Catégorie : Écrits

« Les tigres sont encore lachés » : Avant-propos & Chapitre 1

Par Robert Lodimus

(Essai, Éditions Nemours, 2017, 300 pages)


Tous les quatre ou cinq ans, les masses populaires participent à des mascarades électorales organisées sur la planète par les États mafieux. Elles votent des incompétents, des voleurs, des corrupteurs, des assassins, des usurpateurs, des traîtres, des « malfrats »… Elles octroient la « légitimité gouvernementale » à des fauves qui protègent les intérêts des oligarques et qui les dévorent. Le système électoral, tel qu’il se définit aujourd’hui dans les pays dominants et dominés, et par le but qu’il poursuit, demeure une « invention diabolique », en vue d’exploiter la naïveté des électeurs qui n’ont  pas une « faculté cognitive adéquate » pour rationnaliser leur bulletin de vote.

(Robert Lodimus, Voter : c’est choisir son maître)

« Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme, et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation. Du jour où tombe l’antagonisme de classe à l’intérieur de la nation, tombe également l’hostilité des nations entre elles. »

(Karl Marx)

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Avant-propos

De temps en temps, des milliers d’Haïtiens envahissaient les rues de la capitale et des principales villes du pays.

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« Un Monde En Transition » , « Sous-Estimer » & « Être »

Un Monde En Transition

De l’artisanat colonial, à l’industrie impériale, nous voilà aujourd’hui au crépuscule de l’âge de la technologie conflictuelle! Nous prenons lentement conscience d’un boulversement socio-politico- économique qui va changer demain la direction de la suprématie mondiale. L’Orient va-t-il s’imposer à l’Occident comme la nouvelle puissance d’un nouveau monde qui ne sera pas celui de 1492? C’est la lutte d’influence entre OTAN et BRICS qui nous mènera au nouveau Nouveau- Monde. Tous les conflits qui éclatent partout depuis la fin de celui de l’Indochine de 1946 à 1975 illustrent la nécessité d’une nouvelle direction depuis l’Ukraine, l’Iran, Cuba récemment. Avançons-nous vers l’âge robotique et de l’intelligence artificielle? L’humanité va-t-elle être complètement dénaturée et que l’artificiel remplacera le naturel? Cette période de transition devrait nous donner beaucoup d’inquiétude car elle place tout le monde et tous les peuples dans une situation précaire.
L’événement de tous les pays d’Afrique qui reçurent leur indépendance entre 1960 et 1980 marqua un changement brutal de l’impérialisme occidental qui commença avec la conférence de Berlin de 1885. Le tumulte que cela a causé dans la balance du monde géopolitique fut énorme et les sphères d’influence pour instaurer un autre système de contrôle sur ces nations naissantes créa toutes sortes de changements radicaux qui provoquèrent un tohu bohu international.

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« Elites Haïtiennes! » &

—— Par Jean-Bernard Bayard —

Elites Haïtiennes!
S’il y a une mauvaise augure de bonne foi des élites haïtiennes, il faudrait analyser de près la guerre des couteaux de Saint-Domingue (1799-1800) et on verrait que la cassure de la collectivité et l’égoïsme intellectuel étaient déjà évidents. Serait-ce une dichotomie entre la classe des Affranchis et la classe des Esclaves illustrant une mentalité colonisée où les oppressés deviennent les oppresseurs?
Tout d’abord, il nous faut reconnaître l’animosité régionale, ethnique, sociétaire, économique et religieuse qui a dégénéré la classe dirigeante et élitiste qui devint corrompue et avide. La haute société des plantations du nord, des habitations du sud, du commerce de l’ouest, le sectarisme du clergé et du militarisme n’ont jamais su s’ériger en force collective, unificatrice, égalitaire, ou même associative. Serait-ce un manque d’intégrité ou de moralité?
Les trois premières années de la nation haïtienne furent si virulentes qu’elles causèrent une division territoriale entre le Grand Nord Noir et le Grand Sud Métis. La période 1825-1843 fut dix-huit ans qui formulèrent à jamais le schisme des élites et des démunis en Haïti.

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« Les Mots », « 38 Ans d’Enseignement », L’Haïtien Est-Il Nomade?

