Catégorie : A l’affiche

Agenda culturel en Martinique : Musique, danse et rencontres du 27 au 30 octobre 2026

La Martinique poursuit sa saison culturelle avec une programmation particulièrement diversifiée du mardi 27 au vendredi 30 octobre 2026.

La première édition de la Biennale de danse « L’Intervalle », le XVIIe Colloque international des études créoles, plusieurs concerts, des spectacles d’humour, des expositions et des rencontres littéraires composent ces quatre journées.

De Fort-de-France à Sainte-Marie, du Lamentin à Saint-Joseph, Madinin’Art vous propose une sélection des rendez-vous annoncés, avec leurs horaires et leurs informations pratiques.

Mardi 27 octobre — Gospel, humour et ouverture de la Biennale

Fort-de-France — Chérubins Gospel : La Voix de l’Espoir. Le Grand Carbet du Parc culturel Aimé Césaire accueille à 20 h le spectacle La Voix de l’Espoir, proposé par Chérubins Gospel, ensemble vocal célébrant quarante années de parcours artistique. Le spectacle réunit gospel, théâtre et danse autour d’une création musicale et scénique consacrée à l’espérance et à la transmission. Lieu : Grand Carbet, place José-Marti, Fort-de-France. Tarifs : à partir de 30 €. Billetterie sur Bizouk.

Fort-de-France — Open Mic au Free Comedy Club. La scène ouverte du Free Comedy Club donne rendez-vous à 19 h 30 aux amateurs d’humour et de stand-up, forme de spectacle dans laquelle un artiste s’adresse directement au public.  Lire Plus

« Pas… man las », de Daniel M. Berté

— Par Daniel M. Berté —

Pas… man las

Pas man grenpé mòn rédi, mòn pé-bouch, mòn lanfè
Pas man glisé fon la déchéyans, fon la dézolans, fon la dékadans
Pas man pran lanmè sèvi savann, lavol anba dlo, lapoud deskanpet
Pas man konfonn wonm épi soup, dlo-mousach épi let, kaka-mouton épi tipwa

Pas man pilé kracha italien, ba lari chenn, kouri lapikoré
Pas man volé wo kon malfini, vit kon sisi, siw plas kon kolibri
Pas man monté pié lépini, désann fon vè-boutey, monté-désann kon boug fou
Pas man alé lwen, viré opré, alé-viré kon drivayè

Pas man pousé chouvalbwa, kanmarad, kabouwé
Pas man mennen loto, milé, lavi
Pas man maché an chimen chien, an gran bwa mannikou, an savann bef
Pas man travèsé mang mantou san prel, marigo kapolad man Doliban, ma labou Tansi Sony

Pas man dòmi-lévé an renyon, anba fomajé, an lapot senmitjè
Pas man bat lari Sentespri, larout Tibouk, latras Lavini
Pas man najé an lanmè Karayib, an laviè Koulis, an lak Titikaka
Pas man wondi an wet, an koulwa, an koridò

Pas man déplasé a la vites gran v, a la va-kom-je-te-pous, a la vol kon zazio
Pas man woulé kò-mwen, békann, moto
Pas man vansé an mitan la konsians, an didan la volonté, an van la libèté
Pas man janbé dalo, lalin, larel…

Jòdijou man an pwapwa, an délala, an dézawa
Jòdiya man aplat, an poud, an fin pousiew
Jòdi man las, las, las…

19/04/26  Lire Plus

Thierry Mathiasin : Quai des arachides (5)

  • Par Thierry Mathiasin

Avec Quai des arachides, Thierry Mathiasin, artiste peintre et poète guadeloupéen, nous entraîne, dans un univers où la terre, la mer, l’exil et la mémoire se rencontrent.

Thierry Mathiasin ou la palette du multiple

À travers une écriture dense, imagée et profondément sensorielle, il fait surgir les paysages de la Caraïbe, les blessures de l’histoire coloniale et les échos du marronnage. Sa poésie explore les liens entre identité, déracinement, corps et liberté. Ce texte est extrait de Quai des Arachides, publié en décembre 1991 à l’École d’Art du Havre, sous la responsabilité de Francis Marshall, avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

QUAI DES ARACHIDES. Thierry Mathiasin. Décembre 1991. École d’Art du Havre.  Responsable de publication : Francis Marshall. Avec le soutien de la DRAC Haute-Normandie.

Sans Titre

Mât de cocagne aux rivages de pagnes.

