Catégorie : Arts Plastiques

Jean-François Boclé, l’art comme mémorial des violences de l’histoire

Jean-François Boclé, artiste martiniquais majeur de la scène contemporaine, est décédé à l’âge de 55 ans. Peintre, sculpteur, vidéaste, performeur et écrivain, il laisse derrière lui une œuvre dense et engagée, traversée par la mémoire coloniale, les violences historiques et la recherche d’un « Nous » capable de dépasser les fractures du monde contemporain.

Un enfant de Martinique marqué par son île

Né en 1971 à Fort-de-France, Jean-François Boclé passe ses premières années en Martinique, dans un environnement qui marquera profondément son imaginaire et sa pensée. Il quitte l’île à l’adolescence pour poursuivre ses études en métropole, mais restera toute sa vie profondément attaché à ses racines caribéennes. La Martinique, avec ses blessures historiques et sa richesse culturelle, restera au cœur de sa réflexion artistique.

Après des études de littérature moderne à la Université Paris-Sorbonne, il choisit de se consacrer aux arts plastiques. Il intègre l’École nationale supérieure d’art de Bourges en 1992 avant de poursuivre sa formation à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris entre 1995 et 1998. Cette formation dans deux institutions majeures de l’enseignement artistique français ouvre rapidement à Boclé les portes de la scène contemporaine internationale.

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Écriture d’une danse : Valérie H.Biegel

— Par Philippe Charvein

Ecriture et Danse – Danse et Ecriture : deux moyens d’expression, en apparence éloignés, mais se retrouvant dans le projet conçu par Valérie H.BIEGEL consistant à restituer une danse… la danse du jour qui se lève et se déploie en strates ; la danse des individus ; la danse de l’humanité ; la danse de l’écriture… danse multiple et protéiforme donc, qui est celle de la vie en fin de compte… une vie qui s’affiche et s’imprime dans ses « pleins et déliés », s’écrit en permanence, comme pour ne pas être happée par l’informel du néant ; comme pour défendre une identité.

L’exposition de Valérie H.BIEGEL est ainsi une célébration d’un mouvement vital… toujours actuel, toujours présent, même dans les réalités les plus ténues ; d’une écriture – elle-même vitale – qui véhicule une envie d’être et d’exister.

Il nous semble important de restituer ce vaste mouvement d’ensemble – sur un pas de danse sans cesse renouvelé – qui met précisément en scène l’histoire d’une humanité disparue, transformée en texte.

Notons à cet égard l’intégration de textes et de mots au cœur même des toiles, comme pour rehausser ce dialogue permanent entre notre humanité et cette instance – auctoriale – mystérieuse qui la porte tout en disant la réalité de son être et de ses aspirations ; comme pour rehausser la dimension philosophique d’une épopée intérieure restituant la fragilité de notre histoire en regard de l’ordre naturel.

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Histoires en miroir 18 compositions individuelles

Descriptif et/ou note d’intention

Retour sur la masterclass avec le photographe Matthieu Rosier

Nous avons eu la chance d’accueillir au lycée Gerville Réache le photographe et artiste visuel Matthieu ROSIER du 22 septembre au 8 octobre 2025, grâce au soutien de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage. Durant son séjour, il a animé une série de rencontres et d’ateliers avec trois groupes d’élèves et étudiants: les deux groupes de 1ère Spécialité Arts plastiques et leur enseignant, M. Christophe GORIN, et la classe d’étudiants CPGE AIL 1ère année et leur enseignant d’Histoire, M. Gilles DELATRE.

Lors de la première séance, Matthieu Rosier a d’abord présenté son travail de reporter, en particulier au Mali, au Kurdistan, en Turquie et en Irak. Il a ainsi pu présenter les spécificités et la portée documentaire d’un reportage journalistique avant de faire un focus sur son travail artistique intitulé « Si Dieu veut« , en hommage à sa grand-mère :

« A travers ce travail, je souhaite croiser deux histoires et deux identités, celle du côté de ma famille maternelle dans l’Hexagone et celle, du côté paternel, une famille guadeloupéenne afro descendante qui a pour pilier central, Clarice Rosier, ma grand-mère, aujourd’hui âgée de 704 ans et mère de 76 enfants.

