— Par Gary Klang —Mes Chers Compatriotes,
J’en appelle à toutes les classes sociales, aux dirigeants, aux possédants, aux démunis, aux Noirs et aux Mulâtres. Nos dirigeants ont pour devoir d’apaiser les souffrances d’Haïti et pourraient pour cela s’inspirer de Fidel qui, malgré le blocus, a donné à son peuple l’éducation et les soins de santé gratuits. Mais rien de tel chez nous.
Le Président Aristide l’a constaté de manière imagée : woch nan dlo pa konnen doulè woch nan soley. La classe aisée, qui loge dans les belles villas, et le peuple, qui croupit dans la boue, s’ignorent et vivent dans deux mondes séparés.
Mais contrairement aux autres dirigeants, tu as voulu changer les choses, mon cher Titide. Hélas, au lieu de t’aider, toi qui risquas ta vie pour chasser Duvalier, les bien-pensants se sont ligués contre toi et t’ont destitué. Tu as eu droit à deux coups d’État et le peuple souffre toujours autant. Qui pis est, ce sont tous les Haïtiens, sans exception, qui aujourd’hui pâtissent des gangs.
Cependant, lorsque je pense à la grandeur de l’épopée dessalinienne, je garde encore espoir : le pays renaîtra !
Mais il faudra que tout le monde s’y mette : les Haïtiens de l’intérieur et de l’extérieur, les riches, les pauvres, les jeunes et les vieux. Sinon, rien ne sera fait.
Oui, woch nan dlo pa konnen doulè woch nan soley, mais espérons qu’un jour cela changera. Un jour pas trop lointain, car la patience du peuple a ses limites.
GARY KLANG