Ciel insulaire au soleil de la sardane.
Brisants de misère aux murailles d’échines.
Roucou des airs aux marelles des étales.
A l’heure pour une larme
Au zénith de son image.
En nage pour une rivière
Aux gués de son couchant.
Lucide pour une ombre
Aux absides de son levant.  Lire Plus

Féminicides en Afrique : Derrière la multiplication des meurtres, la difficile vérité des chiffres

Féminicides | Droits des femmes | Violences fondées sur le genre

Du Cameroun à l’Afrique du Sud, du Kenya au Sénégal, les meurtres de femmes se succèdent et provoquent de nouvelles mobilisations.

Plusieurs pays africains connaissent une augmentation documentée des féminicides ou une concentration préoccupante d’affaires récentes.

Mais les statistiques demeurent fragmentaires et les qualifications judiciaires diffèrent.

Entre violences persistantes, dispositifs de protection insuffisants et difficultés de recensement, l’Afrique fait face à un problème de société dont l’ampleur reste imparfaitement mesurée. Réalité qui, à des degrés différents, concerne également l’Europe.

Une succession de meurtres qui interroge

Depuis la fin du mois de juillet 2026, plusieurs pays africains ont été confrontés à des meurtres de femmes suscitant l’inquiétude des associations de défense des droits humains. En Afrique centrale, le Cameroun enregistre une aggravation du nombre de féminicides recensés depuis plusieurs années. En Afrique australe, la découverte successive de corps de femmes dans une municipalité proche de Johannesburg a provoqué une intervention du président sud-africain. En Afrique de l’Est, plusieurs meurtres commis au Kenya ont ravivé les demandes de protection.  Lire Plus

« L’Intervalle » : La Martinique danse au-delà des frontières

  • par Rodolf Etienne

Du 27 au 31 octobre 2026, la Biennale de danse de Martinique revient sous une forme renouvelée, portée par La Maison Rouge et la chorégraphe Christiane Emmanuel.

Entre bèlè, danses urbaines, créations contemporaines et rencontres internationales, cette renaissance interroge la place des femmes dans les arts, la transmission des patrimoines corporels et les conditions d’existence de la création chorégraphique martiniquaise.

La danse comme territoire de liberté

Il existe des histoires que les mots ne suffisent pas à raconter. Des blessures que le langage peine à nommer, des mémoires qui se transmettent sans archives, des émotions qui traversent les générations et trouvent dans le mouvement une forme singulière d’expression. La danse appartient à ces langages essentiels. Elle engage le corps tout entier dans une expérience qui peut devenir esthétique, sociale, intime et politique.

En Martinique, cette dimension prend une résonance particulière. Le mouvement dansé participe d’une histoire où se rencontrent les héritages africains, les bouleversements de la société coloniale, les pratiques populaires, les créations urbaines et les expérimentations contemporaines.

Du bèlè aux écritures chorégraphiques les plus récentes, les corps demeurent des lieux de transmission, d’invention et parfois de résistance.

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La Martinique accueille le XVIIe Colloque international des études créoles

Du 26 au 30 octobre 2026, la Martinique accueille le XVIIe Colloque international des études créoles, consacré aux « Usages sociaux et économiques des créoles ». Organisée par le Comité international des études créoles (CIEC), en collaboration avec l’Université des Antilles, cette rencontre réunit des chercheurs, linguistes, enseignants et acteurs culturels venus de la Caraïbe, de l’océan Indien, d’Europe et d’Amérique du Nord. Placée sous le signe de l’hommage au linguiste martiniquais Jean Bernabé (1942-2017), elle entend dépasser la seule question de la préservation des langues créoles pour interroger leur place effective dans la société, l’économie, l’enseignement, les institutions et les technologies contemporaines.

Des langues vivantes confrontées aux mutations du monde

Quelle place les langues créoles occupent-elles réellement dans les sociétés qui les ont vues naître ? Cette interrogation traverse la dix-septième édition du Colloque international des études créoles, organisée du lundi 26 au vendredi 30 octobre 2026 sur plusieurs sites universitaires de Martinique. Après une précédente édition consacrée aux rapports entre mondes créoles, langues et développement aux Seychelles, archipel de l’océan Indien, les rencontres martiniquaises déplacent la réflexion vers les usages sociaux et économiques des créoles.  Lire Plus

Rodolphe Solbiac, la CARICOM et la bataille des savoirs

  • par Rodolf Etienne

À l’heure où la Martinique vient d’intégrer officiellement la Communauté des Caraïbes (CARICOM), les travaux de l’universitaire martiniquais Rodolphe Solbiac prennent une résonance particulière.

Depuis plusieurs années, ce spécialiste des littératures anglophones et des études postcoloniales explore une question fondamentale : comment les sociétés issues de l’esclavage et de la colonisation peuvent-elles transformer leur présent en reconstruisant les savoirs qui permettent de comprendre leur histoire ? Une réflexion qui rejoint directement les orientations de la CARICOM en matière de justice réparatrice.

