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États-Unis: de l’autre côté de Del Rio, la détresse des migrants haïtiens bloqués au Mexique

À la frontière entre le Texas et le Mexique, près de 15 000 personnes – en grande partie des Haïtiens – sont désormais bloquées dans un camp sous le pont qui mène à la ville de Del Rio. Bloquées, car l’administration américaine a annoncé la reprise des expulsions vers Haïti et que les frontières, côté américain et mexicain, sont désormais fermées à cet endroit. RFI est allé à la rencontre de ces migrants haïtiens.

Avec l’envoyé spécial de RFI à Ciudad Acuña, Thomas Harms

Alex Rosier est désespéré, assis sur le bord de la digue qui mène du coté américain du fleuve Rio Grande. Dans le camp de Del Rio depuis mercredi, il était sorti ce samedi 18 septembre pour chercher à manger. Et il a appris que, face à l’afflux des migrants d’Haïti, les États-Unis allaient reprendre les expulsions vers son pays : « La déportation, j’en veux pas. C’est pas pour moi. Si je suis déporté, je vais mourir. Haïti, c’est fini. On tue le président, les brigands sont au pouvoir. Imaginez ! »

Ce maçon laisse sa femme et sa fille de l’autre côté du Rio Grande, dans le camp de Del Rio.

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Le sac d’Haïti par la France

Par Michel Santi (*) —

CHRONIQUE. L’histoire de la Révolution haïtienne fut un moment politique majeur qui donna à l’universalisme ses lettres de noblesse, mais qui permit également de transformer ce qui était la colonie la plus profitable du monde en une nation récusant l’esclavage à une époque où celui-ci écrasait le continent américain.

La Révolution Haïtienne fut, à n’en pas douter, un des événements les plus intéressants et les plus épiques de l’Histoire moderne. Etalé entre 1791 et 1804, ce moment fut bien-sûr fondamental pour le pays lui-même, mais eut également des répercussions globales analysées encore aujourd’hui. Tout d’abord, la Révolution Haïtienne conduisit à la création du premier Etat noir libre du continent Américain. Pourtant, cet événement fut complètement ignoré par les historiens académiques et autres narrateurs «autorisés» du Nouveau Continent, et le reste toujours dans une certaine mesure eu égard à son importance, car ces récits furent toujours contés du point de vue du conquérant et du colon, toujours avec la perspective européenne cruello-paternaliste.

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An Jès Pou Ayiti 

— Appel de l’U.F.M. —

Après avoir pris le temps de la concertation avec le mouvement Rasin kanpep la et les organisations féministes GADES (Groupe d’Appui au Développement du Sud d’Haïti), personnes de confiance que nous connaissons depuis longtemps, l’Union des Femmes de Martinique organise une collecte de dons jusqu’au 17 octobre 2021.

Nous souhaitons apporter une aide constructive et durable à Haïti en visant la sécurité des femmes, et l’indépendance alimentaire des familles dans la reconstruction du pays.  

Ces fonds financeront dans l’immédiat, la confection urgente des robes chasubles à Port-au-Prince afin de permettre aux femmes et enfants sans abri de se changer sans s’exposer aux viols et violences sexuelles qui sévissent et dont elles sont malheureusement victimes .

Dans un 2° temps, ces fonds seront dédiés à un programme de redéploiement des jardins familiaux et d’acquisition de semences. Ces programmes permettront une autonomie alimentaire aux familles et une indépendance financière aux femmes. 

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Séisme, tempête et inondations: le calvaire sans fin des Haïtiens

Les Cayes (Haïti) – Des habitants trempés, épuisés, sans autre choix que d’uriner et déféquer dans des rues menacées d’inondations: le sud-ouest d’Haïti plonge d’heure en heure dans le chaos, les sinistrés de son récent séisme étant mardi démunis face aux violentes intempéries d’une nouvelle tempête tropicale.

