro, accompagné d’un dénommé Che Guevara ? Révolution qui a permis de donner l’éducation et les soins gratuits à tout un peuple et d’envoyer des médecins partout dans le monde pour soigner les plus pauvres. J’en ai vu en Haïti. Sans oublier l’envoi de troupes en Angola par ce même Fidel, afin d’aider Nelson Mandela à se libérer de l’apartheid. A-t-il eu tort ? Bien sûr que non. Alors, Trompinou et Rubicon, pourquoi ne pas imiter ce que font les Cubains au lieu de vouloir les détruire? J’avoue avoir du mal à vous comprendre. Est-ce parce que Rubicon en veut au pays de ses parents que la Révolution aurait chassés ? Cela ne le grandirait pas. Alors, un conseil : changez votre fusil d’épaule. Soyez l’ami des Cubains. Laissez-les libres de choisir leur régime et tout ira pour le mieux.  Lire Plus

Analyse du texte : Je n’ai pas pris l’autre chemin

L’analyse du texte « Je n’ai pas pris l’autre chemin » de l’écrivain et journaliste haïtien Robert Lodimus (publié sur des plateformes comme Rezo Nòdwès) révèle une œuvre à forte charge tragique, politique et allégorique. Le titre fait écho à un choix moral et à un refus du compromis, un thème récurrent dans les écrits engagés de l’auteur.

Voici les axes principaux pour comprendre et structurer l’analyse de ce texte :

1. La métaphore du chemin et l’engagement éthique

  • Le refus de la facilité : Ne pas prendre « l’autre chemin » symbolise le rejet des voies de la compromission, de la corruption ou de la soumission face à l’oppression. Lodimus choisit une voie plus difficile mais guidée par l’intégrité.

  • L’esthétique de la résilience : À l’image de ses autres écrits (comme Mourir pour Vivre), ce texte explore la capacité de l’individu à rester debout malgré un environnement hostile et étouffant, marqué par l’hébétude et l’emprise des ténèbres (évoquées à travers la figure mythologique de Nyx).

2. Le « Mal du siècle » et le drame historique d’Haïti

  • Un miroir de l’histoire collective :

Robert Lodimus dresse un parallèle saisissant entre son parcours personnel et le destin de son peuple.  Lire Plus

La mort n’existe pas

— Par Gary Klang —

Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n’en rêve votre philosophie (Shakespeare, Hamlet)

Je vais vous raconter une histoire qui semble tout droit sortie d’un roman de Stephen King ou d’Edgar Poe, et pourtant tout y est vrai. Elle met en scène le soussigné en compagnie de ses amis Georges Anglade et Gérard Aubourg, sauf qu’à l’époque
Georges était déjà mort et enterré. Certains vont en rire mais j’en prends le risque. Riez, riez, belles âmes ! Cela dit, je peux fort bien comprendre que lorsque Gérard et moi racontions ce qui nous arriva, les amis souriaient d’un air de dire que notre
place était à l’asile de fous de Pont Bedète. Mais tant pis, je prends le risque de passer pour cinglé, car je tiens à partager avec vous ce qui nous arriva par un bel après-midi d’été à Montréal.

Nous étions installés dans le café La Brûlerie, Gérard et moi, à une table où je faisais face à l’entrée, tandis que Gérard regardait le fond de la salle.  Lire Plus

« La Sensibilité », « Logique », « Conscientisation »

— Par Jean Bernard Bayard —

La Sensibilité

La sensibilité n’est pas cette faculté acquise
Elle est innée ou devient une perfide hantise
C’est ainsi que s’explique toutes nos bétises
Elle nous sert si souvent de génial pare-brise
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La sensibilité définit notre profonde humanité
Que l’hypocrisie civilisatrice a si bien atrophiée
Et donne libre cours à toutes sortes de vanités
Qui nous infligent une perte de notre générosité
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La sensibilité est l’amour envers notre prochain
Où l’altruisme règne comme un grand souverain
Dont la moralité et l’intégrité deviennent le destin
De toutes ces nations dirigées de dignes humains
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La sensibilité n’est point avilissante ou humiliante
Elle est très respectueuse et aussi encourageante
Ne dévalorise jamais elle est surtout bienveillante
De toutes les vertus de l’espèce la plus importante
Jean-Bernard Bayard