Un universitaire martiniquais au cœur de la pensée caribéenne

Rodolphe Solbiac est maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’Université des Antilles, sur le campus de Schœlcher. Ses travaux s’inscrivent dans le domaine des études postcoloniales, des Cultural Studies et des littératures de la Caraïbe anglophone. Ils interrogent notamment la mémoire historique, les constructions identitaires, les formes de domination héritées de la colonisation et les possibilités de transformation des sociétés contemporaines. Son parcours scientifique présente une particularité importante. Plutôt que d’étudier séparément les œuvres littéraires, les évolutions politiques et les transformations sociales, il cherche à comprendre les relations qui les unissent.  Lire Plus

Victor Anicet : La terre, le feu et la mémoire de la Martinique

La disparition de Victor Anicet, ce lundi 26 octobre 2026, prive la Martinique d’une figure majeure de sa création artistique.

Né en 1938 au Marigot, céramiste, peintre, sculpteur et cofondateur du groupe Fwomajé, il avait consacré son existence à retrouver les signes enfouis de l’histoire martiniquaise pour en faire une œuvre résolument contemporaine.

Des poteries amérindiennes aux vitraux de Saint-Pierre, des mémoires de l’esclavage aux couleurs de la Caraïbe, retour sur un parcours exceptionnel.

Un homme qui faisait parler la terre

Il y a des artistes dont on reconnaît immédiatement les formes, les couleurs, la manière. Et puis il y a ceux dont l’œuvre finit par devenir une façon de regarder le pays lui-même. Victor Anicet appartenait à cette seconde catégorie. Ses céramiques, ses peintures, ses assemblages et ses sculptures ne se limitaient pas à la recherche du beau. Ils proposaient une lecture de la Martinique, de ses blessures, de ses rencontres et de ses silences. Chez lui, la matière n’était jamais innocente. L’argile renvoyait aux premiers habitants de l’île, le bleu convoquait la mer, l’Afrique, les traversées et les souvenirs de l’enfance, tandis que les signes évoquaient les cultures disparues ou transformées, les traces de l’esclavage, les gestes populaires et les métissages de la société créole.  Lire Plus

Afrique : De Kampala à Libreville, les institutions africaines au pied du mur

En Ouganda, le gouvernement annonce des restrictions budgétaires pour répondre aux tensions sur le shilling, tandis que la Banque centrale renforce ses dispositifs de finance climatique.

Entre l’Afrique australe et l’Afrique de l’Est, une importante acquisition bancaire illustre les possibilités d’intégration financière.

À Libreville, l’Union africaine (UA) ouvre une séquence consacrée à l’intelligence artificielle et à la souveraineté numérique. Au Zimbabwe, le débat sur les sanctions internationales rappelle les difficultés persistantes du financement du développement.

Cinq dossiers, une interrogation commune : comment transformer les ambitions africaines en capacités économiques réellement maîtrisées ?

Ouganda — Des restrictions budgétaires face aux tensions monétaires

Le gouvernement ougandais a annoncé une réduction de certaines dépenses administratives. Selon le secrétaire au Trésor, Ramathan Ggoobi, les administrations doivent notamment diminuer de moitié certains décaissements consacrés au carburant, aux déplacements et aux ateliers. Une réduction de près de 3 000 milliards de shillings ougandais (670 millions de dollars) des dépenses opérationnelles prévues pour le deuxième trimestre de l’exercice budgétaire 2026-2027 est annoncée. Cette décision intervient dans un contexte de pressions sur la monnaie nationale face au dollar et vise à accompagner le resserrement monétaire par une maîtrise accrue des dépenses publiques. 

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Beatriz Nascimento : Quand les quilombos réécrivent l’histoire

  • Par Rodolf Étienne

Historienne, poétesse, enseignante et militante afro-brésilienne, Beatriz Nascimento (1942-1995) a élaboré une pensée originale de la liberté, du territoire et de la mémoire noire.

La publication, pour la première fois en français, d’une anthologie de ses écrits, Pour une féminothèque de l’Atlantique noir, organisée par Mame-Fatou Niang aux éditions Anacaona, constitue un événement intellectuel singulier.

L’œuvre de Beatriz Nascimento nous conduit du Brésil des quilombos (aussi appelé mocambos, communauté organisée au Brésil par des esclaves marrons (fugitifs) ou des réfugiés d’origine africaine cherchant à échapper à l’esclavage) aux mémoires du marronnage caribéen, tout en invitant à reconsidérer la place des femmes dans l’écriture de l’histoire.

Une absente qui nous oblige à réécrire notre bibliothèque

Il existe des œuvres dont la découverte tardive ne révèle pas seulement une injustice faite à leur auteur. Elle met aussi en lumière les limites du savoir que nous pensions posséder. Beatriz Nascimento appartient à cette catégorie d’intellectuelles dont l’absence a longtemps appauvri notre compréhension de l’histoire.