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Grottesco : maniériste et raffiné, l’univers insolite d’Eva Jospin

— Par Dominique Daeschler —

Tout semble en contradiction : aux œuvres monumentales répond un travail de dentelière, à la minutie des détails et à la précision d’orfèvre semblent s’opposer les matières brutes utilisées (carton, laiton, bois, métal, verre, liège…) s’acoquinant parfois à la soie, aux coquillages pour mieux nous interroger. Notre repère restera les références convoquées plongeant dans un patrimoine symbolique. Cénotaphe, évoquant la mémoire des défunts est une immense tour de strates de carton sculpté entrelacé de papier coloré rappelant les capricci du 18ième siècle. Plus loin, Duomo, œuvre dans laquelle on peut pénétrer fait référence au Panthéon de Rome, apparait comme une grotte accumulant textures et matières pour mieux donner la vision d’une nature artificielle maniériste en vogue en Italie au 16ième siècle. L’imaginaire se niche dans ces « chefs d’œuvre », nom qu’utilise volontairement Eva Jospin en se référant à l’aboutissement du travail des compagnons dans une réalisation qui allie prouesse technique et invention. Des ponts, des arches, des escaliers s’ancrent au creux des parois. L’installation de ces œuvres monumentales dans une salle très close du Grand Palais est difficile.

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Luiz, l’artiste mexicain qui fait germer ses racines en Martinique

Une rencontre au festival « Art Mada »

Par Myriam Barthélémy

Le 11 février dernier, lors du festival « Art Mada » en Martinique, j’ai rencontré Luiz, un artiste mexicain dont j’avais déjà découvert le travail à travers plusieurs fresques visibles sur l’île. Ses peintures, présentes sur différents murs et espaces urbains, m’avaient profondément marquée par la force de leurs couleurs et par cette dimension intensément mexicaine qui transparaît dans chacun de ses traits.

Ce jour-là, face à une œuvre encore en cours de réalisation, nous avons eu une conversation sincère et intime sur son parcours, ses rêves et la foi qui guide son chemin artistique.

De Mexico à la Martinique

Luiz est né à Mexico, la capitale du Mexique, un environnement vibrant où l’art urbain et le graffiti font partie intégrante du paysage. Il a grandi au milieu de cette culture visuelle riche et a commencé à peindre très jeune.

Il est arrivé en Martinique il y a environ un an et demi. Jamais il n’aurait imaginé quitter son pays. Il confie avoir grandi dans un contexte marqué par la violence, dans un lieu où il ne se sentait pas en sécurité et d’où il voulait partir.

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Ô femmes ! Une pièce de théâtre et une exposition

Une pièce de théâtre : « Les secrets d’un gainage efficace »

Les 6 et 7 mars à la Guinguette, Saint-Pierre

Le 8 mars au TOM, Fort-de-France

Elles sont cinq femmes qui se saisissent de l’anatomie féminine, objet des canons de beauté mais aussi de la honte de soi, de méconnaissance et de tabous, pour écrire un livre sur le corps des femmes comme leurs aînées dans les années 70.

Elles débattent et se débattent avec les hontes et traumatismes liés à ce corps et disent tout haut ce que beaucoup vivent tout bas : corps malmené par lui-même et par le corps social, médiatique et politique. Elles explorent leur intimité et les clichés qui leur collent à la peau à grands coups d’autodérision et d’humour.

Elles explorent leur intimité autant que l’Histoire ou la presse et réinventent les raisons de la colère. Des injonctions esthétiques à la transmission mère-fille.

Une exposition :

En écho, l’exposition ô femmes ! s’installe à la Guinguette de Saint-Pierre du 07 au 11 mars. Vernissage le 07 mars de 15h à 18h00.

Le titre fait référence à la célèbre citation de Olympe de Gouges dans sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791.

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Hybridation, appropriation, interférences

Éric Vincent à la Bibliothèque Schoelcher du 4 au 26 mars 2026.

— Par Marie Gauthier (*) —

« Le propre du visible est d’avoir une doublure d’invisible au sens strict qu’il rend présent comme une certaine absence. »
Maurice Merleau-Ponty, L’oeil et l’Esprit, Gallimard, 1964.