Les Mots
Les mots causent le bien-être aussi bien que les maux
Ils sont utilisés pour honorer ou pour insulter l’autre
Ils soignent la pensée et communiquent la générosité
Ils blessent l’esprit et insultent avec un dédain venimeux
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Les mots formulent l’inclusion ou provoquent l’exclusion
Ils stimulent l’imagination ou détruisent l’amour propre
Ils réconfortent d’un côté ou dévalorisent de l’autre côté
Ils rassurent certains tout en avilissant tant d’autres
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Ils se conjuguent, s’accordent, se définissent et s’illustrent
Ils créent, construisent, érigent, instituent, organisent, ouvrent
Ils suppriment, désintègrent, démolissent, destituent, ferment
Ils représentent la lumière de l’humanité ou l’obscurantisme
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Peut-on les maîtriser pour le bienfait la compassion et la justice
Peut-on les utiliser pour motiver, solliciter, admirer et honorer
Peut-on les manipuler pour s’entraider, se réconforter et s’aimer
Peut-on les ramener à notre humanité et retrouver notre fraternité
Jean-Bernard Bayard

 

38 Ans d’Enseignement
De 1975 à 2013 j’ai enseigné du jardin d’enfant à l’université dans les États de New-York et du New-Jersey aux Etats-Unis. J’ai enseigné le français, les sciences humaines, l’arithmétique, la géométrie et l’algèbre élémentaire, l’anglais, l’anglais aux étrangers et la science pédagogique.

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« Parlons bonheur « , de Gary Klang

— Par Gary Klang —
Au cours de ma longue vie, j’ai vécu trois expériences de vrai bonheur qui m’ont permis de comprendre qu’il n’y a rien là d’utopique.
La première eut lieu en mai 68, à Paris. Surgi de nulle part, ce soulèvement de jeunes grimpant aux barricades, comme leurs ancêtres de la Commune, fut tellement inattendu qu’un journaliste se plaignait peu de temps avant de ce qu’il n’y avait rien d’intéressant en France, et qu’on s’y ennuyait. Mais voilà que sans crier gare les Parisiens semblaient heureux de vivre. Eux qui hier encore étaient mornes et renfrognés, d’un coup et comme par miracle ils se tutoyaient dans les rues pleines de passants souriants. J’ai vu de vieux messieurs, cravate bien mise et chapeau vissé sur la tête, nous adresser la parole spontanément et nous offrir un morceau du pain qu’ils venaient d’acheter. Bref, tout ruisselait de bonheur dans la Ville Lumière.
Ma deuxième expérience, je l’ai vécue à Montréal en compagnie de mon ami, le poète Davertige. Féru de mysticisme et toujours en quête d’inconnu, Dave m’invita un jour à aller rencontrer un sage hindou dont il avait entendu parler.

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 » Journée Paysanne » & « Gouvernance ou Pouvoir »

Journée Paysanne
À quatre heures du matin, toute la famille était déjà debout, avec une tasse de café fort, et un bol de  » Labouilli « . Chacun avait son travail de la journée à faire, et la routine se faisait sans plainte ou explication. Le père préparait la charrue, le taureau qui mangeait avant tous les autres animaux, la pioche, la manchette, la pelle, et autres instruments de travail. Son fils de 15 ans et lui partaient travailler le champ, de quatre heures trente à onze heures trente du matin! La fille aînée commençait à mettre ensemble tout ce qu’il fallait pour préparer le déjeuner qui devait être prêt à onze heures. Le frère de douze ans devait traire les deux vaches, les nourrir, ainsi que le cochon.La petite de huit ans devait nourrir les quatre poules et le coq, et ramasser les oeufs. L’étable et la bassecour devaient être nettoyées, et le fumier sur deux brouettes partait avec le déjeuner du père et du fils pour leur travail de l’après-midi. La mère et sa fille aînée, à une heure trente de l’après midi, sur des terrasses préparaient le café, faisaient le triage du riz et pilonnaient le café grillé.

