Catégorie : A l’affiche

Victor Anicet : La terre, le feu et la mémoire de la Martinique

La disparition de Victor Anicet, ce lundi 26 octobre 2026, prive la Martinique d’une figure majeure de sa création artistique.

Né en 1938 au Marigot, céramiste, peintre, sculpteur et cofondateur du groupe Fwomajé, il avait consacré son existence à retrouver les signes enfouis de l’histoire martiniquaise pour en faire une œuvre résolument contemporaine.

Des poteries amérindiennes aux vitraux de Saint-Pierre, des mémoires de l’esclavage aux couleurs de la Caraïbe, retour sur un parcours exceptionnel.

Un homme qui faisait parler la terre

Il y a des artistes dont on reconnaît immédiatement les formes, les couleurs, la manière. Et puis il y a ceux dont l’œuvre finit par devenir une façon de regarder le pays lui-même. Victor Anicet appartenait à cette seconde catégorie. Ses céramiques, ses peintures, ses assemblages et ses sculptures ne se limitaient pas à la recherche du beau. Ils proposaient une lecture de la Martinique, de ses blessures, de ses rencontres et de ses silences. Chez lui, la matière n’était jamais innocente. L’argile renvoyait aux premiers habitants de l’île, le bleu convoquait la mer, l’Afrique, les traversées et les souvenirs de l’enfance, tandis que les signes évoquaient les cultures disparues ou transformées, les traces de l’esclavage, les gestes populaires et les métissages de la société créole.  Lire Plus

Afrique : De Kampala à Libreville, les institutions africaines au pied du mur

En Ouganda, le gouvernement annonce des restrictions budgétaires pour répondre aux tensions sur le shilling, tandis que la Banque centrale renforce ses dispositifs de finance climatique.

Entre l’Afrique australe et l’Afrique de l’Est, une importante acquisition bancaire illustre les possibilités d’intégration financière.

À Libreville, l’Union africaine (UA) ouvre une séquence consacrée à l’intelligence artificielle et à la souveraineté numérique. Au Zimbabwe, le débat sur les sanctions internationales rappelle les difficultés persistantes du financement du développement.

Cinq dossiers, une interrogation commune : comment transformer les ambitions africaines en capacités économiques réellement maîtrisées ?

Ouganda — Des restrictions budgétaires face aux tensions monétaires

Le gouvernement ougandais a annoncé une réduction de certaines dépenses administratives. Selon le secrétaire au Trésor, Ramathan Ggoobi, les administrations doivent notamment diminuer de moitié certains décaissements consacrés au carburant, aux déplacements et aux ateliers. Une réduction de près de 3 000 milliards de shillings ougandais (670 millions de dollars) des dépenses opérationnelles prévues pour le deuxième trimestre de l’exercice budgétaire 2026-2027 est annoncée. Cette décision intervient dans un contexte de pressions sur la monnaie nationale face au dollar et vise à accompagner le resserrement monétaire par une maîtrise accrue des dépenses publiques. 

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Beatriz Nascimento : Quand les quilombos réécrivent l’histoire

  • Par Rodolf Étienne

Historienne, poétesse, enseignante et militante afro-brésilienne, Beatriz Nascimento (1942-1995) a élaboré une pensée originale de la liberté, du territoire et de la mémoire noire.

La publication, pour la première fois en français, d’une anthologie de ses écrits, Pour une féminothèque de l’Atlantique noir, organisée par Mame-Fatou Niang aux éditions Anacaona, constitue un événement intellectuel singulier.

L’œuvre de Beatriz Nascimento nous conduit du Brésil des quilombos (aussi appelé mocambos, communauté organisée au Brésil par des esclaves marrons (fugitifs) ou des réfugiés d’origine africaine cherchant à échapper à l’esclavage) aux mémoires du marronnage caribéen, tout en invitant à reconsidérer la place des femmes dans l’écriture de l’histoire.

Une absente qui nous oblige à réécrire notre bibliothèque

Il existe des œuvres dont la découverte tardive ne révèle pas seulement une injustice faite à leur auteur. Elle met aussi en lumière les limites du savoir que nous pensions posséder. Beatriz Nascimento appartient à cette catégorie d’intellectuelles dont l’absence a longtemps appauvri notre compréhension de l’histoire.

Comment expliquer qu’une historienne ayant consacré plus de vingt années à explorer les résistances noires, les communautés autonomes, la mémoire de l’esclavage et la condition des femmes afrodescendantes soit demeurée si peu connue dans l’espace francophone ?