Si le masque africain est un trait d’union entre le monde visible des vivants et le monde invisible des ancêtres, les Modulavatars d’Éric Vincent contiennent, quant à eux, une réminiscence africaine, sur le mode avatar, avec toutes les variantes enrichies des possibles et de l’imprévisible coexistant dans notre aire culturelle caribéenne. Ces oeuvres, au sein de la communauté, ne sont-elles pas le signe tangible adressé aux ancêtres pour honorer leur mémoire ?

Les Modulavatars présentent des bas-reliefs réalisés à partir d’emballages postaux standardisés, prêts à l’emploi. Symbole des voyages et échanges transatlantiques, cette fois-ci chargés des douceurs du pays pour les expatriés. Ces supports de carton recyclés, partiellement pliés, structurent la représentation de visages où cohabitent, de manière non symétrique, des parties colorées peintes et des collages. Il ne s’agit pas du portrait tel qu’on le définit d’habitude.

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« L’Irréversible », une exposition au Créole Art Café

— Par Selim Lander —

À l’occasion de la parution du numéro 31 de la revue annuelle Recherches en Esthétique sur le thème de « L’irréversible », une exposition rassemble certains des artistes mis en honneur dans ce numéro plus quelques autres. Quatorze artistes en tout, la plupart déjà connus du public martiniquais, et une trentaine d’œuvres. Deux nouvelles venues : Manon Cassagrande qui utilise la photographie dans ses tableaux, et Hamideh Hosseini, venue d’Iran, dont la peinture exprime toute la dureté de la situation des Iraniens et particulièrement des Iraniennes dans leur pays, soit ici un buste de femme blessée, mutilée, l’œuvre la plus forte de cette exposition (« Une tulipe de sang », première photo).

Les visiteurs martiniquais auront plaisir de retrouver des artistes qui leur sont familiers : par ordre alphabétique Victor Anicet (trois céramiques dont un vase spectaculaire évoquant le cratère d’un volcan en feu), Michèle Arretche, Christian Bertin (une impressionnante sculpture anthropomorphe en matériaux composites de couleur noire), Julie Bessard (un tondo rotatif), Chantal Charron, Bruno Creuzet, père de Julien Creuzet qu’on ne présente plus (une installation énigmatique, évolutive de surcroît), Habdaphaï (trois peintures), Hugues Henry (deux photographies), Valérie John (deux petits livres comme calcinés à l’indigo, éléments d’une installation à venir), Robert Manscour (trois de ses sculptures en verre dont un grand « Stani » en pied), Luz Severino et Henri Tauliaut (deux masques).

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Exposition : « Authenticité » Corinne Solitude

— Par Philippe Charvein —

L’Exposition : « Authenticité » Corinne Solitudeexposition de Corinne Solitude est construite autour de la question de l’ « Authenticité » et de ses manifestations.

Quelles sont les marques et les expressions de celle-ci ? Telle est la question à laquelle Corinne SOLITUDE tente de répondre par le biais de vingt-cinq toiles articulées autour de motifs divers : visages de femmes ; d’enfants ; représentations de femmes de générations différentes ; scènes de la vie quotidienne ; représentations de deux fauves.

N’oublions pas les corps ; les corps qui disent encore, avec justesse, naturel et sincérité, par leurs attitudes, ce qui se noue à l’intérieur des êtres. Images d’un corps qui se rassemble, pour se prémunir contre l’extérieur ou se recentrer ; corps qui se détache de la pénombre pour affirmer son « être-là » ; corps résilients ; corps déliés et stylisés exprimant toute la grâce de la féminité ; corps dansants

Motifs qui déclinent donc ce thème de l’authenticité cher à l’artiste peintre, renvoyant précisément à la complexité de l’être ; à la complexité de chaque visage ; de chaque portrait illustrant chacun une existence complexe, riche de sens.