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« Comment »,  »  Le Petit Garçon De Camp Perrin! », « Qui Suis-je? »

Comment

Comment faire lumière sur la contradiction
Comment élucider la dichotomie de poison
Comment expliquer un paradoxe de nation
Comment comprendre la sale contestation
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Comment retrouver la racine de la révolution
Comment sortir tout un peuple de la négation
Comment rétablir avec équité nos institutions
Comment recréer la gloire de notre fondation
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Comment établir la justice dans la constitution
Comment motiver collectivement la population
Comment instituer le modèle de la scolarisation
Comment s’unir avec l’endogénie et l’éducation
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Comment inculquer un tribunal égal de formation
Comment développer une économie de production
Comment nous intégrer avec honneur et validation
Comment authentiquer notre vile deshumanisation

Jean-Bernard Bayard

  Le Petit Garçon De Camp Perrin!

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Istwa Ayisyen | Hymne Anthem Gloire Prière Ayibobo!

Hymne Anthem Gloire Prière Ayibobo!

Aucun immigrant avec un coeur ne peu oublier sa terre natale
La racine de tout être humain n’est pas une chose aussi banale
Tout un bel héritage culturel lui donne cette identité matriarcale
De la patrie et de toutes les générations précédentes intégrales
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Renoncer son origine serait pour ces déracinés une erreur fatale
La constitution qui rend n’importe qui apatride doit être immorale
Cet exile n’est pour quiconque une simple nostalgie sentimentale
Les ent de l’expatrié seront toujours son cordon ombilical
Jean-Bernard Bayard

Istwa Ayisyen
Depi 1804 ayisyen ap chiré pit san rété ap pwente dwèt. Se toujou yon lòt moun ki la kòz mizè-l. Afè pouvwa an Ayiti pa gen anyen pou wè ak responsabilite, devwa, pwodiksyon, konstriksyon, lekòl ou latriye. Ayisyen pa janm apwann pale, sèl sa yo konnen se voye monte!

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« La force des choses »

— Par Loran Kristian —

Paroles-témoins, Marie Michèle D… en cause appariée.

Je vous les livre sous forme clôturée du réel, là où projette un mensonge à visage humain. Ces choses que j’agrée avec d’autant plus de facilité, qu’il nous manque le temps d’y regarder de près, en feu de tous côtés, comme ces bandits aux quatre croisées de nos couches de fiction.

C’est peut-être en dévalant par là qu’un espricorps peut se trouver zombi, privé d’autonomie, d’indépendance, et virer jouet d’un autre. Par la force des choses.

Dans la gorge actuelle, le blanc devient noir, les lumières s’équivalent en pieds d’ombre, et la veillance, toujours bien pesée, porte sur l’être un amour glabre et déplumé.

Le monde… Pris du désir de revenir sans cesse, de ne jamais quitter la scène, puisqu’elle est tout désormais, qu’elle nous assigne aux puissances du produire et distribuer. Le monde pris au délire, surveillant à tout va, à tout coin ; son désir fou de caméras ici et là, parce que tout le vaut bien. Le mérite et le sens inversés. Rotation sidérale. Ce qui court depuis laide lurette dans l’ombre de mes doutes : ce mécanisme destructeur tant bien même peu visible, passant par l’émail du silence.

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« Cinq Grands Empires » « Comme Si » &  » Régner », de Jean-Bernard Bayard

Cinq Grands Empires
L’Empire Carolingien de 814 était de 1, 200,000 kilomètres carrés
C’était la fin du règne du roi Charlemagne ou kaiser Karl der Grosse
Du Saint Empire Romain Germanique de 768 à 814 Roi des Francs
Pendant quarante-six ans donna naissance à la civilisation occidentale

L’Empire du Mali de 1380 était de 1,100,000 kilomètres carrés en Afrique
Quarante-trois ans après le règne de l’homme le plus riche de son époque
Mansa Musa fut roi de cette empire nègre pendant vingt-cinq ans 1312-1337
Son pèlerinage à la Mecque de 1324-1325 fut légendaire pour sa richesse

L’Empire Inca de 1527 était de 2,000,000 kilomètre carrés du nouveau monde
Lieu sacré de Machu Picchu dans les Andes fut envahi par Pizarro en 1526
Ce qui commença le déclin de ce puissant empire d’une richesse fantastique
Et marqua le début d’un génocide Inca, Aztèque et Maya par Charles Quint