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Simon Chivallon : « Les Passantes », d’Antoine Pol au jazz contemporain

– par Rodolf Etienne

Il est des rencontres qui ne durent qu’un instant et dont le souvenir nous accompagne toute une vie.

Avec Les Passantes, le pianiste de jazz Simon Chivallon revisite l’une des chansons les plus bouleversantes du répertoire de Georges Brassens.

Sans paroles, porté par un trio et un quatuor à cordes, Simon Chivallon redonne à cette méditation sur le temps, le désir et les rendez-vous manqués une nouvelle existence musicale. Une traversée sensible de plus d’un siècle de poésie et de chanson française. Simon Chivallon — Alone Again (A Personal Songbook)

Une chanson qui traverse les générations

Derrière la mélodie popularisée par Georges Brassens se tient d’abord un poème écrit en 1911 par Antoine Pol, alors jeune homme de vingt-trois ans. Publié en 1918 dans le recueil Émotions poétiques, le texte aurait pu demeurer dans les marges de l’histoire littéraire. C’était compter sans une rencontre. Celle du jeune Georges Brassens avec le recueil d’un poète presque inconnu. En 1942, chez un bouquiniste, le futur chanteur découvre ces vers. Il en perçoit immédiatement la force, mais mettra des années à leur donner une forme musicale qui le satisfasse.  Lire Plus

Regarder le monde. Penser la Caraïbe. Écrire la Martinique

APPEL À CONTRIBUTIONS

Présent dans les archives en ligne depuis plus d’une vingtaine d’années, Madinin’Art s’est construit comme un espace indépendant consacré à la vie culturelle, artistique et intellectuelle de la Martinique et de ses diasporas.

Théâtre, littérature, cinéma, danse, musique, arts plastiques, pensée critique et débats de société ont progressivement constitué une véritable mémoire éditoriale contemporaine.

Sous l’impulsion de Roland Sabra et de nombreux contributeurs, Madinin’Art a toujours cherché à faire davantage qu’annoncer les événements : les documenter, les interroger, les critiquer et en conserver la trace.

Au fil du temps, son regard s’est naturellement élargi vers les questions de société, l’économie, l’histoire, les transformations du territoire, la Caraïbe et le monde. Aujourd’hui, la culture demeure toujours au cœur de Madinin’Art. Madinin’Art souhaite ainsi élargir et renforcer le lien entre son centre — la Martinique —, sa diaspora et le reste du monde.

Il s’agit de mieux faire circuler les regards, les expériences et les idées entre celles et ceux qui vivent ici, celles et ceux qui vivent ailleurs, et les territoires avec lesquels la Martinique entretient des liens historiques, culturels, économiques et intellectuels.  Lire Plus

Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

Thélyson Orélien : faussaire ou victime ?

Le romancier Thélyson Orélien est-il un faussaire, un expert en plagiat, la victime d’un odieux « complot » médiatique contre les Noirs et les Haïtiens ?

— Par Robert Berrouët-Oriol (*)—

Sur les réseaux sociaux de la parole éphémère, bavarde et bavardeuse, victimaire et vindicative, identitariste et acrimonieuse, « La saga Thélyson Orélien » se poursuit, elle enfle, vibre, vibrionne, enfourche trompettes de Jéricho et vaksin de Léogane, elle met en scène les plus folles cavalcades, les dérives et enfermements qui rappellent à certains égards « La parole prisonnière », le magistral roman du linguiste-neurologue Jean Métellus paru aux Éditions Gallimard en 1986…

Dans l’article que nous avons publié le 25 septembre 2026 sur le site Rezonòdwès, «  L’affaire » Thélyson Orélien à l’épreuve de la guillotine numérique », nous avons consigné à la fois un cadre analytique, les paramètres d’une contextualisation littéraire et un cap prospectif.

À contre-courant des multiples variantes des discours identitaires fanatisés, hallucinogènes et vociférants qui fleurissent de manière intempestive sur le Web depuis plusieurs jours, nous avons posé une rigoureuse exigence : dans « L’affaire Thélyson Orélien » avons-nous exposé, « Nous sommes à l’étape où il faut rassembler divers documents en vue d’une très prochaine herméneutique qui ne sera guère un exercice de style mais un diagnostic citoyen, politique et éthique ».  Lire Plus