Logique
L’avenir de notre honorable passé dépend de notre travail présent
Comment louer le beau geste de nos ancètres tout en les humiliant
Saint-Domingue révolte glorifiée devient Haïti pays déshumanisant
Comment espérer de toutes nos magouilles un futur resplendissant
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Un passé simple peut nous offrir aussi bien un beau futur antérieur
Un passé composé n’offrira point un conditionnel présent supérieur
Cependant un present composé de bonnes intentions de l’intérieur
Projette alors un plus que parfait collectif à tout le monde extérieur
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Si nous avons un passé conditionnel peut-on espérer une évolution
Quelque soit le mode subjonctif ne sera-t-il pas de la subordination
Que ce soit bien le participle présent ou passé de toutes nos actions
Il est impératif d’être autonome, et souverain de notre chère nation
Jean-Bernard Bayard

Conscientisation
Sommes-nous une espèce morale intègre et sage
Nous disons être raisonnable et non pas sauvage
Du berceau de la civilisation à notre présent âge
L’extermination est notre seules curieux partage
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Sommes-nous une espèce cupide avide et cruelle
Nous disons être paisible et surtout pas criminelle
De tous temps la violence nous a été traditionnelle
La corruption est notre déviance constitutionnelle
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Sommes-nous la race magouilleuse et machiavélique
Nous disons être équitable et alors pas démagogique
Notre histoire démontre bien une mentalité satanique
La vérité est-elle réelle ou une propagande mystique
Jean-Bernard Bayard  Lire Plus

Lettre à un raciste

— Par Gary Klang —
Salut raciste,
Tu me détestes parce que j’ai la peau noire, mais bizarrement, pour les grands jours, tu revêts un smoking noir. Va comprendre. Tu te crois supérieur aux autres parce que t’as la peau blanche, comme ce cinglé d’Hitler qui, soit dit en passant, était plus proche du méditerranéen que du Danois. Plus cinglé que ça tu meurs et il l’était tellement que dans sa haine il décida un jour sans crier gare d’éliminer tous les juifs de la terre. Et le pire dans cette affaire est qu’il n’a trouvé personne pour lui dire qu’il divaguait. A quoi pensaient donc les Germains ? Reprends-toi, Adolf. Reviens sur terre. Est-ce parce que les juifs se disent le peuple élu, et que tu penses que cet honneur te revient de droit ? Tu vois bien que nous nageons dans l’absurde, car il n’y a personne d’élu. Qui les aurait élus ? Sache qu’on se sent tellement mieux en accueillant l’autre, en lui ouvrant les bras, au lieu de le repousser. Tellement heureux en choisissant le bien au lieu du mal.
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Les Chiens des ténèbres

— par Gary Klang —
«Prends les poils de la queue d’un chien noir, qui n’aura rien de blanc, avec un peu de sa graisse, qu’on fera fondre; ensuite que l’on fasse une mèche de quelques morceaux d’un drap mortuaire et qu’on frotte avec ce que l’on a composé; si on l’allume sur une lampe verte avec de l’huile de sureau, dans une chambre où il n’y aura pas d’autre lumière, on verra des choses admirables et surprenantes» (Le Grand Albert)
Port-au-Prince dormait encore lorsque le président Faustin se réveilla à 5 h du matin en pensant à
une phrase de Robespierre :
« On conduit le peuple par la raison et les ennemis du peuple par la terreur.» 
 
Certes, il fallait conduire les ennemis par la terreur, leur couper les couilles, la tête et la parole, mais aucun peuple ne méritait d’être conduit par la raison. Robespierre était naïf mais lui, Faustin, n’avait qu’un but : éliminer tous ses ennemis.
Pour ne plus être humilié.
Il n’oublierait jamais ce petit homme, pourtant noir lui aussi, qu’il avait eu pour prof à la fac de médecine dans les années 40.
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« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre V… suite

— Par Robert Lodimus —

Chapitre V (Suite)