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« Peindre à la Martinique », une exposition à la Fondation Clément

— Par Selim Lander —

Peindre à la Martinique, l’exposition qui vient de se substituer à celle consacrée à Christian Bertin – laquelle a dû laisser plus d’un visiteur dubitatif – est une nouvelle exposition patrimoniale, à l’instar de Aux origines de la Caraïbe, Taïnos et Kalinagos qui se poursuit jusqu’au 15 mars, et à nouveau en étroite collaboration avec le Musée du Quai Branly, héritier des fonds du Musée colonial. Elle devrait rallier tous les suffrages, ceux des nombreux visiteurs venus d’ailleurs et plus encore sans doute ceux des habitants actuels de la Martinique. On y découvre « la Perle des Antilles » à travers les yeux des peintres et des premiers photographes d’antan, ce qui permet de mesurer les transformations radicales qui se sont produites au fil du temps (et pas toujours pour le meilleur !). Ainsi, les planches d’un album de photos d’Eugène Cicéry, coloriées puis lithographiées, prises un peu avant 1860, représentent-elles certaines constructions de Fort-de-France qui existent toujours (la Fontaine Gueydon, l’ancien Palais de justice, …) mais situées dans un environnement qui n’est plus reconnaissable.

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Passion d’artiste : 2026, année Constantin Brâncuși

Quand l’Europe célèbre l’un de ses fondateurs

— Par Rodolf Étienne —

En proclamant 2026 « Année Constantin Brâncuși », la Roumanie, sa terre natale, ne se contente pas seulement de célébrer un anniversaire. Elle réaffirme avec éclat une évidence trop souvent oubliée : la modernité artistique européenne ne s’est pas construite uniquement autour des grandes capitales, à Paris, Berlin ou Rome, mais aussi depuis ses marges, depuis l’Europe orientale, rurale, spirituelle, parfois reléguée hors du grand récit occidental.

Né en 1876, Constantin Brâncuși aurait eu 150 ans en 2026. Un siècle et demi après sa naissance, son œuvre continue d’irriguer la sculpture, l’architecture, le design, la photographie et même la pensée contemporaine de la forme.

Un geste politique et culturel fort

La décision, adoptée par la Chambre des députés roumaine, d’inscrire 2026 comme « Année Brâncuși » engage l’État, les collectivités, les institutions culturelles et éducatives autour d’un programme national et international de manifestations : expositions, restaurations patrimoniales, actions pédagogiques, coopérations muséales. Ce geste n’est pas neutre, tandis qu’il s’agit pour la Roumanie de réinscrire Brâncuși dans son histoire nationale, dans sa géographie, tout en assumant sa dimension universelle.

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Vote pour faire revivre une œuvre majeure de l’art martiniquais

Khokho René-Corail au cœur du Plus Grand Musée de France

Et si le plus grand musée de France se déployait bien au-delà des murs, au cœur de nos villes, de nos villages et de nos territoires d’outre-mer ?
C’est l’ambition portée depuis cinq ans par
l’opération « Le Plus Grand Musée de France », initiée par Allianz France et la Fondation pour la Sauvegarde de l’Art Français. Cette démarche originale invite chacun à poser un regard nouveau sur le patrimoine qui nous entoure et à s’engager concrètement pour sa préservation.

À l’issue d’une vaste chasse aux trésors patrimoniaux organisée sur l’ensemble du territoire, plus de 400 œuvres en péril ont été signalées par les citoyens, les collectivités et les associations. Après étude de leur éligibilité, un jury composé de représentants d’Allianz France et de la Sauvegarde de l’Art Français a présélectionné 48 œuvres, choisies pour la qualité de leurs valeurs artistiques, leur état de conservation et l’urgence de leur restauration.
Ces œuvres sont aujourd’hui soumises au
vote du public, étape décisive de l’opération : dans chaque région, une œuvre lauréate bénéficiera d’un financement de 8 000 € destiné à sa restauration.

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The Black Joconda de Patricia Lollia au Grand Palais

« ART CAPITAL » c’est l’effervescence artistique à l’état pur avec plus de 3000 artistes et 4 salons emblématiques : le Salon des Indépendants, le Salon des Artistes Français, le Salon Comparaisons et le Salon Dessin et Peinture à l’eau.

J’exposerai avec l’Association « ART FREEDOM » au sein du Salon des Indépendants qui célèbre une liberté totale d’expression et la diversité des démarches.