L’Empire Espagnol de 1600 était de 218, 000,000 kilomètre carrés en un siècle
L’Espagne de 505,911 Kilomètres carrés en 1492 au Roi Philip III de 1598-1621
Avait augmenté son royaume avec 217,492,089 kilomètre carrés de conquêtes
Les Grandes Découvertes et le Colonialisme du Nouveau Monde lui sont attribués

L’Empire Britanique de 1920 était de 35, 500,000 kilomètre carrés fut le plus vaste
George V de 1910 à 1936 était le plus puissant monarque de la révolution industrielle
L’Angleterre possédait des colonies et territoires sur tous les continents du monde
Imaginé que l’ampleur des Etats-Unis est seulement de 9,631,419 Kilomètres carrés
Jean-Bernard Bayard

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« J’en ai marre », de Gary Klang

— Par Gary Klang —
J’en ai marre vous dis-je
Marre de la mer que l’on dit morte
Et de celle qui se retire sans crier gare
Marre de voir interdire à certains le droit de vivre
Comme si cela allait de soi
Comme si ce n’étaient pas des hommes des femmes et des enfants qui ne demandent qu’à jouir de la tendresse du jour et de la nuit
Sans l’affreux bruit des bombes et de la mort
Oui triste triste était mon âme
Même si jamais je n’ai connu ni le fracas des bombes
Ni l’odeur âcre de la mort
O Dieu des hommes
Faites que les murs et que la haine s’effacent
Tout comme le désir de tout avoir
Tout posséder
Sous prétexte que ces lieux n’appartiennent pas à ceux qui pourtant y ont toujours vécu
L’autre soir
un ami me disait que Judas Iscariote s’était pendu sur la terre de ses ancêtres
Dépossédés par ceux qui se croyaient chez eux
Au point que sa famille se retrouva sur une île des Antilles
Mais au lieu de trouver le repos
Il vit un jour sa maison brûler telle une torche maudite
Avec ses parents rendant l’âme devant lui impuissant

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À Bout d’Haleine, J’Etouffe!

— Par Jean-Bernard Bayard —

À Bout d’Haleine, J’Etouffe!
Je me demande si George Floyd est d’origine Saint-Domingoise
Il a expié des forces de l’ordre qui refusait de voir son humanité
Tout comme toutes ces générations de Nègres en trois siècles
D’esclavage colonial que l’on croyait avoir été abolie par la loi

Je me demande si Abner Louima durant son calvaire a pu penser
À Vertières qui avait mis fin à la colonie de l’Île Saint-Domingue
Si loin de 1886 le vestige de l’esclavage des Amériques à Cuba
Et que nous vivons sans honte cent quarante ans plus tard

Je me demande si les pauvres réfugiés de la Rivière Rio Grande
Ont perçu ces agents à dos de cheval comme des esclavagistes
Et ont-ils pu imaginé les chiens venus de Cuba par Rochambeau
Et demander quand finira le racisme de la suprématie occidentale

Je me demande si Patrick Dorismond en l’an 2000 s’y attendait
D’être abattu comme un chien à cause de la couleur de sa peau
Comment expliquer à nos enfants qu’ils sont libre de choisir
Qu’avec justice et instruction ils peuvent réussir à tout faire
JB

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« Mourir pour Vivre » de Robert Lodimus : L’esthétique de la résilience et la noblesse du verbe

Analyse de l’œuvre « Mourir pour Vivre » (également intitulée « La Mort pour la Vie ») de l’écrivain et journaliste d’origine haïtienne Robert Lodimus

Ce livre, publié sous forme de feuilleton ou de chapitres successifs (notamment sur le portail culturel Madinin-art.net), se présente comme une fresque tragique et philosophique sur la condition humaine, l’exil et la résilience. 

1. Thématiques centrales

Le roman explore la dualité entre la souffrance inévitable et la volonté de survivre:

  • La Tragédie et l’Injustice : Robert Lodimus dépeint un univers marqué par la torture, la douleur et les fatalités qui s’abattent sur les plus démunis.

  • L’Exode et l’Errance : Le récit évoque les vagues migratoires (notamment vers la République Dominicaine) et le déracinement des familles, illustré par le destin de personnages comme Francesca Lamisère.