Dans la ville des Cayes, plus de 200 personnes commencent à bâtir, sous un vent et une pluie persistants, des abris précaires sur un terrain de football inondé. Tous sont sinistrés du tremblement de terre de magnitude 7,2 de samedi, qui en quelques secondes a réduit en poussière des dizaines de milliers d’habitations. Au moins 1.941 personnes ont été tuées, selon un bilan encore « très partiel » annoncé mardi par la protection civile haïtienne. 

Alors que le déblaiement des décombres se poursuit dans cette ville, toujours avec l’espoir de trouver des survivants, un hélicoptère des gardes-côtes des Etats-Unis a organisé des rotations pour acheminer les patients en état critique. 

– Hélicoptères – 

Les Etats-Unis, qui ont évacué une quarantaine de personnes pour des soins urgents avec trois hélicoptères des gardes-côtes, ont affrété huit hélicoptères de l’armée depuis le Honduras, pour continuer les efforts d’évacuation médicale.

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L’État sauvage. Violence politique, fantômes ombilicaux et pestilence en Haïti

— Par Joël Des Rosiers —

– « Qui va là ? », Hamlet, Shakespeare

Au début du XIXe siècle, les ambitions colonialistes de la France subirent coup sur coup deux défaites qui sonnèrent le glas de son expansion impérialiste au Moyen-Orient et en Amérique. Deux épidémies eurent des conséquences majeures sur le moral, la santé et l’aptitude au combat des troupes françaises et de leurs supplétifs locaux confrontés à un environnement hostile, la chaleur extrême du désert et la pestilence tropicale de l’île, locus terribilis inhabitable, infesté d’aèdes vecteurs d’infection.

Telles furent la peste bubonique lors de l’Expédition d’Égypte (1789-1801), campagne dirigée par le général afro-caribéen né à Jérémie (Haïti) Thomas Alexandre Dumas, « le fils de la négresse » qui versa sa part de gloire à la France, et la fièvre jaune (1801-1803) survenue en deux vagues lors de l’expédition esclavagiste de Saint-Domingue. Les soldats français succombaient au vomito negro, sang noirâtre sorti des entrailles. Port-au-Prince était transformé en mouroir, ce qu’il restait de troupes en débandade se réfugiaient dans les réduits côtiers.

L’Égypte et Saint-Domingue étaient des fronts militaires certes éloignés mais unis par une stratégie commune.

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Haïti: «Il n’y a qu’avec du sang que je peux remplir une page»

— Par Jean D’Amérique —
Poète, dramaturge et auteur haïtien, Jean D’Amérique, 26 ans, livre à «Libération» son regard sur l’assassinat de Jovenel Moïse et sur l’état de son pays. Il est l’auteur de cinq livres dont son premier roman, «Soleil à coudre» (Actes Sud), paru en mars.

Etre haïtien, c’est naître dans le sang, grandir dans le sang – ou souvent ne pas avoir le temps de grandir – et finir dans une flaque de sang. Etre haïtien, c’est attendre sa balle. C’est attendre la balle qui vous dévorera le souffle, où que vous soyez dans le pays. Etre haïtien, c’est presser le pas vers l’au-delà. Être haïtien, c’est pleurer, c’est crier. Mais depuis le temps que ça saigne. Mais depuis le temps que ça pleure. Depuis le temps que ça crie… Il faut croire que le sang ne suffit pas.

Je ne voudrais pas répéter les choses. Mais la mort se répète, il faut que je le dise. Je ne voudrais pas répéter les choses. Mais je suis né et j’ai grandi dans cette spirale qui me poursuit partout, tatouage de ténèbres au cœur de mes moindres rêves de lumière.

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Antoinette Duclaire, journaliste, militante, féministe, assassinée!

RADI (Rasanbleman pou Diyite Ayiti) crie sa douleur et son indignation devant l’assassinat d’un membre de la Coordination de RADI, la journaliste, militante, féministe, Antoinette Duclaire. Dans la nuit du mardi 29 juin au mercredi 30 juin, des motocyclistes armés ont abattu Antoinette Duclaire ainsi que le journaliste Diego Charles à Christ-Roi.

RADI crie sa colère devant cet acte ignoble, devant la violence et les crimes qui se répandent dans le pays. RADI dénonce ceux et celles qui se rendent complices de tels actes en acceptant la situation insoutenable qui règne dans le pays.