Magouilles, mensonges et dilatoires

C’est un faux débat de société de conditionner un « processus démocratique » à la durée d’un « règne politique ». Ainsi, Cuba serait une « dictature » parce que les frères Castro qui ont risqué leur vie pour libérer leur peuple sont au pouvoir depuis le 1er janvier1959. Et qu’en fait-on des réalisations tangibles, des progrès concrets de la « Révolution » depuis toutes ces décennies : éducation, santé, logement, eau potable, sécurité publique, transport… ? N’était-ce l’embargo des États-Unis décrété contre le pays de José Marti, de Camillo Cienfuegos, de Celia Sanchez, de Vilma Espin, de Haydée Santamaria, à quel carrefour de développement durable serait parvenu le peuple cubain à l’heure actuelle ? Lisez donc, ou relisez « Les Saints vont en enfer » de Gilbert Cesbron, et dites-nous si la démocratie, pour vous, s’apparente aux cas des travailleurs, des ouvriers, des journaliers qui se détruisent par millions dans les usines de sous-traitance nord-américaines ou ailleurs ?

« Les saints vont en enfer » – vous le savez peut-être déjà – est le célèbre livre de l’écrivain, romancier et dramaturge français Gilbert Cesbron publié en 1952, qui plonge au cœur du mouvement des prêtres-ouvriers en France durant les Trente Glorieuses.  Lire Plus

« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre V

— Par Robert Lodimus —

Magouilles, mensonges et dilatoires

« Les vices de l’esprit peuvent se corriger ; mais quand le cœur est mauvais, rien ne peut le changer.»

(Voltaire)

Les élections générales du 25 octobre 2015 en Haïti, comme nous l’avons souligné au chapitre précédent, n’ont pas échappé aux étampes des « magouilles traditionnelles ». Elles ont marqué le début d’une crise politique majeure et d’une instabilité institutionnelle prolongée dont le pays subit encore les répercussions profondes. Conçu à l’origine pour élire un nouveau président, renouveler le Parlement et choisir les magistrats municipaux, ce triple scrutin s’est rapidement transformé en une « impasse démocratique » majeure.

Le premier tour des élections, combiné aux législatives et aux municipales, s’est tenu dans un climat de forte tension. Plus de 50 prétendants briguaient la succession de l’arsouille et l’aigrefin sortant, le chef dévoyé du PHTK. Seul environ un quart des électeurs inscrits s’est déplacé aux urnes. Bien que la journée du vote ait été globalement épargnée par de grandes violences, le dépouillement a été entaché d’accusations graves de bourrage d’urnes et d’irrégularités généralisées.  Lire Plus

« L’Indifférence », « L’Humain » …

— Par Jean-Bernard Bayard —L’Indifférence
L’indifférence est-elle une forme de dépression
Ou serait-elle plutôt une méprisable aberration
Quand tout un peuple semble renier leur nation
N’acceptant pas la responsabilité de leur action
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L’indifférence représente-t-elle une infecte lâcheté
Ou pourrait-elle être une nature de gens dénaturés
Quand toute la racaille hypocrite se fait dévalorisé
N’acceptant aucun blame de sa sale malhonnêteté
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L’indifférence est pour moi une capitulation de droits
Ou encore de désavouer tous les conceptes de la loi
Quand toute une population déçue perd toutes voies
N’acceptant qu’une défaite absolue abdiquant leur foi

Jean-Bernard Bayard

L’Humain
L’humain est d’une espèce paradoxale
C’est une créature plutôt contradictoire
La race humaine est vraiment illogique
Une entité complètement controversée
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L’humain est surtout incompréhensible
C’est une créature bien trop contrariée
La race humaine est surtout irrationelle
Une entité qui agit en tant qu’opposée
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Il se protège et en même temps se tue
Il se nourrit et sans raison il s’affame
Il soigne et du coup il se rend malade
Il aime sans pouvoir s’arrêter de haïr
Jean-Bernard Bayard

 

Lettre Ouverte aux Politiciens Haïtiens

Chers Concitoyens:
Si je m’adresse à vous aujourd’hui, la situation doit-être bien plus que précaire.  Lire Plus

Analyse sociolittéraire des « Larmes du destin » de Robert Lodimus

(Avec l’aide IA)

Les larmes du destin de l’écrivain et journaliste haïtien Robert Lodimus est un récit poignant qui s’inscrit comme un plaidoyer littéraire et social contre la misère, l’analphabétisme et l’exploitation humaine en Haïti.

À travers l’évocation de figures populaires de l’informel, le texte dresse une critique sans concession des structures inégalitaires de la société.