  • La Résistance et l’Espoir : Malgré la noirceur des thèmes, l’auteur met en avant le courage, la solidarité et la persévérance des habitants de lieux imaginaires comme « le village des Rochois », symboles de la lutte universelle contre l’oppression. 

2. Style et Narration

  • Dimension Philosophique : L’auteur intègre de nombreuses références littéraires et philosophiques (Victor Hugo, Jacques Roumain, Chrysippe de Soles, Khalil Gibran) pour élever le récit au rang de réflexion globale sur l’existence.

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L’inconnu de Mer frappée : chapitre XX

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XX

Post-scriptum

Il ne peut y avoir de sauvetage
Quand le sang a noyé le monde.
Nous ne disposons que de nos bras
Pour rejoindre, à la nage, la mort.

(Edmond Jabès, Toujours cette image)

La saison automnale faisait hâtivement son barda, pour le comprendre – et non pour le dire – comme Marcelle Auclair, l’auteur des ouvrages « Le Bonheur est en vous » et « La pratique du Bonheur », édités respectivement en 1938 et en 1951. La vieille reine des pluies et des orages ramassait avec peine et empressement les feuilles rousses, encore humides, qui tapissaient les forêts bientôt grelottantes. Elle n’avait pas non plus oublié les grands pinceaux trempés dans le cuivre, avec lesquels elle peignait les arbres, en état de métamorphose et de squelettisation, déployés dans un paysage éclairé par un astre pâle et désenthousiasmé. À chaque journée, l’ombre de l’obscurité venait très tôt chasser la clarté du soleil : ce qui laissait présager que le carrosse de l’hiver était vraiment en chemin, et que bientôt, celui-ci viendrait s’installer royalement dans plusieurs compartiments de la nature.

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« Barbès créole blues » de Raphaël Confiant

— Louis-Félix Ozier-Lafontaine(*) —

En ces mois de février et mars 2016, le monde et ses actualités transpirent à grosses gouttes les angoisses dues aux atrocités de la guerre, aux enlèvements de chef d’Etat ainsi que les craintes du triomphe des fascismes et des arrogances impériales de toutes sortes.

L’atmosphère rendue déjà intenable par le spectre effroyable du génocide de Gaza et par les manœuvres de recolonisation forcée du Vénézuéla et de Cuba, s’aggrave quasiment de jour en jour. Et s’il fallait convaincre la conscience des habitants des petits pays insulaires que nous sommes de ce que le monde est dominé plus que jamais par la loi du plus fort, voilà que cette barbarie envahit maintenant notre espace proche : elle est là dans les Caraïbes, l’armada guerrière US, à quelques encablures maritimes, là où vont et viennent les pêcheurs des îles de notre archipel.

Alors, réflexe habituel, sans me désintéresser de cette actualité, je me fais fort de m’appliquer à reprendre souffle ailleurs ; question de sauvegarder un maximum de sérénité et de clairvoyance dans ce monde-là.

Et je m’en vais au plus vite m’emparer de romans récemment publiés.

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Vue Ostentatoire » Ou « Na Rich » & « Latchkey Kids »

Vue Ostentatoire » Ou « Na Rich »

Tous ces assoifés petits aspirants et conspirants du pouvoir
Qui détruisent et ne font que forfaits dans tous leurs devoirs
Et n’ont jamais su pour leur pauvre peuple si affamé pourvoir
Ayant toujours des polémiques et propagandes inflammatoires

Nous recevons depuis jeune des informations contradictoires
Cette pure réalité fut toujours difficile pour l’Haïtien d’entrevoir
Nos responsabilités envers la nation haïtienne sont obligatoires
Une patrie ne devrait pas être ni un dépositoire ni un reposoire

La pureté est représentée par le blanc et le mal par le noir
Dans le cas de la diaspora haïtienne comment la percevoir
Peut-on trouver une couleur pour illustrer le mal migratoire
Sont-ils des maux ingrats qui déchirent l’âme de désespoir

Pour comprendre notre cauchemar faut-il voir la trajectoire
Pouvons-nous compter pour nous élucider sur une mémoire
La création d’une nation dans l’abolition est-elle donc illusoire
Avons-nous un conte historique ou une authentique histoire

Assis seul dans l’obscurité je me demande où est la victoire
Dont ils ont tant parlé était-ce une façon pour donner espoir
Je n’ai jamais eu une grande confiance dans mon vrai savoir
Chercher la vérité sur notre réalité identitaire est mon vouloir
Jean-Bernard Bayard

Latchkey Kids
Dans les quartiers urbains pauvres du New-Jersey, où j’enseignais, un petit garçon de sept ans marchait avec sa soeur de cinq ans.

