Catégorie : A l’affiche

Eugénie Éboué-Tell : Une combattante remise au centre de l’Histoire

— Par Rodolf Étienne

Pendant des décennies, son nom est resté accroché à celui de son époux. Félix Éboué est entré au Panthéon en 1949, cinq ans après sa mort. Eugénie, elle, est demeurée beaucoup plus discrète dans le récit national.

Pourtant, sa trajectoire est celle d’une institutrice guyanaise devenue chercheuse, résistante de la France libre, infirmière, députée, sénatrice et actrice majeure de la représentation politique des Outre-mer dans l’après-guerre.

En septembre 2026, le ministère des Outre-mer a officiellement remis cette histoire au premier plan en inaugurant à Paris une salle Eugénie-et-Félix-Éboué et en annonçant la poursuite des démarches en faveur de son entrée au Panthéon.

De Cayenne à l’Afrique

Eugénie Tell naît à Cayenne le 23 novembre 1891. Après des études au lycée de jeunes filles de Montauban et l’obtention de son certificat d’aptitude pédagogique, elle revient en Guyane et devient institutrice à Saint-Laurent-du-Maroni. Elle épouse Félix Éboué en 1922. À partir de 1923, le couple séjourne notamment en Oubangui-Chari, l’actuelle République centrafricaine, avant de poursuivre une longue trajectoire entre Afrique et Outre-mer.  Cette partie de sa vie mérite aujourd’hui une attention particulière.  Lire Plus

Confucius en Martinique : Chemins chinois de l’harmonie

– par Rodolf Étienne

Et si l’une des grandes questions de la Martinique contemporaine trouvait un éclairage inattendu dans une pensée née en Chine il y a plus de 2 500 ans ?

À Schœlcher, au Lamentin, à Trinité, au Carbet ou à Rivière-Salée, des Martiniquais pratiquent le tai-chi et le qi gong.

Ailleurs, les principes du feng shui interrogent la manière d’aménager un intérieur, de faire circuler la lumière ou de rechercher une relation apaisée avec son environnement. Ces pratiques, d’origines et de traditions différentes, semblent partager une préoccupation : trouver sa place dans un monde traversé par des forces parfois contradictoires.

Au centre de cette réflexion, une figure historique peut servir de point de départ : Confucius, philosophe chinois dont la pensée a profondément influencé les conceptions de l’éducation, de la responsabilité, de la famille et de l’ordre social en Asie orientale. 

Confucius n’a pourtant inventé ni le feng shui ni le tai-chi. Cette précision est essentielle. Le confucianisme, le taoïsme, les arts martiaux internes et les traditions chinoises de l’aménagement des lieux appartiennent à des histoires distinctes, même si leurs pratiques et leurs idées se sont parfois rencontrées.

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Omukama Edward Rukidi Nyabongo I ou la renaissance de Tooro

– par Rodolf Etienne

À Fort Portal, dans l’ouest de l’Ouganda, l’histoire aurait pu s’achever le 29 septembre 2026 avec les tambours, les parures royales et l’intronisation d’Edward Rukidi Nyabongo I, treizième Omukama du royaume de Tooro. En fait, c’est ainsi que tout a commencé.

Cinq jours après son couronnement, la question qui agitait encore le royaume demeurait entière : le nouveau souverain allait-il réellement succédé à Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV ou la justice ougandaise pourrait-elle encore avoir à déterminer le titulaire légitime ?

La mort du « plus jeune monarque au monde »

Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV est mort le 27 août 2026 aux États-Unis, à seulement 34 ans, après avoir été soigné pour un cancer. Il régnait depuis 1995. Il n’avait alors que trois ans lorsqu’il succéda à son père et fut présenté comme le plus jeune monarque régnant au monde. Cette longévité paradoxale — trente et une années de règne pour une vie aussi courte — avait fait de lui l’incarnation contemporaine du Tooro.

Le royaume qu’Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV laisse derrière lui n’est pas un État dans l’État.

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Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

Thélyson Orélien : faussaire ou victime ?

Le romancier Thélyson Orélien est-il un faussaire, un expert en plagiat, la victime d’un odieux « complot » médiatique contre les Noirs et les Haïtiens ?

— Par Robert Berrouët-Oriol (*)—

Sur les réseaux sociaux de la parole éphémère, bavarde et bavardeuse, victimaire et vindicative, identitariste et acrimonieuse, « La saga Thélyson Orélien » se poursuit, elle enfle, vibre, vibrionne, enfourche trompettes de Jéricho et vaksin de Léogane, elle met en scène les plus folles cavalcades, les dérives et enfermements qui rappellent à certains égards « La parole prisonnière », le magistral roman du linguiste-neurologue Jean Métellus paru aux Éditions Gallimard en 1986…

Dans l’article que nous avons publié le 25 septembre 2026 sur le site Rezonòdwès, «  L’affaire » Thélyson Orélien à l’épreuve de la guillotine numérique », nous avons consigné à la fois un cadre analytique, les paramètres d’une contextualisation littéraire et un cap prospectif.

À contre-courant des multiples variantes des discours identitaires fanatisés, hallucinogènes et vociférants qui fleurissent de manière intempestive sur le Web depuis plusieurs jours, nous avons posé une rigoureuse exigence : dans « L’affaire Thélyson Orélien » avons-nous exposé, « Nous sommes à l’étape où il faut rassembler divers documents en vue d’une très prochaine herméneutique qui ne sera guère un exercice de style mais un diagnostic citoyen, politique et éthique ».  Lire Plus