RADI salue le courage, le dynamisme et la détermination d’Antoinette Duclaire qui n’a jamais baissé la tête devant qui que ce soit, qui n’avait pas peur de se battre pour défendre ses idées et opinions. Il est temps que les citoyens et citoyennes cessent de mourir ici. Il est temps que le sang de jeunes hommes et jeunes femmes comme Antoinette Duclaire cesse de couler pour satisfaire les sanguinaires avides de pouvoir ainsi que tous les autres vauriens qui défendent leurs privilèges économiques et sociaux.

La Communauté internationale, tous les acteurs nationaux et internationaux qui continuent de soutenir ce régime pourri ont sur leurs mains le sang de ces jeunes et de tous ceux et celles qui sont tombés victimes de ce climat de violence.

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À la Une: la guerre des gangs en Haïti menace le système hospitalier

La presse haïtienne de ce week-end évoque une pénurie de carburant et de matériels médicaux à Port-au-Prince, qui mettent la vie des patients en danger. Ces pénuries sont des conséquences directes de la guerre des gangs qui se poursuit à Martissant et dans d’autres quartiers de l’agglomération de la capitale haïtienne, écrit Le Nouvelliste. Selon le journal, la route nationale numéro 2 est « bloquée depuis 25 jours » ce qui empêche « l’approvisionnement des centres hospitaliers ». Le Nouvelliste souligne que les « forces de l’ordre incapables de rétablir l’ordre abandonnent ces axes routiers aux bandits. Résultat : la circulation des personnes et des produits de toutes sortes se font difficilement et à haut risque ». D’après le journal, les hôpitaux St-Luc et St-Damien qui comptent 300 lits dont 65 patients Covid-19 sous oxygène « sont les premiers à avoir officiellement lancé un appel à l’aide face à une pénurie de diesel, carburant indispensable au bon fonctionnement de ces deux institutions ».
Soupçon d’irrégularités dans l’achat d’un vaccin indien au Brésil
Au Brésil, une affaire suspecte d’achat de vaccin fait les gros titres de la presse.

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Face aux gangs, les autorités sont dépassées, la société va-t-elle se réveiller ?

— Publié le 2021-06-22 | lenouvelliste.com 

Les gangs, en majorité du G-9, ont conquis et renforcé leurs positions depuis plus de deux semaines. Ce week-end, ni les menaces du directeur  a.i. de la police Léon Charles, ni les envolées du Premier ministre a.i. Claude Joseph, ni la prise de parole du président Jovenel Moïse n’ont empêché le pillage systématique de trois entrepôts sur la nationale numéro un, à proximité des principaux ports commerciaux et du terminal pétrolier de Varreux.

Au boulevard La Saline et dans les parages, l’on est sur le qui-vive. Les containers transportant des marchandises de produits alimentaires aux médicaments, les camions de transport du carburant sont aussi rares que le sourire d’une veuve.

Entre Martissant 1 et 23, les violents accrochages armés ayant débuté le 1er juin n’ont pas cessé. On n’a pas avec précision les chiffres sur le nombre de personnes ayant été descendues par des tireurs embusqués, ni sur celles qui ont fini dans l’estomac des chiens. Après la razzia de logis, des commerces, c’est une  succursale de la Sogebank qui a été vandalisée dans la nuit du 21 au 22 juin.

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L’administration Biden « s’oppose » au référendum sur la Constitution en Haïti

— Par Roberson Alphonse —

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken affirme que l’administration Biden « s’oppose » au référendum constitutionnel du président Jovenel Moïse et indique qu’il y a une  possibilité et une opportunité, si les étapes appropriées sont respectées, d’avoir des élections, lors d’une audition sur le budget 2022 du Département d’État devant la commission Affaires étrangères du Congrès, le 7 juin 2021.

« Notre politique -laquelle doit se refléter dans ce que l’on dit ou fait – est de s’opposer au référendum pour les raisons que vous dites », a répondu le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, interrogé par le congressman du Michigan, Andy Levin, sur ce que fait l’administration Biden pour que ce « référendum illégal n’ait pas lieu ».