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« Anibal » & « Scrutin de Bulletins »

Anibal
C’est fatal dans la capitale pour Anibal le fils d’Astrubal qui voulait être un avocat total-capital!
Il alla dans un bal de carnaval au chemin des dalles. Là il flirta avec Madame Ti Nal qui lui était un bossal!
Ti Nal lui flanqua trois balles dans le fale. Anibal avec mal alla à l’hôpital Général! Arrivé à l’hôpital, après la réussite chirurgicale, Anibal cassa un bocal en cristal avec un fistibal! l’hôpital lui dit après se scandal d’aller jouer comme un cheval au Morne l’Hôpital! Arrivé au Morne l’Hôpital sur une bicyclette sans pédales il frappa un caporal devant la centrale principale! C’est alors que le général le condamna au tribunal! Ainsi prit fin la cabale principal d’Anibal! Point Final!

Jean-Bernard Bayard

Scrutin de Bulletins
Comment prendre une nation défaillante en main
Qui parmi nous se sacrifiera pour fructifier le sein
De la mère patrie et devenir la racine d’un fier saint
Pour y arriver faut-il collectivement avoir un dessein

Où sont aujourd’hui tous nos braves et intègres citoyens
Seul pays d’esclaves et d’affranchis déchu par des malins
Abruti par la corruption crapuleuse de sales petits lutins
Qui nous causent de l’international d’être traité de crétins

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L’inconnu de Mer Frappée : Chapitre XVIII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XVIII

LA NOUVELLE

Dans son premier livre des Essais, Michel de Montaigne, l’intellectuel français de la Renaissance, disait que « philosopher, c’est apprendre à mourir. » Montaigne calquait sa réflexion sur la structure épistémologique de Platon, qui, lui-même, l’avait formulée un peu différemment. Me Ludovic reprenait souvent les idées de Sénèque, le stoïcien de Corduba décédé à Rome, pour instruire ses étudiants du « caractère mortel de la vie », ou plus rigoureusement, de la finitude de l’existence. N’est-ce pas vrai que la vie se hâte, comme le paysan presse le pas sur la sente poussiéreuse qui le ramène dans sa chaumière, et que chaque seconde écoulée diminue le temps qui nous est imparti ? L’empereur Hadrien, le personnage de Marguerite Yourcenar, regardait sa fin avancer vers lui, avec une « lucidité exemplaire », sans chercher à se dérober de la fatalité eschatologique. L’autrice des « Mémoires d’Hadrien » tenait à rappeler à chacun de nous que la mort concerne effectivement tous les terriens, et qu’un jour ou l’autre, elle frappera aux portes de nos âmes.

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« Racines d’identités », de Marie-Andrée Ciprut

Résumé 
Ce live est une recension de mes réflexions sur mes variations d’identités depuis que, à l’âge de 12ans, j’ai débarqué dans la France hexagonale. Petit à petit et d’abord inconsciemment, j’ai réalisé que je n’étais pas UNE mais PLUSIEURS.
D’un point de vue global, les périodes d’esclavages et de colonisations ont donné naissance à différents métissages qui perdurent et se généralisent au XXIe siècle grâce aux grands déplacements humains dans notre planète. Malgré les embuches et les difficultés, Racines d’identités donne une lueur d’espoir puisque, à partir de l’histoire mouvementée de la population antillaise, le livre piste plusieurs exemples tels que les rencontres imprévisibles, les différentes cultures, les couples mixtes, l’adoption, etc., pour démontrer que la rencontre avec l’Autre différent nous change et change notre relation au monde.
Force est de constater dès lors que tout individu a plusieurs racines, que chaque personne ne possède pas une mais PLUSIEURS identités.
Marie-Andrée Ciprut-Armède
Racines d’identités,
Mahury éditions, janvier 2026

Quatrième de couverture

On nous a appris à choisir: une origine, une langue, un camp. Mais que faire quand on se sait multiple?