Depuis 1884, le Salon des Indépendants joue un rôle primordial dans l’histoire de l’art mondial.

« Ni jury, Ni récompense ! ». Telle est la devise des membres fondateurs de cet espace. Tout le monde peut y exposer. C’est donc une chance inouïe pour les artistes, connus ou non, de pouvoir exposer, dans le cadre d’une manifestation artistique de portée internationale, dans un lieu aussi prestigieux que le Grand Palis.

Lorsque j’ai réalisé « THE BLACK JOCONDA » en Novembre 2023, je n’aurais jamais imaginé qu’elle ferait son entrée au Grand Palais.

Alors, oui, « THE BLACK JOCONDA » trônera au sein du Grand Palais avec des œuvres d’artistes venus des cinq continents.

Lorsque Léonard de Vinci a peint la Joconde, il a créé plus qu’un portrait : il a inscrit, dans un regard, un mystère qui continue de fasciner, de questionner et d’inspirer.

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Exposition – VaKBand : 20 ans d’aventure carnavalesque

Rond-Point des Arts Centre commercial Le Rond-Point

🎭 VaKBand, 20 ans de rue, de rythme et de transmission

Depuis 2006, VaKBand incarne un carnaval vivant, populaire et profondément ancré dans la rue.

En 2006, loin de la Martinique, au cœur de Bordeaux, quelques jeunes Antillais font le même constat : malgré la distance, le carnaval continue de battre en eux.
De ce besoin vital de culture, de lien et d’expression naît VaKBand, un groupe à pied qui choisit la rue comme scène et la musique comme langage universel.

Dès ses premières apparitions, le collectif se distingue par une identité singulière :

  • mêler les rythmes venus d’ailleurs aux sonorités du folklore caribéen,

  • faire dialoguer les influences,

  • préserver l’essence d’un carnaval populaire, vivant et accessible à tous.

VaKBand ne défile pas seulement : il fédère, rassemble et transmet.

🌍 De la diaspora à la terre natale, une continuité culturelle

Lorsque les fondateurs rentrent au pays, l’histoire ne s’interrompt pas.
Elle se transforme.

Porté par l’amitié et la volonté de rester unis, le collectif se réinvente en Martinique et s’inscrit durablement dans le paysage carnavalesque local.

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Peindre à la Martinique. Une histoire de l’art décentrée (1765-1943)

Fondation Clément du 6 février au 26 avril 2026

— Par Sarha Fauré (*) —

L’exposition Peindre à la Martinique. Une histoire de l’art décentrée (1765-1943), présentée à la Fondation Clément du 6 février au 26 avril 2025, interroge les pratiques picturales en Martinique dans le contexte colonial. Réunissant pour la première fois plus de 150 œuvres – peintures, dessins, sculptures et photographies –, rarement ou jamais montrées aux Antilles, issues principalement des collections du musée du quai Branly – Jacques Chirac et de collections privées, elle propose une relecture ambitieuse de l’histoire de l’art martiniquais. Le parcours retrace les grandes temporalités de cette histoire, depuis la construction des imaginaires coloniaux dominants jusqu’aux formes de rébellion esthétique portées par la négritude, le surréalisme et la création de l’école des arts appliqués.

L’exposition met en évidence les fractures, les silences et les préjugés qui ont longtemps structuré le champ artistique, tout en soulignant les résistances et les combats menés depuis la Martinique et Paris pour l’accès à la formation artistique et la reconnaissance d’un art martiniquais représentant les paysages, les scènes et les habitants du péyi.

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Jérôme Sainte-Luce : Visages de la mémoire caribéenne

Jusqu’au samedi 14 février, à Tropiques-Atrium.

Visages de la mémoire caribéenne
— Par Sarha Fauré —

Avec Figi — « visages » en créole — Jérôme Sainte-Luce présente à Tropiques-Atrium une exposition dense et habitée, où peinture, dessin et graphisme deviennent les vecteurs d’une réflexion sensible sur la mémoire, l’identité et les traces laissées par les civilisations disparues. Le peintre et plasticien guadeloupéen y déploie un univers singulier, nourri à la fois par une recherche approfondie sur les cultures amérindiennes de la Caraïbe et par une exploration introspective de son propre parcours.