« Notre position, en effet, est qu’il ne doit pas avoir lieu. C’est la position de notre gouvernement. Nous la faisons savoir », a insisté M. Blinken, qui a également répondu aux considérations d’Andy Levin, estimant que les Etats-Unis, au lieu de presser pour faire des élections à tout prix, même si des élections avec le régime de facto du président Moïse ne seront pas libres ou équitables, devraient de préférence s’attaquer à la corruption, à la violence et à l’impunité et aux éléments qui alimentent cette crise. 

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Haïti: report sine die du référendum constitutionnel, officiellement en raison du Covid

Port-au-Prince – Un référendum constitutionnel prévu le 27 juin en Haïti et largement contesté par l’opposition a été reporté sine die en raison de la crise sanitaire causée par l’épidémie de coronavirus, a annoncé lundi soir l’administration électorale haïtienne.

« Cette décision est motivée par les difficultés pour le conseil de rassembler et de former l’ensemble du personnel vacataire pour la réalisation du scrutin« , a affirmé le conseil électoral provisoire haïtien dans un communiqué. 

Aucune date pour sa tenue n’a pour l’instant été fixée. 

Un nouveau calendrier électoral sera établi « après les recommandations des autorités sanitaires et les avis techniques des cadres de l’institution électorale« , selon le conseil.  

Depuis le 24 mai, Haïti a décrété l’état d’urgence sanitaire sur l’ensemble de son territoire face à l’augmentation des cas de Covid-19, suite à la détection des variants Alpha et Gamma (respectivement identifiés pour la première fois au Royaume-Uni en décembre 2020 et au Brésil en janvier 2021).

L’annonce du report sine die du scrutin satisfait les opposants à la présidence qui exigent l’annulation pure et simple de la procédure.  

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Des centaines d’Haïtiens fuient les violences des gangs à Port-au-Prince

Des centaines d’Haïtiens, contraints de fuir leur domicile à cause d’affrontements entre gangs dans un quartier de l’ouest de Port-au-Prince, ont reçu une première assistance humanitaire, a indiqué dimanche la protection civile haïtienne.

La protection civile a recensé 562 déplacés internes, parmi lesquels 69 enfants et cinq femmes enceintes, réfugiés dans une église d’une commune voisine, précise le communiqué de l’institution qui a aidé à leur distribuer, ces dernières heures, de la nourriture, de l’eau et des kits d’hygiène.

Des vidéos publiées par des riverains sur les réseaux sociaux montrent des dizaines de personnes sortir précipitamment d’un quartier pauvre de la capitale d’où retentissnt des coups de feu.

C’est toute la population de Martissant qui ne peut pas rentrer chez elle et qui, par conséquent, est obligée de se réfugier sur les places publiques, a déploré Marie Rosy Auguste Ducéna, de l’association Réseau national de défense des droits humains.

Non loin du palais présidentiel
Ce quartier, où les autorités publiques sont peu présentes alors qu’il est situé à quelques centaines de mètres du palais présidentiel, est aujourd’hui largement contrôlé par des bandes armées.

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La marche forcée de Jovenel Moïse ou la stratégie de la terre brulée

— Par Claude Moïse —

L’auteur – Claude Moïse est historien et analyste politique, spécialiste de l’histoire des Constitutions haïtiennes. Membre d’honneur de la Société haïtienne d’histoire et de géographie, membre du comité scientifique de la Chaire Louis-Joseph-Janvier sur le constitutionnalisme en Haïti (Université Quisqueya). Claude Moïse a fait des Constitutions haïtiennes le champ privilégié de son travail d’historien. On lui doit une active contribution aux débats sur la question constitutionnelle (1997, 2007, 2015) et aux travaux de commissions sur la réforme constitutionnelle (2007, 2009, 2017). De ses nombreuses publications on relève : « Constitutions et luttes de pouvoir en Haïti » ; T.1 « La faillite des classes dirigeantes, 1804-1915 », Montréal, CIDIHCA, 1988 ; T.2 « De l’occupation étrangère à la dictature macoute, 1915-1987 », Montréal, CIDIHCA, 1990 ; « Une Constitution dans la tourmente », Montréal, Les Éditions Images, 1994. « Le Pouvoir législatif dans le système politique haïtien. Un aperçu historique », CIDIHCA, Montréal, 1999. Claude Moïse se signale également par son engagement dans des organisations de promotion du mouvement citoyen en diaspora comme en Haïti (Collectif Paroles, Initiatives démocratiques, Trase yon lot chimen pou Ayiti) et par plusieurs essais d’analyse politique.