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« Le Clairvoyant » & « Funeste », de Jean-Bernard Bayard

Le Clairvoyant
Un homme d’un certain âge de la commune de Gommier, non loin de Jérémie dans le département de la Grande Anse d’Haïti, était connu de tout le monde comme Antoine! Quoiqu’il soit admiré de tout le monde pour ses dons de clairvoyance, il était aussi redouté parce qu’on disait qu’il avait « Madichon » qui voulait dire « Mauvaise Augure ». La superstition jouait un rôle dans la malédiction de ses présages. Sa révérence n’avait pas de frontière, il était connu dans tout le pays, et était consulté par toutes les couches sociales. Parfois il envoyait un jeune garçon à dos d’âne chercher une personne qui voulait de ses services, mais ne savait pas comment la trouver. Un jour, un homme vint le voir qui s’inquiétait de la santé de son fils de dix ans qui était très souffrant depuis sa naissance. Cet homme était grand et d’un physique impressionant. Antoine le rassura que l’enfant aura une longue et prospère vie, mais le conseilla de retourner chez lui tout de suite. L’homme partit sur le champ. Une prêtresse vodou lui demanda pourquoi il l’a renvoyé si vite!

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La dissection du capitalisme chez Émile Zola et Robert Lodimus

— Par Robert Lodimus —

On doit comparer Émile Zola et Robert Lodimus principalement pour leur rôle de témoins engagés de leur époque et leur dénonciation virulente des injustices sociales. 

Présentation des auteurs

Au XIXe siècle, Émile Zola, chef de file du naturalisme, a consacré sa vie à disséquer les tares de la société industrielle française, culminant dans son célèbre engagement pour la justice avec « J’accuse ». À cette figure historique fait écho, à l’époque contemporaine, celle de Robert Lodimus. Écrivain et journaliste engagé, Lodimus s’inscrit dans cette même lignée d’intellectuels qui utilisent le verbe pour dénoncer les structures d’oppression, du capitalisme financier au néocolonialisme qui frappe Haïti.

Problématique :
Dans quelle mesure l’engagement littéraire de Robert Lodimus peut-il être considéré comme une forme de naturalisme moderne ? Comment ces deux auteurs, malgré des contextes séculaires différents, parviennent-ils à transformer le récit de la misère en un levier de transformation politique ?

Voici les points de rapprochement clés entre ces deux auteurs :

1. Littérature de Combat et Engagement Social

  • Émile Zola : 

Figure de proue du naturalisme, il a utilisé ses romans (comme Germinal) pour dépeindre la misère ouvrière et son célèbre « J’accuse » pour combattre l’injustice judiciaire de l’Affaire Dreyfus.

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L’inconnu de Mer frappée : Chapitre XVII

— Par Robert Lodimus —

Chapitre XVII

LA LETTRE

« Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle. »

        (Napoléon Bonaparte)

     L’odeur parfumée qui provenait de la cuisine pénétrait ma gorge angoissée, et la sensation que je ressentais au cou s’apparentait au symptôme du globus pharyngé. C’est le stress qui avait involontairement contracté les muscles du haut de mon corps. Cela arrivait plutôt dans des situations d’anxiété et d’incertitude où les individus cherchaient à refouler des émotions fortes, après l’annonce d’une mauvaise nouvelle. Le craquement du parquet sous les sandales d’Elvira réveillait le silence oppressant, et mes yeux s’ouvraient sur les ombres projetées par les faibles lumières des bougies, qui formaient des formes étranges sur les murs du salon spacieux. Elvira, la cuisinière de Me Ludovic, une paysanne d’une posture assurée et d’une présence imposante et respectable, malgré son âge légèrement avancé, avait déjà dressé la table pour le souper. Me Ludovic se redressa lentement du fauteuil berçant qui, avec le temps, avait fini par épouser la forme de son seul et unique occupant. C’est dans cette position de détente optimale, le corps à demi-allongé, qu’il s’abandonnait aux caresses spirituelles du silence rempli de souvenirs, comme une cathédrale de nostalgie monumentale.