Né en 1981 à Perpignan, Jérôme Sainte-Luce se forme très tôt aux arts visuels. Il débute son parcours par des études d’arts appliqués à Rivières-des-Pères, avant de s’orienter vers les arts plastiques à partir de 1999. Son cheminement artistique se construit également au gré d’expériences menées hors de la Caraïbe, notamment en Espagne et en Ardèche, qui enrichissent son regard et affinent sa pratique. En 2002, il obtient un Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués, spécialité design, à l’École Estienne à Paris. Depuis 2009, il transmet à son tour cette exigence et cette sensibilité en tant que formateur en arts appliqués, intervenant dans plusieurs centres de formation en Guadeloupe.

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Arts du montage et de l’assemblage

Dominique Berthet (dir.), Arts du montage et de l’assemblage, Pointe-à-Pitre, Presses universitaires des Antilles, coll. « Arts et esthétique », 2025, 202 pages.

— Par Hélène Sirven —

Le livre contient 14 textes illustrés issus des deux journées du 24e colloque du CEREAP intitulé « Montage et assemblage en art », tenu à l’Inspé de Martinique en 2019 avec une introduction de Dominique Berthet. La diversité caractérise ces textes, réunis cependant en trois axes : « cinéma et théories du montage » ; « poïétique du montage et de l’assemblage » ; « montage, assemblage dans les arts plastiques ».

Dans son introduction, Dominique Berthet rappelle les liens entre montage, assemblage, collage. C’est la pratique du collage qui a fait exploser l’esthétique fondée sur l’imitation. Le montage, en cinéma, désigne l’organisation de plans pour générer des séquences. Mais le concept de montage concerne d’autres domaines des arts plastiques, des arts, de la littérature. L’assemblage est fait de coexistences et de rencontres, de connexions. La poétique de la r(R)encontre et de la r(R)elation change les frontières de l’art, créant de nouvelles géographies.

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Festival ArtMada Street 2026

Du 1er au 11 février 2026 – Fort-de-France

Fort-de-France accueillera, du 1er au 11 février 2026, la 2ᵉ édition du festival ArtMada Street, un événement dédié au graffiti et au street art, organisé par le collectif MadaPaint (NPL Mada Paint) en partenariat avec la Ville de Fort-de-France.

Pensé comme un projet artistique et culturel fédérateur, ArtMada Street a pour ambition de transformer l’espace urbain en lieu d’expression, de rencontre et de transmission. Le festival contribue à l’embellissement de la ville tout en valorisant les cultures urbaines et la création contemporaine, accessibles à tous les publics.

Lyannaj Karayib, au cœur de l’édition 2026

Cette année, les artistes sont invités à s’exprimer autour du thème « Lyannaj Karayib », qui célèbre les liens, les échanges et l’énergie de la Caraïbe. À travers cette thématique, le festival met en lumière les histoires partagées, les influences croisées et la richesse des identités caribéennes.

Des fresques dans toute la ville

Près de vingt artistes locaux et internationaux investiront plusieurs sites emblématiques de Fort-de-France pour réaliser 18 fresques pérennes. Ces œuvres seront visibles notamment au parking de la Pointe Simon, à la rue Victor Sévère, derrière la cour Perrinon ainsi que dans le quartier de Canal Alaric.

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La beauté, un art de l’instant

Du 24 janvier au 7 mars au Cabinet Médical Etang Z’Abricot FdF

Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’instant.
Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l’instant
et suspendue entre deux néants.

Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant, 1932

— Par Marie Gauthier —

Sur le thème de la danse, l’artiste plasticienne Valérie H. Biegel présente des œuvres plus graphiques que picturales, des dessins délicats où se mêlent sur le même support encre, peinture, collages sur papier, le tout souvent marouflé sur toile. Son intention est de partager avec nous lumière et joie de vivre.