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Thomas Piketty annonce un projet de recherche sur l’esclavage et la dette de l’indépendance d’Haïti

— Par Thomas Lalime —

Esclavage et indemnités  est la nouvelle base de données en ligne sur les indemnités payées par Haïti en 1825 à la France et celles versées par la France en 1849 aux propriétaires d’esclaves de l’empire français. Les deux indemnités sont équivalentes à une somme actualisée de 65 milliards d’euros aujourd’hui (27 milliards payés par Haïti et 38 milliards par La France), précise Thomas Piketty, le célèbre économiste français, dans un tweet en date du 8 mai 2021.

La page du site consacrée à la dette de l’indépendance d’Haïti retrace brièvement l’histoire en ces termes : « Le 1er janvier 1804, après deux ans de combats acharnés contre les troupes du général Leclerc puis de Donatien de Rochambeau, venus rétablir l’esclavage, au nom de Napoléon Bonaparte, Jean-Jacques Dessalines proclame l’indépendance de l’ancienne colonie française de Saint-Domingue, sous le nom d’Haïti. Pour la première fois de l’histoire, d’anciens esclaves émancipés depuis 1793, fondent un État indépendant. »

La création de la base de données est une initiative du projet REPAIRS qui poursuit l’objectif de faire une étude de l’indemnité, des réparations et des compensations au titre de l’esclavage.

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« Coup d’État constitutionnel » en Haïti 

Le double jeu de l’OEA et de l’ONU en appui au PHTK néoduvaliériste

— Par Robert Berrouët-Oriol Linguiste-terminologue —

La société civile haïtienne, à travers ses voix diverses et ses manifestations publiques, est unanime dans son diagnostic du drame haïtien contemporain. Pour l’essentiel, ce drame se caractérise par la dégradation accélérée des conditions de vie de la population, la déliquescence de la situation sécuritaire au pays et l’amplification des enlèvements contre rançon perpétrés par les gangs armés réputés proches et/ou instrumentalisés par l’Exécutif néoduvaliériste issu du Parti haïtien tèt kale, le PHTK d’extrême droite de Martelly/Lamothe/Moïse/KPlim/Jouthe/Joseph. La peur et l’anxiété se réinstallent dans les familles haïtiennes comme au temps de Papa Doc Duvalier à l’aune des assassinats ciblés, des disparitions et des pogroms exécutés en toute impunité dans les quartiers populaires. Ce drame se caractérise aussi par l’étiolement des institutions de l’État, la décapitation et l’affaiblissement du système judiciaire, la dilapidation des ressources financières de l’État, la gangstérisation de la gouvernance de l’État instituée par le dictateur François Duvalier et qui s’est exacerbée depuis la mainmise népotique des caïds du PHTK sur l’Exécutif suite aux élections frauduleuses des dix dernières années, ainsi que par le double jeu de l’ONU et de l’OEA en appui au PHTK néoduvaliériste.

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Appel d’un collectif d’écrivains : il faut barrer la route au retour de l’emprise mortifère du duvaliérisme en Haïti

— Par un collectif d’écrivains, enseignants-chercheurs, universitaires, essayistes, acteurs socio-professionnels et citoyens engagés —