Comment expliquer qu’une historienne ayant consacré plus de vingt années à explorer les résistances noires, les communautés autonomes, la mémoire de l’esclavage et la condition des femmes afrodescendantes soit demeurée si peu connue dans l’espace francophone ?

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Simon Chivallon : « Les Passantes », d’Antoine Pol au jazz contemporain

– par Rodolf Etienne

Il est des rencontres qui ne durent qu’un instant et dont le souvenir nous accompagne toute une vie.

Avec Les Passantes, le pianiste de jazz Simon Chivallon revisite l’une des chansons les plus bouleversantes du répertoire de Georges Brassens.

Sans paroles, porté par un trio et un quatuor à cordes, Simon Chivallon redonne à cette méditation sur le temps, le désir et les rendez-vous manqués une nouvelle existence musicale. Une traversée sensible de plus d’un siècle de poésie et de chanson française. Simon Chivallon — Alone Again (A Personal Songbook)

Une chanson qui traverse les générations

Derrière la mélodie popularisée par Georges Brassens se tient d’abord un poème écrit en 1911 par Antoine Pol, alors jeune homme de vingt-trois ans. Publié en 1918 dans le recueil Émotions poétiques, le texte aurait pu demeurer dans les marges de l’histoire littéraire. C’était compter sans une rencontre. Celle du jeune Georges Brassens avec le recueil d’un poète presque inconnu. En 1942, chez un bouquiniste, le futur chanteur découvre ces vers. Il en perçoit immédiatement la force, mais mettra des années à leur donner une forme musicale qui le satisfasse.  Lire Plus

Regarder le monde. Penser la Caraïbe. Écrire la Martinique

APPEL À CONTRIBUTIONS

Présent dans les archives en ligne depuis plus d’une vingtaine d’années, Madinin’Art s’est construit comme un espace indépendant consacré à la vie culturelle, artistique et intellectuelle de la Martinique et de ses diasporas.

Théâtre, littérature, cinéma, danse, musique, arts plastiques, pensée critique et débats de société ont progressivement constitué une véritable mémoire éditoriale contemporaine.

Sous l’impulsion de Roland Sabra et de nombreux contributeurs, Madinin’Art a toujours cherché à faire davantage qu’annoncer les événements : les documenter, les interroger, les critiquer et en conserver la trace.

Au fil du temps, son regard s’est naturellement élargi vers les questions de société, l’économie, l’histoire, les transformations du territoire, la Caraïbe et le monde. Aujourd’hui, la culture demeure toujours au cœur de Madinin’Art. Madinin’Art souhaite ainsi élargir et renforcer le lien entre son centre — la Martinique —, sa diaspora et le reste du monde.

Il s’agit de mieux faire circuler les regards, les expériences et les idées entre celles et ceux qui vivent ici, celles et ceux qui vivent ailleurs, et les territoires avec lesquels la Martinique entretient des liens historiques, culturels, économiques et intellectuels.  Lire Plus

Actualités des Caraïbes et d’ailleurs…

Thélyson Orélien : faussaire ou victime ?

Le romancier Thélyson Orélien est-il un faussaire, un expert en plagiat, la victime d’un odieux « complot » médiatique contre les Noirs et les Haïtiens ?

— Par Robert Berrouët-Oriol (*)—

Sur les réseaux sociaux de la parole éphémère, bavarde et bavardeuse, victimaire et vindicative, identitariste et acrimonieuse, « La saga Thélyson Orélien » se poursuit, elle enfle, vibre, vibrionne, enfourche trompettes de Jéricho et vaksin de Léogane, elle met en scène les plus folles cavalcades, les dérives et enfermements qui rappellent à certains égards « La parole prisonnière », le magistral roman du linguiste-neurologue Jean Métellus paru aux Éditions Gallimard en 1986…

Dans l’article que nous avons publié le 25 septembre 2026 sur le site Rezonòdwès, «  L’affaire » Thélyson Orélien à l’épreuve de la guillotine numérique », nous avons consigné à la fois un cadre analytique, les paramètres d’une contextualisation littéraire et un cap prospectif.

À contre-courant des multiples variantes des discours identitaires fanatisés, hallucinogènes et vociférants qui fleurissent de manière intempestive sur le Web depuis plusieurs jours, nous avons posé une rigoureuse exigence : dans « L’affaire Thélyson Orélien » avons-nous exposé, « Nous sommes à l’étape où il faut rassembler divers documents en vue d’une très prochaine herméneutique qui ne sera guère un exercice de style mais un diagnostic citoyen, politique et éthique ».  Lire Plus