Les surfaces organisent des graffiti qui immédiatement font penser à des écritures. Notre regard s’attarde et reconnaît alors des silhouettes graciles, des corps humains en mouvement réduits à des signes, accompagnés parfois de points, de virgules, d’apostrophes, en un mot d’arabesques colorées, heureux repentirs sur des fonds clairs qui donnent un effet de lumière, de légèreté, au-dessus ou à l’intérieur du vide. Parfois des bribes de poèmes, des bleus doux, des rouges toniques, accompagnent ces mouvements dansants rythmés de noirs intenses.

Outre l’influence évidente des idéogrammes de la calligraphie orientale, l’artiste nous révèle aussi son goût pour le papier artisanal : papier aquarelle, papier de soie, papier coton, papier de riz, papier Jaipur ou Wenzhou.

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« Poispersion & Trasrillance » du 21 au 28 janvier

Centre Culturel de Rivière-Salée

La Ville de Rivière-Salée a le plaisir d’accueillir la deuxième exposition de la jeune artiste martiniquaise Rachel Perro, intitulée Poispersion & Trasrillance.

Artiste autiste dotée d’une grande sensibilité artistique depuis son plus jeune âge, Rachel Perro développe une œuvre singulière, vibrante et profondément intuitive. À travers une série de peintures texturées, souvent construites sur des fonds sombres, la lumière surgit, non comme une opposition, mais comme une complémentarité naturelle, une continuité entre deux forces indissociables.

Inspirée par son imaginaire intérieur, mais aussi par les détails du quotidien — un motif aperçu sur une rambarde, une boîte à gâteaux, une forme fugace — Rachel peint sans toujours savoir où son geste la mènera. La création est pour elle un cheminement libre, entre excitation, appréhension et découverte du résultat final.

Après s’être essayée à la chanson il y a quelques années, cette passionnée de dessins animés et de mangas s’est tournée vers la peinture, soutenue par sa mère, Nicole. Elle a déjà réalisé plus d’une centaine de toiles, dont certaines seront présentées et proposées à la vente lors de cette exposition.

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 » The Black History Month’ : Patricia Lollia à Atlanta

Dans le cadre de « THE BLACK HISTORY MONTH ¬, Patricia LOLLIA a été sélectionnée pour participer à l’exposition « ECHOES OF THE DIASPORA ¬.qui se tiendra du 29 Janvier au 26 Février 2026. au « CALLANWOLDE FINE ARTS CENTER ¬.à Atlanta en Géorgie.
« LE MOIS DE L’HISTOIRE DES NOIRS ¬ est un moment important pour célébrer l’histoire, et les contributions des Noirs à la culture universelle. C’est une célébration annuelle qui a lieu en février aux USA et au Canada et en Octobre au Royaume-Uni.
C’est l’occasion de mettre en avant les leaders noirs qui ont oeuvré contre l’esclavage, la ségrégation raciale, les discriminations.. Mais également de reconnavtre leur apport dans des domaines comme : la science, la technologie, la musique, les arts plastiques..
En 1926, C’est Woodson, fils d’esclaves de Virginie, titulaire d’un Doctorat en histoire de Harvard qui a eu l’idée de cette célébration. Il s’inquiétait du fait que les enfants noirs ne recevaient pas d’enseignement sur les réalisations de leurs ancëtres dans les écoles américaines. Il s’agissait pour lui d’aider la jeunesse afro-américaine à construire l’estime de soi et d’affirmer la confiance en soi.

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Didier Meynard : Sous la peau du paysage

15 janvier – 07 mars 2026 | L’Artocarpe – art contemporain

— Par Sarha Fauré —
À l’occasion de cette exposition présentée à L’Artocarpe, Didier Meynard déploie une proposition artistique inédite, profondément liée à la Guadeloupe, territoire de l’enfance et de la mémoire. Ce retour sur une terre longtemps tenue à distance devient le moteur d’un travail pictural intense, traversé par l’émotion, la sensation et l’attention portée au vivant. L’exposition réunit un ensemble d’œuvres réalisées dans un contexte de réactivation mémorielle, où peindre revient à renouer avec une géographie intime autant qu’avec un héritage culturel et sensible.