Notre pays que voici vit les heures les plus sombres de son histoire depuis la défaite de la dictature duvaliériste en 1986. Les nouvelles rapportées quotidiennement par la presse nationale l’attestent au défilé mutique des corbillards : massacres impunis commis par les gangs armés dans les quartiers populaires, violente répression des manifestations pacifiques du fait de la Police nationale d’Haïti instrumentalisée par l’actuel Exécutif, décapitation de l’appareil judiciaire, mise en coma du Parlement, assassinats sélectifs en pleine rue, intensification des enlèvements contre rançon, etc. Comme au temps funeste de Papa Doc Duvalier, il semble venu le temps de se parler par signes. Et la peur et l’angoisse se réinstallent dans les foyers, les parents hésitent à envoyer leurs enfants à l’école, et tôt en fin de journée les paisibles habitants des principales villes du pays se barricadent chez eux, craignant d’être la cible des gangs de rue et des zenglendos recyclés dans les basses œuvres du pouvoir politique.

Notre pays que voici a mal à l’idéal du vivre ensemble légué par les fondateurs de la Patrie en 1804.

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Cinquante ans après la mort de « Papa Doc », Haïti toujours dans l’impasse

Port-au-Prince – Cinq décennies se sont écoulées depuis la mort du dictateur François Duvalier, dit « Papa Doc », mais Haïti, minée par l’insécurité et l’instabilité politique, peine encore à effacer les cicatrices laissées par le régime et à sortir d’une interminable crise récemment illustrée par l’enlèvement de religieux.

Le kidnapping, le 11 avril dernier, de dix personnes, dont sept religieux, a mis en évidence la dérive de ce pays des Caraïbes et provoqué la colère de la population, forçant le président Jovenel Moïse à remanier le gouvernement la semaine dernière. 

L’Eglise catholique, qui occupe une place centrale dans ce pays très religieux, a dénoncé « l’inaction » du gouvernement face à la « violence des bandes armées« , et initié un mouvement d’arrêt de travail largement suivi. 

L’emprise des gangs sur les quartiers les plus pauvres, si elle s’est accrue ces derniers mois, n’est pas nouvelle. Ignorés par la classe politique, ils sont depuis des années laissés aux mains des bandes armées. 

Un stigmate parmi d’autres de la crise que traverse Haïti, nation la plus pauvre du continent américain, qui, cinquante ans après la mort du dictateur François Duvalier, le 21 avril 1971, n’a pas fini de panser ses plaies. 

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L’aménagement du créole en Haïti et les droits linguistiques au regard du projet de « Constitution » néoduvaliériste du PHTK : les sables mouvants d’une dérive totalitaire

— Par Robert Berrouët-Oriol, Linguiste-terminologue —

Mirlande X, enseignante dans un lycée de Port-au-Prince et lectrice assidue de nos chroniques linguistiques depuis plusieurs années, nous demande dans un récent courriel si les droits linguistiques figurent dans le projet de « Constitution » que l’ex-président Jovenel Moïse –dont le mandat a expiré le 7 février 2021 selon la Fédération des barreaux d’Haïti, mais qui s’accroche au pouvoir dans un climat politique marqué par la régression des droits citoyens et l’emprise grandissante des gangs armés sur le territoire national–, s’est mis en tête de faire adopter par référendum en juin prochain. Pertinente, la question de Mirlande X renvoie à la nécessité de garantir, notamment dans un texte constitutionnel, l’efficience des droits linguistiques inscrits dans la Déclaration universelle des droits linguistiques de 1996. Et comme nous l’avons auparavant explicitement formulé à travers la vision de l’aménagement linguistique en Haïti que nous offrons en partage dans nos articles et dans nos livres, les droits linguistiques sont un droit premier.

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« Il y a comme une impuissance notoire de la part de nos autorités… », dénonce le cardinal Chibly Langlois

— Par Robenson Geffrard —

Tel un « Wake-up-call », l’Église catholique a mis toute la population debout contre l’insécurité et le kidnapping le jeudi 15 avril. Même le secteur privé des affaires qui, pendant longtemps s’était enfermé dans un silence assourdissant, est monté au créneau pour dénoncer ce mal commun. «…le peuple  est totalement fatigué avec les actes de kidnapping. Nous n’en pouvons plus vraiment. C’en est trop ! Il y a comme une impuissance notoire de la part de nos autorités…  », a fulminé le cardinal Chibly Langlois dans une interview exclusive accordée au Nouvelliste et à l’AFP.