1. La radiographie de la misère et de l’informel

Le récit met en lumière la vie des couches les plus vulnérables de la population, symbolisées par des personnages comme Esthée, une marchande ambulante de maïs bouilli.

  • L’espace de la vulnérabilité : L’auteur décrit un environnement marqué par l’indigence, l’aliénation et le manque d’éducation. La ville y est dépeinte avec une « sombritude » métaphorique, illustrant la lourdeur du quotidien.

  • La dignité dans la précarité : Malgré la dureté de sa condition (« l’indigente créature »), le personnage conserve une mine souriante et s’attire l’admiration de sa clientèle. Lodimus souligne ici la noblesse et le courage des petits travailleurs face à l’adversité économique.

2. Une esthétique naturaliste et engagée

L’écriture de Robert Lodimus se rapproche des codes du naturalisme moderne, rappelant parfois le rôle de témoin social d’un Émile Zola.  Lire Plus

Marina Tsvetaïeva : la poésie comme dernier territoire

— Par Rodolf Etienne —

Il y a quatre-vingt-cinq ans, le 31 août 1941, Marina Tsvetaïeva mourait à Yelabuga, emportée à quarante-huit ans par la guerre, la pauvreté, l’isolement et la terreur stalinienne. Sa vie fut fracassée par le siècle ; sa langue, elle, ne se soumit jamais. Relire aujourd’hui cette immense poète russe, c’est entendre une voix qui transforma l’exil, l’amour, la faim et la perte en une énergie littéraire sans équivalent.

Marina Tsvetaïeva à sa table de travail, entre Moscou et Paris.

Elle semble appartenir à plusieurs mondes sans avoir pu demeurer pleinement dans aucun. La Russie impériale de son enfance disparaît dans la révolution. L’émigration russe de Paris la tient à distance. L’Union soviétique où elle revient devient un piège. Même la littérature, qui constitue sa seule patrie durable, ne lui offre ni sécurité matérielle ni protection.

Pourtant, de cette vie continuellement déplacée, Marina Tsvetaïeva tire une œuvre d’une intensité presque physique.

Chez elle, le poème ne raconte pas simplement une émotion : il la précipite. Les mots s’élancent, butent, se coupent, repartent. Les tirets ouvrent des abîmes ; les ruptures de rythme deviennent des battements de cœur.  Lire Plus

Algérie, ce pays presque mien

En l’honneur de mon ami-frère Karim Akouche
— Par Gary Klang —
Lorsque mon ami-frère Karim Akouche m’incita à écrire un texte sur l’Algérie, j’ai su tout de suite que j’allais remuer beaucoup de souvenirs et de points sensibles car, bien que n’y étant jamais allé, ce pays presque mien me tient autant à cœur qu’Haïti, la France ou le Canada.
Je suis né en Haïti. Ma mère et mes grands-parents maternels sont eux aussi nés dans cette île, ce qui fait de moi un vrai natif natal, comme on dit là-bas. Tandis que mon grand-père paternel a vu le jour à Bône (Annaba) en Algérie, le 6 septembre 1883. La guerre de 1870 chassa Napoléon le Petit, mais aussi mon arrière-grand-père de Metz, en Alsace-Lorraine. Voici ce qu’en dit mon grand-père, Charles Klang, dans ses Mémoires :
« Pieds nus dans la neige et sous la rigueur du froid en hiver, c’est ainsi qu’il (son père Louis-Arthur) s’est battu. A la reddition de Metz, où il se trouvait alors, les Allemands lui offrirent le choix : ou demeurer à Metz et devenir Allemand, ou laisser la ville dans les 24 heures.
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« Les Tigres sont encore lâchés » : chapitre IV

— Par Robert Lodimus —

Chapitre IV

La République est morte !

Où est ce « Jésus » qui la ressuscitera  comme Lazare ?