La peinture de Didier Meynard se situe à la croisée du paysage et de la figure, du corps et de son environnement. Une large part des œuvres présentées est consacrée au végétal, envisagé non comme un simple motif décoratif mais comme une matière active, un milieu vivant chargé de mémoire et de résistances. Feuillages denses, herbes entremêlées, troncs, sols et clairières composent des espaces picturaux traversés par une temporalité lente, organique, presque méditative. Le végétal y devient un véritable espace de pensée, un lieu où s’inscrit le temps long du vivant et où se superposent sensations, souvenirs et perceptions.

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Le PABE fait hurler les failles

— Par Selim Lander —

Le Plastik Art Band Expérimental n’en est pas à sa première exposition à Tropiques-Atrium Scène Nationale, à Fort-de-France. On se souvient, parmi d’autres, de « Féminins du sac » en 2014. Le PABE, actif depuis 2009 sous la houlette de Michèle Arretche, n’est pourtant pas une « École de peinture » au sens de l’histoire de l’art ; il ne réunit pas des artistes reconnaissables par leur esthétique commune. Si le PABE est quand même une école, c’est avec un « é » minuscule, puisque des sessions de formations sont organisées périodiquement à l’intention de ses membres sous la direction de tel ou tel plasticien. En dehors de cette volonté de se perfectionner, les artistes toutes féminines du PABE ont en commun leur passion pour l’art, le besoin de s’exprimer en art, chacune bien sûr avec ses moyens, son imaginaire propres mais une sensibilité toujours féminine, si tant est que cela ait un sens.

L’artiste est le plus souvent solitaire. Seul devant sa toile ou les matériaux qu’il compte utiliser, il doit puiser en lui-même les forces qui lui permettront d’avancer.

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Reprendre Racines

Rencontres Photographiques de Guyane – Place des Palmistes, Cayenne
Jusqu’au 25 janvier 2026, puis en itinérance en Guyane en 2026

Dans un contexte mondial marqué par l’accélération des crises écologiques, sociales et spirituelles, Reprendre Racines s’inscrit comme une proposition artistique et politique forte. Présentée dans l’espace public de la place des Palmistes à Cayenne, cette exposition conçue par la Fondation Dapper dans le cadre des Rencontres Photographiques de Guyane invite à repenser en profondeur notre relation au vivant, aux territoires et aux mémoires qui les traversent. Elle s’inscrit dans la thématique Florestania, développée pour l’édition 2025 par la commissaire invitée Ioana Mello, qui interroge la forêt non comme ressource, mais comme matrice de relations, de savoirs et d’histoires.

Depuis 2012, la Biennale Internationale des Rencontres Photographiques de Guyane, portée par la Maison de la Photographie Guyane-Amazonie (MAZ) sous la direction artistique du photographe Karl Joseph, constitue un espace de rencontre entre artistes, chercheur·ses, commissaires et publics. À travers expositions, projections et temps d’échange, elle contribue à nourrir une réflexion collective sur le rôle des images dans la compréhension des territoires amazoniens et des enjeux contemporains.

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Didier Meynard : exposition

Visible jusqu’au samedi 07 mars 2026
L’Artocarpe – Contemporary Art
55 rue Victor Hugo, 97160 Le Moule, Guadeloupe

L’Artocarpe a l’honneur de présenter une exposition inédite de Didier Meynard, artiste peintre majeur de la scène contemporaine, à l’occasion de son retour en Guadeloupe, terre de ses racines familiales. Cette exposition s’inscrit comme un temps fort, à la fois intime et universel, où la peinture devient espace de mémoire, de transformation et de dialogue avec le vivant.

Né en 1960 à Bar-le-Duc (Meuse) de parents guadeloupéens originaires de Petit-Bourg, Didier Meynard débute très tôt la peinture. Dès les années 1990, son travail est exposé en France et à l’international. Membre de la Maison des Artistes depuis 1994 et de la Fondation Taylor, son parcours est marqué par de nombreux voyages, notamment en Inde et aux États-Unis, ainsi que par des rencontres décisives avec des traditions picturales anciennes et des pratiques visuelles contemporaines.

La peinture de Didier Meynard se déploie comme un territoire d’exploration sensible, où les figures émergent, se transforment et échappent à toute narration figée. Les corps, traversés de traces, de sillages et d’effacements, semblent pris dans un état de métamorphose permanente.

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