La journée du jeudi 15 avril dernier est allée au-delà de la décision de l’Eglise catholique d’observer un arrêt de travail. C’est tout le pays qui était à l’arrêt pour dénoncer l’insécurité et le kidnapping. « Ce support exprime que cette manière pour l’Église catholique de protester contre le kidnapping est partagée par tous ces secteurs. Ceux-ci s’y retrouvent et en profitent, sachant que l’union fait la force », a affirmé le cardinal Chibly Langlois.

Cette décision de l’Église catholique d’observer cet arrêt de travail, selon l’évêque des Cayes, est arrivée au moment où « tout le peuple est totalement fatigué avec les actes de kidnapping.

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Haïti: le président remanie le gouvernement face à l’insécurité

Port-au-Prince – Le président haïtien Jovenel Moïse a annoncé mercredi remplacer son Premier ministre, quelques jours après l’enlèvement de sept religieux qui a illustré la grave crise sécuritaire dans le pays gangrené par la pauvreté et la corruption.

« La démission du gouvernement, que j’ai acceptée, permettra d’adresser le problème criant de l’insécurité et poursuivre les discussions en vue de dégager le consensus nécessaire à la stabilité politique et institutionnelle de notre pays« , a tweeté M. Moïse. 

« J’ai remis ce soir ma démission au président de la République« , a de son côté confirmé dans la nuit le Premier ministre sortant, Joseph Jouthe. 

Il avait été nommé en mars 2020 et est donc resté un an à son poste dans un pays où la valse des chefs de gouvernement s’est accélérée ces dernières années. 

Le nouveau Premier ministre est Claude Joseph, précédemment à la tête des Affaires étrangères. 

Haïti, pays des Caraïbes et nation la plus pauvre du continent américain, est gangrené par l’insécurité et notamment les enlèvements contre rançon menés par des gangs jouissant d’une quasi impunité. 

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La diglossie haïtienne, il y a 25 ans.

— Par Jean-Robert Léonidas, écrivain haïtien. —

 « Lorsque les philosophes n’ont plus rien à dire,
il est excusable de se tourner vers le babillement des oiseaux
et le lointain balancement des astres. »
Marguerite Yourcenar

Mesdames, Messieurs,

Dans le processus complexe de la croissance de l’homme et de son évolution comme animal social, un fait extraordinaire a pris naissance et a accompagné l’homme dans son turbulent trajet existentiel. C’est le langage. Il est moyen de communication dans sa forme la plus directe et la plus personnelle. En cette fin de siècle qui est aussi un terminus de millénaire, en cette époque où la terre est devenue un cybermonde, où les avenues de la communication sont devenues de vertigineuses autoroutes, à cette croisée des super-highways, il est bon de faire escale, de revenir aux idées simples, de réfléchir sur la première forme de la communication de l’homme : le langage. Les langues naissent grandissent et meurent. Il en existe des centaines sur la planète. Haïti se trouve dans une situation spéciale en ce sens qu’elle se nourrit de deux langues et entretient des rapports bien définis avec elles.

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République dominicaine-Haïti: à la frontière, scepticisme autour du mur à construire

Dajabón (République dominicaine) – Pantalons retroussés aux genoux, chaussures en main, des Haïtiens traversent la rivière Dajabon qui sépare leur pays de la République dominicaine : chaque jour, ils sont des centaines à franchir ainsi la frontière pour aller travailler et échapper aux formalités administratives souvent synonymes de pots-de-vin.

Commerçants, ouvriers agricoles ou dans la construction, employés de maison se rendent chaque matin chez le voisin insulaire plus riche et rentrent chez eux le soir, va-et-vient quotidien sur cette frontière poreuse de 380 km que le gouvernement dominicain veut désormais renforcer par un mur.  

« D’ici à deux ans nous voulons mettre un terme aux graves problèmes d’immigration illégale, de trafic de drogue et de transit de véhicules volés que nous connaissons depuis des années« , a déclaré fin février le président dominicain Luis Abinader. 