« Là-bas est l’île aux tombes, la taciturne; là-bas aussi sont les tombes de ma jeunesse. Je veux y apporter, toujours vertes, une couronne de vie… »

(Frederick Nietzsche, Le chant des tombes, Ainsi parlait Zarathoustra)

Que faudrait-il encore écrire ou dire pour espérer arracher quelques larmes de conscience aux vendeurs du droit d’aînesse de la République d’Haïti. Ces conspirateurs et ces traîtres, attirés par le pouvoir et l’argent, flirtent depuis des décennies avec les néocolons qui ont fait le serment sur la tombe de leurs ancêtres négriers de conduire la Nation haïtienne à sa ruine et à sa perte. « Haiti must disappear », répètent avec hargne et abjection les forbans cachés dans le ventre de l’Organisation des Nations unies (ONU). Haïti doit disparaître pour permettre à la France impériale d’enlever des pages de l’histoire universelle l’outrage de la prodigieuse défaite qu’elle subit sur la terre de Saint-Domingue. Une bande d’esclaves incultes, certes, mais géniaux, kidnappés de l’Afrique, osèrent apprendre aux empires kleptocrates européens, maîtres absolus des vols et des rapines en Amérique, le sens équitable et plénier du concept de « Liberté ».  Lire Plus

Quand « L’écho d’avant » entre en prison…

— Par Emmanuel de Reynal —

Il y a quelques jours, je suis entré au centre pénitentiaire de Ducos avec un livre sous le bras. Pas tout à fait n’importe lequel puisqu’il s’agissait du mien, »L’écho d’avant » (éditions L’Harmattan). J’y étais invité par l’association Lire pour en Sortir, par l’entremise de mon amie Cécile, qui y est engagée depuis plusieurs années.

Je connaissais l’association de nom, mais assez peu son action. Créée autour d’une idée aussi simple que forte — faire de la lecture et de l’écriture des instruments de réinsertion —, elle organise dans les établissements pénitentiaires des programmes de lecture, des rencontres avec des auteurs et des ateliers d’écriture. Ce jour-là, une dizaine de détenus volontaires m’attendaient. Tous avaient lu L’écho d’avant. J’avoue que je ne savais pas très bien à quoi m’attendre. La rencontre a commencé autour du livre. Très vite, les questions sont venues. Sur les personnages, sur la mémoire, sur l’enfance, sur ce que nous perdons en grandissant. Certaines remarques étaient précises, d’autres plus personnelles.

Toutes témoignaient d’une lecture attentive. Mais ce qui m’a surtout frappé, c’est la curiosité.  Lire Plus

Lettre de Gary Klang à Marco Rubio

Mon Cher Marco,

Tu as 55 ans et moi 84. Vu la différence d’âge, je t’écris comme un père écrirait à son fils. Sans haine et sans colère, car je pense que notre monde a besoin de beaucoup d’amour, surtout par les temps qui courent. Je ne vais donc pas ajouter du négatif à une situation qui en a déjà trop.

Tu voudrais, semble-t-il, renverser le régime cubain. Je ne connais pas l’histoire de ta famille mais tout porte à croire que tu voudrais te venger de la Révolution castriste. Cependant, tu n’ignores sûrement pas ce qu’elle a apporté à la patrie de tes parents en réalisant ce que aucun gouvernement américain n’a jamais fait pour son peuple.

Fidel a éliminé le préjugé de couleur qui pourrissait le pays. Il a aussi donné à tous les Cubains l’éducation et les soins gratuits au point que certains Américains viennent se faire soigner à la Havane. Son système universitaire forme des milliers de médecins qui vont partout dans le monde. J’en ai vu en Haïti, mon pays de naissance. Ils vont dans les coins les plus reculés pour soigner les malades, là où les médecins haïtiens ne se rendent pas.  Lire Plus

Ode au Che

Prévisualiser (ouvre un nouvel onglet)— Par Gary Klang

O Che
Un jour
Par haine de l’injustice
Tu partis à la défense des opprimés
Sur les routes de poussière et dans la jungle
Malgré l’asthme qui ne t’a jamais quitté

Tout allait bien
Tout prenait sens
Mais tout prit fin dans un village perdu des Andes
L’homme de main te croyait vaincu
Mais ce qu’il ignorait
C’est que tu vivrais éternellement dans la mémoire des hommes

Adios Compañero Heroico
Je te salue de tout mon cœur
De toute mon âme
Repose en paix
Car ton corps
Allongé presque nu sur une table de campagne
A vaincu la mort à tout jamais  Lire Plus

Haïti : Il était une fois un vaste scandale politico-financier appelé l’affaire PetroCaribe (Troisième partie)

 — Par Robert Lodimus —

Ce sont la corruption socioéconomique et l’ambition politique indécente qui ont fissuré la fondation de la République d’Haïti.