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Quand la mémoire fait feu : une journée pour sauver sept vies

Avec Salves de blues. Lundi 9 mars 1942 au Mont-Valérien, Daniel Maximin signe un roman d’une intensité rare, consacré à une journée tragique et longtemps restée dans l’ombre de l’Histoire. Publié chez Caraïbéditions (354 p., 21,30 €), le livre nous plonge dans le Paris de l’Occupation allemande, au cœur des dernières heures de sept très jeunes résistants condamnés à mort.

Le 6 mars 1942, un tribunal militaire allemand réuni à l’Assemblée nationale – dans une mise en scène voulue pour frapper les esprits – prononce la peine capitale contre sept membres des Bataillons de la Jeunesse. Parmi eux, Tony Bloncourt, étudiant haïtien né de parents guadeloupéens, à peine âgé de 19 ans. À ses côtés : Roger Hanlet, Fernand Zalnikov, Pierre Milau, Acher Semahya, Robert Peltier et Christian Rizo, tous âgés de 17 à 26 ans. Leurs noms, aux consonances étrangères pour certains, ne sont pas entrés dans la mémoire collective avec la force qu’ils méritaient. Le 9 mars 1942, au Mont-Valérien, leur exécution doit servir d’exemple.

C’est cette journée du lundi 9 mars que le roman choisit de suivre, heure après heure, du petit matin jusqu’à la nuit.

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Amour, Pouvoir, Monde à l’envers…

— Par Jean-Bernard Bayard —

Amour du Pouvoir

Ils doivent opprimer pour se sentir tout puissants
Il faut accaparer pour qu’ils s’établissent gérants
Il leur est nécessaire d’abrutir et bien avilissants
S’ils ne terrifient pas ils ne seront pas dominants

Le pouvoir est pour eux un besoin vital et sacré
L’absolutisme est une sale idéologie d’insécurité
Où la majorité est abrutie démunie et défavorisée
Aux mains d’institutions qui sont hégémonisées

Ces dirigeants magouilleurs se croient invincibles
Contrôlent le peuple sans pitié de façon horrible
Tout ce qu’ils disent et font sont alors incrédibles
Et les répercussions de leur corruption est terrible
Jean-Bernard Bayard

Pouvoir de L’Amour

C’est quand l’altruisme règne et la générosité puissante
Le partage est de seconde nature et la bonté est gérante
L’encouragement est constant et la honte est avilissante
La compassion est l’acte et le besoin toujours dominante

L’amour est pour ceux de bonne foi un bien vital et sacré
L’Altruisme est un idéal compassion offrant une sécurité
Où les participants sont bienveillant et sont tous favorisés
Aux Mains d’institutions qui représentent une collectivité

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Autour de « Jusqu’à mon dernier mot », de P.S. Hoggar

— Par André Claverie —

« Le corps se défait, devient tyrannique; la conscience s’intensifie à mesure qu’elle s’atrophie; Héloïse ne veut pas mourir avant sa mort ».

Récit de fin de vie : une cérémonie des adieux

Confrontée à l’imminence de la mort à cause d’une maladie incurable, Héloïse, une jeune Antillaise, appréhende que ses derniers instants -paroles, regards, gestes, silences – ne lui soient volés à la suite du processus dégénératif qui colonise peu à peu son corps et sa pensée.

Cet effroi, lancinant, la conduit à entreprendre le récit des deux dernières années de son existence afin de maintenir sa présence auprès de ses proches, lorsqu’elle aura été arrachée à eux.

Sous la forme d’un journal, qu’elle appelle son « Commentaire » (« dialogue mental avec soi »), Héloïse transmet donc un testament spirituel, destiné en priorité à sa sœur jumelle, Sarah : une confession littéraire dévoilant le sens ultime des moments douloureux, des amours passionnées et des instants lyriques qu’elle aura vécus.

Bien plus, en se lançant dans l’aventure de l’écriture, la jeune narratrice réalise le projet de « parfaire sa destinée » en dénouant avec douceur les liens qui l’unissent à l’existence et aux êtres qu’elle aime, et en parvenant avec dignité jusqu’à l’extrême lucidité contenue dans le silence de son « dernier mot ».

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