Quatre points de passage officiels séparent Haïti (11 millions d’habitants) et la République dominicaine (10,5 millions) occupant respectivement l’ouest et l’est de l’île d’Hispaniola. La plupart des Haïtiens n’ont pas de papiers d’identité et seule une minorité obtient un visa qui permet de voyager en bus entre les deux pays. 

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La République dominicaine veut construire un « mur » de séparation avec Haïti

La République dominicaine a annoncé la construction d’une clôture frontalière pour réduire l’immigration illégale en provenance de son voisin Haïti, un projet controversé dont l’efficacité soulève des doutes s’il n’est pas accompagné de plans de développement, soulignent plusieurs experts. 

« D’ici à deux ans nous voulons mettre un terme aux graves problèmes d’immigration illégale, de trafic de drogue et de transit de véhicules volés que nous connaissons depuis des années », a déclaré le président Luis Abinader, élu en juillet 2020, annonçant samedi le lancement au deuxième semestre des travaux de construction d’une clôture frontalière de 380 kilomètres.

Une société israélienne spécialisée dans l’armement, Rafael Advanced Defence Systems, est en train de concevoir un projet pilote. Celui-ci devrait comprendre « une double clôture dans les parties les plus sensibles et une clôture simple pour le reste, en plus de détecteurs de mouvement, de caméras de reconnaissance faciale et de systèmes radar et infrarouge », a ajouté le chef de l’État sans en dévoiler le coût.

Quatre points de passage officiels séparent les deux pays qui se partagent l’île d’Hispaniola, dont 64% du territoire sont occupés par la République dominicaine (10 millions d’habitants), à l’ouest, et le reste par Haïti (11 millions d’habitants).

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Haïti: Lettre ouverte à la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie

Madame Louise Mushikiwabo,

Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie,

Madame la secrétaire générale,

Nous, écrivains de langue française, représentants des cinq continents de la francophonie, préoccupés par la situation haïtienne caractérisée par la mise en place d’une dictature, le président de facto Jovenel Moïse se maintenant au pouvoir par la force au-delà de son mandat constitutionnel expiré le 7 février 2021, vous demandons de ne fournir aucun appui à un pouvoir décrié et rejeté par le pouvoir judiciaire haïtien, les églises catholique et protestante, la confédération des barreaux haïtiens, les organismes de défense des droits humains, l’association nationale des magistrats haïtiens, l’opposition politique organisée, nombre d’associations de la société civile, des personnalités haïtiennes appartenant à différents domaines d’activité.

Nous comprendrions mal que l’institution que vous dirigez, dont l’existence n’est fondée que sur l’exigence de solidarité réelle avec les communautés et pays de langue française, s’engage avec un pouvoir illégitime qui multiplie les exactions, les décrets et autres mesures liberticides. Vous n’êtes pas sans savoir que le pouvoir utilise des gangs lourdement armés par lui, comme force répressive aux actions meurtrières dans les quartiers populaires.

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Le président haïtien Jovenel Moïse plaide sa cause à l’ONU

Lors d’une intervention de près d’une demi-heure au Conseil de sécurité de l’ONU lundi, Jovenel Moïse a assuré que « la démocratie se portait bien en Haïti ». De son côté, Washington réclame au chef de l’État haïtien l’arrêt de sa politique de décrets.

Le président haïtien Jovenel Moïse a assuré lundi 22 février au Conseil de sécurité de l’ONU que « la démocratie se portait bien en Haïti » malgré la crise politique. Lors d’un rare discours (les pays sont en général représentés par un ambassadeur ou un ministre), Jovenel Moïse a indiqué que son gouvernement, en quatre ans, « avait dû faire face à sept tentatives d’interruption de l’ordre constitutionnel par la violence ».

« À la base de tout cela, il y a le refus du régime démocratique et des élections comme seul moyen d’accéder à la gestion des affaires de l’État », a-t-il dit, en évoquant les « efforts inlassables de son administration pour apaiser le climat socio-politique ». « Nous faisons face à un lobby puissant qui a de grands moyens », a-t-il aussi déclaré lors de son intervention qui a duré 27 minutes contre les 15 normalement octroyées.

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