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« Il a fallu des siècles pour rendre justice à l’humanité, pour sentir qu’il est horrible que le grand nombre semât et que le petit nombre recueillît. »
Voltaire

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Il n’y a pas eu un seul gouvernement haïtien qui ait été épargné par les étiquettes qui font l’objet de cette réflexion plantureuse! D’ailleurs, L’État de 1804, au lendemain même de sa naissance s’est retrouvé coincé, prisonnier d’un  cul-de-sac sociopolitique et économique, qui annonçait l’échouage de la nouvelle cité. Une société construite sur des arpents d’insécurité publique, sur des acres d’injustice sociale ne peut  déboucher que sur l’anarchie politique. Pas dans le sens développé par le théoricien socialiste Pierre Joseph Proudhon qui vécut de 1809 à 1865.

Le substantif « anarchie » vient du grec « anarkhia ». On y retrouve le terme « arkhê » qui signifie « pouvoir », « principe », « commandement »… En y ajoutant le préfixe « an », on obtient « absence de principe », « absence de chef ou d’autorité », « absence de gouvernement », etc.  Lire Plus

Ma belle langue créol,

—Par Gary Klang —
O mon créole,
Tu es peut-être la seule langue au monde où la notion de faute n’existe pas. Mais au pays où je suis né, dans cette île jadis nommée Perle des Antilles, les gens qui se disaient de bien pensaient que tu ne devais être parlée que par les gens du peuple. Je me souviens qu’à l’école quiconque osait s’exprimer en créole était puni.
Et pourtant, comme tu es belle et comme tu rayonnes. Tu portes en toi ce qu’aucune autre langue au monde ne possède : l’absence de faute et de culpabilité. Toute voum sé do. Personne ne sera jamais pointé du doigt.
Tu portes en toi tous les parfums de l’île, toutes ses odeurs. La beauté des bougainvillées, la saveur de la mangue, l’inoubliable ilang-ilang qui parfumait les nuits de mon enfance.
Je revois l’oiseau-mouche sautant de fleur en fleur, heureux de vivre; la marchande descendant des montagnes en portant sur la tête un amas de légumes; pieds nus, sourire aux lèvres et sans jamais se plaindre.
Oui, j’aime le créole, j’aime ce peuple courageux si digne dans sa souffrance.
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Haïti : Il était une fois un vaste scandale politico-financier appelé l’affaire PetroCaribe (Deuxième partie)

— Par Robert Lodimus —

L’Affaire PetroCaribe réveillera probablement dans les mémoires le grand scandale de corruption enregistré au sein de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti présidée par les escrocs Bill Clinton et Jean-Marx Bellerive, après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti.

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Le vendredi 3 mars 2017, les Haïtiens apprenaient avec surprise la mort de l’ex-président René Préval des suites d’un accident cardio-vasculaire. Il avait dirigé la République durant dix ans. Sans interruption de ses deux  mandats obtenus dans l’intervalle de cinq ans. C’est sous le deuxième gouvernement de René Préval que l’État vénézuélien incluait Haïti sur la liste des pays bénéficiaires du programme PetroCaribe. L’accord a été signé en 2008. Soit deux années avant la catastrophe sismique du 12 janvier 2010 qui a détruit la ville de Port-au-Prince et ses banlieues. Le montant du prêt à très faible intérêt (1%) octroyé par le Commandant Chavez à ses bienfaiteurs de la Caraïbes pouvait atteindre un plafond de 30 millions de dollars US par mois, soit 360 millions de dollars l’an. Le remboursement devrait s’étaler sur 25 ans, avec une période de grâce de 2 ans, selon les modalités prévues dans les clauses du contrat.   Lire Plus

« Différence », « L’Heure », « L’Escroquerie », Haïti

Différence
Quelle est la différence entre le coeur cassé et le coeur délaissé
Quelle est la différence entre l’amour mort et l’amour mort-né
Quelle est la différence entre l’âme blessée et l’âme dévastée
Quelle est la différence entre l’espoir naissant et l’espoir épuisé
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Quelle est la différence entre un peuple pétri et un peuple démuni
Quelle est la différence entre la patrie solidaire et la patrie asservie
Quelle est la différence entre un pays d’autonomie et un pays failli
Quelle est la différence entre la nation prospère et la nation avilie
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Quelle est la différence entre le monde endogène et le monde exogène
Quelle est la différence entre globe hétérogène et globe de gangrène
Quelle est la différence entre planète iconogène et planète obscène
Quelle est la différence entre belle scène et sordide zizanie de haine  Lire Plus

Une maison dite blanche

un conte pour grandes personnes 
— Par Gary Klang
Dans une ville appelée Ouachinetone, il y avait un président appelé Dodo Trap qui décida un beau jour (mais l’était-il vraiment ?) que son pays, les États-Désunis, devait arrêter d’emmerder le monde entier, d’asphyxier Cuba, de kidnapper les présidents vénézuéliens, de faire la guerre à l’Irak après avoir fait mentir un général en chambre qui secouait sous le nez de son voisin une fiole censée contenir un poison mortel, etc., etc. Oui, ce pays méritait le nom que lui avait donné un de ses plus grands écrivains, air-conditioned nightmare, ce qui signifie cauchemar climatisé.
En effet, malgré la fausse image entretenue dans les médias aux ordres, malgré tous les mensonges propagés, il était clair pour tout esprit honnête que ce pays était plus un enfer qu’un paradis, car seul comptait l’argent. Money, money, money ! Le riche était respecté, même s’il avait violé 50 veuves, mais le pauvre était honni, cloué au pilori. Il n’avait pas droit au respect auquel tout être humain a droit.
Dans ce pays, le plus riche qu’on ait jamais vue – même la Rome antique fait piètre figure – des milliers de gens dormaient dans leur voiture ou dans les rues.
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Haïti : Il était une fois un vaste scandale politico-financier appelé l’affaire PetroCaribe (Première Partie)

— Par Robert Lodimus —

(Première Partie)

La corruption est criminogène. Surtout lorsqu’elle est pratiquée dans des institutions publiques qui sont investies du mandat de servir et de protéger les populations fragilisées. 

Quand la tragédie s’appellera Mi Laï [1], je me trancherai plus la gorge avec des mots inutiles sur la page à moitié vide de mes chagrins. Si la Rivière Massacre doit encore charrier d’autres cadavres dans le fleuve Artibonite, je ne m’amuserai plus avec des mots suspendus dans le temps qui nous écorche…Si jamais demain doit être encore un présent au goût de fiel, alors je crierai comme Shakespeare : « Déjà mort, il n’y a plus de mort possible. » Et juste en bas de mon épitaphe, on écrira ces deux phrases d’Heinrich Heine : « L’arme sied mieux que la couronne au cercueil du poète. Elle est le témoignage de sa fidélité aux luttes libératrices de l’humanité. »

(Robert Lodimus, Vers l’aube de la Libération, 1988, poésie)

Les conséquences socioécomiques des pratiques de la corruption dans les sociétés planétaires du Nord et du Sud préoccupent au plus haut point les organismes qui œuvrent dans le domaine des Droits humains.  Lire Plus

« Le Langage », « Un Jeune Roi et Un Jeune Empereur » & « Viens Voir Si Je Suis Vivant »

Le Langage

La lettre formule le mot qui devient la parole qui permet le dialogue et la communication. L’être humain use, refuse, abuse la formulation qui conduit au doute, à la confusion, à l’insulte, à la zizanie et au subterfuge avant d’arriver à l’entente, à la clarté, à la félicitation, à l’union et à l’honnêteté. Chaque élocution représente non seulement la signification, mais la culture d’un mot. Plusieurs peuples partagent une même langue mais avec des nuances culturelles qui peuvent causer de grandes diparités. Un spécialiste linguistique est obligé de présenter les subtilités qui différencient la structure de la langue, mais aussi les variations culturelles entre les peuples exprimant une langue particulière. Trop souvent, sans le vouloir, pensant parler une langue commune, la mésentente est créée au lieu de l’entente. Prenons garde de ne pas froisser par mégarde en s’exprimant avec un vernaculaire commun!
Jean-Bernard Bayard

Un Jeune Roi et Un Jeune Empereur

Quand le roi d’Haïti Henri Christophe avait neuf ans, il aimait jouer aux billes. Un jour au jardin du Luxembourg, il rencontra Napoléon Bonaparte agé de sept ans avec un sac de billes chelènes.  Lire Plus